Naissance le matin, baptême le soir

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Après avoir débuté en championnat du monde par une grande performance hier soir, Patrik Bartošák a ensuite appris un peu après minuit que sa compagne commençait à ressentir des contractions. La nouvelle ne l’a pas surpris, car la date théorique de fin de grossesse avait été prévue hier. Il a été conduit dans la nuit à Ostrava (300 km) où il assisté à la naissance de son fils Damian, à 9h32 ce matin.

Après un enchaînement improbable, Šimon Hrubec, le gardien champion tchèque avec Trinec, connaît son « baptême » en championnat du monde, alors qu’il y a deux jours à peine, il était quatrième gardien et aurait dû faire ses valises ! Ayant eu la certitude que Francouz pouvait enfin revenir des États-Unis, le staff tchèque prévoyait de partager le temps de jeu entre lui et Bartošák. Pressentant qu’il risquerait de ne pas jouer de la compétition, Jakub Kovář avait alors préféré laisser la place de troisième gardien à Hrubec, même si le sélectionneur Miloš Říha avait bien précisé que rien n’était immuable et que le numéro 3 pouvait bien se retrouver à jouer en fonction des circonstances. La preuve : Francouz n’arrivera que demain, et Bartošák, même s’il est revenu, prend juste place sur le banc après tant d’émotions. Le numéro 4 Hrubec est donc devenu le numéro 1 d’un soir !

La situation est plus compliquée en ce qui concerne Radek Faksa à la suite de l’examen médical de sortie des Stars de Dallas. Il arrivera demain, mais devra suivre une période de traitement et de convalescence. Il est prévu qu’il ne rejoue pas avant jeudi. Říha a donc activé le douzième attaquant Hynek Zohorna, qui rejoint son frère Tomáš sur le quatrième trio. Les changement dans l’alignement reflètent fidèlement les performances individuelles d’hier : Jakub Vrána a été promu d’une ligne, comme Řepík, alors que Jaškin est descendu de deux lignes.

Comme hier contre la Suède, la République tchèque ouvre le score très vite face à la Norvège. Un lancer de Filip Hronek touche la jambe de Jonas Holøs et passe entre les jambières de Haukeland. Les rouges tentent de réagir en s’installant en zone offensive. Mais une passe mal ajustée de Michael Haga est interceptée, et le centre norvégien, dont le patinage arrière ne semble pas le point fort, est dépassé par la vitesse de Dominik Kubalík et perd l’équilibre… avant de réussir à contrer le palet dans un geste désespéré en se retournant. L’action continue et le défenseur Hronek marque de nouveau : dans un pur geste de « blueliner », il écarte ses mains au maximum pour augmenter l’effet de levier et lever ainsi le palet en lucarne (0-2).

Le premier avantage numérique pourrait déjà tuer le match. Mais au moment où il s’achève, Ondřej Palát voit son tir contré par Mattias Nørstebø et se jette dans ses jambes pour empêcher la contre-attaque. C’est donc au tour de la Norvège de jouer à 5 contre 4. Une parfaite circulation de palet amène alors un lancer de Tobias Lindström dans cercle gauche (1-2).

Image douloureuse quand le genou de Mats Rosseli Olsen se tord sur une charge à la hanche de Radko Gudas : le Norvégien est porté pour quitter la glace et son tournoi paraît déjà terminé. Gudas, dont le geste ne paraissait pas malintentionné malgré sa réputation de rudesse, prend deux minutes de pénalité. Deuxième chance pour le powerplay norvégien qui fait bonne impression. Mathis Olimb crée deux occasions de but : il feinte d’abord le tir pour chercher la déviation d’Andreas Martinsen, avant de tirer lui-même Hrubec réussit à chaque fois l’arrêt, d’abord du bouclier puis du gant. Mais ce sont finalement les Tchèques qui marquent en infériorité numérique sur un lancer masqué de Michael Frolík (1-3).

La Norvège se tire une balle dans le pied par un surnombre en début de deuxième période. Organisateur du powerplay tchèque dans le cercle droit, Jakub Voráček tire d’abord sur le poteau. La seconde fois, il cherche donc plutôt la déviation de Frolik dans le slot (1-4). Dans une ambiance de folie, au milieu de miliers de supporters qui sautent en rythme, les Tchèques continuent de dominer le jeu. Sur une rare occasion norvégienne, Andreas Martinsen trouve tout de même l’extérieur du poteau en cherchant la lucarne. Mais c’est un lancer du haut d’enclave de Michal Řepík qui fait mouche, sur passe en retrait de Kubalík, et avec l’aide involontaire d’Espeland qui a dévié le palet avec sa jambe (1-5).

