Au menu de la semaine : Au revoir Jagr, le tour de la ligue (Tor, Pit, Car, Nsh, Min, Col, etc.), la grande braderie des Rangers, le dossier Tavares, les bons points du nouveau proprio des Canes, Sidney Crosby, Mike Fisher, Alec Martinez, 25 ans de Gary Bettman.
Jaromir Jagr s’en est donc allé vers d’autres patinoires, celles de son village natal de Kladno. Le mariage manqué avec les Flames de Calgary et une série de blessures ont fait de cette saison une déception. La légende s’arrête à 1921 points en 1733 matchs. Seul Wayne Gretsky le devance au palmarès. Ses 766 buts le placent au 3e rang, 45 buts derrière Gordie Howe. Sans ses 3 années passées en KHL de 2008-09 à 2011, il occuperait là-aussi le 2e rang derrière Gretsky. Jagr mérite bien plus qu’une brève mais attardons-nous juste sur un point en particulier. Dans ses premières années, Jagr était une star aux clichés européens, grincheuse, un brin feignant, aux antipodes du boute-en-train de ces dernières années. C’est en soi un signe de l’évolution du sport et de la mentalité des joueurs en général. Tant mieux.
Le point sur la ligue
Après les bye weeks, la semaine dernière a encore eu peu à nous offrir en raison de la pause du All-Star Game. Deux trois choses ont bougé quand même.
Toronto repart de l’avant. Quatre victoires consécutives pour les Leafs, dont deux leçons passées aux Rangers et Islanders (4-0 et 5-0). Les raisons du succès ? Très critiqué pour son approche soudainement conservatrice, Mike Babcock a changé son fusil d’épaule. Exit la surutilisation de Leo Komarov, retour au premier plan de Kadri, insertion de Kapanen, Roman Polak benché en défense… Et les résultats sont visibles. Toronto contrôle largement ses matchs et engrange les points au classement.
Pittsburgh continue sa remontée au PDO. Ils sont désormais à 96.7. Crosby, Malkin, Kessel sont en feu. Matt Murray a signé un retour convaincant. Prochain match contre Washington avec en ligne de mire à moyen terme la première place de la division. Une division où Rangers et Islanders sont peut-être déjà dans le dur, nous y revenons plus bas. Les deux équipes repassent coïncidemment du mauvais côté de la Yakuline. Philadelphie a également 3 défaites de suite, dont une crève-cœur hier contre les Devils, qui repassent, eux, du bon côté de la Yakuline. Carolina passe aussi du bon côté avec 3 victoires de suite. En parlant de Carolina, une info surprenante en leur faveur est qu’ils sont l’équipe à avoir le moins joué à domicile cette saison, 21 fois en 49 matchs. Ils joueront par contre 11 des 12 prochains matchs à la maison, l’occasion de mettre un pied et demi en séries. Leurs opposants sont, de plus, très abordables. Ils ont déjà pris des points contre Ottawa et Montréal cette semaine avant d’affronter Détroit ce week-end.
Nashville a fait un joli bond vers la droite cette semaine, passant peut-être définitivement du bon côté de la Yakuline. La franche victoire 5-0 sur Los Angeles hier soir y est pour beaucoup. Nashville qui a enfin un effectif complet avec le retour de Filip Forsberg, sans parler des autres bonnes nouvelles (voir plus bas). Bref tout va bien ou presque.
C’est toujours aussi serré pour les Wild-cards dans l’ouest mais Minnesota prend du mieux dans la forme et le fond. Le Wild restent sur une fiche de 6-2-2 et leur taux de buts anticipés grimpe sereinement. Autre bonne nouvelle pour eux, Chicago a du mal à repartir et alterne le bon et le moins bon, comme cette défaite à Vancouver… Colorado a perdu Nathan MacKinnon pour 2 à 4 semaines. C’est surement le gros test pour l’Avalanche. Équipe surprise des 20 derniers matchs, les Avs vont devoir se passer de MacKinnon au plus fort de la lutte pour les séries. L’occasion de voir si ce collectif a les reins suffisamment solides. Cela a suffi hier contre Edmonton, mais c’est Edmonton… Dans les prochains jours, les Jets, Sharks, Blues et Hurricanes sont au programme, dont trois sur la route.
Grande braderie chez les Rangers ?
