Grenoble – Amiens (Ligue Magnus 2017/18, 37e journée)

Grenoble, la preuve par cinq en power-play !

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Les Brûleurs de Loups sont tombés de haut vendredi à Strasbourg. Battus 6-3 par la lanterne rouge (avec deux buts encaissés en cage vide), ils ont réalisé un de leurs plus mauvais matchs de la saison. Un loupé qui n’est pas sans rappeler la défaite à Mulhouse début janvier, à croire que l’Alsace réussit décidément mal aux Isérois. Une défaite qui laisse aussi la première place à Rouen et surtout qui contraste avec la solidité dont fait preuve Grenoble à domicile : quatorze victoires d’affilée dont les deux dernières, très solides face à Bordeaux (3-0) et Angers (3-1). Il sera donc question de revanche ce soir, les Brûleurs de Loups ayant à cœur de se faire pardonner rapidement leur déconvenue strasbourgeoise et de poursuivre la série victorieuse à Pôle Sud.

Mais les Gothiques d’Amiens, vainqueurs du dernier affrontement entre les deux équipes début décembre en Picardie (5-4), ont de sérieux arguments à faire valoir. À la lutte avec Gap et Lyon pour la troisième place, ils restent sur une excellente série puisqu’avant leur défaite face à Rouen vendredi (3-4), ils avaient enchaîné cinq succès d’affilée depuis le début de l’année. À noter que pour cette rencontre du haut de tableau, les deux équipes seront chacune privées de leur meilleur pointeur, Jérémie Romand côté amiénois et David Rodman côté grenoblois, ce dernier étant suspendu suite à son exclusion à Strasbourg.

C’est Grenoble qui lance les hostilités avec Pierre-Charles Horedelaly, replacé sur la première ligne en l’absence de Rodman. L’ailier grenoblois centre pour Boštjan Goličič dont la reprise à bout portant est captée de la mitaine par Lucas Savoye, choisi par Mario Richer pour débuter. Mais les Brûleurs de Loups se retrouvent rapidement en infériorité numérique après un dégagement direct au-dessus du plexiglas de Maxime Legault. Les Gothiques installent le power-play et un premier lancer lointain de Lauri Kärmeniemi est capté de la mitaine par Lukáš Horák.

Malgré cette première frayeur, les Brûleurs de Loups parviennent à tuer cette pénalité. De retour à cinq contre cinq, ils mettent la pression avec deux gros lancers de Bisaillon puis Giroux qui sont captés sans rebond par Savoye. Installés en zone offensive, les Grenoblois font circuler le palet et assiègent la cage de Savoye. Le portier amiénois est « chaud » en ce début de match avec un bel arrêt de la mitaine face à Alexandre Giroux. Les Gothiques ouvrent pourtant le score contre le cours du jeu suite à un engagement en zone offensive sur un lancer limpide d’Ondrej Smach légèrement dévié au passage par Laakkonen (0-1, 07’19).

Grenoble a rapidement l’occasion de revenir avec un premier avantage numérique lorsque Narbonne retient Giroux dans la zone amiénoise. Les Brûleurs de Loups mettent du temps avant de s’installer mais ils trouvent finalement l’ouverture sur un lancer de la ligne bleue de Dame-Malka qui transperce Savoye, masqué par le trafic devant lui avec notamment un écran de Legault (1-1, 09’25). Les Gothiques repartent à l’attaque mais se voient de nouveau freinés dans leur élan sur une charge contre la bande de Kévin Da Costa sur Legault. Deuxième chance en supériorité numérique pour Grenoble et… deuxième but : sur un palet récupéré le long de la bande, Alexandre Giroux revient vers le centre de la glace sans être inquiété et marque d’un magnifique tir du poignet en pleine lucarne (2-1, 12’40). Ce nouveau but assomme les Amiénois qui subissent au cours des secondes suivantes. Alors qu’ils arrivent à remettre de la pression, Prissaint est sanctionné pour une charge incorrecte sur Le Blond en zone offensive.

Troisième supériorité numérique donc et… troisième but pour Grenoble : sur un palet remis devant la cage par Giroux, Goličič parvient à se saisir du rebond et pousse le palet au fond des filets (3-1, 15’59). Mal en point en infériorité numérique, les Gothiques tentent de réagir à cinq contre cinq avec Philippe Halley qui récupère le palet dans le slot. Une pénalité de Tartari leur redonne une chance de se relancer dans le match mais Horak est très présent devant sa cage. Le power-play amiénois fait circuler le palet et suite à un arrêt d’Horak, Dame-Malka effectue une charge sur Halley après le coup de sifflet. À cinq contre trois pendant 49 secondes, Amiens se montre trop fébrile et Matima se retrouve bêtement sanctionné pour faire trébucher Rohat alors qu’Amiens est installé en zone offensive.

