Grenoble – Mulhouse (Ligue Magnus, 17e journée)

Grenoble renoue avec la victoire

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Les Brûleurs de Loups avaient besoin de la trêve internationale pour se refaire une santé après le coup d’arrêt qui les a vus coup sur coup se faire éliminer de la coupe de France par Lyon puis se faire largement dominer par Rouen (0-5). Deux mauvais résultats associés à une cascade de blessures qui avaient de quoi inquiéter le staff grenoblois après un début de saison impressionnant. Pendant la trêve, Fleury, Leclerc, Da Costa et Rohat sont partis avec l’équipe de France, Magovac avec celle de Slovénie et les autres se sont reposés en espérant retrouver l’énergie nécessaire pour repartir du bon patin.

Raté car mardi Grenoble a signé une nouvelle contre-performance en s’inclinant à Nice (3-6). Pas le meilleur moyen de retrouver la confiance alors que trois joueurs sont toujours à l’infirmerie (Trabichet, Goličič et Bonvalot). Heureusement, une bonne nouvelle est venue cette semaine éclaircir l’horizon grenoblois : l’arrivée du défenseur Patrick McEachen, passé par Gap et Bordeaux, qui vient remplacer Trabichet absent pour une longue durée.

Du côté de Mulhouse, Yorick Treille a repris les rênes de l’équipe après le retrait de Christer Eriksson qui se consacre à son rôle de manager. La victoire face à Nice (4-2) juste avant la trêve a fait un bien fou mais les Scorpions sont redescendus de leur nuage après avoir perdu 5-0 contre Rouen ce mardi. Pas simple d’enchaîner avec un déplacement à Pôle Sud face à une équipe qui n’a pas le droit à l’erreur après un faux-pas. L’attaque mulhousienne est handicapée par l’absence de ses deux attaquants lettons Vigners et Sevcenko, qui s’ajoute à celle de Treille désormais sur le banc.

Jordan Draper ouvre les hostilités avec un premier lancer bien bloqué par Horak. Après deux premières minutes passées dans leur zone défensive, les Brûleurs de Loups se mettent enfin à porter le danger sur la cage de Surek par l’intermédiaire de Dylan Fabre. Puis Surek doit s’employer sur deux lancers de Champagne puis Magovac. La pression s’intensifie sur la cage mulhousienne. Baylacq obtient une grosse opportunité sur un centre parfait de Champagne mais son tir est repoussé par Surek. Grenoble finit par marquer grâce à Damien Fleury, présent au rebond sur un lancer de Tartari dans le trafic, repoussé difficilement par Surek (1-0, 03’57). Une première pénalité contre Kara offre une belle occasion à Mulhouse pour rebondir. Les Scorpions débutent bien avec deux tirs coup sur coup de Jurik qui manque de peu l’égalisation. Les Brûleurs de Loups maîtrisent le reste de l’infériorité numérique et reprennent leur domination de retour à cinq contre cinq. Un lancer d’Arnaud est bien bloqué par Surek mais un cinglage de l’attaquant grenoblois dans la mitaine du portier mulhousien provoque un premier brassage entre Arnaud et Seda, venu prêter main forte à son gardien.

Le cinglage d’Arnaud offre une nouvelle supériorité numérique aux Scorpions qui passent deux minutes stériles dans la zone grenoblois même si en toute fin de pénalité un tir du revers d’Hecquefeuille face à au slot oblige Horak à être vigilant. À cinq contre cinq, Onno puis Tartari testent Surek de près mais le portier mulhousien ne se laisse pas surprendre. Dominés dans la possession du palet, les visiteurs essaient tout de même de profiter de la moindre opportunité pour tenter leur chance à l’image d’une bonne séquence de Draper et Zolmanis en zone offensive. Sur un engagement, Leclerc lance à la cage, Surek repousse du casque. Le rythme est assez alerte dans cette première période avec un palet qui va d’une cage à l’autre. Un lancer d’Hardowa frôle la lucarne alors que Grenoble continue à mettre la pression par Fleury. Dans les derniers instants, Rohat rate le 2-0 en manquant une cage grande ouverte sur une passe caviar de Denny Kearney.

Une pénalité sifflée contre Hecquefeuille en fin de premier tiers permet à Grenoble de revenir sur la glace en supériorité numérique. Les Brûleurs de Loups mettent du temps à s’installer en zone offensive. Deux incursions de Leclerc et Bisaillon permettent de lancer sur la cage mais globalement le power play grenoblois n’est pas très dangereux. Plus à l’aise à cinq contre cinq, les Isérois arrivent à faire la différence avec de la vitesse en zone offensive. Kramar manque de peu le palet sur un centre à bout portant devant la cage, sur la contre-attaque Zolmanis fait trébucher Legault alors que les Scorpions avaient un bon coup à jouer en contre-attaque. Les Brûleurs de Loups peuvent donc enchaîner avec une deuxième supériorité consécutive, cette fois ils s’installent vite avec un bon lancer de Da Costa bloqué par Surek. Leclerc fait encore parler sa vitesse pour faire passer le frisson dans la défense mulhousienne. À force de pousser, les Grenoblois finissent par trouver la faille : Legault met le palet dans le slot, Surek, gêné par Champagne et Tartari, n’arrive pas à le bloquer. Raux parvient finalement à le dégager du gant… sur Legault qui marque en hauteur, Surek étant couché sur la glace (2-0, 25’44).

