L’équipe de France de hockey a choisi un entraînement léger ce matin. Les trente minutes de glace n’ont fait travailler qu’une poignée de joueurs, peu ou pas concernés par le match de la veille.
L’entraîneur des gardiens, Sébastien Beaulieu, a dirigé la séance de Cristobal Huet et Ronan Quemener, travaillant sur les reprises de volée, les déplacements et les rebonds ou déviations de Loïc Lampérier, Damien Raux et Maurin Bouvet. Une session intense…
À l’issue de l’entraînement, Loïc Lampérier a eu la gentillesse d’accorder quelques mots aux médias présents.
« Si nous gagnons ce soir, nous sommes sûrs de nous maintenir et cela laisse une chance de voir plus haut. C’est donc un tournant, un match-clé. Mais on le savait dès le début, ces deux matchs contre la Biélorussie et la Slovénie. Nous n’avons pas encore fait de travail tactique avec Dave à la vidéo pour le plan de jeu ce soir. Mais de toute façon, nous ne changerons pas notre identité. il faudra faire aussi bien qu’hier. Rester solidaires, opportunistes en contre-attaque. Nous avons des valeurs à défendre, en France, devant notre public et nous avons à coeur de montrer notre sport à tout le monde. Nous voulons montrer ce qu’on vaut et faire au mieux.
Le groupe vit bien, il y a une bonne ambiance, que du positif. Le public hier… Cela met des frissons de temps en temps, ça nous aide pour nous surpasser. Il y a quelques années, le Canada, on se demandait combien on allait en prendre, mais là, si jamais on fait le travail et qu’on se montre opportuniste, c’est possible. Par le passé, nous avons fait des performances sur un match pour accrocher un gros, mais sur la durée, la régularité, c’est difficile. Cette année, nous sommes présents alors qu’il reste des matchs cruciaux sur lesquels nous devons nous montrer les plus forts et rester concentrés. Nous avons fait trois bons matchs de suite, et encore tout n’est pas à jeter aussi contre la Norvège, que des matchs solides et réguliers. Il ne faudra pas de jour sans pour ne rien regretter. »
Un adversaire en crise
La Biélorussie, parlons-en. Après quatre matchs, le pays d’Europe de l’Est, habitué du mondial senior et quart de finaliste en 2014 et 2015, réalise un début de tournoi cauchemardesque. Il est vrai que les hommes de Dave Lewis ont tout d’abord affronté les trois favoris du groupe, puis la Suisse, avant de jouer tous leurs rivaux directs pour le maintien.
Malgré tout, on attendait plus qu’une fiche de 3 buts, 58 tirs et un pourcentage de 5,17% d’efficacité offensive, le pire des seize participants. Le compteur de tirs est déjà bien en dessous de la Slovénie (67) et de l’Italie (64), les deux promus…
La défense n’est pas meilleure. Avec 18 buts encaissés en quatre matchs, la Biélorussie se situe à l’avant-dernier rang, ex-aequo avec l’Italie et juste devant la Slovénie (21). Le pourcentage d’arrêts des gardiens (86,9%) déçoit.
Les équipes spéciales ne font pas mieux, avec 0 but en avantage numérique. Le penalty-kill a mieux paru, avec quatre buts encaissés sur dix-sept infériorités – le 2e total d’indiscipline du tournoi.
Bref, l’adversaire est au fond du trou et la France doit en profiter ce soir. La crise du hockey biélorusse apparait criante et les déclarations du président Loukachenko vont dans ce sens. Le président de la fédération a pour sa part annoncé sa démission si le reste du tournoi se passait mal…
La Biélorussie compte encore sur des vétérans clairement en bout de course, à l’image des frères Kostitsyn, qui n’avancent plus trop et dont le repli défensif laisse à désirer. Plusieurs cadres ont pris leur retraite (Kalyuzhny, Koval, Mezin). Les joueurs qui doivent prendre le relais sont issus de la formation biélorusse post-URSS, qui ont peu joué à haut niveau dans les catégories de jeunes, faute de s’installer durablement dans le Mondial A en U18 comme en U20. Les plus talentueux ont tendance à rapidement filer en Russie, afin de ne pas compter comme joueur étranger en KHL… Enfin, un défenseur majeur, Vladimir Denisov, manque à l’appel sur blessure.
Le Dynamo Minsk, fer de lance du pays, compte six imports, et les autres joueurs manquent de concurrence et tombent dans la facilité pour leur place.
La Biélorussie ne paraît pas disposer des armes pour menacer offensivement ses adversaires cette année. l’équipe s’efforce de maintenir un jeu défensif solide et bien positionné avec une base arrière rajeunie autour de Graborenko. L’impact physique est présent, et l’équipe tente de contenir le jeu au périmètre, de gêner l’entrée en zone. Le manque de mobilité de la défense doit être exposé. De plus, aucun des deux gardiens, Lalande comme Karnaukhov, n’a brillé.
La clé vient du repli défensif trop lâche des attaquants, au point que certains médias relaient des difficultés relationnelles entre les vieilles gloires de l’équipe de Dave Lewis. Le coach a-t-il réellement la main sur vestiaire ? C’est loin d’être sûr si on lit entre les lignes de ses déclarations…
Au vu du jeu pratiqué depuis le début du tournoi, voire de l’édition 2016 du Mondial, la Biélorussie semble plus que jamais candidate à la relégation. La France a montré bien plus de choses, de mouvement et de hargne, qui devraient lui permettre de remporter les trois points. Toutefois, les Bleus ne sont que trop rarement à l’aise face à des défenses bien regroupées – le match contre la Norvège en est le plus récent exemple.









































