L’Allemagne a parfaitement commencé son tournoi avec 3 victoires. Mais le Kazakhstan a déjà fait redescendre sur terre la Lettonie puis la Finlande au lendemain de leurs solides victoires sur le Canada et les États-Unis. Les Allemands ont toutefois eu un jour de repos pour se remettre de leur débauche d’énergie face aux Canadiens.
Mais les dernières déclarations de Darren Dietz sur le site de la KHL témoignent que le Kazakhstan ne se fixe plus de limite : « Dans ce tournoi nous avons déjà vu des résultats fantastiques, c’est inspirant de voir le hockey se développer dans des pays différents. Pourquoi le Kazakhstan ne pourrait-il pas gagner le championnat du monde ? »
La première période est une succession de bruits métalliques. Stepanenko est le premier à faire résonner la transversale. Après cinq minutes, un lancer de Jonas Müller frappe la barre. Fabio Wagner lance aussi sur la transversale, et Rieder tire sur le poteau. 3-1 pour l’Allemagne, sauf que le but du hockey est de placer le palet à l’intérieur de la cage et non sur les bords… Korbinian Holzer prend la première pénalité allemande, mais ses coéquipiers continuent de bloquer les tirs comme ils l’avaient fait contre le Canada. Néanmoins, l’Allemagne a perdu gros sur ce premier tiers-temps : sa ligne berlinoise est brisée car le jeune talent Lukas Reichel a été sonné par une charge à l’épaule d’Ivan Stepanenko qui l’a atteint en plein élan au niveau de la tête.
En deuxième période, une longue passe de Shalapov pendant un changement de joueur allemand envoie ses coéquipiers à 4 contre 3 et le slap d’Aleksandr Shin bat Niederberger côté mitaine (1-0). Le Kazakhstan, qui n’a gagné qu’aux pénaltys jusqu’ici, mène au score pour la première fois du tournoi ! L’Allemagne égalise toutefois en trois minutes grâce à un très beau travail de Tobias Rieder : il entre en zone en dribblant dans l’axe et décale d’une géniale passe du revers l’ailier gauche Tom Kühnhackl pour un slap dans la lucarne opposée (1-1).
Un lancer balayé de l’aile droite de Mathias Plachta piège Boyarkin côté mitaine, serait-ce la première faiblesse du gardien révélation de ce début de Mondial ? Son entraîneur Yuri Mikhalis la rattrape : il utilise son challenge et le but est refusé pour un hors-jeu. Une fois Akolzin en prison pour obstruction, l’Allemagne prend l’avantage pour de bon avec une belle entrée de zone en contrôle de Seider suivie d’une passe en retrait de Stefan Loibl pour la reprise de Markus Eisenschmid côté plaque (1-2). Vraiment ? C’est sûr ? Sur sa lancée, le coach du Kazakhstan demande de nouveau un challenge ! Mais cette fois il n’y a pas hors-jeu et il en est quitte pour deux minutes de pénalité supplémentaires pour son équipe, sans conséquence.
L’Allemagne semble avoir fait le plus dur, mais après trente secondes en troisième période, Nico Krämmer se fait enlever le palet en remontant contre la bande en zone neutre. Darren Dietz sert alors dans l’axe Pavel Akolzin, que Moritz Müller fait trébucher : les arbitres sifflent un tir de pénalité ! Le capitaine Roman Starchenko est chargé de le transformer. Il s’avance lentement et tire simplement entre les jambes d’Andreas Niederberger, que ce but enrage (2-2). Shevchenko est pénalisé pour retenir peu après, mais Frederik Tiffels n’arrive pas à convertir un rebond à bout portant.
Avec ce score de parité, les Allemands perdent peu à peu patience. À cinq minutes de la fin, une mauvaise passe de Korbinian Holzer dans sa zone est interceptée par Egor Shalapov qui tire à la cage. Niederberger bloque ce lancer avec les jambières, tout comme le rebond de Petukhov. Un double arrêt précieux… mais finalement pas décisif. 50 secondes plus tard, Aleksei Maklyukov relance vers Pavel Akolzin à la ligne bleue au moment où le défenseur allemand Marcel Brandt trébuche et tombe sur la glace. Face au petit gabarit Niederberger, Akolzin lève le palet dans le haut du filet et donne la victoire au Kazakhstan (3-2). Toni Söderholm prend bien son temps mort pour sortir son gardien, mais son vis-à-vis en fait autant pour reposer ses joueurs après un dégagement interdit, et ils tiennent.
