Gap – Lyon (Ligue Magnus, 34e journée)

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Après sa victoire en coupe de France, Gap revient à la traditionnelle saison de Ligue Magnus. Mais ce soir l’adversaire n’est autre que le prochain adversaire en finale de Coupe de France : Lyon.

Trois points séparent les deux équipes et le choc va être rude car les affrontements sont toujours compliqués entre les deux clubs. Mais Gap mène 6 victoires à 2 sur la glace de l’Alp’arena sur les 8 dernières confrontations, à domicile, en compétitions. Le match promet d’être serré avec 10 points pris à l’extérieur pour les Lions sur les 10 derniers déplacements et à l’inverse Gap en prend 16 à la maison. Mais la situation lyonnaise est catastrophique en championnat avec 21 buts concédés et 0 inscrits dans une série de 3 défaites. Seule la victoire en demi-finale de coupe permet de redonner un brin de soleil dans cette grisaille.

Les Lions s’appuieront sur Julien Correia (41 points) et Trevor Gerling (35) face à un Jeff Lerg 4e gardien du championnat avec 90,9%. Au rayon des unités spéciales Gap avec 15% est remonté en supériorité en laissant Strasbourg, Épinal et Chamonix derrière. Lyon est à 19,4% alors qu’Angers domine à 25%. Mais pour les deux teams, ce sont des stats moyennes même en infériorité. 75,3% pour les rapaces contre 78,1% chez les lyonnais. Mais tout ceci est bien loin des 89,8% des Rouennais.

Le match de ce soir sera donc une bataille entre adversaires directs pour les places de 3 à 5. Les Lions compteront l’absence remarquée d’Arturs Mickevics et Slavomir Tomko entre autre. Gap réintègre Graeme Mc Cormack mais ne voit toujours pas le retour de Bouvet et Thillet.

Le match part vite avec une bataille intense pour la conquête du palet. Le jeu est rude et physique. Lyon s’emploie à forcer et joue l’homme avec un style très accrocheur. Gap subit un énorme pressing des Lyonnais. Les Hauts-Alpins parviennent bien à aligner quelques passes dans le slot mais ne sont pas en possibilité de tirer à la cage. La première réelle occasion des bleus intervient par Ross qui décale Puhakka (8’26). Mais il faut une haute lutte pour arriver à procéder à un décalage. Lyon parvient à fermer toutes les ouvertures possibles.

La pression devient terrible dans le camp gapençais. Gap ne peut plus sortir de sa zone. En supériorité, Balsamo passe dans la bande et donne au centre à Colomban qui ne peut reprendre (13’25). Eric Scheid tente un shoot puissant (14’25). Au retour au complet, Ritt gagne un duel derrière la cage pour Crinon qui envoi le palet de loin ; Gap ne trouve toujours pas la solution.

Stojanovic est impeccable et ne laisse aucun rebond. Gap poursuit sa domination en fin de tiers mais les attaquants s’écrasent sur le gros bloc défensif blanc. Lyon ne laisse aucun espace sauf sur une erreur. Le palet qui traîne est repris par Lewis à bout portant (18’57). Jules Breton commet un accrocher. Les Rapaces parviennent à envoyer plusieurs tirs, mais sans problème pour le portier lyonnais.

Les Lions sont venus sur la glace de Gap pour proposer un jeu intensif et très solide défensivement. Gap s’est employé pour lancer à la cage mais les espaces étaient réduits pour s’avancer. En y associant un manque de trafic devant le but de Stojanovic, les occasions réelles ont été rares.

Gap termine la supériorité avec un solide tir de Scheid (20’49). Il faut ensuite attendre le break de Guttierez sur Demiters pour trouver une occasion intéressante (23’32). Mais le jeu est très fermé avec des défenses qui tiennent le choc. Le match offre une pauvreté saisissante dans le secteur offensif à l’image de Custosse et Colomban qui prennent des tirs sans écran, faciles pour les gardiens. Toujours peu de possibilités sur un jeu à six contre cinq suite à la sortie de Jeff Lerg. La pénalité différée est sifflée et Arnaud Faure lance à la cage mais le shoot est dévié par Valentin Michel qui offre son corps en barrage sur le palet (27’30). Dans la supériorité, Eric Scheid, passe entre deux joueurs, s’avance à pleine vitesse et son shoot part en pleine en lucarne (28’05 : 1-0).

