Brest – Nantes (Division 1, 17e journée)

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Les Albatros aiment se faire peur

Encore une fois peu de monde (325 spectateurs) au Rïnkla Stadium pour ce match qui est certes en semaine. Le contingent compte de courageux supporters nantais ayant fait le déplacement pour ce « derby ». L’enjeu du match pour Brest est d’entrer dans le top 4 de la Division 1… mais avec deux ou trois matchs de plus que les équipes les entourant. Pour les Corsaires il s’agit de continuer la bonne dynamique depuis la prise de poste de Sylvain Roy (en lieu et place de l’ancien Brestois Bruno Maynard) pour espérer accrocher les play-off.

Les deux équipes rentrent immédiatement dans le vif du sujet avec échanges de tirs sur Guillaume Duquenne et Julian Barrier, les gardiens du match. L’abordage est réussi pour les Corsaires avec Grand-Maison qui arme un tir du poignet fulgurant qui tape le montant. Le palet ressort mais le Nantais lève les bras. Le corps arbitral refuse un temps le but puis se ravise (0-1 à 5’02’’).

Les Albatros ont plusieurs situations de jeu pour revenir mais ils tentent trop peu leur chance, cherchant souvent le jeu parfait qui aboutit le plus fréquemment à une passe de trop. C’est notamment le cas en supériorité (11’31’’) et même double supériorité (13’16’’). Il faut un coup du sort pour que Brest égalise. Sur un tir de Power qui n’est pas cadré, Samson Samson dévie le palet dans son propre but (1-1 à 18’36’’).

Après la pause Duquenne est immédiatement remis dans le bain par un double arrêt magistral face à l’ancienne doublette de Cergy-Pontoise : Etienne Salvail et Léo Cuzin (21’15’’). Puis peu après, son épaule dévie un gros lancer de ce même Salvail qui avait un tir ouvert (24’35’’). Entre-temps le jeu aura été marqué par la blessure de Jakub Schwartz heurté par un palet en plein visage (24’30’’). Cela tombe mal pour le jeune Tchèque la veille de son anniversaire et alors qu’il est fraîchement titulaire depuis peu au détriment de Dulude.

Chaque équipe profite des largesses défensives adverses pour animer la rencontre. Un revirement en défaveur des visiteurs suffit à Jessyko Bernard pour passer de « joueur à la traîne » à « joueur en position d’échappée » ce que Richter ne manque pas de remarquer. Une longue transmission de ce dernier lui permet de lancer son coéquipier Canadien dans le dos de la défense. Le travail est terminé par un dribble du revers (2-1 à 29’47’’).

Le capitaine Alexandre Demers pense égaliser sur un tour de cage mais les arbitres ne valident pas le but et s’en tiennent cette fois à cet avis (31’19’’). C’est ensuite la maladresse devant le but qui coûte cher aux Nantais. Léo Cuzin (à 32’12’’) et Michael Rhéaume (33’20’’) ne concrétisent pas leur tête à tête face à Duquenne. Les offrandes défensives bretonnes ne manquent pourtant pas.

Les cadeaux nantais sont pas mal non plus avec plusieurs « trous » défensifs qui débouchent sur des situations dangereuses. Charlie Doyle tente une incursion et effectue un tir. Barrier se met en position de faire l’arrêt mais le palet est contré par un de ses défenseurs et revient sur la palette de Kolodziejczyk. Le gardien français n’a pas le temps de se repositionner et d’empêcher l’international Belge de tirer profit du but ouvert (3-1 à 33’).

Réduit à quatre après un accrocher de Peronnard (35’48’’) les Corsaires surprennent des Albatros trop relâchés après leur but du break. Sur un contre, Mathieu Leduc balance un boulet de canon qui troue Duquenne (3-2 à 36’19’’). N’ayant pas retenu la leçon, Brest offre un deux contre zéro à Nicolas Motreff après une glissade de Power (37’10’’). L’ancien brestois tente une belle feinte sur le revers mais Duquenne a bien suivi et ne tombe pas dans le panneau (37’10’’).

Un deuxième tiers marqué donc par des occasions en or non concrétisées pour les nantais et des bourdes des deux côtés. Elles ont au moins eu le mérite d’emballer la rencontre mais de rendre sans doute chèvre les deux coachs. Au troisième tiers Brest reprend deux buts d’avance par Graham Avenel (4-2 à 47’05’’) pour vingt six secondes seulement avant la réponse de Salvail (4-3 à 47’31’’).

Comme le soulignais fort justement Ben Power dans une entrevue accordée dans la presse régionale, cette équipe 2016-2017 a une capacité inouïe pour se mettre « dans la misère », commettant à plusieurs reprises les mêmes erreurs ou jouant souvent à réaction.  Plutôt disciplinés jusqu’alors, les Bretons se retrouvent pour la première fois du match en infériorité après cinquante minutes de jeu après une faute grossière de Cannizzo (50’22’’). La sanction est magnifique et imparable. Un jeu à une touche de palet entre Salvail, Cuzin et Rhéaume qui conclu (4-4 à 50’51’’).

