Le tournoi de qualification à Riga est lancé. En ouverture, la France a battu la Hongrie. C’est au tour de l’Italie d’affronter le pays hôte. Depuis 2005 et l’institution du format actuel de qualification pour les JO, la Lettonie, grâce à son classement IIHF, a toujours organisé ces tournois à domicile. Mais être le pays organisateur devient de moins en moins un gage de qualification. Jugez-en plutôt, pour les JO 2006 et 2010, seuls les Kazakhs avaient réussi à surprendre en 2005 les hôtes autrichiens. En revanche pour les JO 2014 et 2018, seuls 2 des 6 pays organisateurs ont confirmé leur rôle de favoris. Si La Lettonie s’est qualifiée de justesse contre la France pour Sochi, elle s’est fait piéger dans son antre de l’Arena Riga au terme d’une rencontre très disputée contre l’Allemagne, future médaillée d’argent aux JO en Corée.
Teo Blugers au duel avec Morini au TQO de Riga 2021. Photo Nicolas LeborgneDes équipes renforcées
Elle est donc bien motivée pour renouer avec les JO après avoir échoué de si peu à obtenir un ticket pour les quarts de finale de son Mondial à domicile, il y a seulement 3 mois. Pour cela Harijs Vitolins, le nouveau coach, devra déjà battre les Italiens, comme elle l’a fait justement pendant le championnat du monde. Sauf que cette fois, elle pourra compter sur son public, grâce à la vaccination, même si la patinoire est loin d’être à guichets fermés. Elle pourra aussi compter sur des renforts de NHL, notamment en la personne de Girgensons, auteur de bons matches de préparation.
Mais l’Italie aussi a reçu du renfort, grâce au retour de joueurs clefs. Certains étaient blessés, d’autres étaient positifs au coronavirus, comme l’entraîneur Greg Ireland qui avait dû officier à distance en déléguant ses fonctions. C’est le cas aussi des centres Giovanni Morini, Diego Kostner qui évoluent en LNA et du centre naturalisé Domenico Alberga, ou du gardien Andreas Bernard.
La différence se fait rapidement
Andreas Bernard est d’ailleurs tout de suite mis à contribution. La Lettonie veut commencer fort pour marquer le fameux premier but censé libérer les joueurs de l’équipe favorite. Fort logiquement elle prend une avance de deux buts en 5 minutes avec un but de Janis Jaks et une reprise du centre d’Örebro Rodrigo Abols.
Une avance confortable en seulement quelques tirs qu’elle sait gérer jusqu’au moment où Stefano Giliati s’en va seul au but. Ralfs Freibergs commet un cinglage sur sa crosse pour l’empêcher d’armer son tir. L’Italie s’installe mais ne débloque pas le compteur. Puis lorsque Rihards Bukarts provoque une pénalité quand Tommaso Traversa le fait trébucher en entrée de zone, le powerplay letton ne trouve pas non plus la faille.
La deuxième période commence donc avec deux buts d’avance pour les locaux. Ivars Punnenovs, auteur d’un blanchissage contre l’Italie au championnat du monde, n’a pas eu à beaucoup s’employer face aux artilleurs italiens.
Punnenovs et Petan au TQO de Riga 2021. Photo Nicolas LeborgneDomination tranquille des Baltes
La première ligne lettone est toute proche de marquer dès la reprise mais la Italiens se regroupent bien. Andreas Bernard sauve encore son équipe un peu plus tard. Mais il ne peut rien contre une belle combinaison que Kristians Rubins conclut d’une position pourtant très excentrée. Girgensons, sur un palet qu’il intercepte juste après sur une relance, n’a pas la même réussite en prenant sa chance face au gardien. Mais comme Simon Kostner et Luca Frigo prennent une pénalité en même temps, Miks Indrasis alourdit le score aussitôt à 5 contre 3.
Juste avent la deuxième pause, Ivars Punnenovs prend une pénalité pour avoir gelé le palet derrière son but. Sur le jeu de puissance, le tir de Thomas Larkin plein axe non masqué n’inquiète pas le portier letton.
La Lettonie se contentera de gérer son avance lors du troisième tiers-temps, probablement dans l’optique de garder des forces pour les rencontres à venir, quitte à se faire quelques frayeurs: sur une mauvaise relance interceptée, Punnenovs sauve un 2 contre 1, puis un solo d’Angelo Miceli.
