Le premier match relativement poussif des Canadiens a permis aux Européens d’avoir une chance. Mais, battus 3-1, les hommes de Ralph Krueger n’ont plus le droit à l’erreur…

Après quelques occasions, l’Europe monte proprement le palet. Frans Nielsen s’avance le long de la bande, stoppe à la bleue et décale Andrej Sekera dans l’axe. Le Slovaque continue le jeu en largeur vers Zdeno Chara juste à ses côtés, et la tour de contrôle de Boston ouvre la marque d’un tir précis lucarne opposée (0-1). Solides, les hommes de Krueger résistent à une pénalité de Pierre-Édouard Bellemare. Puis, Marian Hossa vole un palet et file en deux-contre-un avec Tobias Rieder. Price fait l’arrêt sur le vétéran slovaque et Brent Burns est puni pour accrochage. Le match ne reste pas longtemps à cinq contre cinq, Nino Niederreiter sortant à son tour. Là encore, l’Europe tient bon et vire en tête : 1-0 après vingt minutes dominées (12 tirs à 8).
Dès la reprise, Marian Hossa se rend coupable d’un accrochage sur son coéquipier de Chicago, Jonathan Toews. Le Canada frôle l’égalisation. John Tavares reçoit le palet seul au deuxième poteau avec la cage béante, et voit son tir percuter le poteau ! Le tiers s’équilibre. Les Canadiens s’accrochent et tentent de revenir, trouvant de plus en plus de positions de tir sur Halak. Mais l’Europe répond tir pour tir et il faut un Price des grands jours pour empêcher le score d’évoluer. À six minutes de la pause, une montée d’Anze Kopitar lui ouvre une ligne de passe vers Thomas Vanek devant la cage, dans le dos de Jay Bouwmeester. Le portier de Montréal s’est déplacé rapidement et sauve son camp. Toujours un but d’avance, les Européens fermant bien la neutre et multipliant les tirs bloqués.

Le Canada continue donc sa domination du hockey mondial. Après la dernière Coupe du monde 2004, trois des quatre derniers titres olympiques et les deux derniers championnats du monde, les joueurs à la feuille d’érable soulèvent un nouveau trophée. Sidney Crosby, meilleur marqueur et MVP du tournoi, incarne parfaitement cette génération sérieuse, efficace, qui ne lâche rien. Crosby a gagné ses 25 derniers matchs internationaux, Carey Price n’a plus perdu sous le maillot canadien depuis le Mondial U18. Sans parler de Toews, ou de l’entraîneur Mike Babcock, machines à gagner…
L’équipe Europe n’avait pas d’histoire, mais l’émotion qui frappait les joueurs à la fin du match symbolisait parfaitement la cohésion de cette équipe, que personne ne voyait arriver si haut. Cette formation de bric et de broc a trouvé une alchimie parfaite, frôlé l’exploit mais peut être fière de son parcours. Les larmes des joueurs montrent qu’ils ont vraiment créé quelque chose d’unique : des liens forts, sans nationalisme…
Réactions d’après-match :
Brad Marchand (attaquant du Canada) : « C’est quelque chose dont je vais me souvenir pour le restant de mes jours… J’ai du mal à trouver les mots. Je n’oublierai jamais cela. C’est fou, même au camp d’entraînement à Ottawa, j’entendais quelques sifflets. Là, tout un pays était derrière moi, derrière toute l’équipe. C’est la plus belle tribune de notre sport et un honneur incroyable. »
Sidney Crosby (attaquant du Canada) : « C’est juste fou, la façon dont ça s’est terminé. Quand vous prenez une pénalité si tard dans le match, vous voulez juste accrocher la prolongation. »
Patrice Bergeron (attaquant du Canada) : « Nous n’étions toujours qu’à un seul tir et on se disait, qui veut être le héros ? Il y en avait tellement de possibles dans cette équipe. Nous savions, avec tout ce talent, que nous n’avions besoin que d’une petite occasion. »
Anze Kopitar (attaquant de l’Europe) : « Nous avons pris beaucoup de plaisir ensemble. C’était une équipe à part, quelque chose qui, j’en suis sûr, restera gravé dans nos mémoires pendant très longtemps. »
Canada – Europe 2-1 (0-1, 0-0, 2-0)
Jeudi 29 septembre 2016 à 20h00 au Air Canada Centre de Toronto. 19080 spectateurs.
Arbitrage de Dan O’Rourke et Dan O’Halloran (CAN) assistés de Derek Amell et Jonny Murray (CAN).
Pénalités : Canada 4′ (2′, 0′, 2′), Europe 10′ (4′, 2′, 4′).
Tirs : Canada 34 (8, 13, 13), Europe 33 (12, 15, 6).
Évolution du score :
0-1 à 06’26 » : Chara assisté de Sekera et Nielsen
1-1 à 57’07 » : Bergeron assisté de Burns et Crosby (sup. num.)
2-1 à 59’16 » : Marchand assisté de Toews et Pietrangelo (inf. num.)
Canada
Attaquants :
Brad Marchand (+1) – Sidney Crosby (C) – Patrice Bergeron
Logan Couture – Jonathan Toews (A, +1) – Corey Perry
John Tavares (-1) – Ryan Getzlaf (-1) – Steven Stamkos (-1)
Matt Duchene – Ryan O’Reilly – Joe Thornton
Défenseurs :
Marc-Edouard Vlasic – Shea Weber (A)
Jay Bouwmeester – Drew Doughty (2′, -1)
Alex Pietrangelo (+1) – Brent Burns (2′)
Gardien :
Carey Price
Remplaçant : Corey Crawford (G). En tribune : Braden Holtby (G), Jake Muzzin (D), Claude Giroux (A).
Europe
Attaquants
Tomas Tatar – Anze Kopitar (C, 2′, -1) – Marian Hossa (-1)
Mikkel Bødker (-1) – Frans Nielsen (+1) – Mats Zuccarello (+1)
Nino Niederreiter (2′) – Leon Draisaitl – Tobias Rieder (+1)
Thomas Vanek (-1) – Pierre-Édouard Bellemare (2′) – Jannik Hansen
Défenseurs
Roman Josi (2′, -1) – Dennis Seidenberg
Christian Ehrhoff – Mark Streit (A)
Zdeno Chara (A, +1) – Andrej Sekera (+1)
Gardien :
Jaroslav Halak
Remplaçant : Philipp Grubauer (G). En tribune : Thomas Greiss (G), Luca Sbisa (D). Blessé : Marian Gaborik (pied).









