La nouvelle a pu surprendre, ou pas tant que ça en fait. Surprendre car les Rangers sont en pleine lutte pour les playoffs, et il est rare de voir une équipe à cette position déclarer qu’ils lâchent l’affaire. Pas surprenant car il était inévitable que les Rangers doivent repasser par une reconstruction. La longévité de la franchise en playoffs tient surtout au talent d’Henrik Lundqvist et les échanges de ces dernières années n’ont pas été vraiment favorables. La franchise affiche aujourd’hui plusieurs vétérans en fin de contrat mais aussi des bons espoirs prêts à prendre la relève à moyen terme. Le trou au poste de centre pourra être comblé par les Filip Chytil et Lias Andersson, tous deux en AHL à l’heure actuelle. New York possède également l’un des meilleurs espoirs au poste de gardien en Igor Shestyorkin, qui brille en KHL et représentera la Russie aux Jeux Olympiques. Il pourrait faire le saut en Amérique pour la saison 2020-21, pile lorsque la reconstruction aura fait effet. En attendant, les Rick Nash, Michael Grabner qui sont en fin de contrat seront sur le marché des échanges le mois prochain. Mais on parle aussi ouvertement de Mats Zuccarello et Ryan McDonagh. Les deux ne seront agents libres qu’en juillet 2019 mais il ne sera pas dans l’intérêt de resigner des vétérans à long terme à ce moment-là. Les échanger tout de suite augmente leur valeur car l’équipe acquéreuse les aura pour 2 ans de playoffs. De quoi amasser des choix et des espoirs pour alimenter la reconstruction rapide. Si tous ces leaders partent au cours des prochaines semaines, il ne faudra donc pas s’étonner de voir les Rangers plonger au classement, sachant que Kreider et Shattenkirk sont déjà sur la touche. Ce sont les autres équipes de la Métropolitaine qui se frottent les mains, car les 5 places en playoffs pour 8 équipes deviennent 5 places pour 7 candidats…
Où en sont les Islanders et John Tavares ?
Voilà un moment que nous ne plaçons que peu d’espoirs dans les Islanders pour se qualifier. Le top6 en attaque est d’un niveau élite mais la défense est très très poreuse et les gardiens sont à la rue. La sévère défaite 0-5 aux mains des Maple Leafs mercredi soir a mis les Isles au dernier rang de la Métropolitaine, 1pt derrière la 8e place, et avec 1 matchs joués en plus. Qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir du capitaine John Tavares ? Aucune discussion contractuelle n’a encore commencé entre les deux parties, ce qui signifie que le joueur est encore en réflexion sur les priorités à donner à son avenir. Financièrement, New York égalera toute offre mise sur la table, et seuls eux peuvent offrir une 8e année de contrat. Mais une chose apparait de plus en plus claire, les perspectives sportives seront un aspect essentiel dans sa décision de prolonger ou non avec le club. Le joueur a fait clairement sentir que les perspectives de pouvoir remporter une coupe primerait sur le reste, sur un nouvel arena par exemple. Or, rater les playoffs ne serait certainement pas le meilleur message à envoyer au joueur. L’historique du DG Garth Snow ne prête pas non plus à l’optimisme. Le club a repêché quatre fois dans le top5 de la draft : Nino Niederreiter, Griffin Reinhart, Ryan Strome et Michael Dal Colle. Seul Niederreiter est devenu un joueur d’impact en NHL mais il a été échangé contre le plombier Cal Clutterbuck… Rappelons quand même qu’il est extrêmement rare qu’une vedette de cet ampleur change de club, Steven Stamkos l’a encore prouvé il y a deux ans, et donc, sauf preuve du contraire, gageons que Tavares restera à New York. Mais attention. Si jamais Tavares avertissait ses patrons qu’il ne resignera pas, il serait assurément offert au plus offrant dans la seconde. L’équipe joue 7 de ses 9 prochains matchs à domicile. Si malgré cela les playoffs s’éloignent, il restera une semaine avant la date limite des échanges…
Mike Fisher de retour !
Non, vous ne rêvez pas. L’ex-capitaine des Predators de Nashville a annoncé son retour à la compétition cette semaine. Et l’idée n’est pas venue de lui… c’est l’équipe qui l’a approché et il s’est laissé convaincre. Nashville manque de profondeur et voilà un renfort gratuit et bien connu du groupe qui débarque donc dans le vestiaire. Fisher ne pouvait dire combien de temps il lui faudrait pour être prêt physiquement mais c’est un bon coup des Preds. En attendant pourquoi pas le prodige Eeli Tolvanen après sa saison en KHL.
Le nouveau propriétaire des Hurricanes continue son opération séduction
Tom Dundon multiple ces jours-ci les déclarations visant à relancer le lien entre le club et ses partisans. En début de semaine, il a offert à tous les spectateurs des rangées supérieures de pouvoir descendre occuper les sièges vides plus proches de la glace pour un simple supplément de 10$. Son but était de remplir le premier niveau de l’arena plutôt que de voir des gradins clairsemés. Il a également émis l’idée de jouer des matchs dans l’uniforme des défunts Whalers de Hartford, présents dans la NHL de 1979 à 1997 avant de déménager en Caroline. Plus stratégiquement, il a invité une entreprise de statistiques sportives de l’état à venir proposer leurs services de quelque façon que ce soit. L’homme veut améliorer sa franchise et écoute toutes les bonnes idées.
Another Tom Dundon priority is more emphasis on use of analytics. He says Canes are working with a sports analytics group at NC State, inviting 50 people to Thursday game against Montreal "to see where they can do stuff with us."
