Colmar – Morzine (carré final de Division 3, dernière journée)

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Depuis la veille, et une victoire chèrement acquise face aux Castors asniérois (au bilan final plutôt décevant), les Titans étaient sûrs de terminer premiers ou seconds du tournoi en compagnie de Morzine, tout en étant théoriquement assurés d’accéder à la Division 2 en septembre prochain.

Le dernier match de ce tournoi en était donc bien la finale puisque le titre s’y jouait directement. L’ogre morzinois avait failli trébucher contre Asnières avant de dérouler contre Caen, alors que Colmar avait pour sa part joué son hockey patient et réaliste durant ses deux parties précédentes.

Il restait donc à tester une dernière fois la valeur des Alsaciens face aux favoris savoyards. La patinoire, abondamment remplie, s’attendait à vivre un match à enjeu plaisant à regarder, avec pourquoi pas un titre en prime. Après tout, on commençait vraiment à y croire dur comme fer ici, vu le parcours net et sans bavures des Titans depuis septembre dernier.

Autant dire que lorsqu’au bout de dix secondes de jeu, la table de marque annonce le premier but de Filip Martinec, lors d’une récupération à mi-distance (0-1 à 0’10), un froid s’abat dans les tribunes.

Colmar démarre on ne peut plus mal la partie, et revit le même scénario que contre Caen deux jours plus tôt, à savoir le doute et la pression, à ceci près que curieusement, Morzine ne donne pas l’impression de vouloir étouffer son adversaire. Les Pingouins pressent haut mais n’insistent pas non plus. Ont-ils vu justement les parties précédentes et la patience locale à l’oeuvre ? Pourtant, ils pensent avoir doublé la mise, en supériorité, lorsque le palet ricoche sur la mitaine de Maksim Kuteinikov, mais le but est refusé (pour une aide illicite du patin ou d’une main – 4’38).

Comme « prévu », Colmar courbe l’échine en attendant son heure, comme sur cette première action de près de Ruslan Bashirov (9’06) détournée de la plaque par Jaroslav Brazdil, suivie d’une 2e du même russe (10’53). Mais la progression alsacienne est encore très désordonnée face aux Morzinois bien compacts dans leur zone et enclins au moindre rush, comme sur celui de Théophile Mourin, lequel bute sur Kuteinikov (13’42). Morzine se méfie visiblement de son adversaire puisqu’Alain Boisson mêle un peu sa première ligne offensive aux deux autres, histoire de laisser continuellement un danger potentiel sur la glace. L’ancien chamoniard a vu juste puisque les Haut-Rhinois commencent à prendre leurs marques, avant de scorer en avantage numérique par Lukas Prokop à mi-distance (1-1 à 16’04).

La rentrée des vestiaires est donc un peu plus confiante côté colmarien : certes, Morzine domine en possession de palet, mais l’égalisation a ragaillardi les locaux. Et puis ce schéma de subir, puis de revenir, ils connaissent et savent faire avec.

D’autant qu’au retour sur la glace, Morzine gâche une double supériorité, qu’elle finit même… en infériorité, pour un surnombre (toujours) idiot. Colmar n’en profite pas pour autant et éprouve de la peine à rester durablement du côté de la banquise savoyarde. C’est d’ailleurs lors d’une de ces occupations de zone hésitantes que Martinec récupère la rondelle, part seul le long de la bande et décoche un tir mal capté, puis relâché, par la mitaine de Kuteinikov (1-2 à 27’30).

Le sort de la rencontre est en train d’être scellé car à partir de cet instant, Colmar vit à ses dépens une leçon de hockey réaliste. Morzine pousse plus haut, plus physique, se bat, gratte ou repousse tous les palets, à l’instar des pugnaces Zago ou Masson, et Colmar, souvent en retard, commet des fautes pour pallier ce retard. Pourtant, Kuteinikov n’a pas la mitaine qui tremble sur ce nouveau lancer morzinois (34’01), mais ne peut que constater le résultat de cet excellent travail à trois conclu par Tomas Nemeth, lors d’une supériorité numérique mal comprise par l’assistance (et aussi une partie des joueurs, 1-3 à 34’45). Si Martinec manque un nouveau breakaway (36’48 »), c’est bien Bittner qui enfonce un nouveau clou, en supériorité, en lançant de la bleue dans un maelström de joueurs. Le portier colmarien, masqué, n’y voit que du feu (1-4 à 38’17). Ça commence à faire beaucoup, et c’est ce que les minots colmariens doivent penser aussi, notamment Loick Engelvin, pourtant bien lancé mais qui bute sur Brazdil toujours impérial. (38’40 »).

Trois buts de retard en sortant des vestiaires, c’est encore jouable pour les Alsaciens, à condition de pouvoir desserrer durablement l’étau alpin. D’ailleurs, Joan Koenig montre rapidement la voie à ses coéquipiers mais son tir passe au dessus (41’02). Si Colmar manque de réussite, les Pingouins vont, eux, se charger de continuer la leçon de réalisme entamée au tiers précédent.

