Lyon aurait mérité mieux

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C’est maintenant ou jamais pour que Lyon ne sorte pas prématurément de la Coupe Continentale en ne gâche pas la dernière journée du tournoi, qui deviendrait inutile. Les Lions ont au besoin d’au moins un point pour rester dans la course, et d’une victoire pour être maître de leur destin. Mais en face, Gomel fait figure de favori du tournoi. Pour ce match-clé, l’équipe locale ne peut pas compter sur un public aussi nombreux qu’hier : les ventes avaient été moins bonnes pour ce deuxième jour car les spectateurs étaient refroidis par les manifestations des « gilets jaunes » contre le prix de l’essence, qui ont bloqué les accès à la ville. Et en plus, près de 600 personnes ayant acheté des places n’ont pas pas venir…

Comme hier, Lyon prend le match par le bon bout, avec l’engagement qu’il faut. Et cette fois, les Lions ne sont pas trahis d’entrée par leur gardien, même si un premier arrêt où il ne sait pas où est le palet ne donne guère confiance. L’agressivité de plus en plus forte, et le jeu plus direct à la cage. Un temps fort avec deux joueurs en écran devant le but provoque la première pénalité biélorusse, quand Yeronov est contraint de retenir une crosse face au danger pressant. Le jeu de puissance n’avait pas concrétisé hier, il convertit aujourd’hui sa première occasion : la reprise du cercle droit de Martins Lavrovs est magnifique et se loge dans la lucarne opposée.

Une pénalité de Correia pour cinglage est tuée à la perfection. La seule passe biélorusse à travers le slot est parfaitement bloquée de la crosse par Jules Breton (photo ci-dessous). Même en avance au tableau d’affichage, les Lyonnais n’ont pas perdu leur allant ni leur intensité, avec des séquences installées en zone offensive. Défensivement, ils laissent peu d’espaces et tiennent chacun leur homme. Sous pression, Gomel donne même l’impression de balbutier son hockey. Cerise sur le gâteau, le travail de Correia en fond de zone recueille même une pénalité de Magaletski à la sirène.

La supériorité numérique qui ouvre la deuxième période est bien installée et les tirs d’Arturs Mickevics dans le cercle gauche obligent Boboriko à deux arrêts. Ivanov est pénalisé à son tour pour charge avec la crosse, et Yeronov fait trébucher un Lyonnaos dans l’enclave : plus d’une minute à 5 contre 3 ! Apparemment, les Lions sont toujours fâchés avec cet exercice : un ratage de Ferry puis une passe approximative de Correia pour Andres font sortir le palet de la zone, et un hors-jeu est commis en essayant d’y retourner. Mais ce n’est jamais bon de dominer si longtemps sans conclure…

Dans ces cas-là, on connaît le risque. Gomel marque sur sa première occasion, une passe de derrière la cage d’Evgeni Solomonov bien reprise dans le haut du filet par Nikolai Suslo. Aussitôt après cette égalisation, Kirill Kutsyr vient prendre un rebond, seul devant le gardien. Lyon a perdu le fil de son jeu. Verbeek fait trébucher un Biélorusse dans le coin de sa zone, un avantage renversé par un accrochage de Kolosov. En fin de tiers, une charge avec la crosse d’Andres laissera ce même Kolosov prendre un tir très dangereux à bout portant. Lyon subit et est moins serein.

On espère retrouver le Lyon du début au troisième tiers-temps. Mais le match a tout juste repris que Ryan Verbeek perd le palet devant son propre but sur une relance mal exécutée. Un véritable cadeau pour Aleksandr Zhydkikh qui n’a plus qu’à fusiller Stojanovic. Après cette faute lourde, Verbeek se rend coupable d’une crosse haute derrière le but adverse. Et au moment où les Lyonnais recommenceront à presser un peu plus leurs adversaires en voyant les minutes défiler, Verbeek fera encore un petit tour en prison. Et à son retour, le Canadien récidiviste verra Berthon prendre sa place sur le premier trio (Sivic étant passé à trois lignes).

Dans le même temps, Gomel s’est mis en mode « contrôle ». Les noirs sont bien regroupés et maintiennent les Lyonnais dans les bandes où les duels sont acharnés. Et c’est dans une de ces luttes dans le coin que Magaletski commet un coupage sur Andres. Dernier jeu de puissance décisif à trois minutes de la fin. Le lancer du cercle droit de Lavrovs est cette fois repoussé par Boboriko, qui écarte bien les palets et ne laisse pas de rebonds devant lui. Mitja Sivic sort son gardien et prend son temps mort pour jouer à 6 contre 5, mais Lyon ne s’approche plus du but.

