Umiliazione

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Commencer le championnat du monde face au promu. Pour une grosse équipe, c’est normalement une entrée en matière idéale, mais la Suisse, elle, en fait des cauchemars. C’est la cinquième année que c’est le cas, puisque sa place invariante dans la hiérarchie mondiale lui donne un calendrier identique, et elle a raté les quatre précédents : défaites aux tirs au but contre l’Autriche (2015) et le Kazakhstan (2016), victoires aux tirs au but sur la Slovénie (2017) et encore face à l’Autriche (2018). À chaque fois, de précieux points ont été abandonnés en route.

C’est l’occasion pour la Nati de démontrer qu’elle a franchi un palier. À moins que ce ne soit la démonstration que l’Italie est plus faible que les précédents promus ? Dès la deuxième minute de jeu, Roman Josi envoie une longue passe pour Kevin Fiala pendant un changement de ligne des Transalpins. Le gardien Andreas Bernard est complètement déporté par la feinte à gauche de Fiala, qui finit en poussant du revers dans la cage vide.

Ce but précoce ouvre une première période à sens unique. Le 2-0 vient d’une action installée, et d’un lancer de Joël Genazzi dévié par la jambe de Grégory Hofmann. Pour le 3-0, Lino Martschini entre en zone face à deux défenseurs, utilise Luca Zanatta comme écran et marque à ras glace. Trivellato prend une pénalité à la dernière minute, Zanatta et Lambacher ne sortent pas le palet de la zone alors qu’ils sont deux, Fiala vient leur prendre la rondelle et sert d’une passe-abandon le lancer gagnant de Vincent Praplan (4-0).

La Suisse frappe encore très vite en deuxième période. Simon Moser claque le rebond sur un tir détourné d’Ambühl. Puis la défense italienne (Helfer/McMonagle) laisse deux Suisses tout seuls au rebond, permettant à Fiala d’inscrire le 6-0. On joue depuis moins de 24 minutes… En plus, les Italiens perdent leur meilleur joueur, Giovanni Morini (Lugano), blessé au genou…

L’orage passe un peu, mais reprend au début du troisième tiers-temps. Marco Rosa fait trébucher Martschini et le jeu de puissance est converti par Kevin Fiala sur un rebond (7-0). Même quand Joachim Ramoser obtient la première pénalité suisse en plongeant sur un croc-en-jambes de Kurashev, la meilleure action est un 2 contre 1 en infériorité de Moser pour Rod : poteau. Frustré de but, le joueur genevois va s’inscrire aussi sur la feuille de match par une assist. Trois Italiens n’arrivent pas à gagner le palet dans le coin face à deux Suisses : c’est Noah Rod qui sort avec le palet, traverse derrière la cage et sert en retrait Romain Loeffel qui marque côté plaque (8-0). Les Italiens ont encore des intentions offensives, mais Vincent Praplan subtilise le palet à Marco Insam en zone suisse et lance en contre-attaque Nico Hischier qui exécute un tir parfait en lucarne (9-0).

HELFER Armin 100510 132La Suisse est plus gentille dans les dix dernières minutes. L’Italie n’atteint pas de score à deux chiffres, que la Corée avait subi deux fois l’an passé contre les équipes nord-américaines. Voilà bien sa seule consolation dans ce match. Elle n’est pas au niveau, on le craignait. Mais on ne se doutait peut-être pas à quel point. 61 tirs cadrés : jamais la Nati ne s’était autant lâchée ! Andreas Bernard devra s’en remettre, alors qu’il n’a pas même pas été remplacé pour le soulager.

Désignés joueurs du match : Kevin Fiala pour la Suisse et Joachim Ramoser pour l’Italie.