La partie se poursuit avec peu de production offensive de qualité du côté des lions. Mais dans une attaque à faible vitesse, Lyon entre en zone offensive et Ankerst place un tir peu puissant dans le slot (30’12 : 1-1). Ce but a le don de « doper » les Lyonnais. Leur jeu vers l’avant est toutefois sanctionné de plusieurs hors-jeu. À noter la bonne conservation du palet de Gerling.

Luciano Basile prend son temps mort car son équipe est en panne. Sur une mise au jeu gagnée, Scheid part seul et son shoot est dévié par le portier. Mais dans la suite de l’action, Ankerst percute son gardien patin en avant lors de sa chute (32’29). Le médecin est appelé et Stojanovic reprend la partie. Suite à cet arrêt de jeu, ce sont les blancs qui partent à l’assaut. L’attaque est menée rapidement avec une passe abandon et Takac qui suit pour un bon tir (33’09).

L’embellie pour le gardien ne dure pas bien longtemps, Stojanovic demande à être remplacé et Sidney David-Thivent prend place devant les filets. Mais le jeu retombe vite dans sa platitude faite de nombreux arrêts de jeu et égrainé de nombreuses erreurs de passes et de contrôles de puck. Sur un nouveau power play, seul Scheid met un brin de folie et avec des courses rapides. Devant le gardien, il laisse à Tringale mais David ferme la porte (36’18). On reprend le jeu au complet. Lyon crée du trafic devant la cage, Labrecque tire sur le gardien, dans le slot, mais le rebond percute Correia, ce qui renvoie le puck dans les cages en lobant Jeff Lerg (37’57 : 1-2).

Gap reprend la partie avec 1’23 à finir en supériorité. Il faut souligner que le jeu de puissance n’a de puissance que le nom tant l’intensité n’est pas présente et n’apporte aucune occasion. La charge de Labrecque sur Campbell fait basculer la partie et transforme cette période en bataille de tranchée indigeste ! Ritt se jette sur le Canadien pour venger son coéquipier. Et Labrecque paie son intervention de 5’+20’. À 5 contre 4, c’est encore Scheid qui sonne la charge et tire depuis le slot. Le rebond est repris par Linsmayer mais le gardien se couche et sauve le palet in extremis, sur la ligne (43’28). Dans la continuité, le dernier coup de crosse pour pousser un palet non gelé provoque une bagarre engagée par Delemps. Gap est maintenant en double supériorité mais Takac engage un pressing puissant sur le joueur et repousse par deux fois les bleus dans leur zone. Lyon force son jeu par des charges incessantes et bien trop violentes et une pluie de pénalité s’abat sur les visiteurs. La sanction est payée cash avec un beau jeu en trio Glen, Scheid, Mc Cormack (36’08 : 2-2).

Le match se délite et ne mène nulle part avec un arbitrage qui parvient difficilement à gérer les sanctions. Les provocations incessantes des blancs font péter les plombs des joueurs. 5’+20’ pour Serer après un coup de tête de vengeance alors qu’il est victime d’une violente charge de Levesque. Lyon en profite avec Demiters qui transperce le trafic (50’30 : 2-3).

Difficile d’évoluer à effectif complet tant les pénalités se succèdent. En power play, Scheid relance et conclut par un tic tac toe mais cela ne rentre pas (42’41). Dans ce marasme sur un gain de palet, Scheid tire et frappe la barre (57’30). Il ne reste plus qu’à sortir le gardien pour tenter de revenir au score. 1’30 à faire avant la sortie de Lerg. Les Lyonnais se pénalisent encore eux-mêmes et se retrouvent en double infériorité à six contre trois. Sims écope d’une méconduite pour avoir invectivé l’arbitre depuis son banc. Valentin Michel fait sortir le puck de sa zone, Scheid envoie un tir tendu capté de la mitaine solidement par David (52’45) mais Campbell délivre le public et son équipe d’un tir foudroyant sous la barre (59’55 : 3-3).

