Le premier match du jour à la Nokia Arena offre une affiche importante, assez éloignée du Top-4 prédit. Entre les Norvégiens et les Britanniques, l’objectif du tournoi est à n’en pas douter le maintien, qui paraît largement à portée des joueurs de Petter Thoresen, s’ils parviennent à prendre a minima les points face à leurs adversaires plus faibles sur le papier, l’Autriche et la Grande-Bretagne.
La sélection des trois Lions dispute mine de rien ses troisièmes Mondiaux Elite consécutifs, et apprend vite du plus haut niveau, en témoignent des prestations très honnêtes lors de la dernière édition, certes sans enjeu. Il y a désormais un cap à franchir dans ce tournoi où la rencontre face à l’Autriche (le dernier match de ces deux équipes, prévu le 23 mai) pourrait faire office de finale, mais les Britanniques seraient bien inspirés, s’ils y parviennent, à glaner des points ici ou là.
Ce ne fut guère le cas hier face à une Tchéquie sérieuse mais encore en rodage (5-1), tandis que la Norvège a subi la loi de la Finlande qui voulait inaugurer de la plus belle des manières son tournoi (5-0). Pour cette première rencontre, Ken-Andre Olimb et Andreas Martinsen avaient été ménagés par le staff norvégien en raison d’une blessure, et dans l’espoir de les voir équipés aujourd’hui pour cette partie importante pour le maintien. Choix payant car les deux joueurs retrouvent l’effectif à cette occasion.
Le début de rencontre est plutôt à l’avantage des Norvégiens, mais le positionnement défensif adverse laisse peu de lancers. Bowns doit tout de même intervenir après cinq minutes sur une tentative dangereuse de Jakobsson. C’est ensuite Mathis Olimb qui hérite d’un palet en entrée d’enclave, mais il tope légèrement son slapshot sur la glace, ne lui donnant pas la vitesse souhaitée. La pression s’accentue et Ben Bowns se retrouve contraint à un gros arrêt sur un rebond pris par Hoff. Les Britanniques ont du mal à attendre les Norvégiens dans la zone neutre, ce qui oblige à défendre uniquement dans leur propre zone.
Le constat est le même offensivement puisque le premier lancer des Lions intervient après dix minutes de jeu, et depuis la ligne rouge. Mais cette première alerte a le mérite de les faire sortir enfin et de passer ensuite un certain temps dans le camp rouge, sans solliciter Haukeland. C’est alors que Conway concède la première pénalité. Le gardien du Dukla Trencin tient la baraque sur deux lancers dangereux de Mathis Olimb, puis devant Johannesen. Cette solidité donne de la confiance aux Britanniques qui tentent de produire du jeu en fin de période, mais ils se font punir sur un revirement avec beaucoup de malchance : le défenseur des Oilers de Stavanger Klavestad remet à la cage sans autre ambition que de mettre du trafic, mais David Phillips dévie involontairement la course du disque pour le glisser sous les jambières de son gardien (1-0, 16’13).
C’est un bien mauvais but concédé par la Grande-Bretagne, qui surmotive de surcroît les adversaires ayant profité de l’offrande. Røymark lance alors depuis la bande sur Bowns qui ferme le gant, et les Norvégiens rentrent aux vestiaires avec cet avantage d’un but au tableau, plutôt logique mais cruel pour des Britanniques dans le scénario.
Nouvelle physionomie à la reprise du match : n’ayant tiré qu’une fois sur Haukeland en vingt minutes, les blancs le sollicitent plusieurs fois dans les premiers instants. Pour autant la Norvège reste dangereuse sur les espaces laissés par les joueurs tirant de l’arrière, et Rosselli Olsen loupe de peu la lucarne de Bowns. Les Britanniques confondent un peu détermination et excès d’engagement, et le capitaine Jonathan Phillips est à son tour chassé. Cette pénalité est écourtée en temps de jeu mais pas en discussion. Sur un immense cafouillage devant la ligne, un palet en hauteur est joué sur la ligne par Mathis Olimb. Les arbitres ont fait le signe du « no goal » mais une revue est appelée. Après plusieurs vérifications au regard de l’effet d’optique, le but est finalement validé (2-0, 26’35).
