Grenoble – Nice (Ligue Magnus 2017/18, 17e journée)

Grenoble a dû batailler

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Les Brûleurs de Loups n’en finissent pas de gagner. Ils ont enchaîné onze succès en Ligue Magnus, douze si on tient compte de la victoire en coupe de France contre Annecy. Une série incroyable qui n’est pas sans rappeler celle de l’an dernier au cours de laquelle les Grenoblois avaient enchaîné 20 succès d’affilée. En pleine confiance, ils sont pourtant toujours privés de David Rodman, touché au visage, alors que Tartari, Kara et Trabichet sont encore à l’infirmerie. Récents vainqueurs surprises à Rouen (6-3), les Aigles de Nice viennent à Grenoble avec le secret espoir de rééditer un exploit similaire et faire tomber le leader du championnat. À l’aller, Grenoble s’était imposé 4-2.

Le coup d’envoi à peine donné, Champagne porte le danger en mettant le palet sur la cage niçoise. Giroux est tout près d’ouvrir le score mais Sergei Khoroshun sort un gros arrêt. Après une nouvelle occasion de Le Blond, les Aigles parviennent à être dangereux et Kubus pense même avoir marqué de près mais l’arbitre avait sifflé avant. Grenoble repart de l’avant avec une belle remise en retrait de Bisaillon pour Hordelalay mais Sergei Khoroshun veille.

Lukas Spelda est le premier joueur sanctionné dans la rencontre. La supériorité numérique se double lorsque sur une échappée Pierre-Charles Hordelalay se fait accrocher par Aurélien Dorey. À cinq contre trois, les Brûleurs de Loups ont l’occasion rêvée d’ouvrir le score. Ils ne la laissent pas passer avec un palet sauvé in extremis à la ligne bleue par Hardy qui fait le tour de la cage pour servir Champagne idéalement positionné devant le slot (1-0, 06’01’). À cinq contre quatre, les Grenoblois continuent d’appuyer sur l’accélérateur pour tenter de doubler la mise. Ils y parviennent au moment où Dorey revient sur la glace sur une mine de la bleue de Kyle Hardy (2-0, 07’24’).

Nice réagit tout de suite avec quelques rushs sur la cage grenobloise mais Hordelalay est tout près du 3-0 après un joli numéro dans la zone niçoise. Il ne manque que la conclusion à l’ex-Spinalien qui n’arrive pas à redresser son tir. Les Aigles parviennent à desserrer l’étreinte lorsque Champagne est sanctionné à son tour. Nice en profite pour revenir au score sur une très belle action collective : entrée de zone de Hamrak qui trouve Vondracek d’une belle passe transversale, ce dernier donne immédiatement à Hampl qui couche Bonvalot avant de glisser le palet derrière la ligne (2-1, 10’55’).

Grenoble tente de réagir avec un lancer de Pascal repoussé du bouclier par Khoroshun. Mais Nice est dans une bonne période et sur une contre-attaque, un lancer de Tomas Andres est repoussé par Bonvalot qui laisser un rebond dans l’axe parfaitement exploité par Vrielynck (2-2, 11’47’). En l’espace d’une minute, Nice est revenu à égalité. Tout est à refaire entre les deux équipes !

Les Niçois croient vraiment en leurs chances alors que le duo Rémi Thomas – Romain Carpentier met en difficulté la défense grenobloise sur une belle action offensive. Les visiteurs donnent la meilleure impression au cours des dernières minutes du premier tiers-temps alors que les réactions grenobloises sont sporadiques. Le score de parité à la pause n’est donc pas surprenant.

Sans doute secoués dans les vestiaires, les Grenoblois abordent le deuxième tiers tambour battant : sur l’engagement, Champagne récupère le palet, l’amène en fond de glace, s’appuie sur Goličič qui parvient à lui remettre le palet. Champagne trouve alors Goličič complètement démarqué qui marque après moins de 15 secondes de jeu (3-2, 20’14’). Cueillis à froid, les Niçois laissent Grenoble s’installer dans leur zone. Un pressing efficace qui étouffe les Aigles en ce début de tiers avec une tentative du jeune Fabre bien place face à la cage. Mais sur une simple contre-attaque Hampl aurait pu se présenter seul face à Bonvalot sans une excellente intervention de Côté. Le portier grenoblois n’est pas en reste et doit se montrer vigilant sur quelques attaques niçoises tranchantes dès que Grenoble lève le patin. Un tir en pivot de Giroux ne surprend pas Khoroshun.