Les deux équipes commencent donc la deuxième période à quatre contre quatre, ce qui provoque un jeu assez alerte avec un palet qui va d’une cage à l’autre. En se retournant, Halley tente de surprendre Horak mais le portier grenoblois est bien en place. Sur un contre, c’est au tour de Laakkonen de déborder Tartari et d’aller défier Horak mais ce dernier s’impose de la mitaine. Mais les Grenoblois ne sont pas en reste : à bout portant, Rohat n’arrive pas à loger le palet dans la cage amiénoise et Savoye parvient finalement à geler la rondelle. Mais les Brûleurs de Loups continuent de travailler en zone offensive : après avoir récupéré le palet dans les patins de Halley, Kara s’appuie sur Leclerc puis ajuste Savoye d’un tir croisé imparable (4-1, 23’36).

Décrochés au tableau d’affichage, les Gothiques se remobilisent mais Horak frustre Kuralt pourtant en excellente position devant le slot. Les Brûleurs de Loups continuent d’attaquer la cage amiénoise avec conviction tout en ayant la mainmise sur le palet. En contre, Amiens reste dangereux mais Horak sort de nouveau un arrêt impeccable face à Trabucco pourtant en excellente position. Amiens bénéficie de deux minutes d’avantage numérique lorsqu’Arnaud fait trébucher Coulaud. Les Gothiques installent leur power-play et font longtemps circuler le palet en zone offensive mais ils ne parviennent à pas trouver de bonne position de tir.

À cinq contre cinq, Grenoble reprend le contrôle du jeu et garde la mainmise sur le palet. Et sur une belle transversale de Hardy, Arnaud reprend sans contrôle et bat Savoye, gêné par la présence de Rohat face à lui (5-1, 34’43’). L’addition commence à être lourde pour les visiteurs qui se retrouvent dans la foulée en infériorité numérique lorsque Kärmeniemi est envoyé en prison. Le jeu de puissance est rapidement installé et Goličič parvient à reprendre le palet en one timer : Lucas Savoye fait l’arrêt mais se blesse dans son déplacement et a besoin de soins. À l’arrêt de jeu suivant, il laisse finalement sa place à Henri-Corentin Buysse.

Amiens parvient à tuer une pénalité pour la première fois. De quoi donner un peu de baume au cœur aux Gothiques qui bénéficient à leur tour d’une supériorité numérique suite à une faute de Bonnardel sur Smach. Les Amiénois sont bien installés dans la zone offensive mais proposent essentiellement des lancers non cadrés à l’image de ceux de Trabucco ou Halley qui passent au-dessus de la cage grenobloise. Amiens n’arrive pas à réduire le score avant la pause et accuse un retard de quatre buts au tableau d’affichage à la deuxième pause.

La troisième période débute mal pour les Gothiques puisque Narbonne est sanctionné pour une charge contre la bande sur Leclerc. Nouvelle supériorité numérique pour Grenoble donc qui s’installe en zone offensive. Goličič lance de la bleue mais Buysse sort une belle mitaine. Amiens ne s’en sort pas avec les pénalités puisque Laakkonen est sanctionné à son tour pour avoir fait trébucher Rohat. Le danger revient devant la cage amiénoise avec Giroux d’abord sur un tir non cadré puis sur une occasion à bout portant repoussée par Buysse. Le palet passe tout près de la cage amiénoise sur une reprise de Legault.

À cinq contre cinq, Grenoble continue de travailler en zone offensive face à une équipe amiénoise qui semble démobilisée et qui enchaîne les pénalités. Cette fois, c’est Mario Trabucco qui est sanctionné pour une crosse haute. La troisième pénalité dans ce troisième tiers, celle de trop pour Amiens qui prend l’eau : Grenoble récite son power-play avec Giroux puis Hardy à la manœuvre. À chaque fois Buysse multiplie les arrêts mais sur un contre rondement mené, Halley sert West et Horak réalise l’arrêt qu’il faut alors qu’il n’avait pas grand-chose à faire jusque-là. Sur la contre-attaque, Goličič sert Kyle Hardy en retrait à la ligne bleue : le slap du défenseur grenoblois trouve la lucarne pour le quatrième but grenoblois en supériorité numérique de la soirée (6-1, 46’37’).

