Mulhouse – Nice, les débuts précipités du coach Yorick Treille

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L’affiche de cette soirée tenait entre deux équipes mal classées. Nice commence à marquer le pas après un excellent début de saison. Mulhouse, de son côté, vit un début d’exercice assez compliqué, entre blessures immobilisant durablement des joueurs clés (Surek et Vigners entre autres), belles performances contre les cadors (Rouen, Angers, voire Bordeaux) et contre-performances, notamment contre les mal-classés, à commencer par le rival strasbourgeois, invaincu dans le temps réglementaire par les Scorpions depuis septembre dernier. D’ailleurs, la veille, l’Étoile Noire est allée s’offrir le scalp de Bordeaux (à Mériadeck, s’il vous plaît !). Mulhouse serait donc bien inspiré de ne pas lui céder son avant-dernière place, pour de multiples raisons dont celle psychologique n’est pas la moindre.

Pour compliquer un peu plus la donne, Yorick Treille sera indisponible sur la glace pour cette partie, la dernière de sa longue carrière. En effet, il était prévu qu’il remplace Christer Eriksson sur le banc à la suite de la rencontre. Une blessure à la main, le matin même lors de l’entraînement, ne lui laissera pas cette occasion. C’est donc debout sur le banc mulhousien qu’il assistera à cette rencontre, la première d’une longue carrière qu’on lui souhaite toute aussi fructueuse que celle qu’il a vécue en tant que joueur.

Autant le dire tout de suite, ce baptême du feu ne commence pas vraiment bien pour lui et ses hommes. L’entame est tendue, et Nice part rapidement à l’abordage. Martin Surek n’a pas le temps de refroidir sur plusieurs essais alpins, avant qu’un pétard mouillé, parti à mi-distance, ne ricoche sur lui (0-1 à 1’29). On ne peut commencer plus mal une partie. Nice est bien le plus conquérant, et surtout le plus précis dans son hockey. Face à lui, le Scorpion est bien emprunté, gauche, imprécis, lent, et surtout pas dans ses patins, ni son placement. Ce n’est pas que Nice pousse énormément, c’est surtout que Mulhouse manque aussi énormément de percussion, mais aussi de réussite, que ce soit sur une combinaison mal finie par Lou Bogdanoff (5’10), ou sur cet essai de Milan Jurik, pourtant bien démarqué (10’03). Nice n’est pas exagérement plus fort, c’est bien Ervins Mustukovs qui fait les plus gros arrêts, mais Mulhouse ne donne pas beaucoup de signes positifs au cours de cette première période, notamment pour se défaire de la tactique prudente mais appliquée des aiglons niçois.

D’ailleurs, ces mêmes visiteurs abordent le deuxième tiers de façon encore plus déterminée, et notamment plus agressive sur le palet. On ne voit toujours pas Mulhouse réagir face à ce regain de pressing. Les Haut-Rhinois continuent d’être en retard sur toutes les actions, face aux Méditerranéens accrocheurs. C’est donc en toute logique que Nice double la mise, lors d’une remontée turbo conclue de près par Florian Sabatier (0-2 à 29’34), après une première alerte suite à un raté de relance de Michal Seda (28’16).

Il faut croire que cette seconde réalisation a fait l’effet d’un électrochoc puisque progressivement, les Scorpions se mettent à monter plus haut vers Mustukovs. Un première double alerte de Sébastien Trudeau (31’30), très entreprenant durant la partie, puis une supériorité assez bien installée. Il n’en faut pas plus pour que Damien Raux décoche ensuite un tir de la bleue, insuffisamment freiné par Mustukovs (1-2 à 35’26). C’est le début de la remontée alsacienne. En effet, le portier alpin se voit alors bombardé de tirs, et doit céder une deuxième fois, face à Jurik bien posté (2-2 à 37’54). Le retour aux vestiaires est donc moins frustrant pour les locaux, qui ont retrouvé soudainement un visage nettement plus conquérant.

Au cours du dernier tiers, les deux équipes ont considérablement recentré leurs positions. Il devient dur de pénétrer durablement en zone adverse, quand bien même Bogdanoff bute sur la mitaine impeccable de Mustukovs (47’43), ou Roope Nikkilä temporise trop devant le même portier (48’41). Les Niçois subissent nettement plus la partie, sans toutefois laisser trop d’espaces devant leur slot. Leur portier peut donc aisément voir et anticiper les essais alsaciens… sauf ce tir à mi-distance de Nikkilä, bien déterminé sur ce coup (3-2 à 51’19).

Les Aigles tentent de repartir à l’assaut mais butent dès lors sur des Haut-Rhinois nettement plus déterminés et concentrés sur leur hockey. Ce sont même eux qui s’offrent les dernières grosses occasions, notamment sur cet essai de Sandis Zolmanis, que Mustukovs contre d’un beau grand écart de bottes (56’17). Bogdanoff confirme ses bonnes dispositions sur la partie en crucifiant une dernière fois les hommes de Stan Sutor dans les ultimes secondes, alors que la cage alpine a été désertée (4-2 à 59’53).

