Le Canada, même avec trois défaites, n’est as encore éliminé. Il n’a plus le droit à l’erreur, mais les trois prochains adversaires (Norvège, Kazakhstan, Italie) semblent à sa portée et il pourrait jouer le dernier match de groupe contre des Finlandais déjà qualifiés (inversement, les Canadiens peuvent aussi être éliminés même avec 12 points si jamais Allemagne, Lettonie et Finlande obtiennent 3 points chacun dans leurs confrontations respectives et si Norvégiens et Italiens ne prennent aucun point…). Ce match contre une Norvège sans doute un peu fatiguée par son match d’hier semble une opportunité idéale de se relancer. Une Norvège que l’on savait privée depuis hier de son meilleur défenseur offensif Stefan Espeland blessé, mais qui se présente aussi sans deux de ses meilleurs attaquants, Emilio Pettersen et Ken Andre Olimb.
Plus mauvaise attaque du tournoi (1,9% d’efficacité aux tirs !), le Canada bénéficie pour sa part de l’entrée de Matthew Mangiapane, sorti de quarantaine plus tard du fait de la fin de saison tardive de Calgary. Il est directement inséré en première ligne, ce qui laisse à Maxime Comtois le soin de dynamiser le deuxième bloc.
Le Canada connaît un départ de rêve pour une équipe doute : le défenseur Owen Power, le futur numéro 1 annoncé de la draft aligné cette fois dès le coup d’envoi, lance de la ligne bleue et Connor Brown pousse le rebond… d’un mouvement net du patin vers l’avant, mais sans changer l’orientation de son pied. À la grande surprise notamment des commentateurs canadiens de TSN, le but est validé (1-0, image de gauche).
Deuxième étape du retour de la confiance canadienne, le powerplay, qui était resté à 0 sur 11. Ole Julian Holm accroche Connor Brown, et Christian Kåsastul donne un cross-check dans le slot. Le Canada joue donc à 5 contre 3, une situation non exploitée à deux reprises face à l’Allemagne. Connor Brown se montre très patient avec le palet jusqu’à ce que les Norvégiens soient tentés de venir vers lui et il sert Adam Henrique devant la cage. Le capitaine a le temps de dribbler le gardien Henrik Haukeland pour marquer du revers (2-0).
Ce but en double supériorité numérique ne signifie pas que tout est réglé pour le jeu de puissance canadien. Il devrait tuer le match en profitant des indisciplines norvégiennes, mais ne le fait pas malgré deux bonnes déviations du capitaine Henrique, repoussées par les bottes de Henrik Haukeland. La Norvège arrête souvent la construction et arrive à se dégager. Une nouvelle occasion de tuer le match est offerte à 5 contre 5 : Mathis Olimb se lance dans un dribble douteux en zone neutre et sa perte de palet donne un breakaway à Liam Foudy, mais l’ailier de Columbus perd son duel avec le gardien.
Alors que la soirée paraît sans histoires, tout est soudain relancé à la mi-match, d’abord par une erreur impardonnable de Mario Ferraro. Le défenseur de San José se fait prendre la rondelle dans sa zone, près de la bleue, par Michael Haga. Celui-ci parvient à la glisser à Thomas Valkvæ Olsen qui marque sous les bottes de Darcy Kuemper (2-1). Une minute plus tard, le centre Max Krogdahl centre pour Mats Rosselli Olsen qui dévie au fond des filets. Les arbitres font de nouveau appel à la vidéo. L’attaquant norvégien change très clairement l’angle de son patin qui est orienté pour que la rondelle parte vers le but, mais sans mouvement de poussée. De nouveau, les arbitres valident (2-2). Au vu de ces deux décisions, il en faudrait vraiment beaucoup pour qu’un but du patin soit refusé ! L’équilibre est en tout cas rétabli. Pas de controverse arbitrale… mais, étonnamment, pas non plus d’équipe qui mène au score.
Le joker Andrew Magiapane a sa part de responsabilité sur les deux buts encaissés, mais c’est lui qui sort le Canada de ce mauvais pas. Il entre en zone en contrôle, s’appuie sur Connor Brown qui lui sert une passe levée du revers, et propulse alors le palet au-dessus de l’épaule droite de Haukeland (3-2). Tout pourrait redevenir plus simple si, Maxime Comtois ne faisait pas tout pour ranimer ses haters anglophones qui en avait fait le bouc émissaire quand il était capitaine au Mondial Junior : pendant qu’il chute après avoir été mis en échec dans le coin par Magnus Brekke Henriksen, il fait trébucher son adversaire d’un réflexe revanchard à la toute dernière seconde avant la sirène. Si on définissait un degré de stupidité aux pénalités, celle-ci serait au maximum de l’échelle…
Quelle conséquence cette pénalité aura-t-elle à la reprise ? Aucune, par chance pour Comtois, malgré une très belle position de Valkvæ Olsen au rebond. Une autre pénalité inutile en zone offensive, pour un cinglage de Gabriel Vilardi derrière la cage norvégienne, n’a pas plus de conséquences. Face à un Canada surtout dangereux en contre-attaque (mais pas du tout efficace), la Norvège se procure encore des séquences installées à 5 contre 5 et Samuel Solem frappe à la porte en tour de cage. Les nouveaux visages norvégiens étonnent, à l’instar de Max Krogdahl maîtrisant physiquement Mangiapane qui se présentait en un contre un.
