HA
top

Bélarus – France (tournoi EIHC 2017 à Cergy)

412

Les Bleus continuent leurs tests. Alexandre Texier est directement intégré en première ligne aux côtés de Da Costa et Fleury. Le duo Claireaux-Bertrand est conservé et complété de Rech. Dans les cages, Sebastian Ylönen joue son quatrième match en bleu. Le public est bien plus nombreux qu’hier pour encourager les Français.

Battue en prolongation hier par la Slovénie, l’équipe de France aborde cette fois la partie avec l’intention de prendre immédiatement le jeu à son compte. Elle n’est toutefois pas exempte d’erreurs : Vincent Llorca mis sur les fesses derrière la ligne bleue offensive par une charge de Levsha, ou encore Alexandre Texier perdant le palet dans l’axe de sa zone défensive devant Platt.

La première pénalité, une charge contre la bande de Berthon, est passée sans encombre, et la première ligne française réenclenche aussitôt la marche avant avec une bonne séquence installée : en particulier, la passe levée d’Alexandre Texier pour la reprise de Damien Fleury au second poteau est parfaite. L’apport technique de Texier est indéniable. Les présences de tous les blocs s’enchaînent bien avec une intensité constante. Le Bélarus est mis sous pression et rate sa sortie de zone au retour du premier trio. Texier intercepte, puis Stéphane Da Costa se dirige vers la cage pour un festival technique dont il a le secret, dribblant le gardien en plein trafic jusqu’à venir dans son dos pousser le palet dans les filets (0-1, 11’03 », photo).

La première ligne met le feu à chaque présence. En supériorité numérique, une mêlée compacte se forme devant la cage sur un centre de Da Costa pour Texier. Les Bleus poussent d’un bloc et la tension monte. Antonin Manavian et Danila Karaban se livrent une véritable bagarre : supérieur en boxe, le Français enchaîne plusieurs directs du droit, et le Biélorusse n’a plus comme recours défensif que de plaquer son adversaire au sol ! Les deux joueurs sont directement expulsés au vestiaire.

Comme Sergei Drozd a aussi été pénalisé pour une charge avec la crosse, la France reste en avantage numérique. Olivier Dame-Malka finit par concrétiser ce long temps fort en reprenant un palet dans l’enclave (0-2, 14’13 »). Le bras ayant été levé pour une faute de Gavrus, le jeu de puissance continue. Les Bleus pressent toujours, mais Dame-Malka fait trébucher un adversaire et a lui aussi des envies de se battre. Trop tard pour lui, Manavian a épuisé le quota autorisé, on n’a plus que six défenseurs. Il faudra que le Franco-Canadien se calme… pendant quatre minutes en prison, dont deux pour dureté. C’est donc au tour de la France de défendre en infériorité. Sebastian Ylönen voit bien venir les lancers et multiplie les arrêts propres.

La deuxième période est plus calme, moins riche en actions saillantes. L’équipe de France manifeste encore la même détermination au combat, mais les passes arrivent moins bien. Charles Bertrand est bloqué physiquement en essayant de franchir la ligne défensive. Dans cette phase, c’est surtout Nicolas Besch qui se distingue : il a désormais un partenaire bien différent de Manavian, le jeune Hugo Gallet, séduisant par son tempérament offensif mais parfois trop attiré vers l’avant. Besch empêche deux contre-attaques en tant que dernier défenseur : il reprend en vitesse Belevich (photo ci-dessus), et s’il n’a pas forcément les moyens de faire de même avec Gavrus, il allonge le bras pour contrer parfaitement le palet.

Une faute d’Eliot Berthon en zone offensive permet néanmoins au Bélarus de réduire le score en supériorité numérique. Geoff Platt devance Gallet pour battre Ylönen de près et en force (1-2, 33’33 », photo ci-dessous). Dans la foulée, une relance axiale de Kévin Dusseau rend le palet à Geoff Platt, mais celui-ci manque le cadre. Les Bleus traversent un temps faible, pressés dans leur zone, jusqu’à ce que le « cinquième arbitre » Olivier Dame-Malka frappe la crosse plusieurs fois sur la glace : il signale en hurlant de tous ses poumons un surnombre biélorusse ! Même à 5 contre 4, l’équipe de France n’arrive plus à construire, comme si elle avait perdu son jeu depuis le but encaissé.

