Grenoble – Amiens (Ligue Magnus, 15e journée)

Grenoble gagne dans la douleur

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Après une semaine catastrophique qui les a vus sortir de la coupe de France face à Lyon et se prendre une correction à domicile contre Rouen (0-5), les Brûleurs de Loups ont commencé à redresser le tir en allant s’imposer à Strasbourg mercredi (4-2). Une victoire qui a fait du bien au moral dans un contexte compliqué pour Grenoble en ce moment d’autant que l’infirmerie continue de se remplir. Connor Hardowa, absent en Alsace à cause d’une fracture du nez, tient finalement sa place ce soir en jouant avec une grille. Mais Baylacq manque à l’appel suite à une blessure et deux U20, Leroux et Convert sont intégrés dans l’alignement.

Avant la trêve internationale, les Brûleurs de Loups devront se méfier des Gothiques. Après un début de saison compliqué, notamment à domicile, Amiens a bien redressé la barre en enchaînant trois victoires dernièrement face à Chamonix, Nice et Mulhouse plus un large succès en coupe de France contre Asnières. Lors de la première confrontation entre les deux équipes, Grenoble s’était imposé de justesse au Coliseum grâce à un but de Magovac en prolongations alors qu’Edwards avait égalisé à la fin du temps règlementaire (4-3). Amiens, qui vient de perdre son défenseur Giffen Nyren reparti au Canada, espère prendre sa revanche à Pôle Sud et continuer sa bonne série.

Dès l’engagement, Amiens porte le danger dans la zone grenobloise avec Romand qui teste Horak après seulement quelques secondes de jeu. Grenoble réagit vite avec un bon lancer de Magovac et obtient une faute de Holden Anderson en zone défensive. Le power-play grenoblois s’installe rapidement avec plusieurs palets qui flirtent avec les montants. Un numéro de Leclerc qui fait le tour de la cage avant de donner en retrait dans le slot pour Kearney aurait pu conduire à l’ouverture du score mais Buysse plonge sur le palet. Ce n’est que partie remise car un lancer de Champagne non cadré voit le palet revenir devant la cage pour Fleury qui marque en deux temps malgré un premier arrêt de la jambière de Buysse (1-0, 04’02).

Sur le coup d’envoi, Dylan Fabre est tout près de doubler la mise mais une pénalité contre Arnaud vient freiner l’élan grenoblois. Amiens bénéficie donc d’une première supériorité numérique, sans pour autant se montrer réellement dangereux. Malgré tout, les Gothiques se montrent plus entreprenants. À deux reprises, Fabre tente sa chance après deux bonnes incursions en zone d’attaque mais il bute sur Buysse. Un lancer lointain de Kramar est repoussé par la base du poteau de Buysse. Les Gothiques sont passés tout près de la correctionnelle et se retrouvent en difficulté alors qu’ils sont sanctionnés par un surnombre. Leclerc et Kearney sonnent la charge sur la cage amiénoise mais une nouvelle fois Buysse repousse. Pourtant les Gothiques ne se démontent pas, Guillemain parvient à gagner un palet en zone offensive et sert idéalement Trabucco qui gagne facilement son face-à-face avec Tartari avant d’ajuster Horak (1-1, 10’33).

Ce but marqué en infériorité numérique relance complètement les Gothiques alors que Grenoble se remet à douter. Leclerc réalise un petit numéro au milieu de la défense amiénoise pour déclencher un tir du revers à ras de glace mais Buysse ne se laisse pas surprendre. Sur une charge à retardement de Guillemain sur Kramar, le défenseur grenoblois reste sur la glace pendant quelques instants. Le défenseur amiénois est exclu et les Brûleurs de Loups ont cinq minutes de supériorité numérique pour reprendre les devants au tableau d’affichage. Grenoble prend son temps pour s’installer avec Latendresse et Champagne à la manœuvre. Un lancer de Champagne est repoussé de la jambière par Buysse mais Legault est présent au rebond pour pousser le palet au fond (2-1, 16’25). Toujours en supériorité, Grenoble essaie d’inscrire un nouveau but avec Leclerc qui tente sa chance de près alors qu’un palet est ressorti sur sa ligne par Buysse qui multiplie les arrêts. Malgré une grosse présence dans la zone amiénoise jusqu’à la fin du tiers, les Grenoblois n’arrivent pas à accroître leur avance au tableau d’affichage.

