Bulletin NHL : Los Angeles, Pacifique, Luongo, Schneider, Global Series, Voynov, Gourde, Rinne

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Le Bulletin NHL fait chaque lundi le tour des nouvelles les plus marquantes de la ligue. Signatures, blessures, échanges, on vous résume le plus important.

Le point sur la ligue

Comme chaque semaine, nous ferons désormais un point rapide sur la situation des équipes à l’aide du visuel ci-dessous. Si elle n’apparaît pas encore à l’écran pour des raisons d’échelles, rappelez-vous que la « Yakuline » (en gros une diagonale allant du coin haut à gauche au coin en bas à droite) prédit les équipes très fortement pressenties pour les séries. Le visuel donne le pourcentage des buts anticipés de gauche à droite et le PDO (la réussite) de bas en haut.

En ce lundi 5 novembre, les Islanders sont toujours sur un nuage… Tout leur sourit avec le 3e pourcentage de tirs et le 4e pourcentage d’arrêts de la ligue. Mais avec le 30e taux de buts anticipés du circuit, plus dure sera la chute. Nashville continue aussi sa petite croisière au dessus des flots mais au moins le fond de jeu est solide.

À l’opposé, Vegas et San José manquent toujours à l’appel mais remontent doucement. Carolina contrôle le jeu mais son PDO glisse dangereusement vers 98… Et les flashbacks des années précédentes resurgissent. Tampa carbure et en a encore sous la pédale….

Mine de rien, un petit groupe formé de Boston, Montréal, Buffalo (!), Minnesota, Edmonton et New Jersey s’enracine dans le bon cadran en haut à droite. De ce groupe, seuls les Devils sont aujourd’hui en dehors des séries.

C’est l’inverse pour Chicago, Ottawa, Vancouver, Florida, Philadelphie et St Louis. Les Canucks respirent encore avec 3 victoires de suite (notamment face à Chicago et Colorado) mais ils n’avaient auparavant qu’une victoire en 6 matchs. Enfin, en glissant vers 96 de PDO, Los Angeles est arrivé dans la zone « votre coach est en danger »… Surtout si l’on rajoute les unités spéciales en panne. On connaît la suite.

 

Los Angeles en crise

La principale information de la semaine est tombée dimanche 4 novembre. Le manager général des Kings de Los Angeles Rob Blake a annoncé que l’entraîneur John Stevens avait été démis de ses fonctions, ainsi que son adjoint Don Nachbaur. Stevens, au club depuis 2010, avait été l’adjoint de Darryl Sutter lors des titres 2012 et 2014.

Pour le remplacer, Willie Desjardins, ex-coach de Vancouver et de l’équipe canadienne aux Jeux olympiques, a été nommé entraîneur par intérim. Il sera assisté de l’ancien Shark Marco Sturm, sélectionneur de l’équipe nationale allemande finaliste aux Jeux olympiques – n’oublions pas que le groupe allemand AEG est propriétaire des Kings…

Il faut dire que le début de saison de la franchise californienne est calamiteux. Même avec leur victoire samedi contre Columbus, les Kings sont 31e et derniers de la ligue avec seulement 9 points en 13 matchs. Ils sont 31e au classement des attaques (28 buts) et 22e défense (45 buts encaissés), soit un différentiel de -17, le pire de la ligue.

« Vous regardez le camp d’entrainement, puis la saison et là où nous en sommes maintenant… Cela ne répond pas aux attentes. Nous avons vraiment de bons joueurs, qui peuvent créer des jeux offensifs, et nous attendons de leur part un certain niveau de performance. Il y a eu une accumulation de beaucoup de choses au cours de la saison et il faut rapidement corriger le tir », a indiqué Rob Blake, qui n’a pas vraiment épargné les joueurs en ajoutant le très classique « vos meilleurs joueurs doivent être vos meilleurs joueurs sur la glace. Tout le monde ne tire pas dans le même sens. »

Los Angeles affichait en effet des ambitions importantes. Depuis le titre 2014, l’équipe se traîne dans le ventre mou de la ligue : deux non-qualifications en playoffs, deux éliminations au premier tour avec un seul match gagné en playoffs depuis le titre. L’effectif a peu changé depuis 2014, et la fenêtre de compétitivité semblait proche de la fin. L’ajout d’Ilya Kovalchuk visait à remédier à la profondeur offensive de l’équipe. Le Russe reste finalement l’un des rares joueurs à n’avoir pas trop déçu en ce début de saison (4 buts, 11 pts en 13 matchs), mais il ne suffit pas. Il est le seul, avec Drew Doughty, à dépasser les 10 points. Anze Kopitar ne compte que 6 pts, Adrien Kempe un but et une passe. Tanner Pearson, lui, ne compte qu’une maigre assistance en 13 matchs… L’absence de Dustin Brown joue certes beaucoup dans ces soucis offensifs : le vétéran a signé 4 pts en 3 matchs depuis son retour.

