Pour la première fois depuis un quart de finale de Division 3 épique au printemps 2015, Valenciennes et Wasquehal s’affrontent dans une rencontre qui pourrait permettre aux Métropolitains de revenir à hauteur de leur plus proche voisin. Celui-ci a débuté la saison par deux victoires, mais la machine a commencé à se gripper à la quatrième minute du match face à Evry-Viry ; le défenseur finlandais Toomas Veijola exclu pour une charge à la tête et le buteur slovaque Denis Skokor appelé à la rejoindre au vestiaire, les Diables Rouges inauguraient une soirée difficile (0-8), avant de subir les foudres des intenables Gaulois de Châlons-en-Champagne sur un score plus proche du rugby (3-14).
Les deux gains obtenus en septembre l’ayant été face aux réserves de Strasbourg et Rouen, affronter plusieurs jeunes pousses mises à disposition par les Gothiques d’Amiens inspirera-t-il les hommes habituellement encadrés par Anton Rojko, lui aussi suspendu suite à la soirée cauchemardesque vécue en Champagne ?
Les Lions, également contraints de céder face à Evry-Viry et Châlons, ont su relever la tête à Amnéville, où Charley Marcos et Axel Canaguier se sont particulièrement illustrés. Ce ne sera pas le cas ce soir pour le premier, touché à la cuisse, et qui assiste donc du banc à une entame plutôt timide, au cours de laquelle les Diables, blancs pour cette rencontre à l’extérieur, emploient Marc-André Martel par Delbecque, côté droit, et Veijola, de retour de suspension et monté aux avant-postes pour contraindre le portier local à sortir de sa cage.
La faute d’Arthur Delbecque sur son ancien partenaire Benjamin Louf, à peine sorti du banc, inverse la balance. Un lancer de N’Guyen, dévié, occasionne la première frayeur sur la cage de Sedlacko, qui concède ensuite, sur un tir de Domian, un rebond dangereux. Au complet, Valenciennes se montre entreprenant : Allan Harmegnies travaille derrière le but pour servir McIlroy, déjoué par Martel, lui-même par la suite secouru par un retour de son capitaine Benjamin N’Guyen lorsque Delbecque cherche Thybaud Rouillard. Le pressing orchestré par Skokor et Parras gêne la défense des Lions, qui ouvrent cependant la marque sur une déviation d’Aurélien Zajac, bien suivie par Martin Lagrise (1-0 à 09’52″).
Désavantage qui ne perturbe pas trop les Hennuyers, portés par un Denis Skokor très entreprenant. Le Slovaque efface trois adversaires et met son défenseur Prokop sur orbite, pour un lancer dévié par Grenier, bien capté par Martel. Dont la mitaine calme l’assaut en force de Rouillard, à l’issue d’une bonne séquence de possession dans la zone. Benjamin Turpin tente de riposter en forçant Juraj Sedlacko à écarter le caoutchouc du bâton, il est puni sur l’action. Le premier avantage numérique des équipiers de David Selin est enrayé par un jeu de passes perfectible et des hésitations, jusqu’à un essai en force du capitaine, que Rouillard, au rebond, ne peut convertir. Une plus belle occasion se présente au retour à égalité numérique, la cage semble ouverte pour Arthur Delbecque, contrarié par un retour de Benjamin Louf.
La fin de tiers, effectuée à quatre joueurs de chaque côté, ne donne pas l’occasion au public de s’enflammer, malgré un numéro de Garrido pour les Wasquehaliens, imité au retour des vestiaires par son équipier Canaguier, dont le centre ne trouve pas la conclusion espérée par Angielczyk, la faute à un plongeon de Sedlacko. Le deuxième jeu de puissance valenciennois, conséquence d’une faute de Belharfi au pressing, ressemble à son devancier. Le manque de percussion retarde les essais de Prokop, non cadré, et surtout de Veijola, à la recherche d’une lucarne bien protégée par la vigilance de Martel. Celui-ci brille face à Lukas Janos, et sur la contre-attaque Domian alerte le revenant Belharfi, fraîchement sorti de prison pour aller défier Juraj Sedlacko. L’attaquant amiénois est poussé dans le but, obtenant une deuxième chance sous la forme d’un tir de pénalité parfaitement exécuté, sous les ovations des uns et les huées des autres, d’un lancer précis dans la lucarne droite (2-0 à 25’00″).
Skokor de volée et Janos sur une mise au jeu ne profitent pas d’une troisième supériorité, subissant le troisième filet sur un numéro de Baptiste Bruche, lui permettant d’isoler Axel Canaguier devant la cage (3-0 à 30’02″). Le temps-mort est alors demandé par Valenciennes, qui ne peut que constater les dégâts face à une formation plus rapide et très réaliste. La charge incorrecte de Benjamin De Gubernatis est sanctionnée d’un quatrième but, signé Benjamin Turpin, infiltré pour tromper le dernier rempart du revers (4-0 à 31’27″). À peine les visiteurs au complet que Martin Domian accélère à gauche, alerte Aurélien Zajac pour un tir tendu qui flirte avec le poteau et finit sa course au fond du but (5-0 à 31’43″).
Actif, Denis Skokor expédie à son tour un boulet de canon, de la droite, sans perturber un Marc-André Martel solide. Une charge appuyée de Clément Garrido expédiant Toomas Veijola vers la balustrade, la quatrième supériorité s’ouvre pour les Diables. La bonne car Kevin Parras, du cercle droit, lance malgré Kalisa vers le haut du but, trompant un Martel masqué (5-1 à 33’36″). L’écart retrouve son ampleur initiale dans la minute suivante car le jeune local Martin Lagrise profite d’une rare montée d’un Prokop moins en vue offensivement qu’à l’époque de la Division 3 pour ponctuer son évadée sur l’aile gauche d’un lancer entre Sedlacko et le poteau (6-1 à 34’57″).