La pause ne peut faire que du bien aux Bleus. Ils reprennent le troisième tiers-temps avec une bonne dynamique. Les lignes des jeunes se créent même les meilleures occasions : Malo Ville a un gros rebond après un lancer d’Eliot Berthon, et la transversale résonne sur un lancer de Vincent Llorca. Malgré cette bonne période, il suffit d’un palet mal sorti pour tout remettre en cause. Evgeni Astankov tire du cercle droit et Dmitri Deryabin prend un rebond trop facile à ras glace (2-2, 48’17 »).

La France n’est plus dans les meilleures dispositions mais bénéficie d’une pénalité d’Ustinenko. Le jeu de puissance est dirigé par Stéphane Da Costa à la pointe, mais le Bélarus défend avec acharnement, à l’image d’Ambrozheichik qui a perdu sa crosse mais se jette sur tous les lancers. À exactement deux minutes de la fin, Belevich est pénalisé pour accrocher. Dave Henderson appelle son temps mort, d’une part pour donner ses consignes, d’autre part pour reposer ses meilleurs joueurs car la ligne de Da Costa était déjà sur la glace. Mais les Bleus n’ont plus le même impact offensif

En prolongation, alors que Da Costa et Fleury ont poursuivi leur action en fond de zone, Andrei Belevich part à 2 contre 1 et nettoie la lucarne d’Ylönen (3-2, 61’28 »). Encore un match frustrant des Bleus face à ce maudit Bélarus, alors que le premier tiers-temps avait été une réussite tant dans la manière que dans le résultat…

Désignés joueurs du match : Mikhaïl Khoromando pour le Bélarus et Sebastian Ylönen pour la France.

Commentaires d’après-match

Pierre Pousse (entraîneur-adjoint de la France) : « Au premier tiers, on a bien fait bouger le palet, on était bien en jambes. Ils étaient intenses dès le départ, mais on l’était plus qu’eux. Puis on a baissé de rythme et les Biélorusses étaient plus intenses que nous. On a joué moins simplement, plus latéral, à partir de la mi-match. On a perdu le fil de notre jeu. Je ne pense pas que nous ayons baissé physiquement, mais dans l’intensité de jeu. […] Texier est un joueur offensif, c’est normal qu’on le mette sur une grosse ligne. C’est ce qu’on voulait faire avant le Mondial avant qu’il ne se blesse. Il a montré de belles choses, il se développe bien en Finlande. C’est bien qu’il vienne avec nous cette semaine, puisque la Finlande n’observe pas la trêve de décembre et de février. »

Alexandre Texier (attaquant de la France) : « On fait un bon premier tiers, on se relâche les deux suivants. On est là pour progresser. On s’entendait bien ensemble [avec Fleury et Da Costa], on a bien joué ce soir mais on pouvait faire mieux. Je veux prouver que j’ai ma place dans l’équipe, montrer mon niveau et que je suis là pour mouiller le maillot. »

Damien Fleury (attaquant de la France) : « On ressent de la frustration parce qu’on fait un très bon premier tiers. On est au-dessus d’eux, on les domine et ensuite on se relâche, comme aux championnats du monde contre eux. »

Olivier Dame-Malka (défenseur de la France) : « On a pris un peu trop confiance en première période, on les a pris un peu à la légère. Nous avons fait trop de turnovers en deuxième période, ils ont pris le momentum. Je ne pense que c’était une question d’énergie. Si on ne joue pas soixante minutes, si on descend d’intensité, ce sont toutes des grosses équipes et elles en profitent. [À propos du but] Stéphane Da Costa fait une belle entrée de zone, j’ai la rondelle libre entre les jambes et je lance entre les bottes du gardien. Je n’ai pas vraiment l’habitude d’être à cette place en avant du filet comme ça. [À propos du surnombre] Ça faisait presque 30 secondes qu’ils jouaient à six, Chakiachvili s’est fait frapper par trois joueurs, en plus ils changeaient et ça aurait pu passer. Heureusement ils m’ont vu après 15 coups de crosse, je n’avais presque plus de voix. C’est vrai que c’était drôle comme moment. »