Malgré tout, la profondeur de banc est inexistante. Les joueurs de 3e et 4e ligne n’ont quasiment pas marqué, et la troisième paire défensive est un trou noir, à l’image d’un Dion Phaneuf dépassé (ratio de -10, 3e pire de la ligue). Le cœur du problème reste bien l’attaque, 26e de la NHL en tirs tentés, même si la défense n’aide pas vraiment le jeune gardien remplaçant Jack Campbell, contraint à jouer plus que prévu en l’absence de Jonathan Quick, relayé par Peter Budaj.

Quick est victime d’une déchirure du ménisque. Déjà absent durant cinq rencontres cette saison à cause d’une blessure au bas du corps après le match d’ouverture de la saison, Quick a tenté un retour au jeu qui s’est soldé par trois défaites.

Peut être handicapé lors de ces matchs, le portier des Kings a décidé de se faire opérer de cette déchirure. Il s’agira de la deuxième absence de longue durée pour le joueur de 32 ans après avoir disputé seulement 17 rencontres lors de la saison 2016-2017.

Le staff patientera probablement jusqu’au retour de blessure de Jonathan Quick, mais il ne serait pas surprenant de voir l’effectif chamboulé d’ici à la deadline si la situation ne s’arrange pas. La crise est bien là : même l’équipe AHL ne se classe que 26e sur 31…

 

Une division Pacifique complètement folle

Si Los Angeles est au fond du trou, ce n’est qu’une partie des surprises d’une division Pacifique chamboulée. Les trois formations californiennes visaient les trois premières places, mais, en ce début novembre, on trouve en tête trois formations canadiennes !

La présence d’Edmonton n’est pas complètement inattendue : l’équipe reste sur une année sans, mais les Oilers avaient atteint le deuxième tour des playoffs il y a deux ans et comptent dans leur rang l’extra-terrestre Connor McDavid, capable d’offrir des victoires quasiment à lui tout seul (9 buts, 21 pts). Le duo Talbot-Koskinen a retrouvé des couleurs dans les buts et le banc seconde un peu mieux son capitaine.

Calgary disputait également les playoffs il y a deux ans, et restait sur une saison difficile, handicapée par les blessures de son gardien Mike Smith. Les Flames réagissent fortement cette saison et affichent le troisième meilleur bilan de la ligue ! Leurs 52 buts en 15 matchs se classent deuxièmes et on ne tarit pas d’éloges sur l’apport de la nouvelle recrue Elias Lindholm (9 buts, 17 pts). L’ex-Hurricanes a trouvé une entente parfaite avec Johnny Gaudreau (19 pts) et Sean Monahan (18 pts) pour former l’un des meilleurs trios de la ligue. Mieux, Calgary se forge une réputation étonnante. Lors de 11 des 15 matchs disputés (!), Calgary était mené à l’orée du troisième tiers temps et signe un bilan remarquable de 5-5-1 ! La plus belle illustration ? Cinq buts marqués dans le dernier tiers pour un come-back improbable contre Colorado la semaine dernière, après avoir été mené 4-1. Les Flames comptent 28 buts dans la troisième période, un sommet de la ligue, loin devant l’Avalanche (20).

