Présentation des finales de conférences NHL

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Voici donc le dernier carré de ces playoffs. Si les champions en titre Pittsburgh devront quand même se méfier des surprenants Senators, la finale de l’ouest devrait offrir un duel plus serré.

Par Thibaud Chatel @batonsrompus

 

PIT - OTT

Voilà deux rondes que nous sous-estimons les Senators d’Ottawa et deux rondes qu’ils nous font mentir. Aussi nous nous garderons bien de trop mettre l’emphase ici sur le déséquilibre apparent de la confrontation entre les champions en titre et une équipe qualifiée en playoffs malgré un différentiel de buts négatif… Certes, Ottawa n’a pas affronté jusqu’ici des favoris pour la coupe, se défaisant difficilement d’une équipe de Boston amputée de sa défense et prenant le meilleur sur des Rangers qui gâchèrent beaucoup de chances. Il faut tout de même mettre au crédit des Sens les mouvements effectués à la date limite des échanges, insérant Alex Burrows et Viktor Stalberg dans la formation. Si ceux-ci n’ont pas révolutionné le jeu d’Ottawa, ils ont au moins eu le mérite de pousser en tribune des joueurs beaucoup plus handicapants pour le collectif, ce qui est en soi un bénéfice certain. Même si Chris Neil, par exemple, a été élevé en héros par la presse locale pour avoir tenu tête au Rangers Tanner Glass (qui ne voulait rien savoir d’un combat d’ailleurs), au-delà de l’aspect marketing, Neil n’aura joué que 2 minutes par match… Pas fous, les Sens.

Nous avons déjà largement fait l’éloge ici des performances du capitaine Erik Karlsson, sans qui les Sens semblent irrémédiablement perdus sur la glace. Malgré sa double fracture au pied, le Suédois est parvenu à peser de tout son poids face aux Rangers. Parviendra-t-il à faire de même devant l’armada offensive des Penguins ? Car si, lors de la première ronde, Guy Boucher avait envoyé la paire Phaneuf-Ceci au charbon contre la seule vraie ligne offensive des Bruins, il sera ici bien obligé d’exposer Karlsson au trio de Crosby ou celui de Malkin. Non pas que le capitaine des Sens soit incapable de bien faire en défensive, mais le temps passé à contrer les canons des Pens sera du temps en moins à fournir des munitions à ses propres attaquants.

Car cette série risque fort d’offrir beaucoup d’espace sur la glace. Les deux formations ne présentent pas des structures défensives dignes de ce nom, par manque de talent, sans compter les blessures, mais toutes deux mises sur un opportunisme implacable en attaque. Les performances de Marc-André Fleury ont permis aux Pens de résister aux piques des Jackets et surtout aux coups de boutoirs des Capitals, mais il se trouvera sûrement ici dans une configuration différente alors que Pittsburgh prendra certainement le jeu à son compte qu’ils devront davantage faire face, à leur tour, à des contre-attaques. À l’inverse, Craig Anderson, qui a su retrouver un brin d’allant pour offrir deux précieux matchs à son équipe face aux Rangers, pourrait-il aussi voler une victoire ou plus ?

La profondeur et le talent des Penguins plaide largement en leur faveur mais il ne faudra surtout pas croire que cette finale de conférence sera une formalité en route vers la coupe. Les Sens risquent de s’accrocher très fort comme ils en ont l’habitude, pourvu qu’ils évitent au maximum la case prison… Un bon indicateur : les duels de la saison régulière furent logiquement dominés dans le jeu par Pittsburgh, qui remporta le premier match sur le score fleuve de 8-5. Mais Ottawa gagna le suivant 4-1 et le dernier aux tirs aux buts, coriaces jusqu’au bout. Les Penguins chercheront, eux, à liquider rapidement cette série, tachant de ne pas trop emballer le jeu afin de limiter les occasions offertes aux rapides attaquants des Sens.

Prédiction : Si tout va bien, Pittsburgh s’en tirera en 6, laissant échapper deux défaites pas vraiment méritée, en prolongation par exemple.