Une obstruction de Pascal sur Hampl permet à Nice d’évoluer en supériorité numérique. Les Aigles installent bien le power-play et parviennent à bien faire circuler le palet. Les Brûleurs de Loups s’en sortent non sans mal, surtout après une grosse intervention de Bisaillon pour écarter le danger. Hrehorcak tente sa chance sur Bonvalot qui ne se laisse pas surprendre. Le même Hrehorcak est à l’origine d’une remontée rapide du palet : il lance vers la cage et trouve la palette d’Andres qui à bout portant dévie le palet de manière imparable (3-3, 29’34’).

À la mi-match, les Aigles se sont complètement relancés et repartent à l’attaque. Alexandre Pascal, de nouveau pris de vitesse, est sanctionné par une deuxième pénalité consécutive. Nice, en supériorité numérique, a l’occasion de prendre les devants pour la première fois de la partie. Mais le plus gros danger est grenoblois avec un contre de Rohat et Arnaud, qui négocie mal le palet. De retour à cinq contre cinq, les Brûleurs de Loups portent le danger sur la cage niçoise avec un bijou de passe en retrait de Champagne pour Giroux mais ce dernier n’appuie pas assez son tir et Khoroshun fait l’arrêt. Les Grenoblois se mettent de nouveau en difficulté sur une échappée de Hampl mais Bonvalot fait un arrêt important. Sur l’action, Kunnas offre toutefois une nouvelle supériorité numérique à Nice.

Dans le dur, les Isérois s’arc-boutent devant leur cage pour repousser les assauts niçois. Bonvalot sort une belle mitaine sur un lancer lointain d’Emil Bagin et permet à Grenoble de tuer la pénalité. Enfin à égalité numérique, Grenoble pousse à nouveau : un palet de Champagne passe juste à côté de la cage. Puis Legault récupère le palet en zone offensive avec un bon coup d’épaule, il sert Côté monté aux avant-postes, ce dernier bute sur Khoroshun mais le palet ressort pour Le Blond qui met le palet en hauteur alors que Khoroshun était resté couché sur la glace (4-3, 37’42’).

Les Brûleurs de Loups pensent avoir fait le plus dur mais Nice ne renonce pas : sur un lancer de Montenoise, Hamrak reprend à bout portant mais Bonvalot fait l’arrêt. Sur l’action suivante, un nouveau contre est lancé par Hrehorcak, Dorey décale Mazanec à la ligne bleue dont le lancer du poignet parfaitement placé surprend Bonvalot (4-4, 38’52’). Après 40 minutes, l’égalité est donc parfaite entre les deux équipes !

Dès le début de la troisième période, les Niçois jouent crânement leur chance en se montrant présents sur la cage de Bonvalot, vigilant face à Hamrak. Le palet va d’une cage à l’autre. Giroux lance sur Khoroshun puis Hordelalay s’échappe à toute vitesse vers la cage niçoise, mais son lancer est repoussé par Khoroshun. Montenoise est sanctionné pour une charge avec la crosse sur Gabin Ville. L’occasion est belle pour Grenoble de faire la différence mais Khoroshun repousse le palet devant Hordelalay très bien placé. Nice revient à cinq mais finit par céder sur un palet bien donné par Giroux derrière la cage pour Hardy qui reprend à bout portant (5-4, 48’26’). Sur le coup d’envoi, Baazzi fait trébucher Hampl mais ce dernier accompagne le Grenoblois en prison pour avoir amplifié sa chute.

La tension monte devant la cage de Khoroshun sur le jeu à quatre contre quatre, mais les Brûleurs de Loups parviennent à maintenir le palet dans la zone niçoise avec quelques occasions à la clé pour Champagne puis Baylacq. Les contacts montent d’un ton à l’image d’une bonne charge de Montenoise sur Hordelalay. Andres est tout près de l’égalisation sur un contre mais Bonvalot veille. La première ligne grenobloise effectue un gros travail pour maintenir le palet dans la zone niçoise. Mais les Aigles parviennent encore à se procurer des occasions d’égalisation par Hamrak notamment mais Bonvalot bloque le palet sans laisser de rebond. La meilleure occasion des visiteurs est à l’actif de Rémi Thomas qui se présente seul face à Bonvalot mais le portier grenoblois remporte le duel. Une pénalité contre Montenoise à moins de deux minutes de la fin limite les chances de retour des Aigles. Khoroshun sort quand même à quarante secondes de la fin mais Grenoble parvient à tenir son maigre avantage jusqu’au coup de sirène.