Mais qui attendait Vancouver ? Pas grand monde. Les Canucks sont 4e de la ligue avec 18 pts (9-6-0) malgré un effectif handicapé par les blessures. En dépit d’une défense moyenne et d’un poste de gardien moyen, Vancouver compense avec une attaque prolifique : 47 buts, 4e de la ligue. Le rookie tant attendu Elias Pettersson joue déjà les premiers rôles, avec 9 buts et 15 pts en 9 matchs, ce qui lui offre un boulevard pour le trophée Calder. Certes, son pourcentage de tirs (40%) est intenable. L’équipe dans son ensemble surfe d’ailleurs sur une réussite insolente au tir (6e au pourcentage), malgré une possession en bas de tableau. Pourvu que ça dure…

On imagine mal San José laisser à long terme ce trio en tête. Les Sharks connaissent un début poussif défensivement, mais l’attaque va bien, merci. Logan Couture (15 pts), Timo Meier (11 buts) et Tomas Hertl (14 pts) constituent l’un des meilleurs trios de la ligue, et six joueurs ont déjà dépassé les 10 pts, offrant une variété offensive rare. Si Erik Karlsson (ratio inhabituel de -9) s’adapte enfin à son nouvel environnement, la 11e place des Sharks ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir… Anaheim, pour sa part, surfe sur un exceptionnel John Gibson dans les cages. Parmi les pires équipes en possession de palet (37 tirs concédés par match, 30e de la ligue ; 25,3 tirs tentés par match, 31e de la ligue), les Ducks survivent grâce aux 93,5% d’arrêts de leur gardien. Enfin, Arizona revient un peu dans la course, plombé en début de saison par un ridicule pourcentage de réussite aux tirs. Antti Raanta concurrence Gibson dans les cages, ce qui laisse encore les Coyotes en lice.

 

Halloween, le juge de paix ?

« Il n’y a qu’un mois de compétition, cela va se replacer », entend-on souvent. Vraiment ?

Le classement au 3 novembre 2017 est édifiant. Si l’on regarde le top-8 des deux conférences l’an dernier, seules 5 des 16 équipes n’ont finalement pas joué les playoffs. Les six derniers à l’Est avaient d’ailleurs manqué les phases finales, ainsi que 4 des 6 derniers à l’Ouest (seuls Nashville et Anaheim avaient remonté).

En 2016 ? Guère mieux. Trois des huit premiers à l’Est avaient fini par manquer les playoffs, et seul Toronto avait quitté les six dernières places pour se qualifier. À l’Ouest, sept des huit premiers s’étaient qualifiés. Nashville, qui faisait partie des six derniers, avait réagi et doublé Dallas.

Autrement dit, seuls 9 des 32 derniers qualifiés en playoffs ne figuraient pas dans le top-8 de leur conférence début novembre. Et parmi ces 9, seuls 4 figuraient dans les six derniers de leur conférence au 3 novembre.

Fans de Florida, Detroit, Rangers, New Jersey, Ottawa, Philadelphie, Chicago, Arizona, Vegas, Anaheim, St. Louis et Los Angeles : à vos prières…

 

Retour victorieux pour Rinne et Luongo, plus laborieux pour Schneider

Trois gardiens vétérans ont fait leur retour cette semaine sur la glace. Pekka Rinne a manqué cinq rencontres suite à la blessure contractée après un choc avec son coéquipier Kevin Fiala. Au cours de cette période c’est sûrement le futur gardien de la franchise Juuse Saros qui a pris la relève pour un bilan de 3-2-0 et un pourcentage d’arrêt de 91,7%. Pour son retour, le dernier vainqueur du trophée Vezina a fait honneur a son rang en stoppant 42 tentatives des joueurs du Tampa Bay Lightning pour une victoire 4-1.

Cory Schneider n’était lui pas encore apparu cette saison puisqu’il était toujours en convalescence d’une opération à la hanche datant du mois de mai dernier. En son absence, c’est Keith Kinkaid qui a assuré l’intérim avec un bilan honorable de 5-3-1. Malheureusement pour Schneider, son retour s’est soldé par une défaite 4-3 face pourtant à une équipe en difficulté cette saison, les Detroit Red Wings.

Lui aussi blessé par un de ses coéquipiers, on n’avait pas revu Roberto Luongo depuis le match d’ouverture de la saison des Florida Panthers. En son absence c’est James Reimer qui a assuré le poste de numéro 1 avec quelques difficultés avec une seule victoire en huit apparitions suite au début de saison poussif des Panthers. Ce n’est pas sur un patinoire nord-américaine que le vétéran a fait son retour mais bien en Finlande au cours de la deuxième rencontre des NHL Global Series opposant les Panthers aux Winnipeg Jets.