En l’absence de son frère blessé, Mathis Olimb donne l’impression de jouer pour deux ! L’offensive de la Norvège, c’est lui. Dans la première minute du troisième tiers-temps, il fait un festival face à la première ligne tchèque : il prend d’abord le palet à Frolik dans sa zone défensive, lance la contre-attaque, récupère la possession une seconde fois derrière la cage adverse dans un duel avec Voráček, retourne à la ligne bleue et prend un lancer, dévié dans les filets par la jambe de Sondre Olden (2-5). Malheureusement, le hockey se joue à quatre lignes et Mathis Olimb ne peut gagner un match à lui seul.

En parlant de lignes, le deuxième trio tchèque semblait jusqu’ici en retrait des autres, que ce soit avec Jaškin hier ou avec Vrána ce soir. Mais il marque à son tour quand Jakub Vrána montre encore son talent. Le palet est comme collé à sa rondelle quand il évite le poke-check d’Espeland dans le coin et se dirige derrière la cage pour servir Jan Rutta, dont le tir est dévié devant le gardien par Filip Chytil (2-6). Dominik Kubalík marque déjà son cinquième point du tournoi : il intercepte une sortie de zone de Reichenberg et, après un échange avec le passeur Jan Kovář, tire sous les bottes de Henrik Holm, qui a remplacé Haukeland pour cette dernière période (2-7).

Avec 12 buts marqués en deux jours, tous les attaquants tchèques (sauf peut-être Jaškin) emmagasinent de la confiance. Sans même parler de Filip Hronek, peut-être le défenseur offensif que la République tchèque attendait depuis longtemps (la retraite de Židlický notamment). Tous les supporters des lions ont hâte désormais de vivre le choc contre la Russie lundi, avec la première place du groupe déjà en jeu. La Norvège, quant à elle, n’a pas fini de manger son pain noir puisque son prochain adversaire n’est autre que la Suède.

Désignés joueurs du match : Jonas Holøs pour la Norvège et Michael Frolík pour la République Tchèque.

 

Norvège – République tchèque 2-7 (1-3, 0-2, 1-2)
Samedi 11 mai 2019 à 20h15 à la Ondrej Nepela Arena de Bratislava. 9033 spectateurs.
Arbitrage de Mikko Kaukokari (FIN) et Gordon Schukies (ALL) assistés de Joep Leermakers (HOL) et Dmitri Shishlo (BLR).
Pénalités : Norvège 8′ (4′, 2′, 2′) ; Tchéquie 14′ (6′, 2′, 6′).
Tirs : Norvège 24 (9, 6, 9) ; Tchéquie 42 (12, 17, 13).

Évolution du score :
0-1 à 02’33 : Hronek assisté de Voráček et Frolík
0-2 à 06’34 : Hronek assisté de Kubalík et Řepík
1-2 à 10’14 : Lindström assisté de Holøs et Martinsen (sup. num.)
1-3 à 15’32 : Frolík (inf. num.)
1-4 à 23’17 : Frolík assisté de Voráček (sup. num.)
1-5 à 33’36 : Řepík assisté de Kubalík et Hronek
2-5 à 40’52 : Olden assisté de M. Olimb
2-6 à 41’30 : Chytil assisté de Rutta et Vrana
2-7 à 44’52 : Kubalík assisté de Kovář

Norvège (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Sondre Olden (-1) – Mathis Olimb (A) – Patrick Thoresen (A)
Mats Rosseli Olsen puis à 13’33 Alexander Reichenberg (-3) – Michael Haga (-3) – Thomas Valkvæ Olsen (-1)
Mathias Trettenes (-1) – Tobias Lindström (-1) – Andreas Martinsen (-1, 2′)
Martin Røymark (-1) – Kristian Forsberg (-1) – Tommy Kristiansen (-2, 2′)

Défenseurs :
Erland Lesund (2′) – Jonas Holøs (C, -2)
Alexander Bonsaksen (A, -1) – Stefan Espeland (-3)
Mattias Nørstebø (-3) – Johannes Johannesen
Christian Bull (-1)

Gardien :
Henrik Haukeland puis à 40’00 Henrik Holm

En réserve : Jonas Arntzen (G), Christian Kåsastul (D), Niklas Roest (A).

République tchèque

Attaquants :
Michael Frolík (A, +1) – Dominik Simon (+1) – Jakub Voráček (C)
Ondřej Palát (+1, 2′) – Filip Chytil (+1) – Jakub Vrána (+1)
Dominik Kubalík (+3) – Jan Kovář (+3, 2′) – Michal Řepík (+3)
Dmitrij Jaškin – Tomáš Zohorna (2′) – Hynek Zohorna

Défenseurs :
Jan Kolář (+3) – Filip Hronek (+4)
Michal Moravčík (+1, 4′) – Jan Rutta (+1)
David Sklenička (+1) – Radko Gudas (A, 4′)
David Musil (2′)

Gardien :
Šimon Hrubec

Remplaçant : Patrik Bartošák (G).

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