Dès le coup d’envoi de la deuxième période, Leclerc se heurte à Buysse, déjà mis sous pression. Puis c’est Bisaillon qui fait passer le frisson dans la défense amiénoise. Les hommes d’Edo Terglav tentent de garder l’initiative mais les visiteurs se montrent dangereux en contre à l’image d’un déboulé de Thillet sur l’aile droite qui centre parfaitement pour Poudrier sur l’autre aile mais Horak bloque le lancer. Même situation quelques instants plus tard sur une accélération de Romand qui provoque une situation dangereuse devant le slot. C’est un hockey débridé auquel on assiste en ce début de deuxième tiers-temps avec le palet qui va très vite d’une cage à l’autre. Fleury est tout près de marquer le troisième but grenoblois mais Buysse repousse une nouvelle fois. Les Brûleurs de Loups poussent alors que la cage amiénoise ressemble de plus en plus à une forteresse assiégée. Un centre-tir de Bisaillon est dévié par Champagne mais une nouvelle fois Buysse avait bien anticipé.

Les Gothiques arrivent finalement à desserrer l’étau grenoblois et après une bonne séquence en zone offensive, ils obtiennent une pénalité de Kearney. Mais malgré une bonne présence en zone offensive, peu de tirs dangereux sont déclenchés en supériorité numérique. À cinq contre cinq, les Brûleurs de Loups remettent une grosse pression sur la cage picarde et Leclerc est encore tout près de trouver la faille sur un palet laissé à Kearney, mais le palet est dégagé in extremis par Buysse. Puis c’est au tour de Latendresse de partir seul en contre-attaque. Gêné par le retour de Bault, l’attaquant grenoblois perd son duel avec Buysse. Un lancer de Poudrier côté droit est repoussé de la mitaine par Horak. En fin de tiers, Grenoble est de nouveau sanctionné, cette fois par Magovac.

Amiens commence donc la troisième période en supériorité numérique et s’installe d’entrée dans la zone grenobloise. Une reprise de Giroux passe tout près de la cage, sans réussite. L’initiative est amiénoise dans cette période mais Bault se blesse en essayant de contrer un tir de Champagne. Nouveau coup dur pour la défense amiénoise qui avait déjà perdu Guillemain au premier tiers. Les Grenoblois reprennent leurs esprits et enchaînent avec une grosse séquence en zone offensive, le palet tourne autour de la cage amiénoise mais décidément les Grenoblois ne trouvent pas la solution, se contentant de tenter de faire la différence sur des actions individuelles. La transition du palet est toujours aussi compliquée pour Grenoble. Les minutes défilent, les Brûleurs de Loups font un pressing haut pour maintenir les Gothiques dans leur zone. Legault essaie d’accélérer mais ne parvient pas à cadrer son tir.

À dix minutes de la fin, Grenoble n’a toujours pas réussi à se mettre à l’abri et reste sous la menace d’une égalisation. Aussi l’inquiétude est de mise lorsque Kramar fait trébucher Narbonne. Grosse opportunité pour Amiens qui gère très bien le power-play avec une grosse pression sur la cage alors que Romand a l’égalisation au bout de la crosse. Mais le boxplay grenoblois s’accroche et défend bien autour de la cage de Horak. Amiens continue à y croire avec un lancer non cadré de Kévin Da Costa alors que de l’autre côté Teddy Da Costa manque le but du KO. Appliqués défensivement, les Brûleurs de Loups se font pourtant une énorme frayeur avec un lancer de Giroux sur le poteau extérieur. Mario Richer demande un temps mort mais Grenoble défend bien dans la zone amiénoise, empêchant la sortie du gardien. Il ne reste que quelques secondes lorsque Buysse parvient à sortir, insuffisant pour tenter quelque chose. Grenoble s’impose finalement sur le fil.

Les Brûleurs de Loups s’imposent difficilement dans un match qu’ils auraient pu boucler bien plus rapidement compte tenu de leur domination, notamment au deuxième tiers. La statistique des tirs cadrés (39 à 17) montre à quel point les Grenoblois sont dans une période de doute offensivement. Maladroits dans le dernier geste, imprécis dans les passes et les contrôles, ils semblent en manque total de réussite et d’automatismes. Les belles combinaisons offensives du début de saison ne sont plus qu’un lointain souvenir. À cinq contre cinq, Grenoble n’arrive plus à faire la différence malgré la débauche d’énergie de Leclerc et Fabre, tous deux très en vue ce soir.