Les Brûleurs de Loups ont énormément souffert dans un match compliqué même s’ils ont mené au score de bout en bout. Malgré un départ quasi parfait (2-0 au bout de huit minutes), les Grenoblois se sont relâchés et n’ont jamais réussi à se mettre à l’abri, se faisant systématiquement rejoindre au score. La faute à quelques largesses défensives au cours des deux premiers temps. Une défense qui a semblé fatiguée et moins rigoureuse que d’habitude malgré un bon Bonvalot dans l’ensemble. Au troisième tiers, la défense grenobloise a fini par resserrer les vis, ce qui a permis de l’emporter d’une courte tête. Heureusement pour Grenoble, l’offensive était assez performante pour mettre un but de plus que l’adversaire. Kyle Hardy a encore une fois joué le rôle du sauveur avec deux buts opportuns alors que Champagne a également pesé sur le match. Globalement en difficulté, les Brûleurs de Loups pourront se satisfaire de récupérer les trois points sans avoir produit leur meilleur hockey. Ils enchaînent donc avec une treizième victoire consécutive (la douzième en Ligue Magnus) mais le challenge qui les attend mardi à Bordeaux sera encore plus relevé.

Les Aigles n’ont pas à rougir de leur prestation ce soir. Accrocheurs, ils ont fait mieux que rivaliser avec le leader du championnat et auraient mérité de repartir avec un point. Collectivement au point, ils sont revenus à chaque fois au score, poussant les Brûleurs de Loups dans leurs retranchements et montrant ainsi que leur victoire à Rouen n’était pas fortuite. Devant un très bon Khoroshun, la défense s’est employée mais c’est surtout l’attaque qui a brillé avec des contre-attaques fulgurantes et de très belles combinaisons. Prometteur pour la suite de la saison des Niçois qui, au vu de ce qu’ils ont montré ce soir, mériteraient une place en play-offs.

Désignés meilleurs joueurs du match : Kyle Hardy (Grenoble) et Peter Hrehorcak Jr (Nice)

(Photos Philippe Crouzet)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On a toujours de la difficulté à jouer contre eux. Ils ont quatre blocs, assez homogènes. Le danger vient un peu de partout, une bonne transition, un gardien qui tient la route. On ne voulait pas tomber dans le piège de jouer à leur façon. Par moments, on jouait un peu facile, on n’a pas joué le style qu’on voulait… C’est quand même le troisième match cette semaine après un gros déplacement à Angers, on sentait un peu de fatigue, mais l’important était d’aller chercher trois points. Jlien Munoz et Dylan Fabre, hier à Vaujany contre Roanne, étaient les deux meilleurs joueurs sur la glace. Dylan, malgré son âge il joue du bon hockey, aujourd’hui ce sont les deux qui méritaient d’être avec nous. Alexandre Pascal, ça fait deux semaines maintenant qu’il est avec nous, il prend petit à petit plus de place. C’est bien d’avoir des jeunes qui malgré leur âge et leur inexpérience, se comportent très bien quand on les met en situation. Ça fait du bien. On n’est pas pressé de récupérer les blessés, la trêve arrive dans une semaine, on voit beaucoup plus loin avec ces joueurs-là. Ce qui est important, c’est qu’après la trêve, on récupère quelques joueurs pour être plus au complet. La grosse partie de saison va se jouer après la trêve avec la Coupe Continentale. Bordeaux, ce sera un match comme tous les autres, le tempo est là depuis le début. On n’a pas beaucoup eu de succès l’année passée à Bordeaux. C’est un gros challenge, Bordeaux est une équipe très offensive, très bon power-play. C’est un gros déplacement, on verra comment l’équipe va se comporter. »

Jean-Philippe Côté (défenseur de Grenoble) : « On joue avec beaucoup de confiance. Sur un match comme aujourd’hui ou celui à Amiens il y a quelques semaines, on ne joue pas nos meilleurs matchs mais on trouve des moyens de gagner, c’est comme ça que les bonnes équipes agissent. Cependant, il faut quand même apprendre de nos erreurs à ce niveau-là, il y a des détails qui nous font mal parfois. On a un momentum qui nous pousse vers l’avant, on fait des très bonnes choses à tous les niveaux, en désavantage numérique ça va de mieux en mieux, même chose au niveau de la supériorité numérique. Les adversaires se présentent contre nous avec leur meilleur à chaque match. Je pense que c’est ce qu‘on veut aussi, ça nous rend meilleurs comme équipe et on a du succès grâce à ça. J’essaie de faire partager mon expérience à ce niveau, il y a aussi des joueurs ici qui ont vécu une bonne série de victoires l’an passé. Il faut prendre un match à la fois, peu importe ce qui arrive. Si on perd, la vie continue, mais c’est intéressant, ça apporte un peu d’euphorie. J’attends depuis longtemps de retourner à Bordeaux vu que j’y étais l’année passée. Il y a un petit quelque chose de spécial, j’approche tous les matchs de la même façon. Je ne donnerai pas de chance à personne de l’autre côté même si je connais beaucoup de joueurs, eux le savent aussi donc c’est un match excitant qui s’en vient. »

