La Suisse a une très belle équipe sur le papier et elle a confirmé tout son potentiel sur la glace lors de ses deux premières parties, notamment contre le Danemark. Avant d’aborder des adversaires mieux classés plus tard dans le tournoi, elle continue avec des adversaires moins bien classés : ce soir le Kazakhstan. Les joueurs d’Asie centrale ont perdu leur deux premières rencontres et ne font clairement pas office de favoris dans cette confrontation. À quelle sauce vont-ils être mangés ?
Le compteur suisse aurait pu très vite se débloquer. Sur une des toutes premières attaques, Denis Malgin tire sur le poteau. La sélection helvète combine vitesse et précision, à l’image de Philipp Kurashev dont la combinaison avec Timo Meier oblige le gardien Andrei Shutov à un exceptionnel arrêt du bouclier. De son côté, la Suisse fait tourner son effectif et a confié sa cage à Sandro Aeschlimann. C’est le troisième gardien titularisé en autant de matches, mais il n’a pas besoin de trop forcer son talent face aux incursions kazakhes. Le pressing suisse est tel que les joueurs kazakhs peuvent difficilement s’approcher du but suisse et encore plus rarement parvenir à tirer, à l’image d’Adil Beketayev incapable de relancer de derrière son but pour initier ne serait-ce que la première passe et qui finit par se faire chiper le palet.
Denis Malgin a plus de chance au début de la deuxième période. Sur un tir de la ligne bleue de Jonas Siegenthaler, la déviation de Philipp Kurashev se dirige à côté de la cage où rôdait l’attaquant de Zurich pour rediriger le puck au fond des filets (1-0).
Peu après Andrea Glauser dégage le palet en dehors de la glace et écope de deux minutes de pénalités. Malgré une grosse occasion d’Arkadi Shestakov avec Pavol Akolzin qui ne parvient pas à contrôler devant une cage ouverte, la Suisse maintient son avantage. Sandro Aeschlimann bloque des occasions de Petukhov, Asetov puis Panyukov, tandis que le cerbère kazakh s’interpose face à celles de Nico Hischier et de Pius Suter. La Suisse bénéficie d’une première supériorité numérique à son tour, qu’elle ne met pas à profit pour accroître son avance, bien qu’elle prenne sa chance plus souvent qu’en première période.
C’est finalement sur une action personnelle que la Suisse double la mise. Alikhan Asetov parvient à l’intercepter de la main un long palet aérien à sa ligne bleue, mais se le fait aussitôt disputer lorsqu’il le pose : Dario Simion s’en va battre tout seul le gardien (2-0). Un petit coup d’accélérateur permet donc à la Suisse de rejoindre le vestiaire confortablement avant d’aborder l’ultime période.
Alors que la Suisse semble contrôler le match dans une ambiance de fête au son des cloches et au milieu des costumes bariolés, tout se met à dérailler en troisième période. Tout avait pourtant bien commencé : Andres Ambühl en fonçant devant le but provoque une pénalité de Shalapov qui le fait trébucher. Mais Timo Meier s’emmêle les pinceaux tout seul sur le jeu de puissance et perd le palet. Jesse Blacker file au but, tire sous le bras du gardien suisse et allume une lueur d’espoir pour le Kazakhstan (2-1).
Une fois la pénalité tuée, la Kazakhstan bénéficie même à son tour d’une supériorité numérique. Tout comme la Suisse, les occasions ne sont pas transformées et il se fait lui aussi piéger sur un contre. Mais contrairement à son vis-à-vis, Shutov a eu l’occasion de rester bien chaud tout au long du match et gagne son duel.
Les inquiétudes suisses sont levées lorsque la défense kazakhe, à force de plier, finit par rompre à nouveau. Elle donne clairement des signes de fatigue et semble éprouvée au point d’oublier complètement Fabrice Herzog esseulé au deuxième poteau pour reprendre une passe d’Andres Ambühl (3-1).
