Les Tchèques battent la Suède par leur profondeur de banc

104

Alléchante affiche entre Suédois et Tchèques dès le premier soir du championnat du monde à Bratislava. Après s’être dit insatisfait de ses lignes lors d’un entraînement, Miloš Říha est finalement revenu à celles qu’il avait composées à Brno la semaine dernière, lorsque son équipe avait justement battu la Tre Kronor. Il a néanmoins gardé une place vide sur la quatrième ligne, dans la perspective de l’arrivée de Radek Faksa programmée demain. La Suède a pour sa part effectué une modification notable : William Nylander, arrivé dans la semaine, prend place en première ligne aux côtés du prodige Elias Pettersson, une association à haut potentiel technique, avec le finisseur Hörnqvist en troisième homme.

La partie s’ouvre par une erreur du mythique gardien Henrik Lundqvist, qui laisse passer un lancer lointain de Jakub Vrána sous sa botte droite dès la deuxième minute (1-0). Ce but est arrivé avant qu’une tendance ne se dégage, mais le premier tiers-temps la confirme. Malgré les qualités suédoises, incarnées par les accélérations cheveux au vent d’Adrian Kempe, une fusée sur patins, ce sont bien les Tchèques qui ont le dessus. Poussés par leurs supporters, ils mettent plus d’effort et de détermination dans les duels, le tout à un rythme très élevé. En dribblant en zone offensive, Ondřej Palát se fait accrocher par Robert Hägg. Pendant ce premier avantage numérique du match, Michael Frolik rate le palet sur un rebond en cage ouverte, qui a fait suite à une bonne déviation de Dominik Simon.

Ces vingt bonnes premières minutes, les Tchèques les gâchent en trois minutes à peine. Dès la reprise, Jan Kolář n’arrive pas à contrôler le palet du gant et se fait contrer par Elias Pettersson. Le probable rookie de l’année NHL signe alors une passe aveugle entre ses jambes à destination de Patric Hörnqvist, qui marque du revers à sa seconde tentative. Filip Chytil part ensuite en prison pour une crosse haute, et un lancer de la ligne bleue d’Erik Gustafsson est subtilement dévié par Oskar Lindblom. Le score est renversé (1-2), et l’écart aurait pu être lourd sans un exceptionnel arrêt en extension de Patrik Bartosak devant Lindblom. Le gardien de Vitkovice réussit ses débuts au championnat du monde.

Ses coéquipiers ont en revanche perdu le fil de leur jeu dans un match qui se tend avec des mauvais gestes répétés. Les Tchèques tentent peu de tirs (même en 2 contre 1), et ne mettent pas de pression devant la cage quand ils prennent des lancers. Mais ils reviennent à la vie après la mi-match. En plus de déborder d’énergie ce soir, Jan Kovář a toujours sa qualité de passe : son centre au poteau opposé offre une cage ouverte à Dominik Kubalík (2-2). La passe est si belle que le meilleur marqueur du championnat suisse cette année lui rend la pareille : il passe de derrière la cage pour Kovář dans le slot, mais Lundqvist fait l’arrêt.

L’activité est redevenue tchèque, et c’est encore plus net au début du troisième tiers-temps. Le premier trio attaque tout de suite la cage : un premier tir de Voráček, un rebond de Simon dans le masque de Lundqvist et une troisième tentative gagnante de Frolík. Le ralenti vidéo montre que, si Simon est dans le demi-cercle du gardien, c’est parce qu’il a basculé par-dessus Hörnqvist qui a plongé dans ses jambes : le but est normalement validé. Les meilleures occasions restent en faveur de l’équipe « presque locale ». Henrik Lundqvist sauve du gant sur la ligne un palet qui a fait billard dans la défense, puis arrête de la botte gauche un tir de Jakub Vrána servi de derrière la cage par Jan Kovář. Dans un geste défensif salvateur, le centre suédois Anton Lander intercepte aussi le palet devant la palette de Vrána, à deux doigts de reprendre face à la cage la passe de Frolik.

Les pénalités suédoises évitables en zone offensive (Mattias Ekholm qui donne trois charges avec la crosse dans le dos de Gudas, Elias Pettersson qui fait trébucher Voráček) sont ensuite annulées par des pénalités tchèques, mais les situations de 4 contre 4 n’aident pas plus la Suède. Filip Hronek vole le palet dans la crosse d’Adrian Kempe et, d’une longue passe magistrale, envoie Vrána vers un doublé. Enfin, Kovář s’offre un but en cage vide pour conclure son très bon match, peut-être son meilleur en équipe nationale (5-2). On aimerait dire que le match se termine ainsi, mais les anicroches à chaque coup de sifflet se poursuivent jusqu’à la sirène.