Un palet mal dégagé par les Titans ? C’est Josselin Besson qui récupère plein axe pour crucifier Kuteinikov (1-5 à 43’15). Une entrée en zone morzinoise hésitante ? C’est Morgan Vialle qui part en contre pour écoeurer le portier local d’un bout de revers de la crosse sous ses jambières (1-6 à 44’38). Un travail de sape du même Vialle un peu trop délaissé derrière la cage locale ? C’est Théo Mourin qui conclut le service impeccable de son ailier (1-7 à 46’30). Evgeni Kouznetsov demande un temps mort, histoire de calmer le match devenu fou et à sens unique, à défaut de pouvoir changer son gardien (Jérémy Boehrer ayant été exclu du match précédent). En témoigne une nouvelle réalisation de ce diable de Besson, récupérateur d’un mauvais rebond laissé suite à un tir de Loïc Gaydon (1-8 à 49’17). Autant dire que les dix dernières minutes vont sembler longues à vivre pour les colmariens, plus habitués du tout à ce genre de (dé)fête.

Pourtant, les Titans ne baissent pas les bras, en témoignent ces essais de près de Maxime Mathieu (51’17) ou de Jonathan Boehrer (52’30 et 52’43), mais à chaque fois, le mur Brazdil ne laisse aucun rebond, bien aidé toutefois par son poteau sur ce nouveau missile de Mathieu (53’15). Bashirov butera aussi sur « le mur » lors d’un essai déterminé (54’24), avant que Vialle ne conclue la partie, en deux fois, lors d’une nouvelle séance solo face à Kuteinikov, de nouveau délaissé par la passivité de ses défenseurs (1-9 à 57’30).

Autant dire qu’à la sirène finale, l’explosion de joie des Morzinois contraste avec l’abattement, voire les larmes, des Colmariens. Dur en effet d’avoir craqué collectivement de cette façon, après avoir tenu une saison et deux matches et demi de tournoi appliqués. Dur de craquer ainsi devant son public, ses potes, sa famille. Dur de prendre une raclée pareille en finale après y avoir cru quand même plus qu’un peu ! Et pourtant, quand on y réfléchit bien, la relative prudence affichée par les Pingouins durant le premier tiers est bien le signe que les Titans étaient craints par leurs adversaires.

Collectivement parlant, Morzine était sans doute le plus prêt physiquement pour ce duel, alors que Colmar, notamment son quinté majeur, intensément utilisé durant trois jours, commençait peut être à donner des signes de fatigue.

On retiendra avant tout que Colmar a organisé un beau tournoi, que les quatre participants ont proposé un hockey de très bonne qualité (au moins digne de D2, sinon plus, avouera l’envoyé de la Fédération de Hockey après le match) et que le public a répondu présent (du moins pour les matches de soirée). Il faut se souvenir de toutes ces choses positives et espérer qu’une nouvelle page, durablement prometteuse et économiquement pérenne, est en train de s’ouvrir chez Bartholdi !

Colmar – Morzine 1-9 (1-1, 0-3, 0-5)
Patinoire de Colmar, le dimanche 15 avril 2018, environ 1100 spectateurs.
Arbitrage de M. Sébastien Geoffroy assisté de MM. Christophe Moncozet et Laurent Rouèche
Tirs : Colmar 28 (8, 6, 14) Morzine 42 (10, 14, 18)
Pénalités : Colmar 18′ (2′, 10′, 6′) 14′ (4′, 4′, 6′)

Evolution du score :
0-1 à 00’10 : Martinec
1-1 à 16’04 : Prokop assisté de Kern (sup. num.)
1-2 à 27’30 : Martinec
1-3 à 34’45 : Nemeth assisté de Besson et Bittner (sup. num.)
1-4 à 38’17 : Bittner assisté de Martinec (sup. num.)
1-5 à 43’15 : Besson
1-6 à 44’38 : Vialle
1-7 à 46’30 : Théo Mourin assisté de Vialle
1-8 à 49’17 : Besson assisté de L. Gaydon
1-9 à 57’30 : Vialle

Colmar

Attaquants :
Joan Koenig – Maxime Mathieu – Jonathan Boehrer (A)
Lukas Prokop – William Kern – Ruslan Bashirov
Corentin Cruchandeau – Benjamin Leconte – Loick Engelvin (ou Paul Fuchs)

Défenseurs :
Ilja Urusev – Mickael Tin (C)
Eloi Lenner (A) – Benoit Salvin
Lucas Maurer – Vincent Besserer

Gardien :
Maksim Kuteinikov

Remplaçant : Nathan Dutat. Absent : Jérémy Boehrer (suspendu)

Morzine

Attaquants :
Tomas Nemeth – Filip Martinec (A) – Josselin Besson (C)
Morgan Vialle – Théophile Mourin – Ugo Boccassini
Bastien Zago – Thibaud Masson – Thibault Gaydon
Hugo Gravier ou Eddie Berger – Thibault Delale – Anthony Richard (A)

Défenseurs :
Jan Bittner – Alan Berger
Eliot Weber – Maxim Khaliullin
Loïc Gaydon – Clément Bonnaudet

Gardien :
Jaroslav Brazdil

Remplaçant : Tom Mourin (G). Absent : Thibaut Chatellard (suspendu).

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