C’est paradoxalement le seul défenseur d’expérience qui va craquer : alors que la Norvège est de nouveau en avantage numérique à dix minutes de la fin, le capitaine Jonas Holøs se fait piéger par un palet capricieux à la ligne bleue, puis se fait déborder par son homologue adverse Adam Henrique qui peut repiquer à la cage et glisser le palet entre les jambes de Haukeland (4-2). Cela pourrait être fini, mais Michael Haga s’infiltre dans l’axe et son revers est repoussé par Kuemper face à la cage. L’attaquant de Djurgården a subi un gros coup de crosse de Stecher avant de tirer et la Norvège se retrouve donc à 5 contre 3. Un mauvais contrôle de Lindström et un tir écrasé de Holøs laissent passer l’opportunité. Henrique fait même une passe lobée pour Brown quand il sort de prison, mais Haukeland ne se laisse pas décontenancer par sa feinte.
Holøs connaît décidément une fin de match difficile (avec près de 27 minutes de temps de jeu en plus des 25 d’hier…). Il est battu sur un palet sorti du coin, puis pousse quasiment le palet dans ses propres filets en essayant peut-être de la coincer sous la botte de son gardien. C’est en fait Brandon Hagel, agenouillé dans la zone bleue, qui pousse la jambière de Haukeland et fait indirectement rentrer le palet. Le but est logiquement refusé compte tenu de son interférence manifeste sur le gardien. Mais la dernière pénalité est pour l’incorrigible Tommy Kristiansen et la victoire canadienne n’est plus remise en cause.
C’est un petit succès pour les standards canadiens contre un adversaire qui se fait souvent corriger face aux joueurs à la feuille d’érable. Mais c’est un succès qui fait énormément de bien psychologiquement. Le Canada est toujours dans la course et son match de vendredi face à l’étonnant Kazakhstan (qui a 4 points d’avance sur lui) sera décisif. La victoire dans le temps réglementaire sera une nouvelle fois impérative.
Désignés joueurs du match : Adam Henrique pour le Canada et Henrik Haukeland pour la Norvège.
Commentaires d’après-match
Andrew Mangiapane (attaquant du Canada) : « Je me suis relaxé et j’ai épargné mon énergie pendant cette quelques jours, j’ai patiné et je me suis préparé. [Henrique et Brown] sont deux joueurs intelligents, c’est facile de jouer avec eux, ils créent des espaces. Les Norvégiens ont exploité leurs occasions en deuxième période, nous devons limiter les pertes de palet. »
Canada – Norvège 4-2 (2-0, 1-2, 1-0)
Vendredi 21 mai 2021 à 20h15 à l’Arena Riga. Huis clos.
Arbitres : Andre Schrader (ALL) et Michael Tscherrig (SUI) assistés de Jonas Merten (ALL) et Elias Seewald (AUT).
Pénalités : Canada 8′ (0′, 2′, 6′) ; Norvège 10′ (6′, 2′, 2′).
Tirs : Canada 42 (16, 14, 12) ; Norvège 15 (5, 4, 6).
Évolution du score :
1-0 à 00’22 : Brown assisté de Henrique et Power
2-0 à 10’23 : Henrique assisté de Brown et Power (double sup. num.)
2-1 à 29’08 : Valkvæ Olsen assisté de Haga
2-2 à 30’28 : Rosselli Olsen assisté de Krogdahl et Østby
3-2 à 34’41 : Mangiapane assisté de Brown
4-2 à 50’14 : Henrique assisté de Foudy et Kuemper (inf. num.)
Canada
Attaquants :
Andrew Mangiapane – Adam Henrique (C) – Connor Brown (A, 2′)
Maxime Comtois (2′) – Gabriel Vilardi (+1, 2′) – Nick Paul
Brandon Hagel – Justin Danforth – Michael Bunting
Cole Perfetti – Jaret Anderson-Dolan – Liam Foudy (+1)
Brandon Pirri
Défenseurs
Owen Power (+2) – Troy Stecher (+3, 2′)
Colin Miller (A, -1) – Mario Ferraro
Nicolas Beaudin (-1) – Sean Walker (-1)
Jacob Bernard-Docker
Gardien :
Darcy Kuemper
Remplaçant : Adam Hill (G). En réserve : Michael DiPietro (G), Braden Schneider (D).
Norvège
Attaquants :
Sondre Olden (-2) – Mathias Trettenes (A, -2) – Tobias Lindström (-3)
Mats Rosseli Olsen (+1) – Mathis Olimb (A, +1, 2′) – Tommy Kristiansen (-1, 4′)
Michael Haga (+1) – Eirik Salsten (+1) – Thomas Valkvæ Olsen
Martin Røymark – Magnus Brekke Henriksen (-1) – Samuel Solem
puis à 20’00 Ludvig Hoff (+1)
Défenseurs :
Emil Lilleberg – Jonas Holøs (C, -1)
Erlend Lesund (-1) – Ole Julian Holm (2′)
Christian Kåsastul (2′) – Max Krogdahl (+1)
Kristian Østby
Gardien :
Henrik Haukeland
Remplaçant : Jonas Arntzen (G). En réserve : Henrik Holm (G), Stefan Espeland (D, blessé), Christian Bull (D), Emilio Pettersen, Ken Andre Olimb, Andreas Heier (A).