Ce but permet à Grenoble de faire le break et de s’installer dans la zone offensive alors que les Scorpions accusent le coup. Kearney récupère le palet derrière la cage dans la crosse de Genest pour servir instantanément Leclerc lequel ne rate pas l’occasion de coucher Surek pour pousser le palet dans la cage vide (3-0, 26’30). Sonnés, les Mulhousiens obtiennent une pénalité de Grenoble pour retard de jeu suite à deux engagements refusés. Mais au lieu de se stopper l’hémorragie, les Scorpions s’enfoncent en laissant partir un trois contre un conclus d’un tir en lucarne par Baylacq (4-0, 27’20).

Une pénalité est appelée contre Jurik qui accroche Da Costa. Sur la suite de l’action, Esipov se fait charger par Fleury et jette volontairement la cage. La nervosité gagne les rangs des Scorpions qui se retrouvent de nouveau en infériorité numérique. Le boxplay mulhousien fait le travail car Grenoble ne se montre pas du tout dangereux en supériorité numérique. À cinq contre cinq, les Mulhousiens tentent de pointer le bout de la crosse mais leur indiscipline est de nouveau sanctionnée, cette fois par Hecquefeuille, coupable d’une charge dans le dos sur Baylacq. Malgré deux tentatives de Fleury, Grenoble ne parvient pas à accroître l’écart au score. En fin de tiers, Champagne se fait pénaliser pour un coup de poing sur Jurik qui avait bousculé Legault, resté un peu trop longtemps au contact de Surek.

Vu l’écart au score, la troisième période débute avec un intérêt tout relatif. Avec ses quatre (nouveaux) blocs homogènes, Grenoble peut se permettre de voir venir face à une équipe au banc nettement plus réduit. En supériorité numérique, Mulhouse fait le forcing pour essayer de marquer rapidement. Trudeau n’est pas loin de concrétiser un bon décalage de Jurik mais Horak avait bien anticipé son déplacement. De retour à cinq contre cinq, McEachen oblige Surek à effectuer un arrêt délicat en deux temps. Les Brûleurs de Loups font un bon travail de conservation de palet en zone offensive. Quelques bons raids de Baylacq et Arnaud permettent notamment de maintenir la pression sur la défense mulhousienne. Une belle combinaison à trois entre Seda, Nikkilä et Estienne à la conclusion aurait mérité un meilleur sort mais Horak ne se laisse pas surprendre et préserve sa cage inviolée. Zolmanis est sanctionné, en fin de tiers, permettant à Grenoble de gérer le score en maintenant le jeu dans la zone mulhousienne.

Les Brûleurs de Loups ont fait la différence dans ce match en trois minutes au deuxième tiers-temps. Trois minutes qui leur ont permis de marquer trois buts aux Scorpions, se mettant hors de portée d’un retour mulhousien. Ils ont retrouvé sur ce match une partie de l’efficacité offensive qui leur faisait défaut ces dernières semaines. Ajoutée à cela, une rigueur défensive matérialisée par un blanchissage qui fera du bien au moral de Lukas Horak et les Grenoblois peuvent se montrer satisfaits de leur rencontre. On retiendra également la bonne intégration de Patrick McEachen qui a eu un gros temps de glace, sans doute pour lui permettre de retrouver des sensations alors qu’il n’avait pas joué de match depuis trois semaines. Il reste maintenant une semaine aux Brûleurs de Loups pour préparer la suite du programme avec notamment un week-end copieux qui les verra se déplacer à Rouen et Bordeaux, des adversaires d’un tout autre calibre. On en saura alors plus sur le niveau de convalescence des Grenoblois.

Mulhouse, malgré une bonne résistance, n’a pas vraiment pu mettre en danger les hommes de Terglav ce soir, trop diminués en attaque et coupables de quelques trous d’air au deuxième tiers qui pèsent sur le résultat. Mais les Scorpions avaient peut-être la tête ailleurs alors qu’un huitième de finale à Dunkerque se profile mardi. Une grosse échéance pour Yorick Treille et ses hommes dans une compétition où Mulhouse a un bon coup à jouer.

