Des Américains très sereins

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A contrario du Canada qui tente d’échapper au tournoi cauchemar, les États-Unis connaissent pour le moment un Mondial très satisfaisant. Avec une courte défaite contre la Finlande (1-2) et deux larges victoires contre les Canadiens (5-1) et le Kazakhstan (3-0), le coach Jack Capuano a pour le moment réussi à mobiliser ses jeunes troupes, qui ne se connaissaient pas forcément avant.

Un vrai test s’offre cependant ce jeudi : la Lettonie, qui a de grandes ambitions à domicile mais qui pour le moment a offert un double visage. Capables du meilleur en surprenant le Canada, les Baltes de Bob Hartley ont cédé face au Kazakhstan, et ils ont eu toutes les peines du monde à venir à bout de l’Italie. Alors, comment va se présenter la Lettonie ?

En tout cas, Capuano confiait en conférence de presse très bien connaître Bob Hartley, son style de jeu, ils se sont d’ailleurs croisés à maintes reprises en NHL. Devant le but américain, on retrouve Cal Petersen. Le gardien des Kings de Los Angeles avait obtenu un blanchissage dès sa première titularisation sous le maillot américain, face au Kazakhstan. Matīss Kivlenieks, qui avait blanchi le Canada avec 38 arrêts, obtient une troisième titularisation devant la cage lettone dans ce championnat du monde. Pour une autre victoire surprise face à l’autre participant nord-américain ?

DARZINS Lauris-20100508-221C’est mal parti pour les Lettons, car les Américains impriment un rythme élevé dès le début. Kivlenieks doit réaliser ses premiers arrêts dès la première minute, dont une lourde frappe de la ligne bleue de Trevor Moore. La séquence se poursuit, et c’est bien de la ligne bleue que la solution est trouvée, après seulement 66 secondes de jeu, par Matt Tennyson, une puissante reprise de volée du défenseur des New Jersey Devils, sa deuxième réalisation du tournoi. Toutefois, les Américains offrent rapidement à leurs adversaires une chance d’égaliser, Moore et Robinson rejoignant l’un après l’autre le banc des pénalités. À 5 contre 3, en relais avec Lauris Dārziņš, Miks Indrašis temporise dans l’axe et réussit à trouver, malgré l’opposition de Brian Boyle face à lui, la lucarne : 1-1 après cinq minutes de jeu.

Les Lettons ont saisi cette chance, et se montrent dangereux trois minutes plus tard. Cal Petersen repousse difficilement un puck brûlant devant la mêlée où rôdait Dārziņš. Mais ce sont bien les États-Unis qui reprendront l’avantage. À la 15e minute, le guerrier Brian Boyle surgit en zone offensive et reprend de volée. C’est le premier but en équipe nationale pour le vétéran de 36 ans, toujours sous médicament pour une leucémie qu’il a vaincue, et sans contrat depuis 2020. Un beau moment de hockey que les Lettons gâcheront trois minutes plus tard. Revenu de sa blessure, Oskars Batņa s’immisce dans le camp américain, tape à la porte de Petersen qui fait l’arrêt mais ne peut rien sur le rebond de Renārs Krastenbergs, qui égalise à 2-2.

Finalement coriaces en première période, les hommes de Bob Hartley subissent davantage dans la deuxième face à des Américains bien décidés à jouer les patrons. Un tour de la cage de Blackwell forçant un arrêt du bout de la jambière de Kivlenieks est le premier avertissement. Une bonne possession lettone puis une faute de Donato mettent en lumière le bon jeu défensif des Américains. Assez sûrs, ils ne paniquent pas.

trevor mooreEn supériorité numérique, ces Américains se montrent très énergiques, en particulier avec Garland, Wolanin et surtout Blackwell, dont le tir entre les jambes dans l’enclave flirte avec le poteau. La pénalité lettone est tuée mais à 5 contre 5, les États-Unis continuent de faire le forcing en zone offensive, et la pression porte ses fruits. Jason Robertson se dirige derrière le but, passe à Conor Garland qui sert plein champ Trevor Moore, l’attaquant des Los Angeles Kings ne se pose pas de question et frappe instantanément sous la barre : 3-2. Quatrième but de Moore qui forme une première ligne enflammée avec Robertson et Garland : le trio a déjà inscrit 15 points en 4 matchs ! Un but finalement prévisible… puisque la sirène de but s’était mise en route par inadvertance vingt secondes plus tôt !

Et c’est un nouveau temps fort, seulement deux minutes après le but de Moore, qui permet aux États-Unis de creuser l’écart. Matty Beniers, à 18 ans le plus jeune joueur de l’équipe, réalise un travail bluffant derrière le but, met dans le vent Rihards Bukarts pour repiquer vers le but, l’attaquant de l’Université du Michigan force le passage et permet aux États-Unis de creuser l’écart, 4-2. Un coup de massue pour la Lettonie, qui n’est plus menaçante, pas plus lors d’une supériorité numérique en fin de période après une faute de… Beniers. La menace sur cette séquence sera surtout un tour de la cage de Blackwell, obligeant un arrêt de Kivlenieks alors que ses coéquipiers sont en supériorité.