Accréditant la thèse d’équipe à réaction, Brest repart à l’assaut de Nantes sur des tirs de Lagarde (51’), Dana (53’) et une déviation de Kolodziejczyk sous la barre de Barrier (54’). Mais Greverend met son équipe en danger. Il commet un retard de jeu tout à fait évitable après être resté posté derrière son but pour finalement dégager à la va vite au-dessus du plexiglas face au pressing d’un joueur (55’03’’). Cette fois le nécessaire est fait pour empêcher toute tactique meurtrière répétée à l’entrainement de se produire.

On en reste là jusqu’au gong pour disputer une prolongation. La deuxième en quatre jours pour les Bretons. L’issue leur est favorable comme face à Cholet. Le patinage rapide d’un Erwan Pain bien en jambes depuis plusieurs matchs fait un bien fou aux locaux. Sur une remontée de palet, il décale à sa droite vers Greverend pour pénétrer en zone offensive. Le défenseur s’avance et centre devant l’enclave. Il y trouve Pain qui s’est glissé au milieu d’une ligne défensive nantaise beaucoup trop attentiste sur le coup. Le Brestois met fin au match en déviant la passe dans le but (5-4 à 65’46’’).

Cette fois les joueurs de la Cité du Ponant ont inversé les rôles. Ils se sont mis dans la peau de l’équipe remontée mais ont fini par l’emporter d’une courte tête. Cela aurait pu être bien pire sans des arrêts bien sentis de Duquenne notamment au deuxième tiers où les Corsaires ont beaucoup vendangés. Les deux équipes ont beaucoup de choses à régler défensivement sous peine de donner des sueurs froides à répétition à leurs portiers.

Le sentiment demeure que cette équipe brestoise peut mieux faire. Elle se met trop souvent en difficulté et fonctionne à réaction. Une plus grande rigueur amènerait à coup sûr constance et régularité à cet effectif qui en a largement le talent.

Brest –Nantes 5-4 après prolongation (1-1, 2-1, 1-2, 1-0)
Mardi 13 décembre 2016 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 325 spectateurs.
Arbitrage de Frédéric Le Berre assisté de Jérémy Metais et Charlotte Girard
Pénalités : Brest 6′ (0’, 2’, 4’), Nantes 18′ (4’, 4’, 10‘).
Tirs : Brest 29 (7, 12, 7, 3), Nantes 30 (5, 12, 10, 3).

Évolution du score :
0-1 à 05’02’’ : Grand-Maison assisté de Rheaume et D. Motreff
1-1 à 18’36’’ : Power assisté de Kolodziejczyk et Laine
2-1 à 29’47’’ : Bernard assisté de Richter et Greverend
3-1 à 33’00’’ : Lagarde assisté de Doyle et Power
3-2 à 36’19’’ : Leduc assisté de Demers et Dufournet (inf. num.)
4-2 à 47’05’’ : G. Avenel assisté de J. Avenel et Laine
4-3 à 47’31’’ : Salvail assisté de Dufournet et Leduc
4-4 à 50’51’’ : Rheaume assisté de Cuzin et Salvail (sup. num.)
5-4 à 65’46’’ : Pain assisté de Greverend et Duquenne

Brest

Attaquants :
Benjamin Lagarde – Bryan Kolodziejczyk – Benjamin Power
Jessyko Bernard – Jakub Schwarz (puis Bastien Lardière à 26’) – Karel Richter
Jonathan Avenel (C) – Erwan Pain (A) – Graham Avenel
 
Défenseurs :
Gaëtan Cannizzo – Charlie Doyle
Aurélien Gréverend (A) – Alan Dana
Vadim Gyesbreghs – Aleksi Laine

Gardien :
Guillaume Duquenne
 
Remplaçants : Sébastien Dubé-Rochon (G), Alex Dulude, Thibaut Chatellard, Jérémy Cormier.

Nantes

Attaquants :
Lucas Bini – Edouard Dufournet – Alexandre Demers (C)
Etienne Salvail – Léo Cuzin – Valentin Dugast
Pier-Olivier Grand-Maison – Michael Rhéaume – Dimitri Motreff (A)

Défenseurs :
Louis Seignez – Mathieu Leduc
Mathieu Roy – Samson Samson
Rémi Peronnard (A) – Nicolas Motreff

Gardien :
Julian Barrier

Remplaçants : Corentin Lapointe (G), Gautier Alvau, Thomas Saunier. Absents : Etienne Chappino, Julien Le Gall, Valentin Laporterie, Thélio Hossin, Léandre Jouanny, Tomas Lemoine.

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