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La course aux séries dans la division Pacifique

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Prenons le temps de faire un point en détail sur la situation des équipes en NHL alors que nous approchons la barre des 30 matchs joués. Premier arrêt, la division Pacifique où les surprises sont nombreuses.

Nous présentions la division Pacifique comme la plus ouverte avant le premier match de la saison. Edmonton et Anaheim devaient se qualifier sans grand problème, et la 3e place revenir aux Sharks ou aux Flames… Deux mois plus tard, le portrait est très différent et encore plus indécis que prévu.

En termes de production de jeu, San Jose semble être la seule véritable force de la division alors que Edmonton, certes encore dans le positif, est en chute libre depuis un mois. Calgary et Vegas n’ont pas d’identité particulière, Los Angeles a des soucis à se faire en termes de système défensif, là où Vancouver fait son beurre. Pour Anaheim et Arizona, c’est très compliqué.

Dans la réalité, les Sharks ont encore du pain noir à manger mais leur manque de réussite en attaque signifie aussi que de beaux jours sont à l’horizon. Pour Edmonton, la malchance ne peut plus être une excuse. Calgary et Vegas sont sur la bonne voie. Les Kings sont très dépendants de leurs gardiens. Vancouver est sur la corde raide et Gibson maintient Anaheim en vie. C’est fini pour les Coyotes.

 

Los Angeles. Le ver a été enlevé de la pomme cet été… Façon de parler mais la recette de Daryl Sutter ne fonctionnait plus et les nouveaux Kings du coach John Stevens présentent un tout autre visage. Fini la forteresse défensive et le contrôle maniaque de la rondelle, place à un jeu ouvert, dans les deux sens de la patinoire. Les Kings ont donc retrouvé le chemin des filets mais aussi ouvert les vannes défensivement. La première chose qui frappe est de voir L.A. au 27e rang de la ligue pour les buts anticipés encaissés. Ouvrir le jeu a donc un prix… La conséquence est que les Kings sont dominés dans le jeu, surtout depuis fin octobre. Avec 48% des buts anticipés, L.A. est 21e de la ligue à ce chapitre et, historiquement, ce n’est pas bon signe à long terme. Tout comme les renaissances de Kopitar ou Brown sont les bienvenues mais un peu trop belles pour être vraies. Kopitar a rentré 19% de ses tirs cette saison, contre 12% en carrière. Brown 13%, lui qui tire à 9,3% depuis son arrivée en NHL. Sans parler de Kempe et ses 24% de réussite. Gare au retour sur terre qui se profile.

La bonne nouvelle est que pour l’instant Jonathan Quick a colmaté beaucoup de brèches. Le gardien a connu un excellent début de saison et porté son club vers des belles séries de victoires. Et son remplaçant Darcy Kuemper a bien aidé également. À eux deux, ils présentent le meilleur taux d’arrêts de la ligue et font aussi de L.A. l’infériorité numérique la plus efficace. Quick descend néanmoins lentement de son nuage ces dernières semaines mais devra continuer à jouer son meilleur hockey si les Kings veulent s’accrocher au podium. Depuis le 1er novembre, L.A. a une fiche de 7-6-2, au 21e rang de la ligue, sûrement plus proche de la vérité que le mois d’octobre. Pour l’instant les chances de qualifications sont quand même de 82% mais il ne faudra pas s’endormir.

Las Vegas. Ou le conte de fées en deux temps… Le début de saison des Knights a été marqué par les performances exceptionnelles de leurs gardiens, malgré le défilé de ceux-ci à l’infirmerie. Sauf que, depuis fin octobre, les hommes de Gérard Gallant jouent mieux… mais n’ont plus de gardien digne de ce nom. Loin d’être au fond de la ligue, Vegas s’est plutôt niché dans le ventre mou en termes de jeu et vient au 12e rang pour les buts anticipés. Les William Karlsson, Jonathan Marchessault, Rielly Smith and co montrent qu’ils peuvent se débrouiller dans des premiers rôles. Tout comme Colin Miller ou Brayden McNabb en défense, deux curiosités l’an passé sur des 3e paires et qui confirment leur potentiel. Le vrai test sera, comme souvent avec les équipes d’expansion, de passer le cap de blessures majeures car il n’y a aucune profondeur derrière. Comme les Kings, le mois de novembre a été un rappel à l’ordre avec une fiche de 7-6-1, la 22e de la ligue, mais les choses sont réellement intéressantes dans le désert, plus que nous l’aurions pensé. Les chances de voir les séries sont de 86% à l’heure actuelle.

San José. Sans doute l’équipe la plus forte de la division si l’on en croit le début de saison. Les Sharks, dont on se demandait s’ils allaient ralentir, sont revenus en force de leur déception du printemps dernier. L’équipe repose avant tout sur un système de jeu très solide dans les deux sens. Attaque et défense sont dans le top10 de la ligue pour les buts anticipés. Le fond d’alignement joue bien et offre des solutions en attendant que les gros canons concluent les occasions. San José domine ainsi ses adversaires et le départ poussif avait davantage comme raison des tireurs en panne qu’à autre chose. Encore aujourd’hui, les Sharks sont 30e pour la réussite aux tirs, de quoi ralentir quelques ambitions. Bonne nouvelle, cela ne peut que s’améliorer. Surtout que Brent Burns va finir par débloquer, lui qui n’a marqué qu’un minuscule petit but en 98 tirs cadrés ! De l’autre côté, Martin Jones fait du bon travail et les efforts ont commencé à payer en novembre avec une fiche de 8-4-2, la meilleure de la division. Les chances de se qualifier sont pour l’instant de 56% mais, avec un peu de réussite, difficile de ne pas voir les Sharks en séries.

