Dixième opposition « officielle » entre les deux équipes (Mondiaux et Jeux olympiques confondus) et la Finlande a remporté les neuf premiers matchs, à commencer par un fameux 10-1 à Calgary en 1988. Depuis, on compte 51 buts finlandais à neuf. Sur la glace, seul Pierre-Édouard Bellemare a marqué, en 2013, dans une courte défaite 3-1.

Du coup, la tactique bleue sera la même que contre tous les gros : faire la tortue le plus longtemps possible. Il faudra se montrer irréprochable en défense, à la relance et rester disciplinés, et espérer un contre ou capitaliser en jeu de puissance, secteur faible depuis le début du tournoi. Côté finlandais, Lasse Kukkonen est de retour après avoir été laissé au repos au dernier match. Tommi Kivistö file en tribune, aux côtés de Mikko Rantanen, le jeune attaquant espoir de Colorado.

Une superbe prestation défensive
Après un premier rebond dégagé par la défense française, Huet sauve son camp avec un grand écart sur Koskiranta, servi en retrait par Pÿorälä. Les joueurs de Dave Henderson évoluent de manière très appliquée, sans grande prise de risque, avec un positionnement bien étudié. Physiquement, les Bleus répondent présents, avec des charges de Claireaux ou Sacha Treille qui témoignent de bonnes intentions.

Une vidéo qui tourne le match
La reprise du match propose la même physionomie. Le placement des Français ralentit le rythme des Finlandais. Malheureusement, Teddy Da Costa contrôle mal une passe de Béron pour sortir de zone et la France recule, au point que le centre français concède deux minutes. La sanction tombe en fin d’avantage avec un slap de Lindell plein axe à travers le trafic. Le disque est dévié juste devant Huet (0-1).

La Finlande a pris confiance et profite d’un palet qui traine devant le but pour créer encore du danger. Huet se déplace vite, couché au sol et le disque ne rentre pas – transversale ou défenseur sur la ligne ? C’est Auvitu, qui sauve la France en contrant le tir de Koivu en plein vol (photo). L’accélération est nette. Aho déborde sur la gauche et Huet sauve les meubles, avant de geler le palet sur le tir suivant.
A la mi-match, Laine, sur le côté et dos au but, se retourne vite, lance et le disque trompe Huet, masqué. Les officiels consultent de suite la vidéo. Très longuement. À l’issue d’une attente interminable, les arbitres estiment que la crosse n’est pas trop haute et Barkov est crédité du but (0-2).

La France domine le troisième tiers
À la reprise, il faut un grand écart de Huet pour sauver un deux-contre-un finlandais. La France tente quelques tirs, par Bellemare ou Bertrand, et parait plus jouer vers l’avant. Le jeu se déroule plutôt côté finlandais, avec encore un tir de Bertrand, puis un essai de Desrosiers. Ce bon élan s’interrompt à la neuvière minute sur un accrochage de Meunier. Huet repousse deux lancers de la bleue et le palet est dégagé.

La France compte sur 1’11 » de double avantage et Dave Henderson pose son temps mort. Après une première banderille de Fleury, la France attaque la cage. Bellemare, Sacha Treille et Desrosiers forment un mur devant le gardien et grattent le rebond sur le tir d’Auvitu. Le palet est au fond mais les officiels demandent la révision vidéo. Là encore, les arbitres prennent leur temps, mais jugent que Bellemare n’a pas commis d’obstruction sur le gardien (1-3, photo ci-dessous). Il reste une minute de supériorité, mais il n’y a aucun tir.
La France ne se démobilise pas. Béron remonte le palet et Granlund colle sa crosse entre ses jambes. Supériorité à venir, et Raux doit sauver sa cage vide sur la pénalité différée après une passe en retrait mal ajustée. L’équipe spéciale française s’installe bien à nouveau, sans réussir à tromper Koskinen. Quemener passe finalement une soirée tranquille, avec à peine une action chaude dans la dernière minute, bien défendue par Auvitu.