Dans le troisième tiers-temps, la Lettonie ne parviendra pas à renverser son adversaire. Les tentatives de Ķēniņš et de Freibergs manquent de conviction, et une supériorité lettone est parfaitement gérée par l’escouade de Jack Capuano. À l’abri avec deux buts d’avance, conscients de leur force, leur rempart Cal Petersen toujours vigilant, les Américains évitent le piège letton. Robertson, une fois de plus servi par l’excellente vision du jeu de Garland, et Wideman, dont le tir est sauvé sur la ligne de but par Kulda, auraient d’ailleurs pu alourdir le score.

Avec l’impression de ne pas avoir forcé mais d’avoir montré beaucoup de sérieux à l’ouvrage, notamment sur les unités spéciales, les États-Unis, pleins de sérénité, obtiennent une troisième victoire en quatre matchs et rejoignent le haut du groupe B. En revanche, la lutte pour les quarts de finale s’annonce serrée pour la Lettonie, cinquième avec devant elle le Kazakhstan (qui l’a battue) et dans son dos un Canada en phase de réveil.

Élus joueurs du match : Brian Boyle pour les États-Unis, Renārs Krastenbergs pour la Lettonie.

Commentaires d’après-match

Jack Capuano (entraîneur des États-Unis) : « J’apprécie notre niveau de jeu. Il nous reste des choses à corriger mais, dans l’ensemble, je suis satisfait que le groupe soit solidaire, en particulier sur les pénalités et les blocages de tirs. Nous devons nous appuyer sur cette mentalité au fur et à mesure que le tournoi progresse. »

États-Unis – Lettonie 4-2 (2-2, 2-0, 0-0).
Jeudi 27 mai 2021 à 16h15 à l’Arena Riga. Huis clos.
Arbitrage de Lassi Heikkinen et Kristian Vikman (FIN) assistés de Lauri Nikulainen et Hannu Sormunen (FIN).
Pénalités : États-Unis 10′ (4′, 4′, 2′), Lettonie 6′ (2′, 2′, 2′).
Tirs : États-Unis 26 (9, 14, 3), Lettonie 19 (7, 4, 8).

Évolution du score :
1-0 à 01’06 : Tennyson assisté de Moore et Garland
1-1 à 05’00 : Indrašis assisté de Dārziņš (sup. num.)
2-1 à 14’46 : Boyle assisté de Labanc et Abdelkader
2-2 à 16’45 : Krastenbergs assisté de Batna et Freibergs
3-2 à 31’45 : Moore assisté de Garland et Robertson
4-2 à 33’32 : Beniers assisté de Chmelevski et Boyle

États-Unis

Attaquants :
Jason Robertson (+1) – Trevor Moore (+1, 2′) – Conor Garland (+1)
Eric Robinson (2′) – Kevin Rooney – Sasha Chmelevski (+1)
Matti Beniers (+1, 2′) – Jack Drury – Ryan Donato (2′)
Justin Abdelkader (C, +1) – Colin Blackwell (A) – Kevin Labanc (+1)
Brian Boyle (+2)

Défenseurs
Christian Wolanin (+1) – Matt Roy (A, +1)
Zac Jones (+1) – Matt Tennyson (+2)
Chris Wideman (+1, 2′) – Connor Mackey (+1)
Matt Hellickson (+1)

Gardien :
Cal Petersen

Remplaçant : Jake Oettinger (G). En réserve : Anthony Stolarz (G, cheville), Drew Commesso (G), Ryan Shea, Adam Clendening (D), Tage Thompson (A).

Lettonie

Attaquants :
Lauris Dārziņš (A) – Rodrigo Ābols – Ronalds Ķēniņš (-1)
Roberts Bukarts (-2) – Andris Džeriņš (A, 2′) – Rihards Bukarts (-2)
Mārtiņš Karsums – Miks Indrašis (-2) – Kaspars Daugaviņš (C)
Rihards Marenis – Oskars Batņa (-1) – Renārs Krastenbergs (-1)
Mārtiņš Dzierkals

Défenseurs :
Kristiāns Rubīns (-1) – Uvis Balinskis (-2)
Oskars Cibuļskis – Kristaps Sotnieks (-1)
Artūrs Kulda (-1) – Ralfs Freibergs (-1)
Jānis Jaks (2′)

Gardien :
Matīss Kivlenieks [sorti à 57’44].

Remplaçant : Ivars Punnenovs (G). En réserve : Jānis Kalniņš (G), Kristaps Zīle, Gunārs Skvorcovs (D), Miķelis Rēdlihs, Māris Bičevskis, Gints Meija (A).

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