Bilan de la saison des Rapaces de Gap

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2018 , Gap ou instabilité rime avec performances

La vie du club des Rapaces de Gap n’est pas un long fleuve tranquille. Le succès retentissant avec le gain d’un nouveau trophée en 3 saisons consécutives et une deuxième coupe Magnus soulevée porte les Rapaces au firmament du hockey français. Pourtant la stature du club semble fragile car après une annonce de départ de Luciano Basile, le club se ravise en conservant le coach canadien. Entre temps, difficile de retenir les joueurs, et c’est donc une nouvelle fois le chantier de reconstruction qui est imposé aux dirigeants du club.

Seuls Pierre Crinon, Raphaël Faure, Maurin Bouvet, Dimitri Thillet, Cédric Di Dio Balsamo poursuivent l’aventure. Le capitaine Max Ross annonce, lui aussi, un peu plus tard sa participation pour une nouvelle saison à Gap. Pour le reste la filière nord-américaine universitaire est une nouvelle fois utilisée pour recomposer le groupe.

Par contre un partenariat est conclu avec Briançon pour faire évoluer les meilleurs jeunes Diables rouges en ligue Magnus. Ce qui a été fort instructif et révélé de belles surprises !

La saison a débuté avec une troisième participation consécutive à la CHL, un record pour un club français. Difficile de tenir le rang face à Klagenfurt et Zurich avec un cinglant 1-11 à domicile face aux futurs champions de Suisse. Seule la confrontation contre Frölunda en octobre a permis de voir une partie plus serrée. Mais les champions d’Europe ont allégé leur dispositif avec pas moins de 5 joueurs cadres absents. Gap subit énormément face au top niveau européen et il est quasiment impossible de produire du jeu.

Le démarrage du championnat a permis d’enchaîner cinq victoires consécutives dont deux à l’extérieur (1-2 à Grenoble en ouverture de saison et à Bordeaux 2-4). La série est stoppée à Mulhouse (5-4 a.p) face à un surprenant promu. Les mois d’octobre et novembre sont encore de bonne facture malgré deux roustes successives encaissés (7-0 à Rouen et 2-7 contre Bordeaux) mais il s’agit de 24 points pris sur 42. Victoires en sur-temps à Amiens (3-4 a.p) et Lyon (3-4 a.p) et conclu par la nette victoire face à Grenoble (5-3). En décembre et janvier un vent froid souffle sur les Rapaces et la réussite n’y est plus car tous les chocs sont perdus. Contre Angers (2-3) ; Grenoble (5-6), Amiens (0-1 a.p), à Chamonix (3-1) et la « remontada » face à Bordeaux (5-4) n’efface pas un match raté que seul le relâchement bordelais fait basculer. Le dernier rush est salutaire face aux petites équipes ponctué d’une victoire à Bordeaux (3-4) pour gagner la troisième place derrière les deux ténors du championnat.

Mais sur le parcours de la saison régulière les bleus ont soufflé le chaud et le froid. Les Rapaces ont proposé beaucoup d’animation dans le jeu mais ont eu parfois des difficultés à concrétiser et à se placer dans la régularité quand la défense a pêché pour tenir le cap. A contrario lors des journées de réussite les performances ont permis de jolis coups pour prendre de précieux points. Gap termine avec la quatrième attaque (154 buts derrière Grenoble, Rouen et Bordeaux) et la cinquième défense (131 à 23 de plus que les deux grands et Amiens ; Bordeaux précède avec 127).

En playoffs le duel face aux Boxers a bien lieu, dès les quarts de finale, mais Bordeaux s’impose en 4 manches sèches avec un groupe solide, puissant et d’une efficacité redoutable devant le but. Gap a tenu le choc, mais les détails ont fait la différence. Ce sont bien les bordelais qui remportent la bataille du réalisme en plaçant plusieurs contres percutants. Le niveau des deux groupes n’était pas si éloigné qu’il n’y paraît. Gap est à sa place mais une demi-finale était envisageable. Sur les 4 matchs il faut souligner l’impact offensif de Scheid et Linsmayer (4 pts) ; Glen et Bouvet (2 pts).

Au poste de gardien, l’Américain Jeff Lerg, bien connu sous les couleurs de Villard, a tenu la baraque dans de nombreuses parties et permis de remporter des victoires. Son 90% en saison ne reflète pas l’apport énorme de soutien du groupe. Il arrive à tenir le résultat à bout de bras sur plusieurs matchs à lui tout seul. Sa vitesse d’exécution est la marque de fabrique de ce gardien de poche.

En défense, Tim Campbell a apporté son shoot puissant et précis avec 38 points et un ratio à +33 en saison. Pierre Crinon a su imposer son gabarit et tenir le choc ; Damien Raux est tout de même à +14 mais certaines erreurs se sont vues derrière. Graeme Mc Cormack place lui aussi 30 points. Max Ross a vu sa production baisser de plus de moitié avec seulement 17 points et un -1 au ratio. Le jeune Gapençais Joris Rama n’a pas trouvé sa place avec seulement 5 parties au compteur.

À l’offensive les français Dimitri Thillet et Maurin Bouvet ont manqué une partie de la saison avec respectivement 27 et 29 matchs pour 21 et 20 points.

Trois joueurs ont atteint ou dépassé la barre des 30 points, dont Eric Scheid avec 40. Il a dynamité l’attaque avec des relances permanentes et de nombreux buts qui ont permis de débloquer les situations. Romain Gutierrez a été une recrue importante avec 39 points. Pas économe d’efforts physiques dans les bandes, il a juste baissé sur ce créneau une partie de la saison. Chad Mc Donald a lui placé 29 points. Pour le reste de nombreux joueurs ont servi le collectif avec le rapide David Glen (27) ; Jack Lewis (21) et Rob Linsmayer (19) arrivé entre temps.

À noter la grosse activité dans le jeu de la part des jeunes Briançonnais Loic Farnier et Robin Colomban. Ce dernier a même pu marquer un but en CHL. Cédric Di Dio Balsamo, toujours aussi présent avec 19 points, a semblé plus en difficulté pour concrétiser ses échappées en contre.

En matière de buts inscrits, c’est encore Scheid qui domine avec 16 buts, Campbell 14 et Mc Donald 13.

La coupe de France permet aux Rapaces de s’amuser et de marquer l’histoire du club en éliminant les grands favoris dont Grenoble (5-4) en huitième de finale. Rouen (6-2), en demi-finale, a été balayé dans une tornade insolente. La première finale dans cette coupe n’a pas produit un match qui restera dans les annales. Cette fois l’efficacité n’était pas au rendez-vous et Lyon a démontré qu’il était bien le poison permanent pour Gap cette saison qui n’a jamais trouvé la solution face à ce blocus. + Ajouter une nouvelle catégorie

En conclusion, on ne peut pas constater de progression dans le développement du jeu dans l’équipe Magnus, la faute à des difficultés pour maintenir les effectifs. Ce groupe, malgré certaines carences, a sûrement produit le maximum possible. Mais il faut bien constater que dans les unités spéciales les concrétisations ont été trop faibles pour pouvoir rivaliser. Ce constat a duré tout le long de la saison pour un résultat anémique ! La qualité de l’effectif était un ton en dessous de bien d’autres clubs sans pour autant avoir à rougir des résultats. Le club est a la croisée des chemins entre une Luciano dépendance (?), faire face aux budgets importants des grands clubs et développer les jeunes pour préparer les années à venir. Le partenariat avec Briançon permet au moins de répondre, en partie, à cette questio,n mais en quantité insuffisante pour compléter durablement le groupe pro.

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