Après ce but, les jeux sont faits et les deux équipes n’ont plus qu’à attendre la fin de la rencontre…. Grenoble passe en mode gestion, se contentant de maintenir le palet en zone d’attaque alors qu’Amiens essaie de limiter la casse toute en tentant sa chance sur des contre-attaques à l’image de Kuralt qui butte sur Horak ou Prissaint dont la reprise à bout portant est repoussée par le portier grenoblois. Sur une contre-attaque amiénoise, Goličič retient Coulaud, offrant ainsi une supériorité numérique aux Gothiques en fin de match. Une supériorité qui devient double lorsqu’une obstruction est sifflée contre Horak. À cinq contre trois, les Gothiques ont une chance de marquer un second but mais ils n’arrivent pas à cadrer leurs tirs et peinent à s’installer dans la zone offensive. Finalement deux lancers coup sur coup de Trabucco sont repoussés par Horak. Une dernière pénalité est sifflée contre Amiens pour un surnombre. L’occasion pour Grenoble d’inscrire un septième but, le cinquième en power-play ce soir sur une reprise à bout portant de Champagne suite à bon travail de Giroux (7-1, 59’29’).

Les Brûleurs de Loups s’imposent facilement après avoir donné un récital en supériorité numérique, cinq buts marqués dont trois lors des trois premières opportunités. Une performance d’autant plus surprenante que l’équipe grenobloise était privée cet après-midi de son maître à jouer David Rodman. Mais encore une fois la profondeur du blanc a fait la différence puisque les Brûleurs de Loups ont marqué sept buts avec sept buteurs différents dont deux défenseurs. Une belle performance d’équipe, donc, complétée par une sortie très solide de Lukas Horak devant la cage. Grenoble se fait ainsi partiellement pardonner de sa déconvenue strasbourgeoise et tentera de ramener un succès mardi de Gap, autre prétendant à troisième place du classement et qui aura peut-être la tête à la finale de la coupe de France.

Malgré un bon départ, les Gothiques ont complètement sombré dans cette rencontre, principalement à cause d’un box play catastrophique. L’indiscipline amiénoise a coûté très cher ce soir et les hommes de Mario Richer ne se sont jamais vraiment remis des trois buts encaissés lors des trois premières infériorités numériques lors du premier tiers temps. En attaque, les Gothiques se sont montrés souvent maladroits ou se sont heurtés à un excellent Horak. L’absence de Jérémie Romand s’est fait lourdement sentir dans l’offensive amiénoise. Quant au malheureux Lucas Savoye, il a encaissé cinq buts avant de se blesser…. Une soirée à oublier donc pour les Gothiques, peut-être fatigués par leur rencontre face à Rouen et le déplacement qui a suivi. Ils auront l’occasion de se reprendre dans un match important face à Angers mardi.

Désignés meilleurs joueurs du match : Alexandre Giroux (Grenoble) et Anze Kuralt (Amiens)

(Photos Philippe Crouzet)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « Quand on marque cinq buts sur le power-play, c’est toujours plaisant de jouer un match comme ça… L’avantage numérique était très bon, c’est là qu’on est allé chercher un momentum. On a travaillé plus fort qu’eux sur le power-play. Derrière, on sent cette bonne énergie. Les gars ont bien fait devant, on a vu des bonnes choses. On bougeait bien le palet, les gars étaient bien appliqués, bougeaient bien ensemble et ils ont gardé les choses simples. Toutes les équipes cherchent un positionnement pour les play-offs ou les play-down, même Strasbourg qui n’a pas grand-chose à jouer… C’est une équipe qui va chercher la confiance pour la dernière partie de saison. J’ai toujours dit aux joueurs, quand on n’est pas à 100% dans le match, quand on ne joue pas comme on veut, on n’est pas très très bon et à Strasbourg c’était le cas. On a fait 40 turnovers, aujourd’hui on est à 17… Il n’y a pas de secret, il faut qu’on travaille plus fort que l’adversaire, il faut que toute l’équipe soit présente à chaque match pour avoir du succès. Notre force cette année, c’est de ne pas compter que sur certains joueurs. On veut créer du danger de partout, aujourd’hui tout le monde a participé. Lukas a été très confiant, très bien en place techniquement. Il veut prouver à tout le monde qu’il peut être au top, il était là pendant le temps fort d’Amiens. Quand tu as un gardien comme ça derrière toi, c’est toujours plus facile. »