 

La NHL veut continuer de proposer des matchs en Europe

À propos des NHL Global Series, le succès est au rendez-vous et le commissaire Gary Bettman ne semble pas vouloir s’arrêter en si bon chemin. Il a déclaré jeudi dernier que la NHL devrait organiser des matchs dans quatre pays différents pour la saison 2019-2020.

La République Tchèque avec Prague et la Suède avec Stockholm pourraient accueillir des matchs de saison régulière alors que l’Allemagne et la Suisse pourrait eux recevoir des matchs de pré-saison comme ce fut le cas déjà cette saison pour les deux derniers pays cités.

Ces matchs délocalisés en Europe sous le nom de NHL Global Series ont commencé en 2017. Gardons espoir qu’un match se passe un jour à Paris pour peut-être y voir s’opposer Antoine Roussel et Pierre-Édouard Bellemare.

 

Voynov souhaite revenir en NHL

C’est peut-être un autre retour d’un joueur russe qui se profile en NHL, puisque Slava Voynov a demandé à pouvoir réintégrer la ligue. Suite à une affaire judiciaire de violences conjugales, Voynov avait vu son contrat résilié en 2014 par les Kings, contraignant le joueur à poursuivre sa carrière en Russie.

En KHL, il évoluait pour le SKA Saint-Pétersbourg depuis trois saisons, ce qui lui a permis de jouer les derniers Jeux Olympiques où il a remporté la médaille d’or. Avant de penser à un éventuel retour sur le circuit nord-américain, la NHL procède à une investigation sur l’affaire concernant l’ancien joueur des Kings avant d’accepter ou non son retour et Gary Bettman pourrait infliger une suspension au joueur avant de l’autoriser à jouer.

Un retour qui gêne un peu aux entournures les médias spécialisés. L’étrange silence autour de la ligue sur le thème des violences conjugales est par ailleurs revenu sur le tapis avec le cas d’Austin Watson. Le joueur de Nashville, sous le coup d’une procédure judiciaire depuis juin, a reçu 27 matchs de suspension de la NHL, et l’affaire n’a pas empêché l’équipe de le faire figurer comme si de rien n’était lors de la présentation de l’équipe. Les nombreux cas de violences sexuelles recensés, notamment au niveau junior, ne font finalement que peu de remous, et privent rarement les accusés d’une carrière ici ou là…

 

Le conte de fées de Yanni Gourde

L’attaquant du Lightning de Tampa Bay Yanni Gourde a reçu cette semaine une prolongation de contrat de 6 ans, pour un total de 31,5 millions de dollars. Un véritable conte de fées pour le Québécois. L’attaquant de 26 ans compte 12 pts en 12 matchs cette saison, menant l’équipe avec 8 passes. L’an dernier, il avait terminé 3e au classement des rookies avec 64 pts, dont 25 buts.

Son parcours atypique n’est pas sans rappeler celui de Martin St. Louis. Gourde n’a jamais été repêché dans la ligue junior du Québec, où il s’est imposé à Victoriaville sur le tard, culminant avec une saison de 124 pts en 2012, qui lui avait valu le trophée de MVP de la LHJMQ. Oublié par la draft NHL, il a débuté aux Worcester Sharks en AHL, avant de mûrir en ECHL (38 matchs). Acquis par Tampa en 2014, il a gravi patiemment les échelons et détient désormais le record du club pour le nombre de points par un rookie. Une success-story comme on les aime !

 

Rinne et Nashville s’entendent sur deux nouvelles années

C’est avec la manière que Pekka Rinne a soufflé sa 36e bougie puisque le dernier vainqueur du trophée Vezina a signé une prolongation de contrat avec les Predators avant de s’offrir un blanchissage face à Boston samedi soir !

Cette prolongation verra la collaboration entre Rinne et Nashville continuer pour deux années de plus et le portier finlandais a consenti à une baisse de salaire de deux millions et touchera en moyenne cinq millions de dollars par saison.

Avec cette nouvelle entente, il est fort possible que Rinne finisse sa carrière comme l’homme d’une seule franchise, fait de plus en plus rare aujourd’hui, lui qui a été sélectionné seulement au huitième tour en 2004 par les Predators. Avec ce nouveau contrat et avec la présence de Juuse Saros, Nashville s’assure la présence d’un des duos les plus solides de la ligue devant ses filets.

Source Photo : Gary A. Vasquez, USA TODAY Sports

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