Et si le Wild le faisait…

Graham Hughes/The Canadian Press via AP
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Actuellement troisième de la division Centrale, le Wild du Minnesota répond aux attentes jusqu’à présent. Nous allons regarder de plus près ce qui se passe sur la glace. Bruce Boudreau a changé certaines choses, pour le mieux, pour l’instant. Peuvent-ils créer la surprise en séries et éliminer un des gros candidats ? Pourquoi pas.

 

La méthode Boudreau

Il entame sa deuxième saison à la barre de l’équipe, et sa douzième consécutive dans la LNH, quelle est la philosophie de Bruce Boudreau ? Tentative d’explication. Il est « reconnu » pour prôner un style qualifié d’offensif. Ce n’est qu’une partie de la vérité. Il adapte son système en rapport de forces et faiblesses de son alignement. Depuis son arrivée avec le Wild, il a avant tout amélioré le jeu défensif de l’équipe. Cela permet de se projeter plus rapidement vers l’avant.

Le tableau ci-dessous illustre le changement parfaitement. À forces égales, l’équipe est meilleure défensivement mais aussi offensivement. La meilleure attaque, c’est la défense ! Il permet à ses gardiens de pouvoir faire face à moins de chances dangereuses et donc de devenir plus décisif.

À FORCES ÉGALES

2015-20162017-2018
% Chances de marquer48,34% – 22e49,72% – 16e
Chances de marquer A+8,05 par match – 24e9,4 par match – 13e
Chances de marquer A+ allouées8,22 par match – 12e7,72 par match – 2e
% Chances de marquer A+49,48% – 12e54,89% – 3e

 

Lancers alloués à 5 c. 5 2015-16 c. 2017-18

Le « heat map » ne ment pas non plus. On peut clairement voir la différence entre 2015-16 (à gauche) et cette saison. Minnesota met l’emphase sur limiter l’adversaire à prendre des tirs rapprochés. Bleu foncé juste en avant du filet et plus de rouge en périphérie. Plus c’est foncé – en bleu – moins il y a de lancers décochés à cet endroit. Seul bémol, le gardien a plus de trafic en avant de lui et peut se faire battre plus « facilement » par un tir de la ligne bleue.

Idem pour le désavantage numérique. L’enclave est devenue un fort quasi imprenable. C’est toute une différence comparativement à l’approche des entraîneurs précédents. Le Wild est passé du 27e rang au 16e depuis que le nouveau groupe de coachs est en charge. Le tout en sachant que Minnesota est la troisième équipe la plus punie cette saison alors qu’elle était la 2e moins pénalisée à la dernière saison de Mike Yeo. Moins discipliné dans le jeu, mais plus discipliné défensivement.

Parlons un peu de l’attaque. Restons dans les unités spéciales avec l’avantage numérique. L’équipe privilégie la gauche de la zone offensive car les tirs sur réceptions viennent de leurs défenseurs droitiers (Spurgeon & Dumba) alimentés par leur quart-arrière : Ryan Suter. Il y a également des lancers qui proviennent du cercle droit. La zone qui est vraiment différente est juste en avant du gardien de but adverse. Plus proches, et surtout plus en terme de quantité, Minnesota peut faire très mal à cet endroit. Ils placent des joueurs comme Niederreiter ou Staal pour ramasser les retours et tenter de déjouer le cerbère.

Le changement à 5 contre 5 est le même qu’en Power Play. La troupe de Boudreau lance beaucoup aux alentours du filet. C’est une des raisons qui explique l’amélioration de la production offensive de l’équipe cette saison. Une autre raison est l’utilisation et l’implication des défenseurs lors des rushs à l’attaque. La transition n’en est que meilleure. Le Wild entre également en zone plus souvent en possession. Ils peuvent générer bien plus de chances de marquer « off the rush ». Tout cela est possible parce qu’ils frustrent leurs adversaires en zone défensive. C’est sans surprise que la formation est passée du 17e au 9e rang pour les buts marqués en pareille occasion.

 

La résurrection

Après un passage mitigé avec les Rangers, bon nombre d’observateurs pensaient que la carrière d’Eric Staal dans le circuit Bettman était proche – voir très proche – de la fin. Et bien non ! Entouré de Zucker et Granlund, il connaît une seconde jeunesse et pourrait même égaler sa meilleure saison à vie. C’est fou comme le bon environnement (système, philosophie) et les bons compagnons de trio peuvent revigorer un joueur de trente-trois ans. En chiffres, cela se traduit par 23 buts (9e) et 48 points (11e) à égalité numérique jusqu’à présent. Le tout pour seulement 3,5M$. Des 30 meilleurs marqueurs de la Ligue, et en excluant les contrats d’entrée des jeunes, seul Jonathan Marchessault fait moins d’argent que lui. Dans une ère de plafond salarial et où la parité est à son paroxysme, il faut admettre que ce pari de Chuck Fletcher rapporte gros à l’organisation. Alors comment expliquer se succès retrouvé ? Le fait d’être associé à des joueurs rapides ne peut que l’aider. Il va laisser le jeu à Granlund pour se concentrer sur ce qu’il sait faire : la mettre dedans. En regardant de plus près son activité en territoire adverse, il n’y pas de secret. Plus on est proche au moment de décocher un tir, plus les chances sont bonnes de marquer, plus les buts s’enchaînent. La majorité de ses lancers se trouvent dans la zone où plus de la moitié des buts sont marqués à travers la Ligue Nationale : l’enclave. Le bas de l’enclave (le rouge autour de la zone du gardien) est un endroit encore plus préférentiel s’il on veut marquer sur une base régulière. Eric Staal y est, souvent, très souvent. Trop souvent pour ses opposants.

 

Les séries, et après ?

L’équipe est un peu plus équilibrée que par le passé, mais est-ce que c’est assez pour aspirer aux grands honneurs ? Peut-être, tout est possible en séries. Malheureusement pour le Wild, ils sont dans la division la plus relevée de la LNH. S’ils restent troisièmes de la Centrale, ils affronteront les Jets ou les Prédateurs au 1er tour. Toute une commande. S’ils glissent dans une position de « wild card », les Golden Knights les attendent dans le meilleur des scénarios.

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