Mathias Arnaud (attaquant de Grenoble) : « Quand Jacques est arrivé, il voulait que Grenoble et Pôle Sud soit une forteresse imprenable. On arrive à enchaîner les bonnes performances à domicile, des fois on est un peu moins bien, il peut y avoir un peu moins d’écart de but mais au final on a un bon ressenti, les fans sont contents, le groupe marche bien et est très content d’enchaîner ces victoires. Amiens, c’est une grosse équipe, au début le match était très fermé, ils jouaient bien défensivement, ils jouaient bien en contre, physiquement ils étaient là. Aux engagements, on était en dessous mais avec nos quatre lignes on arrive à user nos adversaires et à un moment donné ils font une petite erreur et on s’engouffre dans la brèche. On a vu que le power-play était très efficace, le PK aussi. Il y a des moments comme ça dans l’année où si tu répètes bien les choses, ça fonctionne. Très positif et très bonne réaction par rapport au match de vendredi. Il y a beaucoup de gens qui disent que Mulhouse ou Strasbourg ce sont des petites équipes mais Mulhouse a encore sa carte à jouer, les play-downs ce n’est pas fait pour eux. Ils ont un bon power-play, des grosses individualités, les gardiens font la différence, pareil pour Strasbourg, les mecs veulent pas descendre, ils se présentent au match et nous ce qu’on a fait vendredi, c’est qu’on ne s’est pas présenté, tout simplement. On n’a pas joué le hockey qu’on sait jouer quand on joue contre des adversaires de top 4. On s’est juste pas présenté, ça arrive dans une année des défaites. Mais je tire mon chapeau à Strasbourg ou à Mulhouse, ils méritent amplement leur victoire.»

 

Grenoble – Amiens 7-1 (3-1, 2-0, 2-0)

Dimanche 21 janvier 2018 à 15h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3248 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion et Damien Bliek assisté de Gabiel Pointel et David Courgeon
Pénalités : Grenoble 14′ (6’, 4’, 4’), Amiens 28’ (8’+10’, 2’, 8’)
Tirs : Grenoble 32 (12, 10, 10), Amiens 24 (9, 6, 9)

Évolution du score :

0-1 à 07’19’ : Laakkonen assisté de Smach et Trabucco
1-1 à 09’25’ : Dame-Malka assisté de Bisaillon et Kara (sup. num.)
2-1 à 12’40’ : Giroux assisté de Champagne et Goličič (sup. num.)
3-1 à 15’59’ : Goličič assisté de Champagne et Giroux (sup. num.)
4-1 à 23’36’ : Kara assisté de Leclerc et Hardy
5-1 à 34’43’ : Rohat assisté de Arnaud et Hardy
6-1 à 46’37’ : Hardy assisté de Goličič et Hordelalay (sup. num.)
7-1 à 59’29’ : Champagne assisté de Giroux et Hardy (sup. num.)

Grenoble

Attaquants :

Alexandre Giroux – Boštjan Goličič (2’) – Pierre-Charles Hordelalay
Guillaume Leclerc – Joël Champagne (A) – Vincent Kara
Maxime Legault (2’) – Sébastien Rohat – Mathias Arnaud (2’)
Gabin Ville – Matthieu Le Blond – Julien Baylacq
Lucas Bonnardel (2’)

Défenseurs :

Kyle Hardy (C) – Sébastien Bisaillon
Christophe Tartari (A) (2’) – Olivier Dame-Malka (2’)
Joona Kunnas – Aziz Baazzi

Gardien :

Lukáš Horák (2’)

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : David Rodman (suspendu), Teddy Trabichet (commotion), Jean-Philippe Côté (blessé)

Amiens

Attaquants :

Janne Laakkonen (2’) – Mario Trabucco (2’) – Anze Kuralt
Tommy Giroux – Philippe Halley – Joey West (A)
Thomas Suire – Kévin Da Costa (2’) – Rudy Matima (2’)
Romain Bault – Elie Marcos (A) – Loïc Coulaud

Défenseurs :

Ondrej Smach – Jonathan Narbonne (C) (4’+10’)
Lauri Kärmeniemi (2’) – Axel Prissaint (2’)
Léo Guillemain – Nicolas Favarin

Gardien :

Lucas Savoye [puis Henri-Corentin Buysse à 37’02’]

Absents : Jérémie Romand, Nicolas Leclerc, Todd Perry (épaule).

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