— Chip Alexander (@ice_chip) January 30, 2018
Le management peut déjà compter sur les références Eric Tulsky et Kevin Kan pour les stats avancées et la blague dans le milieu a été que les deux auront bientôt une armée de stagiaires geek à leur disposition…
Eugène Melnyk radoucit le ton
Le propriétaire des Senators d’Ottawa avait suscité de nombreuses réactions en décembre avec ses déclarations incendiaires sur l’état de la franchise. Gradins vides, déficit financier, pas de soutien de la municipalité, etc. Ajouté à la piètre saison sportive et les questionnements sur l’avenir d’Erik Karlsson, le climat entourant l’équipe n’était vraiment pas au beau fixe. Melnyk a présenté un autre visage cette semaine. Il a jugé malheureux que ses propos aient été déformés et s’est dit à la recherche de solutions pour garder l’équipe à Ottawa, ajoutant qu’il n’avait pas l’intention de vendre. Un groupe d’investisseurs dont il fait partie a conclu une entente de principe avec la ville d’Ottawa pour le réaménagement des plaines LeBreton, un vaste terrain tout proche du Parlement, en centre-ville. Le projet inclut notamment la construction d’un nouvel arena pour les Senators. Si tout se passe bien, il ne serait pas prêt avec 3 ou 4 ans mais c’est là une grande nouvelle pour les Sens.
Une rencontre improbable au petit matin…
Nous avons eu droit cette semaine à l’une des plus belles histoires de l’année. Un jeune homme de Mont-Tremblant (station de ski à 2h de Montréal), allait jouer sur une patinoire extérieure de bon matin lorsqu’il voit une voiture se garer… et Sidney Crosby en descendre… Loin de prendre l’avion pour la Floride lors de ses quelques jours de repos, le capitaine des Pens a préféré monter au nord pour profiter de l’hiver, et jouer en extérieur. Le 87 a ensuite chaussé les patins et joué une heure avec notre petit chanceux, sans oublier de travailler certains aspects de son jeu. Quand on dit que Crosby mange, dort et respire le hockey, ce n’est pas un mensonge. À lire ici.
Alec Martinez surprend ses parents
A 30 ans, le défenseur des Kings de Los Angeles peut s’enorgueillir d’une belle carrière professionnelle. Il fut décisif lors des deux coupes Stanley de 2012 et 2014, marquant notamment le but gagnant en double prolongation en 2014 face aux Rangers. Pourtant, il a toujours souhaité tenir la promesse faite à ses parents : terminer son cursus universitaire.
Passé professionnel après la troisième de ses quatre années en 2008, Martinez a patiemment continué ses études, dans le plus grand secret. Profitant des petits moments libres, il a finalement réussi dans son entreprise en se “cachant” dans un hôtel lors du déplacement à San Jose le 23 décembre. C’est là qu’il a pu finaliser ses examens, après dix ans d’études en ligne. Ce n’est donc qu’à Noël que ses parents ont pu avoir l’immense surprise et le grand bonheur de savoir que leur fils était désormais titulaire d’un “Bachelor of Science in Accounting”. Bravo à lui !
25 ans de Gary Bettman
Cette semaine, le commissionnaire Gary Bettman fête ses 25 ans à la tête de la NHL – il a débuté le 1er février 1993. Sous son mandat, la ligue s’est étendue de 24 à 31 équipes, a vu ses revenus passer de 400 millions à plus de 3 milliards par an, contribué à la diffusion télévisée au Etats-Unis de tous les matchs de playoffs, et participé aussi à l’élévation du salaire moyen des joueurs de 370.000$ à 3,2 millions ou encore développé les matchs en plein air. Pas si mal pour un homme venu initialement de la NBA, formé par David Stern. Du point de vue des propriétaires (ses patrons), Bettman a également instauré le plafond salarial, limité les salaires des rookies et la longueur des contrats. De quoi les rendre plainement satisfaits de son travail.
Mais le prix à payer pour les fans a été trois lockouts, dont une saison blanche, la fureur des supporters québécois frustrés du départ des Nordiques, celle des fans qui n’apprécient pas non plus l’absence des joueurs aux Jeux olympiques cette année, sans parler des déclarations ambigües au sujet des commotions – même si son rôle dans la baisse du nombre de bagarre est sous-estimé.
Bref, 25 ans à être à la fois admiré et détesté… Retour sur sa carrière dans le Toronto Star
PS: On vous écoute…
Des news et plus d’analyse… ok, ça nous fait plaisir !
La course aux séries d'intensifie et on aimerait vous en dire plus sur @hockeyarchives, alors, selon-vous, le Bulletin NHL du vendredi doit:
— Thibaud Chatel (@Thibaud_Chatel) February 1, 2018
D’ailleurs vous pouvez poser vos questions sur la course aux séries, la trade deadline, etc et nos rédacteurs y répondront dans un prochain article ! À hockeyarchives@gmail.com, sur notre page facebook ou via Twitter.







