Prolongation : une action, un but avec Campbell qui tire de la bleue et loge la rondelle en pleine lucarne (60’34 : 4-3).

Victoire des Gapençais qui ne doivent leur salut qu’à l’indiscipline honteuse des lyonnais. La capacité à produire du jeu a été bien pauvre de la part des deux équipes. La copie n’est pas bien reluisante pour un match de Ligue Magnus. Lyon, venu défendre et jouer le contre, a confondu virilité et violence gratuite, ce qui a pourri un match déjà bien plat dans son attractivité hockeyistique. On espère voire une finale de Coupe de France autrement plus belle dans son jeu devant les caméras de télévision. Il est clair que ce match va laisser des traces entres les deux équipes. Pour la suite du championnat, Gap ira se déplacer à Épinal et Lyon recevra Chamonix.

Élus joueurs du match : Sidney David-Thivent pour Lyon et Tim Campbell pour Gap.

 

Gap – Lyon 4-3 après prolongation (0-0, 1-2, 2-1, 1-0)
Vendredi 12 décembre 2018 à 20h30 – Alp’arena. 1852 spectateurs.
Arbitres : Alexandre Savice Fabre et Benjamin Gremion assisté de Guillaume Gielly et Geoffrey Barcelo
Pénalités : Gap 64’ (2’, 0’, 2’+5’+20’+25’+10’) ; Lyon 71’ (4’, 6’, 16’+5’+20’+10’+10’)
Tirs : Gap 46 (13, 15, 17, 1) ; Lyon 25 (9, 10, 6, 0)

1-0 à 28’05 : Scheid assisté de Glen et Campbell (sup. num.)
1-1 à 30’12 : Ankerst assisté de Takac
1-2 à 37’57 : Correia assisté de Labrecque et Levesque
2-2 à 36’08 : Mc Cormack assisté de Scheid et Glen (double sup. num.)
2-3 à 50’30 : Demiters assisté d’Ankerst et Kazarine (sup. num.)
3-3 à 59’55 : Campbell assisté de Mc Cormack et Scheid (double sup. num.)
4-3 à 60’34 : Campbell assisté de Scheid et Linsmayer (sup. num.)
 

Gap

Attaquants
Eric Scheid – David Glen – Rob Linsmayer
Devin Tringale – Jack Lewis – Evan Ritt
Romain Gutierrez – Janne Puhakka – Cédric Di Dio Balsamo
Robin Colomban – Marius Serer – Jérémy Aymard
Yoanne Lacheny

Défenseurs
Max Ross – Tim Campbell
Pierre Crinon – Raphaël Faure
Damien Raux – Graeme Mc Cormack
Arnaud Faure – Maxime Ritz

Gardien
Jeff Lerg [sorti de 59’11 » à 59’55 »]

Remplaçant : Aurélien Bertrand (G). Absents : Maurin Bouvet, Dimitri Thillet, Chad Mc Donald.

Lyon

Attaquants
Sébastien Delemps – Aubin Lamirault – Quentin Berthon
Julien Correia – Dave Labrecque – Trevor Gerling
Fabien Kazarine – Jaka Ankerst – Samuel Takac
Norbert Abramov – Jordan Sims – Valentin Michel
Joran Reynaud

Défenseurs
Pavel Chernook – Renars Demiters
Cédric Custosse – Marc-André Levesque
Thomas Roussel – Jules Breton

Gardien
Rok Stojanovic puis Sidney David-Thivent à 33’09 »

Absents : Olivier Richard (G, ménisque), Maris Jucers (G), Killian Lairet, Hugo Faure, Maxime Favre-Félix, Slavomir Tomko, Arturs Mickevics.