Le Kazakhstan a maintenant un bilan positif aux championnats du monde contre l’Allemagne (2 victoires dans le temps réglementaire, 2 défaites dont 1 aux tirs au but), un adversaire qui lui réussit bien. Avec déjà 7 points engrangés, les quarts de finale semblent désormais à sa portée. Alors, qu’est-ce qui l’empêcherait de rêver ?
Désignés joueurs du match : Aleksandr Shin pour le Kazakhstan et Moritz Seider pour l’Allemagne.
Commentaires d’après-match
Viktor Svedberg (défenseur du Kazakhstan) : « Nous avons joué notre match, le même système qu’on joue toujours, il nous a bien réussi jusqu’ici. Nous essayons de jouer à notre façon, l’adversaire importe peu. Aujourd’hui, nous avons vraiment capitalisé sur nos occasions, ce qui est important. C’est la clé du succès. On essaie de jouer solide et de ne pas leur laisser des chances dans le slot, en les laissant prendre des tirs extérieurs. Nous savons que nous pouvons être compétitifs, c’est notre état d’esprit à chaque match. »
Toni Söderholm (entraîneur de l’Allemagne) : « Nous nous attendions à un match avec beaucoup de duels compte tenu des précédents matches du Kazakhstan. Nous n’avons malheureusement pas montré notre meilleure performance, nous étions un peu lents, y compris dans la tête. Nous avons certes eu des occasions, mais nous n’en avons pas fait assez sur la glace pour mériter la victoire. Nous n’avons pas assez pressé pour mettre un tempo aussi élevé que nous l’aurions voulu. Nous avons maintenant deux jours de repos pour rassembler nos forces et nous concentrer sur nos forces. […] C’est déjà la troisième charge à la tête au quatrième match. Cela ne nous aide pas qu’un joueur soit suspendu après coup. Je ne sais pas encore à quel point Lukas Reichel est blessé, mais je ne prendrai pas de risque. »
Kazakhstan – Allemagne 3-2 (0-0, 1-2, 2-0)
Mercredi 26 mai 2021 à 16h15 à l’Arena Riga. Huis clos.
Arbitres : Andris Ansons (LET) et Lassi Heikkinen (FIN) assistés de Hannu Sormunen (FIN) et Davis Zunde (LET).
Pénalités : Kazakhstan 8′ (2′, 4′, 2′) ; Allemagne 2′ (2′, 0′, 0′).
Tirs : Kazakhstan 15 (4, 4, 7) ; Allemagne 30 (9, 10, 11).
Évolution du score :
1-0 à 26’39 : Shin assisté de Stepanenko et Shalapov
1-1 à 29’38 : Kühnhackl assisté de Rieder et Holzer
1-2 à 34’07 : Eisenschmid assisté de Loibl et Seider (sup. num.)
2-2 à 40’31 : Starchenko (tir de pénalité)
3-2 à 55’42 : Akolzin assisté de Maklyukov
Kazakhstan (2′ de retard de jeu)
Attaquants :
Pavel Akolzin (A, +1, 2′) – Anton Sagadeev (+1, 2′) – Dmitri Shevchenko (+1, 2′)
Nikita Mikhailis – Curtis Valk (+1) – Roman Starchenko (C)
Aleksandr Shin – Arkady Shestakov (-1) – Evgeni Rymarev
Kirill Panyukov – Artyom Likhotnikov – Egor Petukhov
Kirill Savitski
Défenseurs :
Aleksei Maklyukov (+1) – Darren Dietz (A, +1)
Viktor Svedberg – Jesse Blacker
Egor Shalapov – Ivan Stepanenko
Valeri Orekhov
Gardien :
Nikita Boyarkin
Remplaçant : Andrei Shutov (G). En réserve : David Eremeev (G), Samat Daniyar, Kirill Polokhov (D), Alikhan Asetov, Dmitry Gurkov, Sayan Daniyar (A).
Allemagne
Attaquants :
Tom Kühnhackl (+1) – Nicolas Krämmer (-1) – Tobias Rieder (+1)
Lukas Reichel – Marcel Noebels (A, -2) – Leo Pföderl (-1)
Markus Eisenschmid – Stefan Loibl (+1) – Matthias Plachta
Lean Bergmann – Maximilian Kastner (-1) – Frederik Tiffels (-1)
Défenseurs :
Moritz Müller (C) – Moritz Seider (-2)
Marcel Brandt (-2) – Korbinian Holzer (A, +1)
Fabio Wagner (+1) – Marco Nowak
Jonas Müller – Leon Gawanke
Gardien :
Mathias Niederberger [sorti à 58’04]
Remplaçants : Felix Brückmann (G). En réserve : Niklas Treutle (G), Dominik Bittner (D), John Peterka, Daniel Fischbuch, Andreas Eder (A).