À qui le trophée Vézina ?

Source : SI.com
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La course au trophée du meilleur gardien semble extrêmement serrée cette année. Plusieurs sortent du lot, mais est-ce vraiment justifié ? Pour y voir pour clair, nous avons utilisé le modèle « Roy » pour déterminer notre vainqueur. 25 données, 8 gardiens, 4 catégories, mais seulement un seul roi !

Le modèle « Roy »

Nous allons essayer de quantifier et de qualifier au mieux le travail des gardiens sélectionnés. Les 4 catégories sont les suivantes : Lancers à forces égales, Lancers en désavantage numérique, Général, & Tirs de barrage. Le fait d’avoir 25 données permet d’équilibrer les rapports de forces. Il y a de fortes chances que si l’on reçoit plus de tirs de qualité, on accorde plus de buts sur ces lancers. Simples mathématiques. Cela évite d’être désavantagé.

Pour les deux premières catégories nous nous concentrons sur deux types de lancers : général et les A+ (High Danger). La différence entre l’élite et les autres se fait au niveau de ces derniers.

La charge de travail (temps de glace, nombre de départs, lancers reçus) fait également partie de l’équation. C’est là qu’on fait un autre écrémage.

Les cerbères choisis ont au moins 59 départs cette saison. La capacité à répéter les performances de haut niveau sans baisse de régime ou blessures reste un facteur déterminant dans la qualification – ou non – au séries.

Ils combinent aussi le plus de victoires ainsi que les meilleurs pourcentages d’arrêts. C’est pour cela que Rask, Holtby, Jones, ou encore Talbot ne sont pas présents.

Seule la saison régulière est prise en compte.

Malheureusement le contexte sera négligé par manque de données disponibles. Pas de différence entre un lancer en échappée ou un 2 contre 1. Pas de différence entre avoir ou non la vue voilée.

Chaque catégorie offre un classement. Chaque classement est additionné pour donner une idée du travail d’ensemble d’un gardien.

Forces Égales

Dans ce premier chapitre, on évalue la tenue des participants à égalité numérique. C’est la majorité du temps passé sur la glace. Selon le système de jeu mis en place, le nombre de tirs varie.

Freddie Andersen a été le plus occupé du groupe. Aussi bien en général qu’au titre des chances de qualité. Sa place au classement est dû au volume de tirs reçus.

Pour le modèle, Bobrovsky et Rinne sortent du lot. Le Russe reste plus efficace que le Finlandais.

Données via Corsica Hockey 

Classement Forces Égales :

  1. Sergei Bobrovsky
  2. Pekka Rinne
  3. Jonathan Quick
  4. John Gibson
  5. Connor Hellebuyck
  6. Frederik Andersen
  7. Andrei Vasilevskiy
  8. Devan Dubnyk

Désavantage Numérique

On continue avec une autre clé de la réussite : l’infériorité numérique. Connor Hellebuyck a été bombardé cette saison. La différence entre lui et les autres portiers est impressionnante. Malgré tout, son équipe termine 5e meilleure dans ce domaine.

Le duo de tête est 100% californien. Les Kings ont eu le meilleur désavantage numérique de toute la Ligue, ils peuvent dire merci à Quick. Si Anaheim obtient une efficacité de 83,2%, bon pour le 5e rang, c’est parce que John Gibson a multiplié les arrêts spectaculaires. Il a un pourcentage d’arrêt de 88,0% sur les chances « High Danger » !

Données via Corsica Hockey

Classement Désavantage Numérique :

  1. John Gibson
  2. Jonathan Quick
  3. Frederik Andersen
  4. Connor Hellebuyck
  5. Pekka Rinne
  6. Andrei Vasilevskiy
  7. Sergei Bobrovsky
  8. Devan Dubnyk

Général

Cette catégorie aurait pu aussi s’appeler « stats d’équipe » par exemple. Toutes les données prises en compte dépendent du travail en symbiose des joueurs et du gardien. Rien n’arrive sans l’autre.

Les Jets et leur jeu de possession bien au-dessus de la moyenne ont aidé Hellebuyck, mais pas que. Ils pouvaient se permettre de prendre des risques parce qu’ils avaient confiance dans leur gardien.

A contrario de Toronto, qui n’a pas épargné son gardien avec un style « run and gun ». Pas moins de 12 matchs avec plus de 40 tirs reçus !

À noter que Rinne est loin devant pour les ratio de victoires et de jeux blancs par rapport aux départs. Moins de matchs disputés mais une efficacité à toutes épreuves.

Classement « Général » :

  1. Connor Hellebuyck
  2. Frederik Andersen
  3. Andrei Vasilevskiy
  4. Sergei Bobrovsky
  5. Pekka Rinne
  6. Jonathan Quick
  7. Devan Dubnyk
  8. John Gibson

Tirs de barrage

Voilà un aspect du jeu qui bien souvent oublié. Cette habilité à frustrer un adversaire en tirs de barrage. C’est un talent inné. À l’ère où chaque point compte, celui donné en bonus en cas de victoire peut faire toute la différence en fin de saison.

Pourquoi ne pas avoir pris les résultats en prolongation, me direz-vous ? C’est simple, le jeu à 3 contre 3 expose les gardiens. Bien souvent, cela va se terminer sur une descente en surnombre qui laisse très peu de chance de faire un arrêt. Le dernier rempart reste tributaire des décisions de ses coéquipiers.

Au « mano e mano », c’est le meilleur ou le plus malin qui gagne.

Ici, « Roy » donne l’avantage à Andrei Vasilevskiy. Pourcentage d’arrêt de 94,1%, 5 victoires pour une seule défaite. Rien à ajouter.

Andersen et Rinne, ayant fait face au double de lancers, pourraient expliquer pourquoi ils ont accordé plus de buts.

Du groupe, Jonathan Quick n’a été qu’une seule fois en fusillade. Cela le place automatiquement dernier.

Classement Tirs de Barrage :

  1. Andrei Vasilevskiy
  2. Frederik Andersen
  3. Pekka Rinne
  4. Connor Hellebuyck
  5. Sergei Bobrovsky
  6. Devan Dubnyk
  7. John Gibson
  8. Jonathan Quick

Afin de pousser les chiffres un peu plus, quelques composantes (4) ont été ajoutées. Le temps de glace en désavantage numérique et le pourcentage d’arrêt à 5 contre 5 en font partie.

Le résultat final est assez représentatif de l’œuvre.

Et le gagnant est…

 

Source : NHL.com

Connor Hellebuyck !

Il mérite amplement cet honneur. Personne ne l’aurait mis dans le top15 du circuit Bettman en début de saison. C’est dommage pour lui que tant de joueurs d’autres formations aient connu des saisons de calibre « MVP ». Il aurait pu faire partie des discussions pour le trophée Hart.

Cependant, il a battu le record de victoires (44) en une saison pour un gardien Américain. C’est Tom Barrasso qui le détenait depuis plus de 25 ans.

Vasilevskiy et Rinne complètent le podium.

Classement Final :

  1. Connor Hellebuyck
  2. Andrei Vasilevskiy
  3. Pekka Rinne
  4. Frederik Andersen
  5. Jonathan Quick
  6. Sergei Bobrovsky
  7. John Gibson
  8. Devan Dubnyk