Loin d’avoir baissé la tête, les hommes de Peter Russell se créent leur meilleur opportunité et contraignent Haukeland à un solide triple arrêt. Plus volontaires, ils poussent Kåsastul à la première faute norvégienne, pour un moment important en vue de recoller. La phase de jeu est ouverte dans les deux sens de la glace, et Conway pris dans sa vitesse loupe une possibilité avant le retour au complet. C’est un peu plus tard le duo Robert Dowd – Ben Lake qui porte le danger, mais le gardien de Munich dit non. Une chance passée pour les Britanniques, qui sont ensuite contraints à faire preuve de solidité quand Waller est sanctionné. Mais la sanction est immédiate, avec Mathis Olimb trouvait à la bleue qui envoie un missile qui transperce Bowns, pour son deuxième but en power-play de la partie (3-0, 35’19).
Avant la sirène, Scott Conway prend un lancer rapide sur lequel s’interpose une nouvelle fois Haukeland, comme il le fera sur un essai puissant d’Erhardt. Les Britanniques terminent la période avec un joueur en moins en raison d’une faute de Neilson. Plutôt dominateurs dans ce tiers, leur indiscipline couplée à un bon réalisme norvégien les placent en une position très défavorable pour inverser la tendance.
Au retour à cinq en début de troisième période, Brett Perlini part au but et est accroché par Johannesen. L’arbitre signale un tir de pénalité, mais Haukeland est impérial face au joueur qui évolue justement dans le championnat norvégien. Dans le contrôle, les Ours laissent venir les Lions, qui ne parviennent plus véritablement à mettre la pression, puis ressortent en bloc pour jouer quelques coups dans la zone des blancs. C’est encore Conway qui se montre le plus dangereux pour la Grande-Bretagne mais il bute sur Haukeland comme le fera Jonathan Phillips dans la foulée. Les phases de jeu sont très longues sans coup de sifflet, ce qui fait défiler le chronomètre en faveur des rouges à une vitesse impressionnante. Mais à force de courage, la Grande-Bretagne trouve enfin la faille avec un gros travail de Dowd depuis l’arrière de la cage, un relais de Ben Lake pour une remise à nouveau à Dowd qui s’en va finir seul son travail (3-1, 52’51). Et là, le match s’emballe ! Pratiquement sur la remise au jeu, un gros mouvement collectif britannique fonce vers l’enclave d’Haukeland. Savamment décalé après un tour de cage, Perlini reprend en première intention pour un deuxième but britannique, absolument impensable encore deux minutes auparavant (3-2, 53’29).
La Norvège doit absolument se remettre la tête à l’endroit, à présent en danger alors qu’elle avait le match en main. Les Britanniques poussent à présent tandis que les protagonistes entrent dans les cinq dernières minutes. Les rouges sont proches de tuer le suspense par Hoff, mais Bowns fait l’arrêt et Russell organise la fin de partie depuis son banc. Le momentum a complètement changé de camp et après un travail dans la zone offensive, le défenseur Richardson complètement oublié à mi-zone est trouvé pour exécuter Haukeland et remettre les deux équipes à égalité, dans la stupeur générale (3-3, 52’51) ! Les Norvégiens bafouillent désormais leur hockey, en témoigne le gardien si serein pendant 50 minutes et qui se retrouve en difficulté pour jouer un palet derrière sa ligne. Les Britanniques se disent qu’il y a peut être mieux à aller chercher et se projettent vers l’avant, mais doivent se méfier de l’adversaire qui peut toujours se montrer dangereux pour une fin de match sous leur domination. Mais Jakobsson loupe le palet du match. Les deux équipes filent en prolongation, difficilement pronostiquables pendant 90% du match.
Soucieuse de sauver la victoire, la Norvège s’offre une immense occasion en entame de ce temps supplémentaire, mais Bowns réalise un très bel arrêt de la jambière devant Røymark. De l’autre côté, Waller prend sa chance mais ne parvient à conclure. Le gardien britannique a encore l’occasion de briller en stoppant deux lancers consécutifs et puissants de Lilleberg, et son homologue de faire de même face à Mosey. Les deux gardiens sont les principaux artisans du score toujours nul à l’issue du temps supplémentaire, conduisant à une séance de tirs au but.
