Lyon – Arlan Kokshetau (Coupe Continentale 2019, groupe D)

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Après avoir gagné la Coupe de France de hockey sur glace, Lyon revient en Coupe Continentale, pour la première fois du siècle, et dans la nouvelle ère du club. Le premier adversaire n’a rien d’une sinécure. Les équipes du Kazakhstan ont terminé à la deuxième place de la compétition ces deux dernières années, et elles étaient donc qualifiées pour la finale. C’est encore l’objectif de l’Arlan Kokshetau, tenant du titre et actuel leader du championnat du Kazakhstan.

Lyon aborde le match avec le bon état d’esprit et semble dans son sujet. Mais à la troisième minute du jeu, Rok Stojanovic laisse échapper de sa mitaine un palet anodin et même pas cadré de Zubritsky. D’un réflexe de sa jambière, il l’empêche de franchir la ligne, mais Anton Petrov en embuscade va l’envoyer au fond pour de bon (photo ci-dessus). Une énorme boulette du gardien slovène laisse ainsi son équipe immédiatement menée au score.

Une charge avec la crosse de Yegorov donne l’opportunité à Lyon de réagir une minute plus tard. Lavrovs dévie un palet de Verbeek, et Di Dio Balsamo prend le rebond. Un accrochage de Borovikov sous le nez de l’arbitre réduit alors Arlan à 3 contre 5 pendant 1’25 ». Une occasion manquée : la passe transversale de Julien Correia est coupée quand le colosse Malevich se couche sur la glace (photo ci-dessous). Les champions du Kazakhstan font un concours de pénalités idiotes. Malevich donne un cross-check dans le dos de Mickevics après le coup de sifflet. Le jeu de puissance lyonnais accumule les mauvaises coordinations et les imprécisions techniques. Malchanceux, Correia tire sur poteau en fin de pénalité. Les fautes stupides se multiplient jusqu’à plus soif. Kovban charge Di Dio Balsamo devant le banc, puis Shitikov fait trébucher ce même Di Dio Balsamo : une minute et demie de 5 contre 3, encore ! Le powerplay des Lions est techniquement laborieux avec des tirs de piètre qualité. Il est vrai, à la décharge de l’équipe locale, que les blancs gênent bien les lancers, notamment sur Mickevics bien pris.

On se doute bien que Lyon finira par être pénalisé à son tour, et Cédric Custosse ouvre le bal en début de deuxième période. Les Rhodaniens font meilleure figure en infériorité numérique qu’en supériorité, mais les minutes passent et on s’inquiète pour leur efficacité offensive après une reprise déjà difficile contre Chamonix mardi.

Une solide entrée de zone de Cédric Di Dio Balsamo permet au joker russe de Lyon, Daniil Kulikov, de se présenter en contre, mais il se fait facilement écarter du palet par son défenseur. Cette action ouvre tout de même un temps fort. Poloshkov doit d’abord faire un bel arrêt de la mitaine sur un lancer de Jaka Ankerst (photo ci-dessous). La mise au jeu qui suit est remportée par Verbeek, le palet circule enfin mieux et Arturs Mickevicks convertit entre les cercles le centre de Correia (1-1).

Pendant que Valentin Michel fait un tour en prison, ce sont maintenant les joueurs du Kazakhstan qui sont atteints de fébrilité au moment de tirer au but. Lyon obtient deux bons tirs, par Mickevics à la fin d’une supériorité numérique puis par Pierre Robert dans le cercle droit qui oblige Poloshkov à un arrêt de la plaque in extremis. Les Lions finissent mieux le deuxième tiers, et pourtant Custosse fait trébucher Nesterov en entrée de zone, contraignant son équipe à commencer la troisième période en désavantage numérique. Lyon subit donc, peinant à dégager les palets, avant de pouvoir repartir de l’avant.

La fin de rencontre est beaucoup plus fermée car les équipes ne veulent pas commettre d’erreur fatale. Ni fautes bêtes, ni brèche : le palet se mérite et les espaces se font rares. Dans les dernières minutes, la pression lyonnaise s’intensifie sur la cage adverse, mais en vain.

La prolongation à 3 contre 3 – que Vincent Llorca commence et finit sur la glace – tient moins de la chevauchée dans les grands espaces que d’un duel tactique, avec du positionnement frontal et des replis stratégiques entrecoupés de quelques âpres batailles en un contre un. Tomas Andres se fait retenir la crosse devant le but alors que le palet traîne. Correia est un peu court pour contrôler la passe en profondeur de Mickevics.

Le match s’achève donc aux tirs au but. Stojanovic ferme les jambières devant Yermolaev. Verbeek bat Poloshkov côté mitaine, mais Potaichuk réplique en contournant le gardien. La feinte d’Ankerst et le lent mouvement de Lavrovs échouent, et dans le même temps, le tir de Gasnikov transperce Stojanovic côté plaque et le mouvement de Malevich le met dans le vent, faisant repasser Arlan en tête. Mickevics maintient l’espoir entre les bottes du gardien, mais même si Borovikov oublie le palet sur sa tentative, la feinte à gauche Correia ne trompe pas le gardien (photo ci-dessous). Les champions du Kazakhstan ressortent vainqueur de cette séance de tirs au but qu’ils ont semblé attendre en fin de match.