Désignés joueurs du match : Cristobal Huet (France) et Alexander Barkov (Finlande)
Commentaires d’après-match :
Damien Raux (défenseur de la France) : « Un match solide, on les a longtemps accrochés. Il n’y a pas de honte à avoir sur la défaite. L’accélération au deuxième ne nous a pas surpris, on avait les moyens de résister. Ils ont de la réussite sur leurs buts, mais ce 3-1 est une défaite avec les honneurs. Notre jeu de puissance était en difficulté depuis le début du tournoi, mais ce soir, on l’a mieux installé, c’est positif. Je suis optimiste pour la suite du tournoi. »
Valentin Claireaux (attaquant de la France) : « On a été plus présents sur la totalité du match. La différence s’est faite en deuxième, il nous manque encore de réussir cela sur soixante minutes. Contre les grosses équipes, ils obtiennent des occasions dangereuses dès qu’on a un pas de retard. C’est notre meilleur match. Je n’ai pas trouvé que la Finlande avait accéléré, ils ont eu le même rythme tout le match. C’est juste qu’au premier tiers, on était un peu mieux placés. Le but pour crosse haute, c’est la décision de l’arbitre, s’il dit que c’est dedans, c’est comme ça.
Jonathan Janil (défenseur de la France) : « C’est une année particulière. Il y a eu beaucoup de blessés en défense lors de la préparation. Il faut faire avec et prendre ses responsabilités. Nous avons joué une défense solide au premier tiers. C’est bien, cela nous donne de l’expérience et rassure pour les Championnats du monde 2017 chez nous. Oui, nous sommes qualifiés d’office, mais nous l’oublions au coup d’envoi, nous voulons gagner notre place sur la glace. Nous allons continuer à travailler pour gagner des places au classement mondial et montrer que la France n’est pas là par hasard. Ce qui nous met dedans ce soir, c’est une pénalité qui nous coûte un but, puis un autre cinq minutes après, un peu comme contre les États-Unis. Cela nous donne une expérience, il faut que l’on travaille psychologiquement là-dessus, car l’objectif principal reste le tournoi de qualification olympique en septembre. On veut faire les Jeux. [Un journaliste québécois l’interroge sur les Saint-Pierrais en Bleu] Oui, nous sommes deux, et deux autres ont fait la préparation. Là-bas, ils connaissent le hockey à fond, c’est une terre de hockey. C’est cohérent d’en voir arriver en équipe de France. Ils arrivent en métropole à quinze ou seize ans pour se développer. Le Canada lundi ? Contre les gros, il faut jouer à 100%. On est un peu leur bête noire, avec une défaite d’un seul but l’an dernier, une victoire à Minsk. Nous ne nous mettons pas trop de pression, nous allons jouer une défense solide et prendre match après match. »
Pierre-Édouard Bellemare (attaquant de la France) : « Ce sont des petits choses qui s’additionnent. On ne dégage pas bien le palet, donc on recule, donc on fatigue… C’était la même situation contre les États-Unis. Mon but ? J’étais confiant. Je sais que quelqu’un m’a poussé sur le gardien, donc il n’y avait pas de raison qu’ils le refusent. La troisième période a été très nettement meilleure. Les gars se sont bien entraidés et on les a rendus nerveux. C’est bien pour toutes les lignes, on a pris les bonnes décisions, on est revenus aider la défense, entrer en zone avec de la vitesse… C’est encourageant pour le prochain match. Le premier but est dommage, car le tir est dévié par une crosse française. »
Dave Henderson (entraîneur de la France) : « Contre les top-6, il faut jouer une défense solide et ne pas faire d’erreurs. Les joueurs ont joué durement tout le match, en attaque, dans la neutre et en défense. Il y a eu quelques décrochages qui nous coûtent trois buts. Mais je suis content des joueurs aujourd’hui, de la façon dont ils ont joué dur jusqu’au bout. Il faudra encore mieux poser la défense et supprimer quelques erreurs pour avancer.
Un mot sur le but litigieux (le deuxième, pour crosse haute) ?
La règle dit que le palet ne doit pas être touché au dessus de la transversale. On a regardé la vidéo entre les tiers. Le palet a une trajectoire montante. Cristobal met sa mitaine en hauteur et le joueur finlandais touche le palet au dessus de son épaule, ou au niveau du menton. Il fait 1m87 je crois, c’est donc au dessus, et il donne ensuite une trajectoire descendante et le palet passe entre les jambes. L’analyse vidéo n’est pas en notre faveur là dessus, mais la décision sur la glace donnait un but, donc…
