Les deux équipes disputent leur deuxième match en deux jours, et c’est déjà leur cinquième match. Autant dire que la gestion de la fatigue et de la récupération commence à tenir une place importante et que le sérieux du staff et des joueurs est un élément crucial pour atteindre ses objectifs dans le tournoi, tout au moins pour les équipes qui prennent le tournoi au sérieux et qui le jouent du début à la fin.
On peut légitimement penser que c’est le cas pour la Slovaquie et l’Italie, la première pour une place en quart de finale, et la seconde pour son maintien en élite.
La logique du classement est respectée et c’est principalement la Slovaquie qui fait le jeu. Elle ouvre le score au bout d’une dizaine de minutes de jeu grâce au rebond de Michal Kristof sur un tir de Juraj Slafkovsky.
Sur une rare situation installée italienne en zone offensive, le défenseur italien Gregorio Gios casse sa crosse en slappant, ce qui permet à Samuel Takac de récupérer le palet et de partir en duel contre Andreas Bernard et d’échouer une première fois. Quelques minutes plus tard, nouvelle chance pour l’ancien joueur de Gap et de Lyon en Ligue Magnus. Il vole le palet derrière le but et tente de battre Bernard du revers. Nouvel échec.
On a déjà beaucoup entendu parler du jeune Juraj Slafkovsky et de ses formidables JO. Il a certes un peu moins brillé en saison en Liiga finlandaise, mais il fait à nouveau un excellent tournoi quand il porte le maillot à la double croix.
Il sait aussi faire briller ses coéquipiers : il y a dans l’équipe slovaque des joueurs encore plus jeunes et pas forcément moins talentueux. Adam Sykora, 17 ans, signe son premier but au Mondial sur une passe de Slafkovsky à six secondes de la fin de la première période.
En deuxième période, la Slovaquie continue de dominer mais pousse moins. Daniel Mantenuto voit même son tir battre le gardien Adam Huska mais terminer sur le poteau.
Adam Sykora s’illustre à nouveau quelques minutes plus tard. Tout proche du doublé, il se permet une déviation du bout de la crosse qu’il tient à bout de bras, mais le palet longe le poteau.
L’Italie tue encore deux pénalités dont une pour surnombre et évite de boire la tasse avant la seconde pause.
En troisième période, Enrico Miglioranzi fait tomber Simon Nemec. Le genre de fautes offensives assez révélatrice de la différence technique entre les joueurs des deux camps. Mais Slafkovsky commet une faute sur la supériorité numérique et annihile l’avantage. Sur le reliquat de secondes, l’Italie parvient même à réduire le score avec Alex Trivellato.
Voilà le risque quand on ne prend pas le large avec ses multiples occasions. Mais la Slovaquie va bénéficier d’une certaine générosité de l’arbitre pour éviter de se faire peur. Tout commence par un tir de la ligne bleue de Di Perna. Adam Sykora, décidément partout ce soir, tente de le bloquer et se prend le puck dans la paume de la main. Il s’effondre de douleur et dans sa chute Di Perna le pousse de la crosse. Un geste qui n’aurait d’habitude peut-être pas valu de pénalité, d’autant que le ralenti semble surtout indiquer que le jeune joueur amplifie le mouvement. Mais Di Perna est envoyé au cachot.
La tension monte d’un cran. Sur la supériorité, Regenda tape un peu trop sur la mitaine du gardien qui vient de geler le palet : pas assez pour se faire pénaliser pour cinglage, mais suffisamment pour provoquer l’ire d’Alex Petan. Les deux joueurs en viennent aux mains et sont envoyés en prison.
Sur le jeu de puissance, Andreas Bernard cède finalement sur le troisième rebond d’Alex Tamasi. Troisième et dernier but encaissé, la pénalité de Robert Lantosi dans les dix dernières minutes étant parfaitement négociée par la défense slovaque.
Sans trop de surprise, l’Italie, dominée, n’a pas vraiment inquiété l’équipe slovaque dont la jeunesse donne un avantage dans la répétition des matches au fur et à mesure qu’on avance dans le tournoi.
L’Italie devra comme on s’y attendait défendre son maintien contre le Kazakhstan dans leur confrontation directe. La Slovaque continue d’amasser des points en vue de la bataille pour les quarts de finale qui ne donnera que deux places pour trois candidats (Allemagne, Danemark, Slovaquie) si l’on considère que Suisses et Canadiens sont clairement au-dessus du lot comme ils l’ont montré cet après-midi.
Désignés joueurs du match : Simon Kostner (Italie) et Adam Sykora (Slovaquie).
Italie – Slovaquie 1-3 (0-2, 0-0, 1-1)
Championnats du monde élite 2022.
Samedi 21 mai 2022, 20h20. Helsingin jäähalli, 3442 spectateurs.
Arbitres : Andris Ansons (LET) et Marian Rohatsch (GER) assistés de Nicolas Constantineau (FRA) et Davis Zunde (LET)
Pénalités : Italie 10′ (0′, 4′, 6′), Slovaquie 8′ (0′, 2′, 6′)
Tirs : Italie 17 (6, 7, 4), Slovaquie 34 (15, 9, 10)
Récapitulatif du score
0-1 à 10’31 : Krištof assisté de Tatar et Slafkovský
1-1 à 19’54 : Sýkora assisté de Slafkovský et Tatar
1-2 à 44’09 : Trivellato assisté de S. Kostner (sup. num.)
1-3 à 49’14 : Tamasi assisté de Lántoši et Ivan (sup. num.)
Italie (2′ pour surnombre)
Attaquants
Brandon McNally (-1) – Daniel Mantenuto (-1) – Luca Frigo (A, -1)
Alex Petan (2′, -1) – Simon Kostner (-1) – Marco Sanna
Diego Kostner (-1) – Dante Hannoun – Daniel Frank (C)
Marco Insam – Tommaso Traversa – Ivan DeLuca
Matthias Mantinger
Défenseurs
Alex Trivellato (A, -2) – Dylan di Perna (2′, -2)
Enrico Miglioranzi (2′) – Phil Pietroniro
Daniel Glira (2′) – Gregorio Gios
Peter Spornberger
Gardien :
Andreas Bernard
Remplaçant : Justin Fazio (G). En réserve : Davide Fadani (G), Lorenzo Casetti (D), Marco Magnabosco (A).
Slovaquie
Attaquants :
Tomáš Tatar (C, +2) – Michal Krištof (A, +1) – Juraj Slafkovský (2′, +2)
Samuel Takáč – Miloš Roman – Pavol Regenda (2′)
Adam Liška – Alex Tamáši – Róbert Lántoši (4′)
Mário Lunter – Andrej Kollar – Adam Sýkora (+1)
Défenseurs :
Peter Čerešňák (A, +1) – Martin Fehérváry (+1)
Michal Ivan – Šimon Nemec
Adam Jánošík (+1) – Mário Grman
Mislav Rosandić – Daniel Gachulinec (+1)
Gardien :
Adam Huska
Remplaçant : Matěj Tomek (G). En réserve : Patrik Rybár (G), Jakub Minarik (A), Kristián Pospíšil (A)