Commentaires d’après-match

Joël Genazzi (défenseur de la Suisse) : « Lorsque nous avons mené 4-0, nous nous sommes souvenus de Paris où nous avions encaissé l’égalisation. Nous voulions cette fois tenir soixante minutes. Nous y sommes parfaitement parvenus. »

Patrick Fischer (entraîneur de la Suisse) : « Nous avons pris un départ optimal en ouvrant le score rapidement et nous avons ensuite pu surfer sur cette vague. Contrairement à Paris, nous n’avons rien lâché ensuite. Berra a obtenu un blanchissage y compris grâce à ses coéquipiers qui ont continué à bloquer des tirs malgré le score large, cela montre le caractère de cette équipe. Nous avons dominé deux fois les Lettons [NB : le prochain adversaire demain] la semaine dernière, je crois que nous sommes sur la bonne voie. Bien sûr il y a encore quelques erreurs défensives, je suis content qu’autant d’attaquants aient marqué, c’est bon pour leur confiance. »

Armin Helfer (défenseur de l’Italie) : « Le résultat est sans appel, les statistiques des tirs aussi. Cette Suisse est à un autre niveau, on le savait avant, maintenant on n’a pu le toucher. Nous avons joué contre une équipe qui veut gagner le Mondial, ce ne sera pas facile non plus contre la Suède. Nous devons être prêts et préparés pour les rencontres que nous pouvons gagner et pour le maintien. Cela fait mal de perdre ainsi, mais nous ne devons pas lâcher. »

Suisse – Italie 9-0 (4-0, 2-0, 3-0)
Samedi 11 mai 2019 à 12h15 à la Ondrej Nepela Arena de Bratislava. 8463 spectateurs.
Arbitrage de Martin Frano (TCH) et Linus Öhlund (SUE) assistés de Hannu Sormunen (FIN) et Nathan Vanoosten (CAN).
Pénalités : Suisse 2′ (0′, 0′, 2′) ; Italie 8′ (2′, 4′, 2′).
Tirs : Suisse 61 (21, 24, 16) ; Italie 19 (5, 8, 6).

Évolution du score :
1-0 à 01’17 : Fiala assisté de Josi
2-0 à 07’24 : Hofmann assisté de Genazzi et Kurashev
3-0 à 10’06 : Martschini assisté de Frick
4-0 à 19’54 : Praplan assisté d’Ambühl et Fiala (sup. num.)
5-0 à 21’36 : S. Moser assisté d’Ambühl et J. Moser
6-0 à 23’32 : Fiala assisté de Hischier
7-0 à 41’14 : Fiala assisté de Hischier et Praplan (sup. num.)
8-0 à 46’55 : Loeffel assisté de Rod
9-0 à 49’43 : Hischier assisté de Praplan

Suisse

Attaquants :

Kevin Fiala (+3) – Nico Hischier (+3) – Vincent Praplan (+2)
Simon Moser (A, +1) – Gaëtan Haas (+1) – Andres Ambühl (+1)
Grégory Hofmann (+2) – Philipp Kurashev (+2, 2′) – Lino Martschini (+2)
Tristan Scherwey (+1) – Christoph Bertschy (+1) – Noah Rod (+1)

Défenseurs :
Roman Josi (A, +3) – Yannick Weber (+3)
Janis Moser (+1) – Raphael Diaz (C, +2)
Joël Genazzi (+1) – Romain Loeffel (+2)
Lukas Frick (+2) – Michael Fora (+1)

Gardien :
Reto Berra

Remplaçant : Leonardo Genoni (G). En réserve : Robert Mayer (G).

Italie

Attaquants :
Marco Insam (A, -4) – Diego Kostner (-4) – Angelo Miceli (-4)
Giovanni Morini (-1) – Marco Rosa (-1, 2′) – Anthony Bardaro (-1)
Joachim Ramoser (-1) – Raphael Andergassen (-2) – Markus Gander (-2)
Ivan De Luca – Alex Lambacher – Peter Hochkofler

Défenseurs :
Luca Zanatta (-2) – Sean McMonagle (-2)
Alex Trivellato (C, -3, 2′) – Stefano Marchetti (-1)
Jan Pavlu (-1) – Armin Hofer (-3)
Armin Helfer (A, -3, 2′) – Ivan Tauferer (2′)

Gardien :
Andreas Bernard

Remplaçant : Marco De Filippo Roia (G). En réserve : Gianluca Vallini (G).

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