 

ANA NSH

La finale de la conférence ouest s’annonce beaucoup plus indécise. Qui des fantasques Predators ou des besogneux Ducks obtiendra le droit de concourir pour la coupe Stanley ? Difficile de le dire, même si Nashville part peut-être avec un léger avantage aux vues de ses prestations lors des deux premiers tours. Si les deux attaques figurent au sommet de la ligue depuis le début des playoffs, les Preds sont également la meilleure défense, encaissant moins de deux buts par match en moyenne, là où Anaheim en laisse passer trois, au 12e rang (sur 16).

Les Preds ont dominé leur affaire face à Chicago et remporté le duel tactique face aux Blues. Cette finale risque d’ailleurs davantage de ressembler à la dernière série car Anaheim se veut, comme St Louis, une équipe solide défensivement et opportuniste en attaque. Nous devrions donc voir de nouveau une opposition tactique où Peter Laviolette enverra la paire Subban-Ekholm contrer le trio de Ryan Getzlaf, alors que le trio de Ryan Kesler tentera de contenir Forsberg-Johansen-Arvidson comme ils l’ont fait avec Connor McDavid. Et ce petit jeu d’échec pourrait ainsi profiter aux Preds dont la désormais célèbre profondeur défensive mais aussi offensive pourrait déborder un bottom6 des Ducks très peu productif jusqu’ici. Si Subban-Ekholm parviennent à tenir en échec Getzlaf, il est fort à parier que Josi-Ellis feront des étincelles contre le reste des Ducks, dans une répartition des tâches qui a fait la marque de fabrique des Preds jusqu’ici. Sans compter que la 3e paire Weber-Irwin joue jusqu’ici une partition presque parfaite, n’ayant encaissé qu’un seul but à 5 contre 5 en 10 matchs ! L’autre atout de Nashville se trouve dans les cages, alors que Pekka Rinne a retrouvé pour ces playoffs toute l’étendue de son talent, quand en face John Gibson a parfois du mal à suivre le rythme, se faisant sortir d’un match par série.

Anaheim comptera, comme face aux Oilers, sur sa détermination et une volonté sans faille de ses leaders qui cumulent plus de 200 matchs d’expérience de plus en playoffs que les Predators. Souvent à la peine en début de rencontre, les Ducks ont remonté maintes avances pour venir s’imposer in extremis. Le challenge risque d’être toutefois d’un cran plus relevé car le quatuor défensif de Nashville se présente à l’horizon. Perry-Getzlaf-Rakell pourrait profiter à domicile de faire face à la paire Josi-Ellis pour faire parler la poudre, chose qu’ils pourront faire d’entrée de jeu et éventuellement lors d’un match 7. L’avantage de la glace est d’ailleurs en fait le plus grand atout des Ducks dans cette série. Il faudra pour Anaheim maximiser les opportunités et saisir la moindre de chance de faire vaciller un adversaire peut-être désormais considéré comme le favori pour le titre. Il ne faut pas s’inquiéter pour cela, la troupe de Randy Carlyle sait y faire.

Les deux équipes se sont infligées une raclée chacune (6-1 et 0-5) en tout début de saison, et les Ducks avaient largement dominé le troisième duel en mars, même s’ils ne l’avaient emporté qu’aux tirs aux buts. Il ne serait ainsi pas étonnant de voir les deux franchises se rendre coups pour coups dans une série longue et acharnée. La solution viendra peut-être des unités spéciales, un secteur clairement à l’avantage de Nashville. Anaheim se classe en effet 14e pour la supériorité et 15e pour l’infériorité numérique (sur 16) depuis le début des playoffs.

Prédiction : Même si Anaheim a tout pour pousser Nashville dans ses derniers retranchements, trop d’indicateurs pointent en faveur des Preds. Leur défense, Rinne et les unités spéciales pourraient encore ce tour ci les propulser vers la victoire. Nashville en 6.

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