Vancouver. Qui tire encore et toujours sur la corde. Il faut tirer un sacré chapeau à Travis Green le nouvel entraineur. Conscient des limites de son effectif, le coach rookie a tout misé sur un plan défensif et l’opportunisme de ses attaquants. L’équivalent de jouer à 10 dans sa surface et marquer sur corner au foot… Il faut dire que les Canucks font la première partie du travail plutôt bien. Le système défensif est 5e de la ligue pour les buts anticipés encaissés, c’est très respectable surtout vu les joueurs à disposition. Les frères Sedin sont encore de superbes manieurs de rondelle mais, sans eux, l’édifice s’écroule. Leur ligne avec Virtanen voit Vancouver obtenir 57 à 59% des buts anticipés ! Ce chiffre passe dans le négatif pour tous les autres trios. Celui de Brock Boeser, Sven Bärtschi et Bo Horvat fait les gros titres par sa production offensive mais défensivement c’est compliqué. La jeunesse quoi. Au total, les Nucks stagnent à 48% des buts anticipés, à un peu enviable 23e rang dans la ligue. Cette situation leur donne entre 21% et 56% de se qualifier mais penchons pour le scénario pessimiste.

Calgary. Surtout que les Flames sont juste derrière et possèdent de sérieux arguments pour finir sur le podium en avril. Surtout, l’équipe dispose d’une moitié d’équipe de très haut niveau. Les trios Backlund-Tkachuk-Frolik et Gaudreau-Monahan-Ferland sont redoutables par bien des aspects, surtout accompagnés par ce qui est peut-être la meilleure paire de défense de la ligue, Mark Giordano et Dougie Hamilton. Avec ses deux-là sur la glace, Calgary obtient plus de 55% des buts anticipés, c’est solide comme de la roche. Le reste de l’effectif est par contre à la traîne. Travis Hamonic confirme les doutes à son égard et le bottom6 en attaque en arrache. Jaromir Jagr fait toujours du Jagr lorsqu’il joue mais pas au point de sauver ses petits camarades. Celui qui fait des miracles, par contre, est le gardien Mike Smith, parmi les meilleurs à son poste à 5 contre 5 en ce début de saison. Avec 51,4% de possession et 51,1% des buts anticipés, Calgary ressemble à une équipe naviguant entre la 10e et la 15e de la ligue, suffisant, certainement, pour voir les séries dans cette division. Leurs chances d’y arriver sont pour le moment de 86%.

Anaheim vit un début de saison assez cauchemardesque. L’infirmerie est pleine à craquer et les Ducks s’accrochent à leurs ambitions du bout des ongles, ou plutôt du bout des gants de John Gibson. Le gardien fait beaucoup de miracles pour tenir une équipe qui coule dans le jeu sans ses cadres. Il faut se dire que Getzlaf, Kesler, Fowler ou Eaves, à eux tous n’ont joué que 23 matchs… Résultat, les Ducks sont 29e de la ligue pour les buts anticipés, juste devant Colorado et Arizona, une compagnie peu enviable. C’est surtout défensivement que le bateau tangue alors que seuls les Rangers accordent plus de chances. Hampus Lindholm et son compère Josh Manson sont les seuls à émerger positivement, comme Ondrej Kase et Jakob Silfverberg en attaque. Perry et Rakell marquent mais encaissent autant, voire plus de buts, comme le montre leur différentiel de -1 à 5 contre 5. Getzlaf pourrait revenir mi-décembre, en attendant Anaheim est sous respirateur artificiel. Chances de qualifications : 19%…

Edmonton. Un roman pourrait être écrit sur les Oilers. Un drame sordide. Nous en avions parlé ici il y a quelques semaines, l’équipe proposait en début de saison une vraie domination sur ses adversaires mais des tireurs en déveine et un Talbot en mode diesel avaient laissé filer beaucoup de points. Depuis, la réussite est naturellement revenue, Talbot est à son niveau habituel à 5 contre 5 mais, devant les défaites, l’état-major a choisi de chambouler le bon équilibre du début de saison. Les responsabilités ont été redistribuées et, peut-on supputer, pas en bien. Il est naturel de chercher des solutions, mais il n’est pas certain que cela soit la solution à long terme. On a coupé le temps de jeu d’Oscar Kelfbom, de McDavid, on l’a séparé de Draisaitl, promu Russel, Benning et Larsson… Résultat, depuis un mois, Edmonton subit désormais le jeu. Les Oilers trônaient en haut de la ligue avec 59% des buts anticipés fin octobre, après 10 matchs. Depuis, ils ne contrôlent plus que 49% des buts anticipés. Si les séries sont encore jouables (6 pts de retard mais des matchs en plus), la dynamique n’est pas très encourageante, d’autant que le management est fortement capable de tenter un gros échange, chose rarement gagnante quand on est l’équipe sous pression. Sur la base du mois de novembre, les Oilers ont 56% de chance de faire les séries. Ils pourraient faire tellement mieux.

Arizona. Au fond du classement, comme prévu ? Il faudrait être une mouche dans le bureau de John Chayka pour le savoir. Les mouvements de l’été laissaient penser que l’équipe mettait la marche avant. Force est de constater que ce n’est pas le cas. Antti Raanta déçoit dans les cages. C’est compliqué pour à peu près tout le monde. Seule la paire Ekman-Larsson – Demers est une sorte de satisfaction. Globalement, les Coyotes sont déjà 30e pour la possession et 31e pour les buts anticipés. Un coup pour rien et on espère avoir Rasmus Dahlin au repêchage ? Chance de qualification : 0%.

 

On se mouille ?

Pas facile d’y voir clair derrière les Sharks. Mettons que Calgary et Vegas semblent les mieux placés pour finir sur le podium. Les Kings dépendent trop de Quick et Edmonton va se saborder. Will see.