À défaut de marquer, les Isérois s’appliquent au mois à bien défendre ce qu’ils ont plutôt bien fait ce soir en conservant tout au long de la rencontre leur maigre avantage du premier tiers. Il s’en est fallu d’un poteau en toute fin de match mais les 3 points pris dans le temps réglementaire feront du bien dans les têtes après la victoire à Strasbourg. Autre satisfaction ce soir : le retour de l’efficacité du power-play avec deux buts marqués et le match correct de Horak qui s’est bien repris après sa sortie de route il y a une semaine contre Rouen. La trêve internationale arrive au bon moment pour une équipe en perte de vitesse et sérieusement handicapée par les blessures. Et les 6 points pris cette semaine feront du bien moralement après une semaine cauchemardesque même si la manière n’était pas au rendez-vous.

Du côté des Gothiques, on peut se satisfaire du comportement défensif et regretter de ne pas avoir pris un point dans cette rencontre. Amiens pourra regretter l’indiscipline du premier tiers tout en appréciant le bon comportement de Buysse auteur d’un match impeccable. Mais l’attaque s’est montrée bien trop faible pour inquiéter vraiment les Brûleurs de Loups. Malgré tout en tenant tête à Grenoble, les Amiénois montrent qu’ils sont bien sur la voie du redressement.

Désignés joueurs du match : Dylan Fabre (Grenoble) et Henri-Corentin Buysse (Amiens).

(Photos Philippe Crouzet)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On a eu quelques mauvaises performances à la maison, c’était important de montrer ce qu’on est capable de faire. On a vu une équipe solide pendant soixante minutes, on n’a concédé que 17 tirs, on voyait les joueurs qui travaillaient bien ensemble, qui allaient tous dans le même sens, disciplinés. C’est une belle victoire, méritée. On ne peut pas enlever aux joueurs leur façon de travailler, ils veulent bien faire. Quand les choses vont moins bien, on essaie de forcer un peu le jeu. Après, il y a eu 2 poteaux, on n’a pas de chance devant la cage, le palet ne tombe pas comme on voulait, on sait que c’est un souci depuis quelques matchs, on travaille beaucoup sur ça mais il faut rester positif. Quand on shoote beaucoup, on se crée ces occasions parce qu’on a fait des bonnes choses avant. C’est comme ça, il y a des hauts et des bas pendant une saison, là on a des difficultés offensives mais avec les gars on va travailler fort pour s’en sortir. Les quelques journées de congé vont faire du bien mentalement. Les gars de l’équipe de France et Magovac avec la Slovénie, ça va leur faire du bien aussi de partir un peu voir d’autres choses. Avec les joueurs qui restent ici, on va travailler beaucoup sur les choses qui allaient moins bien dans cette première partie de saison. Depuis le début de saison c’est compliqué, on n’a pas joué encore un match au complet, aujourd’hui Baylacq n’était pas là, le dernier match c’était Connor qui n’était pas là, Goličič ça fait très longtemps qu’il est blessé, Trabichet, Bonvalot, il y a beaucoup de blessures chez les jeunes aussi… C’est pour ça qu’on voit aussi la force de ce groupe, tout le monde fait un peu plus pour remplacer ces joueurs-là, c’est dans ces moments-là qu’on apprend beaucoup de ce que cette équipe est capable de faire. On essaie de sortir plus de choses positives de cette première partie que de choses négatives. On va prendre quelques jours pour voir ce qu’il nous manque, ce qu’on veut faire, si on amène un nouveau joueur, quel genre de personne, comment il va rentrer dans ce groupe, donc on va prendre le temps de bien réfléchir… »

Guillaume Leclerc (attaquant de Grenoble) : « Déjà c’est bien parce que le power-play a bien marché. Après, on a fait beaucoup de choses, on a peut-être manqué un peu de trafic, mais d’une façon générale on était présent devant la cage, on marque quand même deux buts et on a la victoire quand même. En power-play, il n’y a pas de secret, quand on met du trafic, quand les shoots vont à la cage, il y a plus de chances de marquer. Le but, ce n’est pas d’être bon à ce moment de la saison, il y a des périodes plus difficiles, c’est à nous de bien les gérer, de se remettre à aller de l’avant. Il faut qu’on construise là-dessus, on a une période un peu plus compliquée, mais on va montrer du caractère pour revenir en forme pour la fin de saison. »