Dans cet exercice, les rouges se montreront plus efficaces avec deux tentatives réussies sur quatre, alors qu’Haukeland ne s’incline que face à Conway.
Les Norvégiens sauvent l’essentiel en s’imposant au bout du suspense, même s’ils peuvent regretter le point perdu alors que la sélection semblait hors de danger. Tout le mérite revient à la Grande-Bretagne qui y a cru jusqu’au bout, même menée de trois buts à dix minutes du terme. Ce point arraché au forceps pourrait bien compter pour les Britanniques au décompte final, preuve que tout est bon à prendre dans une formule du type championnats du monde.
Norvège – Grande-Bretagne 3-3 (1-0, 2-0, 0-3, 0-0) / 2-1 aux tirs au but
Dimanche 15 mai 2022 à 12h20 à la Nokia Arena de Tampere. 4 651 spectateurs.
Arbitres : Mads Frandsen (DAN) et Fraser Lawrence (CAN) assistés d’Andreas Weise Krøyer (DAN) et David Obwegeser (SUI).
Pénalités : Norvège 4′ (0′, 4′, 0′, 0′) ; Grande-Bretagne 10′ (2′, 8′, 0′, 0′).
Tirs : Norvège 33 (11, 8, 7, 6) ; Grande-Bretagne 24 (1, 12, 8, 3).
Évolution du score :
1-0 à 16’13 : Klavestad assisté de Trettenes et Hoff
2-0 à 26’35 : M.Olimb assisté de Rosseli Olsen et Johannesen (sup. num)
3-0 à 35’19 : M.Olimb assisté K.A.Olimb et Rosseli Olsen (sup.num)
3-1 à 52’51 : Dowd assisté de Lake et Batch
3-2 à 53’29 : Perlini assisté de Mosey et Conway
3-3 à 56’09 : Richardson assisté de Perlini et Tetlow
Tirs au buts :
Norvège : Jakobsson (manqué), Trettenes (réussi), Haga (réussi), Rosseli Olsen (manqué)
Grande-Bretagne : Lake (manqué), O’Connor (manqué), Conway (réussi), Dowd (manqué), Neilson (manqué)
Norvège
Attaquants :
Mats Rosselli Olsen (-2) – Mathis Olimb (C, -2) – Ken Andre Olimb (A, -3)
Michael Haga – Andreas Martinsen (2′, +1) – Martin Røymark (+1)
Ludvig Hoff – Mathias Trettenes (A, +1) – Kristian Jakobsson
Eirik Salsten (-1) – Magnus Brekke Henriksen (-1) – Martin Ronnild
Défenseurs :
Emil Lilleberg (-2) – Johannes Johannesen (-2)
Christian Kåsastul (2′, -1) – Max Krogdahl (-1)
Mattias Nørstebø (+1) – Andreas Klavestad (+1)
Daniel Bøen Rokseth
Gardien :
Henrik Haukeland
Remplaçants : Jonas Arntzen (G), Tobias Fladeby (A). En tribune : Henrik Holm (G), Magnus Geheb (A).
Grande-Bretagne
Attaquants :
Ben Lake (+1) – Scott Conway (2′, +2) – Evan Mosey (2′, +2)
Brett Perlini (+2) – Cade Neilson (2′, +1) – Robert Dowd (A, +1)
Joshua Waller (2′, -1) – Ben Davies (-1) – Jonathan Phillips (C, 2′, -1)
Robert Lachowicz – Matthew Myers – Sam Duggan
Lewis Hook
Défenseurs :
Joshua Tetlow – Mark Richardson (A, +2)
Ben O’Connor (+1) – David Phillips
Dallas Erhardt – David Clements
Joshua Batch (+1)
Gardien :
Ben Bowns
Remplaçant : Jackson Whistle (G). En réserve : Jordan Hedley (G), Sam Jones (D), Luke Ferrara (A).