Désignés joueurs du match : Julien Baylacq (Grenoble) et Martin Surek (Mulhouse)

(Photos Philippe Crouzet)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On a eu une semaine difficile avec un déplacement qui n’était pas très bon pour nous à Nice. Ces derniers jours, on a eu beaucoup de réunions, on a cherché les solutions, on a changé les blocs aussi. Je suis vraiment satisfait du travail du groupe parce qu’ils ont bien travaillé ensemble. C’était important de voir le comportement des joueurs sur la glace, les quatre blocs qui jouent tous de la même manière. C’est ça la force de cette équipe, il y a des bonnes individualités dans l’équipe mais pour moi c’était important que tout le monde se présente chaque soir pour avoir du succès. C’est important de trouver notre identité offensivement, on avait de la difficulté à marquer des buts, il faut aller dans des endroits où ça fait mal, devant la cage. Les buts sont durs à venir, aujourd’hui on l’a vu, chaque but c’était un travail des blocs, c’était pas beau mais c’est là que ça compte. On était bien défensivement, avec un nouveau joueur qui est venu, on a demandé aux défenseurs d’être beaucoup plus agressifs, d’enlever l’espace aux adversaires, on l’a très bien fait. »

Yorick Treille (entraîneur de Mulhouse) : « On n’est jamais content d’une défaite. Sur l’attitude et l’effort de mes joueurs, je n’ai rien à dire, je n’ai vu personne tricher. On a un effectif un peu réduit, on manque de profondeur donc on savait que ce serait compliqué mais les gars ont répondu présent sur l’effort et l’intensité. Ils étaient prêts à jouer, malheureusement on n’a pas été assez fort pour battre Grenoble ce soir. On cherche à travailler, à s’améliorer tous les jours. C’est beaucoup de changement pour nous à Mulhouse en ce moment, avec très peu de temps pour travailler, donc on essaie de faire le maximum de chaque journée, on essaie d’apporter du positif, de la structure, de mettre des choses en place petit à petit, pour l’instant on n’a eu que deux entraînements ensemble. Je demande aux joueurs de ne pas tricher, d’avoir l’effort et d’être là mentalement. On va continuer à regarder devant, il y a plein de leçons à tirer de ces deux matchs, c’est ça qui est positif, tout le travail qui reste à faire. Si on fait bien notre travail, ça va se traduire par beaucoup de progrès pour l’équipe. Tout est un peu nouveau pour moi, ça reste un milieu dans lequel je vis depuis longtemps, moi aussi j’ai beaucoup à apprendre, ça passe par du travail, pour l’instant les joueurs répondent présents donc c’est positif mais il y a encore du pain sur la planche. »

 

Grenoble – Mulhouse 4-0 (1-0, 3-0, 0-0).

Vendredi 16 novembre 2018 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3300 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de David Courgeon et Vincent Zede
Pénalités : Grenoble 12’ (6’, 6’, 0’), Mulhouse 14’ (4’, 8’, 2’)
Tirs : Grenoble 43 (13, 15, 15), Mulhouse 21 (9, 8, 4)

Évolution du score :
1-0 à 03’57 : Fleury assisté de Tartari et Baylacq
2-0 à 25’44 : Legault assisté de Champagne et Tartari (sup. num.)
3-0 à 26’30 : Leclerc assisté de Kearney
4-0 à 27’20 : Baylacq assisté de Tartari (inf. num.)

 

Grenoble

Attaquants :
Vincent Kara (2’) – Joël Champagne (C) (2’) – Matthias Arnaud (4’)
Julien Baylacq – Teddy Da Costa – Damien Fleury (A) (2’)
Denny Kearney – Sébastien Rohat – Guillaume Leclerc
Dylan Fabre (2’) – Olivier Latendresse – Maxime Legault

Défenseurs :
Aleksandar Magovac – Sébastien Bisaillon
Christophe Tartari (A) ou Connor Hardowa – Patrick McEachen
Dominik Kramar – Lucien Onno

Gardien :
Lukáš Horák

Remplaçant : Loic Corvez (G). Absents : Teddy Trabichet (épaule), Boštjan Goličič (poignet), Antoine Bonvalot (cheville).

Mulhouse

Attaquants :
Jordan Draper – Sandis Zolmanis (4’) – Sébastien Trudeau
Roope Nikkila – Milan Jurik (A) (2’) – Lou Bogdanoff
Joanthan Estienne – Kévin Lorcher – Kenny Martin
Maximilien Lambolez (2’) – Pierrick Hoehe

Défenseurs :
Michal Seda (2’) – Kévin Hecquefeuille (C) (4’)
Hugues Cruchandeau – Damien Raux
Hubert Genest (A) – Andrei Esipov

Gardien :
Martin Surek

Remplaçants : Landry Macrez (G), Maxime Leroux, Corentin Cruchandeau. Absents : Rolands Vigners, Arturs Sevcenko, Byan Ten Braak, Mickaël Muller

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