Quel est votre bilan du match ?
Le premier tiers, nous étions bien en place, tout va bien. En deuxième, on fait le jeu qu’on avait décidé, et le deuxième but nous sort un peu du match. Le troisième c’est une action croisée, un joueur part vers la balustrade avec un de nos défenseurs, mais notre deuxième arrière est un peu en retard. C’est un bon jeu de leur part. Nous avons joué un match discipliné, physique dans notre zone, avec de bonnes sorties, propres. Mais il nous manque l’instinct du tueur. Nous ne sommes pas assez rapides sur nos tirs à la cage, nous manquons nos chances. Pas assez de réaction sur les rebonds, un déclenchement un peu lent. Quand on est en réussite, l’instinct de tueur est là. Malheureusement, nous sommes un peu dans le doute, on ne veut pas faire d’erreurs et on retient un peu, on veut faire le jeu parfait au lieu de lancer à la cage. Il faut se montrer plus incisifs. Dans l’ensemble, je suis satisfait, sauf ce deuxième but finlandais.
Yorick Treille n’a pas joué du troisième tiers, est-il blessé ?
Il a eu quelques soucis qui se sont réveillés aux premier et deuxième tiers. Nous l’avons reposé au troisième et ce sera aussi le cas demain. Nous verrons s’il peut jouer contre le Canada.
Le jeu de puissance a marqué et s’est mieux installé, c’est positif ?
C’est satisfaisant, une bonne possession. Mais nous avons gâché des chances car il y a encore eu du déchet. Nous faisons la passe de trop au lieu d’attaquer la cage. Il ne faut pas chercher le jeu parfait.
Peut-on proposer un jeu plus offensif ?
Cela fait dix ans que nous travaillons sur ce système contre les gros, qui parfois fonctionne, parfois non. On ne peut pas ouvrir le jeu. D’autres pays, comme le Danemark, la Slovaquie, le font et on voit ce que cela donne, avec une qualité technique que nous n’avons pas forcément. Dans ces cas-là, ils frôlent la correction. Nous, on ne marquera pas cinq ou six buts par match, au mieux trois ou quatre. Si on ouvre, on offre des boulevards et on ne pourra pas toujours compter sur des miracles de nos gardiens. Nous préférons fermer le jeu, à l’italienne en foot, et contrer. »
France – Finlande 1-3 (0-0, 0-3, 1-0)
Samedi 13 mai 2016, 12h15. Yubileyny arena de Saint-Pétersbourg. 4278 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman (RUS) et Maxim Sidorenko (BLR) assistés de Nicolas Fluri (SUI) et Miroslav Lhotsky (TCH)
Tirs : France 18 (2, 6, 10), Finlande 19 (8, 8, 3)
Pénalités : France 8′ (4′, 2′, 2′), Finlande 8′ (0′, 2′, 6′)
Récapitulatif du score
0-1 à 25’00 » : Lindell assisté de Granlund et M. Koivu (sup. num.)
0-2 à 30’40 » : Barkov assisté de Laine et Jokinen
0-3 à 34’50 » : Laine assisté de Jokinen et Barkov
1-3 à 52’31 » : Bellemare assisté de S. Treille et Auvitu (sup. num.)
France
Attaquants :
Sasha Treille (-1) – Pierre-Édouard Bellemare (A, -1) – Damien Fleury (A, -1)
Yorick Treille (A) – Laurent Meunier (C, 2′) – Jordann Perret
Loïc Lampérier (2′, -1) – Teddy Da Costa (2′, -1) – Charles Bertrand (-1)
Nicolas Ritz – Valentin Claireaux – Julien Desrosiers
Eliot Berthon
Défenseurs :
Yohann Auvitu (-1) – Maxime Moisand (-1)
Grégory Béron (-1) – Benjamin Dieudé-Fauvel (-1)
Jonathan Janil – Damien Raux (2′)
Gardien :
Cristobal Huet puis Ronan Quemener à 50’44 »
Réserviste : Florian Hardy (G). Blessé : Tim Bozon (A), Teddy Trabichet, Florian Chakiachvili (D)
Finlande
Attaquants :
Mikael Granlund (2′) – Mikko Koivu (C) – Leo Komarov (2′)
Patrik Laine (+2) – Alexander Barkov (+2) – Jussi Jokinen (A, +2)
Mika Pyörälä – Jarno Koskiranta – Sebastian Aho
Antti Pihlström – Jani Lajunen (2′) – Teemu Pulkkinen
Tomi Sallinen
Défenseurs :
Ville Pokka – Esa Lindell (+1)
Topi Jaakola (A, +1) – Juuso Hietanen (+1)
Atte Ohtamaa (+1) – Lasse Kukkonen
Anssi Salmela
Gardien :
Mikko Koskinen
Remplaçant : Juuse Saros. Réservistes : Tommi Kivistö (D), Niklas Bäckström (G), Mikko Rantanen (A).












