Un avantage définitif pour éloigner tout risque d’égalisation ? Pas encore, car le Kazakhstan se rapproche à nouveau. Sur une attaque assez bénigne, le tir excentré du jeune défenseur Valeri Orekhov, déjà bien en vue contre la France, passe entre les jambes de Sandro Aeschlimann, décidément bien peu inspiré pour son premier match en championnat du monde (3-2).
Les dernières secondes sans gardien ne donneront rien et l’équipe helvète s’impose d’un but. Le Kazakhstan, en faisant le dos rond et en bénéficiant de pas mal de chance n’est pas passé loin d’une surprise et a aussi montré une certaine résistance. Les prochaines rencontrent risquent quand même d’être compliquées et ils devront surtout se concentrer sur l’Italie. La Suisse, sans jouer aussi fort que lors des rencontres précédentes, a réussi à dominer le match pour ne pas (trop) se faire peur et elle a buté contre un gardien kazakh particulièrement en verve.
Désignés joueurs du match : Pius Suter (Suisse) et Valeri Orekhov (Kazakhstan).
Suisse – Kazakhstan 3-2 (0-0, 2-0, 1-2)
Championnats du monde élite 2022.
Mardi 17 mai 2022, 20h20. Helsinki Ice Hall, 2858 spectateurs.
Arbitres : Roy Stian Hansen (NOR) et Peter Stano (SVK) assistés de Daniel Beresford (GBR) et Davis Zunde (LET)
Pénalités : Suisse 4′ (0′, 2′, 2′), Kazakhstan 4′ (0′, 2′, 2′)
Tirs : Suisse 43 (8, 22, 13), Kazakhstan 14 (3, 5, 6)
Récapitulatif du score
1-0 à 23’58 : Malgin assisté Kurashev et Siegenthaler
2-0 à 34’32 : Simion
2-1 à 45’47 : Blacker (inf. num.)
3-1 à 55’39 : Herzog assisté de Ambühl
3-2 à 57’52 : Orekhov assisté de Mikhailis et Valk
Suisse
Attaquants :
Timo Meier (-2) – Nico Hischier (C) – Philip Kurashev (+1)
Denis Malgin (+1) – Pius Suter (+1) – Dario Simion
Andres Ambühl (A, +1) – Enzo Corvi – Fabrice Herzog
Marco Miranda – Damien Riat – Christoph Bertschy
Défenseurs :
Dean Kukan (+1) – Jonas Siegenthaler (+1)
Michael Fora (A, +1) – Janis Moser
Tobias Geisser (2′) – Andrea Glauser (2′)
Christian Marti – Dominik Egli
Gardien :
Sandro Aeschlimann
Remplaçant : Reto Berra (G). En réserve : Leonardo Genoni (G), Tristan Scherwey (A), Calvin Thürkauf (A).
Kazakhstan
Attaquants
Dmitri Shevchenko (-1) – Arkadi Shestakov (-1) – Pavel Azolkin (-1)
Kirill Panyukov (2′, -1) – Curtis Valk (A, +1) – Nikita Mikhailis (A, +1)
Roman Starchenko (C, -1) – Anton Sagadeyev (-2) – Kirill Savitski (+1)
Alikhan Asetov (-1) – Dmitri Gurkov (+1) – Yegor Petukhov
Mikhail Rakhmanov
Défenseurs
Vikctor Svedberg (+1) – Samat Daniyar (-2)
Valeri Orekhov (+1) – Jesse Blacker
Leonid Metalnikov (-1) – Adil Beketayev (-1)
Yegor Shalapov (2′)
Gardien :
Andrei Shutov [sorti de 59’11 à 59’44 puis de 59’49 à 59’54]
Remplaçant : Sergei Kudryavtsev (G). En réserve : Ilya Rumyantsev (G), Darren Dietz (D), Sayan Daniyar (A).