Nice peut ressortir frustré de cette partie, tant leurs trente premières minutes furent probantes. Non pas qu’ils imprimèrent un rythme ou un pressing soutenu. Ce fut plutot l’application concentrée des marquages, des dégagements et des schémas d’attaque, comme en témoigne la désignation du Niçois du match, le défenseur Juha Tarkkanen, habile et entreprenant dans sa zone comme dans les relances.

Mulhouse s’est fait peur. Une fois de plus, c’est la fameuse équipe dite « de réaction » qui a fini par l’emporter, avec son hockey débridé, volontaire, généreux et accrocheur, après une première partie de match plutôt inquiétante. La rentrée des Ten Braak et Vigners fera énormément de bien à l’offensive. Reste à savoir si Yorick Treille sera remplacé sur la glace. En tout cas, par les victoires de ses deux clubs, l’Alsace ne sort pas davantage distancée du peloton lors de cette journée, c’est donc une bonne opération.

Une dernière parenthèse pour revenir sur la petite cérémonie de fin de match : Yorick Treille devient officiellement et uniquement le coach des Scorpions, laissant Christer Eriksson se consacrer à sa tâche théorique, celle de manager. C’est donc une page historique qui se tourne à l’Illberg, le tacticien suédois ayant manoeuvré plus d’une dizaine d’années sur le banc mulhousien, pour les résultats que l’on sait, à savoir un titre Magnus et surtout une ville qui possède maintenant une culture hockey significative.

De son côté, quand bien même il n’a joué qu’un peu plus d’une saison sur la glace haut-rhinoise, Yorick Treille reste l’un des plus beaux palmarès ayant évolué à Mulhouse (en témoigne la vidéo projetée ce soir, après le match, le montrant sur la glace avec les chandails de clubs européens renommés), et aussi l’un des rares ayant fait le pari de de s’investir et jouer pour un club accédant au niveau supérieur. Ce sont donc deux monuments que Mulhouse célébrait chaleureusement ce soir.

Récompensés à la fin du match : Sébastien Trudeau pour Mulhouse et Juha Tarkkanen pour Nice.

 

Mulhouse – Nice 4-2 (0-1, 2-1, 2-0)
Samedi 3 novembre 2018 à 18h à la patinoire de l’Illberg, environ 1000 spectateurs
Arbitrage de M.Barcelo assisté de Mme Boniface et M.Courgeon.
Pénalités : Mulhouse 6′ (2′, 4′, 0′) ; Nice 20′ (4′, 6’+10′, 0′).
Tirs : Mulhouse 42 (12, 19, 11) ; Nice 29 (12, 9, 8).

Évolution du score :
0-1 à 01’29 : Dorey assisté de Perttila et Bjaloncik
0-2 à 29’34 : Sabatier assisté de Matis et Taarkanen
1-2 à 35’26 : Raux assisté de Lorcher
2-2 à 37’54 : Jurik assisté de Trudeau et Draper (sup. num.)
3-2 à 51’19 : Nikkilä assisté de Sevcenko et Raux
4-2 à 59’53 : Bogdanoff assisté de Draper et Jurik (cage vide)

Mulhouse

Attaquants :
Jordan Draper – Sandis Zolmanis – Sébastien Trudeau
Arturs Sevcenko – Milan Jurik (A) – Roope Nikkila
Lou Bogdanoff – Kevin Lorcher – Kenny Martin

Défenseurs :
Damien Raux – Kevin Hecquefeuille
Andrei Esipov – Hubert Genest (A)
Hugues Cruchandeau (A) – Michal Seda

Gardien :
Martin Surek

Remplaçants : Landry Macrez (G), Pierrick Hoehe, Julien Maricato, Jonathan Estienne, Maximilien Lambolez Absents : Mickael Muller, Bryan Ten Braak, Rolands Vigners (blessés).

Nice

Attaquants :
Valère Vrielynck – Matej Palocko – Matus Matis
Tuukka Rajamäki – Peter Bjaloncik – Juuso Perttila
Florian Sabatier – Frédéric Bergeron – Peter Hrehorcak jr
Rémi Thomas – Romain Carpentier – Louis Petit

Défenseurs :
Roni Viirlas – Aurélien Dorey
Juha Tarkkanen, Miroslav Macejko, Quentin Scolari en rotation
Marek Drtina – Yoanne Lacheny

Gardien :
Ervins Mustukovs

Remplaçants : Julien Barrier-Heyliger (G), Alexis Sutor. Absents : Roman Vondracek et Zbynek Hampl (étrangers surnuméraires), Quentin Mahier.

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