La Coupe Continentale a livré son verdict : Gomel et l’Arlan Kokshetau iront en Superfinale, avec Belfast et la surprise polonaise Katowice (le Medvecsak Zagreb d’Antonin Manavian, venu sans son meilleur marqueur norvégien Sondre Olden, a été éliminé dans une égalité à trois). C’est d’autant plus frustrant que Lyon s’était bien mis au niveau de ses adversaires, au style différent et plus patient que les équipes françaises. Mais après un excellent premier tiers, le LHC ne s’est jamais remis d’un 5 contre 3 vendangé et a encore perdu sur une erreur individuelle grossière.

Désignés joueurs du match : Rok Stojanovic pour Lyon et Igor Boboriko pour Gomel.

Commentaires d’après-match :

Mitja Šivic (entraîneur de Lyon) : « On met deux buts en deux matches et notre powerplay ne fonctionne pas, c’est la clé. Beaucoup de nos joueurs n’ont jamais joué à ce niveau. Ce sont vraiment des équipes de haut niveau : leur patinage, leur contrôle du palet, leur agressivité. Ils savent comment défendre, comment changer les lignes. »

Vincent Llorca (défenseur de Lyon) : « On a manqué d’un peu de finition. On a bien joué défensivement, on prend deux buts un peu bêtement. On a encore un 5 contre 3 non concrétisé, c’est notre problème dans ces deux premiers matches. Je pense que c’est dû au relâchement, on se dit qu’on a deux hommes de plus, et les passes sont moins précises, les gars bougent un peu moins. […] Ils ont un jeu plus structuré, plus posé qu’en Ligue Magnus. Ils reculaient et nous attendaient, et ça partait très vite en contre-attaque. Ils jouaient ensemble, ils étaient proches, ils nous empêchaient de créer du jeu, on a pourtant été dans leur zone, mais on aurait pu avoir un peu plus faim. On est à la maison, on va tout donner demain, rien ne va changer pour le dernier match. »

Oleg Khmyl (entraîneur de Gomel) : « Nous sommes contents d’être qualifiés. Nous ne sommes pas venus pour rien, c’est toujours difficile de jouer à l’extérieur. On a beaucoup analysé le jeu de Lyon en vidéo et on a joué avec beaucoup de patience. Je n’attendais pas Lyon si actif dans le jeu, mais ils ont fait quelques erreurs. C’est une équipe qui se classerait un peu comme nous dans le championnat biélorusse, vers la quatrième ou cinquième place, peut-être troisième à leur meilleur niveau. »

(photos d’Emmanuel Giraudeaux)

 

HK Gomel – Lyon HC 2-1 (0-1, 1-0, 1-0)
Samedi 17 décembre 2018 à 20h00 à la patinoire Charlemagne de Lyon. 2006 spectateurs.
Arbitrage de Pavel Halas jr (TCH) et Krzysztof Kozlowski (POL) assistés de Jérémie Douchy et Gwilherm Margry (FRA).
Pénalités : Gomel 12′ (4′, 6′, 2′) ; Lyon 10′ (2′, 4′, 4′).
Tirs : Gomel 29 (9, 10, 10) ; Lyon 24 (9, 6, 9).

Évolution du score :
0-1 à 07’17 : Lavrovs assisté de Llorca et Ankerst (sup. num.)
1-1 à 26’30 : Suslo assisté de Solomonov
2-1 à 40’31 : Zhidkikh

HK Gomel

Attaquants :
Pavel Musienka (+1) – Andrei Kolosov (+1, 2′) – Aleksandr Zhidkikh (A, +1)
Evgeni Khuzeev (+1) – Nikolai Suslo (+1) – Evgeni Solomonov (+1)
Denis Zaichik – Aleksandr Siomachkin (A) – Kirill Kutsyr
Anton Tochilkin – Ilya Zhukovski – Nikita Yurchenko

Défenseurs :
Aleksandr Eronov (+1, 4′) – Egor Stepanov (+1)
Maksim Magaletski (+1, 4′) – Aleksandr Syrei (C, +1)
Mikhail Prus – Ilya Letov
Egor Ivanov (2′) – Evgeni Goranin

Gardien :
Roman Boboriko

Remplaçant : Aleksei Merzlov (G).

Lyon

Attaquants :
Julien Correia (-1, 2′) – Ryan Verbeek (-1, 6′) – Arturs Mickevics (-1)
Dmitri Lavrovs – Tomas Andres (2′) – Jaka Ankerst
Daniil Kulikov (-1) – Kyle Essery (A, -1) – Cédric Di Dio Balsamo
Pierre Robert – Quentin Berthon (A) – Valentin Michel
Sébastien Delemps (-1)

Défenseurs :
Tyler Ferry (-2) – Vincent Llorca (-2)
Lubomir Dinda – Jules Breton
Thomas Roussel (C) – Cédric Custosse

Gardien :
Rok Stojanovic

Remplaçant : Olivier Richard (G), Alexandre Pascal. En réserve : Sidney David (G).

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