Quentin Scolari (défenseur de Nice) : « On s’était dit avant le match qu’on avait un coup à jouer, rien à perdre. C’est le genre d’équipe contre laquelle on a du plaisir à jouer parce qu’il y a bel environnement. On avait vraiment à cœur de faire un bon match, peu importe le classement. C’est pour ça que ça fait un score accroché même si dans le fond c’est dommage parce qu’on aurait pu ramener quelque chose ce soir. Les petits détails font la différence entre les très grandes équipes et les autres. Ils sont très bons sur les détails, solides, rapides dans les relances surtout, très bons le long des bandes. »

Stan Sutor (entraîneur de Nice) : « Chaque match a une histoire, il y a des matchs qu’on a perdus où on n’était pas au complet… On a déjà fait des belles prestations à l’extérieur mais c’est toujours plus difficile avec le déplacement, les joueurs ne sont pas chez eux, la préparation n’est pas la même. Globalement, on fait des bonnes prestations depuis le début de saison même si à domicile on arrive à concrétiser un petit peu mieux. »

 

Grenoble – Nice 5-4 (2-2, 2-2, 1-0).
Dimanche 29 octobre 2017 à 15h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3307 spectateurs.
Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de Guillaume Barthe et Frédéric Peurière
Pénalités : Grenoble 10′ (2’, 6’, 2’), Nice 10’ (4’, 0’, 6’)
Tirs : Grenoble 31 (16, 11, 4), Nice 29 (11, 9, 9)

Évolution du score :
1-0 à 06’01’ : Champagne assisté de Hardy et Giroux (double sup. num.)
2-0 à 07’24’ : Hardy assisté de Goličič et Giroux
2-1 à 10’55’ : Hampl assisté de Vondracek et Hamrak (sup. num.)
2-2 à 11’47’ : Vrielynck assisté de Andres et Hrehorcak
3-2 à 20’14’ : Goličič assisté de Champagne
3-3 à 29’34’ : Andres assisté de Hrehorcak et Bagin
4-3 à 37’42’ : Le Blond assisté de Côté et Legault
4-4 à 38’52’ : Mazanec assisté de Dorey et Hrehorcak
5-4 à 48’26’ : Hardy assisté de Giroux et Champagne
 

Grenoble

Attaquants :
Alexandre Giroux – Joël Champagne (A) (2’) – Boštjan Goličič
Gabin Ville – Sébastien Rohat – Maxime Legault
Pierre-Charles Hordelalay – Matthieu Le Blond – Mathias Arnaud
Dylan Fabre – Julien Baylacq – Julien Munoz

Défenseurs :
Kyle Hardy (C) – Joona Kunnas (2’)
Sébastien Bisaillon – Aziz Baazzi (2’)
Jean-Philippe Côté – Alexandre Pascal (4’)

Gardien :
Antoine Bonvalot

Remplaçant : Lukáš Horák (G). Absents : Vincent Kara, Christophe Tartari, David Rodman (blessés), Teddy Trabichet (commotion).

Nice

Attaquants :
Zbynek Hampl (2’) – Roman Vondracek – Matej Hamrak (A)
Valère Vrielynck (C) – Tomas Andres – Peter Jr Hrehorcak
Daniel Babka – Brett Switzer – Lou Bogdanoff
Rémi Thomas – Vladimir Kubus – Romain Carpentier

Défenseurs :
Arthur Montenoise (4’) – Lukas Spelda (2’)
Aurélien Dorey (2’) – Emil Bagin
Louis Belisle – Quentin Scolari (A)
Martin Mazanec

Gardien :
Sergei Khoroshun [sorti de 59’13’ à 60’00’]

Remplaçants : Tom Charton (G), Pierrick Hoehe. Absent : Jordan Draper (pubalgie).

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