Elle mettra tout de même un cinquième but sur un tir de Miks Indrasis dévié du patin devant son gardien par l’infortuné Lorenzo Casetti. Puis Kaspars Daugavins se permettra même un somptueux « coast-to-coast » à ses bons souvenirs d’Amérique : l’ancien coéquipier de Stéphane Da Costa (à la carrière un peu parallèle) récupère le palet derrière son but, dribble toute l’équipe adverse – certes réduite à quatre après la faute d’Alex Petan – et s’en va battre une dernière fois Andreas Bernard sur un beau dribble. Il offre un ainsi une assist à son gardien qui répète le blanchissage obtenu trois mois plus tôt.
Les renforts italiens se sont révélés bien insuffisants pour cette équipe lettone très impressionnante sur tous leurs 4 blocs. Les apports notamment des deux centres de NHL Blugers et Girgensons sont considérables et donnent réellement une toute autre dimension à cette équipe déjà bien expérimentée.
Désignés joueurs du match : Daniel Glira pour l’Italie et Ivars Punnenovs pour la Lettonie.
Commentaires d’après-match (à venir)
Greg Ireland (Italie): Nous savions qu’ils commenceraient fort dans leur patinoire avec leur public, qu’ils pousseraient fort. Nous avons été trop attentistes, trop respectueux. Nous devons jouer de manière plus compacte, notamment à 5 contre 5. Nous ne sommes évidemment pas satisfaits du résultat, mais nous tournons la page et passons au match de demain.
Teodors Blugers (Lettonie): Nous avons eu un très bon départ et ainsi pu capitaliser sur notre élan, même s’il y a encore des choses à améliorer.
Harijs Vitolins (Lettonie): Nous avons bien joué et nous allons encore progresser. Nous devrons être tout aussi prêts pour les deux rencontres à venir contre l’Italie et la France.
Italie – Lettonie 0-6 (0-2, 0-2, 0-2)
Jeudi 27 août 2021 à 19h30 à l’Arēna Rīga. 4100 spectateurs.
Arbitres : Mads Frandsen (DEN) et Maksim Sidorenko (RUS) assistés de Dmitry Goliak (BLR) et Lauri Nikulainen (FIN).
Pénalités : Italie 14′ (2′, 6′, 6′), Lettonie 6′ (2′, 2′, 2′).
Tirs : Italie 16 (7, 3, 6), Lettonie 36 (3, 17, 16).
Évolution du score :
0-1 à 03’23 : Jaks assisté de Darzins
0-2 à 05’28 : Abols assisté de Bukarts et Daugavins
0-3 à 26’15 : Rubins assisté de Bukarts et Balinskis
0-4 à 29’48 : Indrasis assisté de Darzins (sup. num.)
0-5 à 45’56 : Indrasis assisté de Girgensons et Rubins
0-6 à 52’54 : Daugavins assisté de Punnenovs (sup. num.)
Italie (2′ pour surnombre)
Attaquants :
Daniel Frank (C, -2) – Giovanni Morini (-2) – Alex Petan (A, -2, 2′)
Luca Frigo (-2, 2′) – Simon Kostner (-1, 2′) – Angelo Miceli (-2)
Stefano Giliati – Diego Kostner – Peter Hochkofler
Ivan Deluca – Domenico Alberga (-1) – Tommaso Traversa (4′)
José Magnabosco
Défenseurs :
Alex Trivellato (-1) – Thomas Larkin (A, -1)
Peter Spornberger (-1) – Daniel Glira (-1)
Enrico Miglioranzi (-2) – Lorenzo Casetti (-2)
Stefano Marchetti
Gardien :
Andreas Bernard
Remplaçant : Justin Fazio (G). En réserve : Jacob Smith (G), Gregorio Gios, Raphael Andergassen.
Lettonie
Attaquants :
Lauris Dārziņš (A, +1) – Rūdolfs Balcers (+1) – Teodors Bļugers (C, +1)
Miks Indrašis (+1) – Zemgus Girgensons (A, +1) – Ronalds Ķēniņš (+1)
Roberts Bukarts (+1) – Rodrigo Ābols (+1) – Kaspars Daugavins (+1, 2′)
Rihards Bukarts (+1) – Andris Džeriņš (+1) – Renārs Krastenbergs (+1)
Deniss Smirnovs
Défenseurs :
Kristiāns Rubīns (+3) – Uvis Balinskis (+3)
Oskars Cibuļskis – Jānis Jaks (+2)
Kristaps Sotnieks – Ralfs Freibergs (2′)
Kārlis Čukste
Gardien :
Ivars Punnenovs (2′)
Remplaçants : Mareks Mitens (G). En réserve : Artūrs Šilovs (G), Sandis Smons, Martins Dzierkals.