Varèse, le hockey italien fait appel à un Français

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L’Italie est au programme de cette interview avec Claude Devèze qui est allé répondre à une offre du club de Varèse. Afin de savoir comment se passe l’activité du hockey là-bas, nous avons décidé de prendre contact avec lui.

Varèse est aussi une place importante du hockey italien, qui par le passé, à remporté deux titres de champion national élite en 1987 et 1989, atteint la poule finale en 1991 (4e) et enfin joué la finale de 1995 face à Bolzano. Les années 2000 ont été plus compliquées en repartant en bas de l’échelon du hockey italien.

Le club a aussi bénéficié de la présence de joueurs majeurs qui ont construit l’histoire du hockey italien comme le gardien Jim Corsi et ses 200 sélections avec la squadra azzurra. Il a ensuite été coach des gardiens en NHL pendant 18 saisons dont 15 à Buffalo et intervient aujourd’hui dans le développement des gardiens à Columbus. L’autre « oriundo » italo-canadien Maurizio Mansi a honoré sa présence pendant cinq saisons et joué plus de 200 matchs avec l’équipe nationale.

Varèse a vu passer aussi le Canadien Mark Napier (850 matchs de NHL et 573 points) qui fut l’un des premiers joueurs de NHL à basculer en WHA. Enfin on peut aussi souligner la présence de Jan Alston en 1993, dans ses débuts européens, avant de faire la gloire de Mannheim Adler et des ZSC Lions.

Depuis 2014, le club à l’effigie des Bulldogs est en Italian Hockey League (ex-Série B) et a conclu la saison précédente en seconde place de la saison régulière et de la poule finale. L’équipe n’a malheureusement pas pu continuer la route des play-offs au-delà des quarts de finale. Ce n’est pas une élimination qui a stoppé le groupe mais la crise COVID. La compétition s’est conclue au niveau des demi-finales. Varèse était présent dans le dernier carré pour la course au titre.

Hockey Archives : Bonjour, comment vas-tu personnellement dans ta nouvelle activité italienne ?

Claude Devèze : Ça va bien, mais on est, comme tout le monde, dans l’incertitude. En tout cas je suis arrivé ici et c’est un lieu vraiment intéressant au point de vue du hockey. Il ne fallait pas avoir peur de sortir de sa « zone de confort » pour tenter une nouvelle expérience. Je suis vraiment heureux ici ! Mon arrivée s’est passée assez vite car les prises de contact et les décisions se sont bouclées en quatre jours. Les dirigeants ont été très pro’ sur la présentation de la situation au sein du club et des projets définis pour l’avenir. Ils avaient clairement fait le choix de me faire venir.

H.A : Peux-tu nous donner une image de ce club ?

C.D : Déjà, il y a une bonne ambiance et une certaine culture du hockey autour du club. Cela me rappelle un peu Briançon dans les aspirations des dirigeants et du public à aller vers de belles confrontations sportives. Ici, ils cherchent à avoir des beaux matchs et retrouver Asiago ou Gherdeina par exemple, retrouver des derbys intéressants.

H.A : À Varèse, comment se présente l’activité sportive ?

C.D : C’est une situation transitoire pour développer le club dans l’avenir. Tout d’abord la patinoire est en travaux et on doit aller s’entraîner à Milan qui est environ à 40 minutes de route. Le groupe n’a pas pu faire de match de préparation avant le championnat et moins d’entraînements que dans une situation normale. On est à deux séances par semaine, donc ça a forcément un impact sur le rendement sportif. J’ai dû faire la connaissance des joueurs avec sept entraînements en trois semaines. Mais pour le moment, on attendait de voir si le championnat serait suspendu (annonce faite le 10 novembre de suspendre jusqu’au 5 décembre).

H.A : On peut remarquer que le club ne joue qu’avec deux étrangers.

C.D : Oui, il faut savoir que dans cette ligue, les clubs ne peuvent évoluer qu’avec deux étrangers. D’ailleurs j’ai été agréablement surpris du niveau des joueurs italiens. On peut comparer ça à un niveau de D1 française mais avec deux étrangers seulement. C’est leur politique, ici.

H.A : C’est un avantage pour sortir du hockey mineur.

C.D : Cette année, pour le mineur c’est un peu compliqué. Sans patinoire c’est difficile et les jeunes vont s’entrainer à Côme, Milan, Turin. Avoir cette organisation dans ces conditions-là, je leur tire mon chapeau.

H.A : Comment les dirigeants préparent-ils cette saison et surtout l’avenir ?

C.D : C’est la livraison de la nouvelle patinoire qui va aider le club à avancer, car le projet est d’intégrer l’Alps Hockey Liga, où plutôt c’est la Ligue qui veut intégrer le club de Varèse dans ce championnat, dès la saison prochaine. Merano est aussi dans ce projet. Le club aura la nouvelle patinoire mais ils ont déjà la structure et l’organisation pour répondre positivement à cette demande. Oui, ils sont très pro dans leur façon de fonctionner. En plus l’environnement régional va bénéficier de l’aura des Jeux olympiques de Milan/Cortina en 2026.

H.A : L’environnement est donc propice au hockey avec de bonnes attentes ?

C.D : Oui, en plus j’ai été encore surpris dans le bon sens lors de ma première conférence de presse. On a eu au moins 25 journalistes présents (Rires !) Et ça a duré plus d’une heure. C’était amusant, mais c‘est là que tu vois qu’il y a un engouement pour le hockey à Varèse. Ils ont une histoire autour de cette patinoire. Des grands noms y sont passés du temps de l’Alpenliga.  Ils veulent retrouver leurs grandes années avec l’Alps Hockey League.

H.A : Un dernier mot sur ton activité sur place

C.D : Je suis content d’être là. C’est très motivant de travailler avec des dirigeants très professionnels et très réalistes de la situation. On a un échange permanent et ils démontrent à chaque fois leur intérêt pour faire avancer l’organisation en commun.

Durant cette saison particulière, Hockey Archives te souhaite une bonne saison tout de même et garde un œil sur ce club et ces projets à venir.

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