Vincent Llorca (défenseur de la France) : « Au deuxième tiers, ils ont forcé plus, on était moins solidaire, on s’est écarté les uns des autres, alors que c’est ce qui faisait notre force au début. Je prends ma chance à fond. Je joue beaucoup en infériorité et j’y prends du plaisir même si ça ne fait pas toujours du bien. C’est là où je peux avoir ma chance, je sais que je ne peux pas jouer le powerplay. […] Au Canada, j’ai appris un style de jeu différent, plus physique, et ce n’est pas tant par volonté que parce que la taille des patinoires ne laisse pas la place et fait qu’on ne garde pas longtemps le palet. Du coup, maintenant, quand on se fait presser, on peut jouer plus intelligent au lieu de se faire contrer. Je ne serais pas contre retourner à l’étranger, Allemagne ou autre, mais maintenant on a une belle ligue en France avec 44 matches. Cela se passe bien à Épinal, on ne nous attendait pas si haut. Cela fait plaisir qu’on soit reconnu, Florian [Sabatier] fait un travail de fou même quand il ne pointe pas. »

Photos d’Emmanuel Giraudeaux

 

Bélarus – France 3-2 après prolongation (0-2, 1-0, 1-0, 1-0)
Vendredi 10 novembre 2017 à 20h00 à l’Aren’Ice de Cergy. 2354 spectateurs.
Arbitrage de Geffroy Barcelo et Adrien Ernecq (FRA) assistés de Clément Goncalves et Joris Barcelo (FRA).
Pénalités : Bélarus 49′ (6’+10’+5’+20′, 4′, 4′, 0′) ; France 33′ (6’+5’+20′, 2′, 0′, 0′).
Tirs : Bélarus 37 ; France 29.

Évolution du score :
0-1 à 11’03 » : Da Costa assisté de Texier et Fleury
0-2 à 14’13 » : Dame-Malka assisté de Da Costa et Fleury (sup. num.)
1-2 à 33’33 » : Platt assisté de Gavrus et Levsha (sup. num.)
2-2 à 48’17 » : Deryabin assisté d’Astankov et Vasilchuk
3-2 à 61’28 » : Belevich assisté de Vasilchuk et Ustinenko

Bélarus

Attaquants :
Artur Gavrus (A, -1, 2’+10′) – Pavel Boyarchuk (-1, 2′) – Geoff Platt (A, -1)
Evgeni Astankov (+1) – Andrei Belevich (+2, 2′) – Ruslan Vasilchuk (+2)
Artyom Levsha – Sergei Drozd (C, 2′) – Danila Karaban (5’+20′)
Dmitri Buinitski – Ilya Litvinov – Dmitri Ambrozheichik

Défenseurs :
Roman Dyukov – Pavel Vorobei (2′)
Mikhaïl Khoromando (-1, 4′) – Nikita Ustinenko (+1, 2′)
Dmitri Deryabin (+1) – Kirill Sachivko (2′)

Gardien :
Mikhaïl Karnaukhov

Remplaçants : Maksim Malyutin (G), Kirill Chaika. Non aligné : Artyom Kisly.

France

Attaquants :
Alexandre Texier (+1) – Stéphane Da Costa (C) – Damien Fleury (-1)
Anthony Rech – Valentin Claireaux – Charles Bertrand
Loïc Lampérier (A) – Nicolas Ritz – Joris Bedin
Bastien Maia (-1) – Eliot Berthon (-1, 4′) – Malo Ville (-1)
Rudy Matima

Défenseurs :
Nicolas Besch (A, -2) – Antonin Manavian (+1, 5’+20′) puis à 13’16 » Hugo Gallet (-1)
Olivier Dame-Malka (+1, 4′) – Florian Chakiachvili (+1)
Vincent Llorca – [Gallet puis à 13’16 »] Kévin Dusseau

Gardien :
Sebastian Ylönen

Remplaçant : Ronan Quemener (G). En réserve : Thomas Roussel, Florian Sabatier, Jérémie Romand.