Il y a 30 ans, un hockeyeur mourait à l’hôpital de Chamonix

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C’était il y a 30 ans, jour pour jour, à Courmayeur. Lors d’un match banal de série B italienne entre CourmAosta et Gardena, l’international junior italien Miran Schrott s’effondrait d’un coup de crosse revanchard donné par le capitaine local Jim Boni. Le trafic transfrontalier par le tunnel du Mont-Blanc fut alors bloqué pour permettre son évacuation vers l’hôpital de Chamonix, mais son cœur s’arrêta et il ne put être ranimé.

Après cet accident mortel, c’est le procès du hockey sur glace qui fut instruit dans la presse italienne, en criminalisant l’auteur du coup voire son entraîneur (français). Le décès a été causé par un geste réflexe, mais c’est un autre type de réflexe qui anima alors tout le monde du hockey italien : un réflexe corporatiste. En banalisant ce type de coup de crosse (que chacun pourra juger dans le reportage de la RAI à la fin de cet article), on tomba dans le déni. Beaucoup se refusèrent à affronter la vérité, déclarant que la victime avait forcément une pathologie, qu’on ne pouvait pas mourir d’un tel coup. Les médecins affrontaient pourtant le contraire, s’il frappait au mauvais endroit, au mauvais moment…

Si nous rappelons l’histoire de Miran Schrott aujourd’hui, c’est parce que le milieu du hockey a passé beaucoup de temps à se solidariser avec l’auteur du coup fatal, notamment quand il risquait la prison, et trop peu de temps à se souvenir de la victime et de sa famille. En ce trentième anniversaire, nous voulons penser avant tout à Miran Schrott, hockeyeur de 19 ans décédé trop tôt. R.I.P.

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