De manière peut-être inattendue, les Tchèques ont gagné ce match parce qu’ils présentaient une meilleure homogénéité entre leurs lignes que la formation suédoise à 90% NHL. Certes, Elias Pettersson a éclairé le match avec de petits gestes de génie (en particulier une passe-abandon du talon), mais les automatismes restent encore à peaufiner. Surtout, la quatrième ligne offensive (Rasmussen-Krüger-M.Kempe) a été dominée sur ses présences et la troisième paire défensive Robert Hägg – Marcus Pettersson a été en grande difficulté dans le placement et avec le palet. Pour voir le bon côté des choses, cela facilitera l’intégration des deux jokers Klingberg et Wennberg, car il y aura moins de scrupules à ce que des joueurs perdent leur place.

A contrario, Říha a bien fait de n’aligner 11 attaquants car il aurait bien eu du mal à justifier d’en enlever un demain pour mettre Faksa ! Sa troisième ligne Vrána–Kovář–Kubalík a été décisive et le duo de la quatrième ligne incomplète Zohorna–Řepík a effectué de bonnes présences.

Désignés joueurs du match : Jakub Vrána pour la République tchèque et Elias Pettersson pour la Suède.

Commentaires d’après-match

Jan Kovář (attaquant de la République tchèque) : « Martin Procházka dit que je fais des passes dignes de Pavel Patera ? Oh, j’en suis très content, parce que Patýs est mon modèle. C’est un joueur que j’ai beaucoup admiré. J’essaie d’anticiper un peu ces situations, je savais que Dominik Kubalík irait au second poteau. C’est un buteur, il l’a encore montré. L’atmosphère nous a beaucoup aidés. La patinoire était pleine, c’était comme si on jouait à la maison. Et les chants initiaux. Les Suédois ont essayé d’évoquer quelque chose, ils ont été noyés sous les cris. Nous en étions en ébullition. Je ne me rappelle pas un tel premier match, sauf peut-être contre les Russes à Moscou… C’était aussi émotionnel. »

Oliver Ekman-Larsson (capitaine de la Suède) : « Ils ont essayé de jouer plus dur, ça a fonctionné. On n’a pas très bien joué. On a gardé beaucoup le palet sur les extérieurs au lieu de le mettre au filet. Ce n’est pas notre jeu. On a une bonne équipe et on sait qu’on peut mieux jouer. On rebondira lundi pour faire un meilleur match. » [on espère qu’Ekman-Larsson s’est juste trompé de jour et qu’il ne pense pas que jouer l’Italie dimanche ne compte pas comme un match de hockey…]

République tchèque – Suède 5-2 (1-0, 1-2, 3-0)
Vendredi 10 mai 2019 à 20h15 à la Ondrej Nepela Arena de Bratislava. 8723 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman (RUS) et Brett Iverson (CAN) assistés de Bill Hancock (USA) et Hannu Sormunen (FIN).
Pénalités : Tchéquie 14′ (0′, 4′, 10′) ; Suède 14′ (2′, 2′, 10′).
Tirs : Tchéquie 32 (12, 8, 12) ; Suède 32 (7, 11, 14).

Évolution du score :
1-0 à 01’55 : Vrána assisté de Kubalík
1-1 à 20’24 : Hörnqvist assisté de Nylander et E. Pettersson
1-2 à 23’01 : Lindblom assisté de Gustafsson et Bratt (sup. num.)
2-2 à 36’36 : Kubalík assisté de Kovář
3-2 à 40’33 : Frolík assisté de Simon et Voráček
4-2 à 55’50 : Vrána assisté de Hronek
5-2 à 59’04 : Kovář assisté de Voráček (cage vide)

République tchèque

Attaquants :
Michael Frolík (A) – Dominik Simon – Jakub Voráček (C, +1)
Ondřej Palát (2′) – Filip Chytil (2′) – Dmitrij Jaškin (2′)
Jakub Vrána (+2) – Jan Kovář (+3, 2′) – Dominik Kubalík (+2)
[poste tournant] – Tomáš Zohorna (+1) – Michal Řepík (+2)

Défenseurs :
Jan Kolář – Filip Hronek (+2, 2′)
Michal Moravčík (+1) – Jan Rutta (+1)
David Sklenička (+2, 2′) – Radko Gudas (A, +1, 2′)
David Musil (+1)

Gardien :
Patrik Bartošák

Remplaçant : Šimon Hrubec (G).

Suède

Attaquants :
William Nylander – Elias Pettersson (-1, 2′) – Patric Hörnqvist (A, -1, 2′)
Oskar Lindblom – Elias Lindholm (-1) – Adrian Kempe (-1)
Loui Eriksson (-3) – Anton Lander (-2) – Jesper Bratt (-1)
Dennis Rasmussen (-1, 2′) – Marcus Krüger (-1) – Mario Kempe (-1)

Défenseurs :
Oliver Ekman-Larsson (C, -1) – Adam Larsson (2′)
Mattias Ekholm (A, -1, 2′) – Erik Gustafsson (-1)
Robert Hägg (-2, 4′) – Marcus Pettersson (-2)

Gardien :
Henrik Lundqvist [sorti de 56’20 à 56’40 et de 56’48 à 59’04]

Remplaçant : Jhonas Enroth (G).

Les commentaires sont fermés.

Phasellus massa justo fringilla Aenean ut libero lectus dolor id, libero