Dans une ambiance désormais logiquement acquise à la faveur des hommes de Fabien Chardon, les efforts valenciennois semblent contraints à l’échec. À nouveau à cinq contre quatre, Kevin Parras ne profite pas d’une bonne situation face à un Martel étendu au sol, ne levant pas assez le palet au-dessus de la botte du Québécois. Le deuxième coup de sirène sauve même les blancs, Simon Angielczyk ayant conclu le travail d’Axel Canaguier derrière le but quelques dixièmes de secondes trop tard.
Fort d’un matelas plutôt confortable, Wasquehal débute la dernière période sur un rythme moins élevé, perd deux palets dangereux et laisse quelques espaces à son adversaire. La sanction est rapide, Kevin Parras profitant du relâchement pour repiquer vers la cage et signer le doublé (6-2 à 42’12″). Posté dans le dos de Marc-André Martel, l’attaquant estonien alerte Rouillard, déjoué par la vigilance du gardien. Deux fautes de Kalisa et Canaguier espacées de 46 secondes offrent une opportunité de revenir à trois longueurs. Mais les Valenciennois, désormais privés de Lukas Prokop resté sur le banc, sont incapables de cadrer un lancer en double supériorité…
Les Diables, dépassés par les accélérations d’Axel Canaguier, Martin Domian ou des renforts picards, concèdent un dernier filet lorsque Benjamin Turpin profite d’une erreur de David Selin pour venir se jouer de Juraj Sedlacko, peu en réussite (7-2 à 58’13″). Évoluant très souvent à deux lignes, quasi impuissants en supériorité numérique et en manque de réussite devant la cage, les Valenciennois subissent de plus en plus un vent contraire au cours d’un mois d’octobre à oublier. La dynamique toute autre se confirme à Wasquehal. Chaque ligne s’est illustrée pour des Lions bien lancés et capables d’accélérations décisives, à une semaine de la réception de Strasbourg.
Désignés meilleurs joueurs de la rencontre : Kevin Parras pour Valenciennes et Rayan Belharfi pour Wasquehal.
Commentaires d’après-match
Fabien Chardon (entraîneur de Wasquehal) : « Le score paraît sévère, nous étions préparés à une soirée difficile. Valenciennes a connu des moments forts où l’on s’en sort bien, cela aurait pu faire 6-3 ou 6-4. Jouer à quatre lignes contre deux a facilité notre jeu, en plus de faire la différence en termes de vitesse. Avec quatre lignes homogènes, quand cela fonctionne, chacun peut créer du danger, jouer en contre-attaque ou à l’offensive. À Amnéville l’équipe a réalisé une très bonne prestation, un match complet où il fallait enchaîner après la plus mauvaise prestation de la saison contre Châlons. Mais il faut continuer à travailler pour la réception de Strasbourg, formation composée de jeunes et alliant vitesse et jeu structuré. Marc-André Martel nous fait beaucoup de bien, notamment dans les moments délicats.. »
Wasquehal – Valenciennes 7-2 (1-0, 5-1, 1-1).
Samedi 28 octobre 2017 à 18h40 à la patinoire Serge Charles. 380 spectateurs.
Arbitrage de Pascal Telliez assisté de Romain Bispo et Laura Peronnin.
Pénalités : Wasquehal 30′ (4’, 8’+10′, 8′), Valenciennes 10′ (4’, 2′, 4′).
Tirs : Wasquehal 42 (16, 12, 14), Valenciennes 46 (14, 21, 11).
Évolution du score :
1-0 à 09’52″ : Lagrise assisté de Zajac et Coulaud
2-0 à 25’00″ : Belharfi (tir de pénalité)
3-0 à 30’02″ : Canaguier assisté de Bruche et Turpin
4-0 à 31’27″ : Turpin assisté de Angielczyk et Herbet (sup. num.)
5-0 à 31’43″ : Zajac assisté de Domian et Lagrise
5-1 à 33’36″ : Parras assisté de Giguère (sup. num.)
6-1 à 34’57″ : Lagrise assisté de Garrido
6-2 à 42’12″ : Parras assisté de Skokor et Selin (sup. num.)
7-2 à 58’13″ : Turpin
Wasquehal
Attaquants :
Ryo Miyazaki – Benjamin N’Guyen (C) – Benjamin Turpin
Baptiste Bruche – Clément Garrido – Rayan Belharfi
Martin Domian – Aurélien Zajac – Martin Lagrise
Axel Canaguier – [Garrido] – Simon Angielczyk
François Piquet
Défenseurs :
Mattéo Toneatto – Benjamin Louf
Théo Kalisa – Yohan Coulaud
Marc-Antoine Herbet (A) – Thibault Verschaeve
Gardien :
Marc-André Martel
Remplaçant : Vigo Eggermont (G). Absent : Charley Marcos (cuisse).
Valenciennes
Attaquants :
Maël Harmegnies – Thybaud Rouillard (A) – Arthur Delbecque
Grégoire Giguère [Rouillard à 40’00 »] – Kevin Parras – Denis Skokor
Benjamin De Gubernatis ou François Grenier – Allan Harmegnies – Jamie McIlroy
Défenseurs :
David Selin (C) – Lukas Prokop
Toomas Veijola – Lukas Janos [Bernard à 40’00 »]
Victor Bernard
Gardien :
Juraj Sedlacko
Remplaçants : Axel Brassart (G), Louis Camurat (A). Absents : Marek Matej (adducteurs), Sébastien Fronty (suspendu), Thomas Trambouze.