Lyon est une équipe qui patine avec une belle activité et un engagement indéniable, mais les champions du Kazakhstan ont bien rivalisé sur ces points. La boulette du gardien a heureusement été rattrapée, ce qui n’est jamais facile contre une équipe kazakhe qui mène au score. Les Lions ont manqué parfois de technique, parfois de physique dans le slot adverse, pour pouvoir remporter les trois points dans une rencontre qui a paru à leur portée. Ils joueront donc probablement leur qualification demain soir face à Gomel, qui a dépensé moins d’énergie lors de cette première journée.

Désignés joueurs du match : Lubomir Dinda pour Lyon et Ivan Poloshkov pour Kokshetau.

Commentaires d’après-match :

Arturs Mickevics (attaquant de Lyon) : « On savait que c’était une équipe expérimentée, avec des joueurs qui ont joué en KHL. On a essayé de jouer rapide et dur, car on savait qu’ils n’aimeraient pas ça. On a été deux fois à 5 contre 3, on doit y être meilleurs. Après, aux pénaltys, c’est la loterie. On a besoin de bien récupérer, on ne patinera pas demain matin. »

Julien Correia (attaquant de Lyon) : « Je pense que nous avons été très bons ce soir. Il y avait deux équipes solides défensivement, pas énormément d’espaces. On a eu les opportunités de prendre les devants, on ne l’a pas fait. Les pénaltys, c’est pile ou face. Ils ont joué différemment que ce que l’on a l’habitude d’affronter à 5 contre 3, ils étaient très agressifs. On a mieux joué la seconde fois, mais le gardien fait de bons arrêts. Quand tu as deux 5 contre 3, tu dois prendre les devants. C’est un tournant du match. Si on sort devants, on a la mainmise et ils ne nous revoient plus. Les trois matches seront durs physiquement, on s’est préparé pour ça. »

Mitja Sivic (entraîneur de Lyon) : « Les deux équipes étaient assez égales et on bataillé dur. Je regrette juste la première période, les 5 contre 3 où l’on a pas fait grand-chose. Le powerplay était bon, on n’a juste pas mis le palet au fond. Ce sont les 5 contre 3 qu’on a mal géré. On les avait vus en vidéo, on n’était pas surpris qu’ils soient agressifs. L’heure n’est pas aux regrets, nous avons besoin d’avoir l’esprit libre. On doit se reposer, Gomel a un peu plus de temps de repos que nous. On regardera ce qu’ils ont fait de bon et de moins bon, mais on doit avant tout se concentrer sur nous. »

(photos d’Emmanuel Giraudeaux)

 

Lyon HC – Arlan Kokshetau 1-1 après prolongation (0-1, 1-0, 0-0, 0-0)
Vendredi 16 décembre 2018 à 20h30 à la patinoire Charlemagne de Lyon. 2224 spectateurs.
Arbitrage de Krzysztof Kozlowski (POL) et Miro Smerdelj (CRO) assistés de Gwilherm Margry et Frédéric Peurière (FRA).
Pénalités : Lyon 6′ (0′, 6′, 0′, 0′) ; Arlan 12′ (10′, 2′, 0′, 0′).
Tirs : Lyon 30 (15, 8, 6, 1) ; Arlan 29 (3, 14, 10, 2).

Évolution du score :
0-1 à 02’53 » : Petrov assisté de Zubritsky
1-1 à 32’33 » : Mickevics assisté de Correia

Tirs au but :
Arlan : Ermolayev (arrêté), Potaichuk (réussi), Gasnikov (réussi), Malevich (réussi), Borovikov (palet perdu).
Lyon : Verbeek (réussi), Ankerst (arrêté), Lavrovs (arrêté), Mickevics (réussi), Correia (arrêté).

Lyon

Attaquants :
Julien Correia (+1) – Ryan Verbeek – Arturs Mickevics (+1)
Dmitri Lavrovs – Tomas Andres – Jaka Ankerst
Daniil Kulikov – Kyle Essery (A) – Cédric Di Dio Balsamo
Pierre Robert (-1) – Quentin Berthon (A) – Valentin Michel (-1, 2′)
Sébastien Delemps

Défenseurs :
Tyler Ferry (-1) – Vincent Llorca (-1)
Lubomir Dinda – Jules Breton
Thomas Roussel (C, +1) – Cédric Custosse (4′)
Alexandre Pascal (+1)

Gardien :
Rok Stojanovic

Remplaçant : Olivier Richard (G). En réserve : Sidney David (G).

Arlan Kokshetau

Attaquants :
Dmitri Shitikov (2′) – Vadim Berdnikov (A) – Vadim Ermolayev
Dmitry Potaichuk – Konstantin Savenkov (C) – Ivan Kiselev
Aleksandr Nesterov – Evgeni Gasnikov – Denis Klemeshkov (2′)
Anton Petrov – Aleksei Antsiferov – Aleksandr Zubritsky

Défenseurs :
Vladimir Malevich (2′) – Stanislav Borovikov (A, 2′)
Sergei Yegorov (2′) – Anton Kazantsev
Yakov Seleznev – Viktor Dovgan (2′)
Ilya Gulmakov – Evgeny Gevel

Gardien :
Ivan Poloshkov

Remplaçant : Mikhaïl Demidov (G). En réserve : Dmitri Zykin (G).

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