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « On a fait quatre victoires de suite avant d’arriver ici. Au premier engagement, on a joué neuf minutes en désavantage numérique, ce qu’il ne faut pas faire contre les Brûleurs de Loups qui ont une attaque à cinq très imposante et très puissante. On a vu déjà les dégâts qu’ils ont fait en partant, ils ont compté deux buts sur leur avantage numérique. Par la suite, lorsqu’on joue à cinq contre cinq, on paraît toujours mieux. Mais on n’a pas réussi à chercher les buts qu’il fallait. Depuis le début de la saison, c’est un peu ce qui nous manque, on ne compte pas assez de buts. Il y a eu un poteau de Giroux avec moins de deux minutes à jouer, si ça tourne à l’intérieur, on va chercher un point, mais ça a tourné vers l’extérieur. Oui, on y a cru, on continue à travailler, ce n’est pas un manque de volonté, c’est le genre d’équipe dont on veut qu’elle travaille jusqu’à la fin. Notre gardien a été exceptionnel ce soir, sans lui ça n’aurait pas été 2-1. Il fait partie de l’équipe, les journées qu’il nous aide de cette manière-là, il faut en profiter. On voit la force de frappe des Brûleurs de Loups, une très bonne offensive, ils patinent beaucoup, c’est un step ou deux ou trois en avant de nous, une très bonne équipe, c’est pour ça qu’ils se battent avec Rouen pour la première place. Guillemain prend cinq minutes et se fait sortir, c’est un défenseur important dans notre rouage, ça nous fait mal, par la suite Romain Bault est sorti sur blessure, encore un autre défenseur, on sait que l’attaque part de la défensive donc ça ne nous aide pas à ce niveau-là. On a compensé, on a fait jouer des attaquants en défense [comme Kevin Da Costa] et un jeune [Yohan Coulaud] a fait quelques présences afin de donner l’oxygène aux autres défenseurs. »

 

Grenoble – Amiens 2-1 (2-1, 0-0, 0-0)
Vendredi 2 novembre 2018 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3400 spectateurs.
Arbitrage de Jérémy Rauline et Alexandre Bourreau assistés de Gabriel Pointel et Vincent Zede.
Pénalités : Grenoble 8’ (2’, 4’, 2’), Amiens 29’ (4’+5’+20’, 0’, 0’)
Tirs : Grenoble 39 (17, 11, 11), Amiens 17 (6, 6, 5)

Évolution du score :
1-0 à 04’02 : Fleury assisté de Champagne et Latendresse (sup. num.)
1-1 à 10’33 : Trabucco assisté de Guillemain (inf. num.)
2-1 à 16’25 : Legault assisté de Latendresse et Champagne (sup. num.)

Grenoble

Attaquants :
Denny Kearney (2’) – Sébastien Rohat – Guillaume Leclerc
Olivier Latendresse – Joël Champagne (C) – Damien Fleury (A)
Dylan Fabre – Teddy Da Costa – Maxime Legault
Vincent Kara – Maxence Leroux – Matthias Arnaud (2’)

Défenseurs :
Christophe Tartari (A) – Connor Hardowa
Dominik Kramar (2’) – Sébastien Bisaillon
Lauric Convert – Aleksandar Magovac (2’)

Gardien :
Lukáš Horák

Remplaçant : Loic Corvez (G). Absents : Julien Baylacq (blessé), Teddy Trabichet (épaule), Lucien Onno (cuisse), Boštjan Goličič (poignet), Antoine Bonvalot (cheville).

Amiens

Attaquants :
Jérémie Romand – Joey West (A) – Spencer Edwards
Tommy Giroux – Mario Trabucco – Rudy Matima
Pierre-Maxime Poudrier – Philippe Halley – Dimitri Thillet
Thomas Suire – Félix Plouffe – Baptiste Bruche

Défenseurs :
Ondrej Smach – Jonathan Narbonne (C)
Romain Bault – Léo Guillemain (5’+20’) puis Kévin Da Costa (A)
Axel Prissaint – Holden Anderson (2’)
Yohan Coulaud

Gardien :
Henri-Corentin Buysse [sorti à 59’44 »]

Remplaçant : Lucas Savoye (G).

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