Deux gardiens des Bruins de Boston, arrivés en cours de tournoi, se font face ce midi : Jeremy Swayman passe son premier vrai test dans la cage américaine après le 3-0 contre la Grande-Bretagne alors que Linus Ullmark fait ses débuts devant les filets suédois.
En revanche, les deux équipes sont en attente de leurs renforts offensifs qui prennent leur temps. Hartman et Boldy ne sont toujours pas arrivés dans le camp américain ! Le seul nouveau est T.J. Tynan, deux fois meilleur joueur d’AHL, arrivé hier en Finlande, et que l’on a la surprise de voir figurer au centre au coup d’envoi : répétant la tradition des coaches américains, David Quinn a annoncé des lignes complètement fausses sur les feuilles officielles. Mais il y a une vérité qu’il ne peut cacher : outre Merrill blessé avant-hier, Blankenburg est absent et les États-Unis jouent à cinq défenseurs !
Pour la Suède, la réponse de William Nylander était attendue… et elle est positive ! C’est un joueur qui pourrait donner une autre dimension à l’équipe suédoise. Il n’est pas encore présent, mais Lucas Wallmark fait son retour : ses deux jours d’absence étaient dus à une intoxication alimentaire. Il récupère sa place au centre de la première ligne, faisant reculer Jacob Peterson sur le troisième trio.
Mais ceux qui font la différence sur le premier but, ce ne sont pas les renforts d’outre-Atlantique. ce sont ceux qui étaient là depuis le début de camp suédois, les deux joueurs de Leksand sur la quatrième ligne. Nils Åman amène d’abord le jeu en zone offensive, puis y intercepte une mauvaise passe vers l’axe de Sam Lafferty pour donner le palet à son coéquipier de club Oskar Lang dans le coin. Celui-ci fait une passe levée pour Rasmus Dahlin, qui a bien anticipé en montant au second poteau pour une conclusion habile (1-0). C’était le premier tir du match.
Au contraire, le dernier arrivé Marcus Pettersson (Pittsburgh), qui fait son premier match dans la défense suédoise, porte plusieurs responsabilités dans l’égalisation. Il commet d’abord un dégagement interdit en tentant une longue passe alors que son équipe a une possession tranquille. Wallmark gagne pourtant la mise au jeu mais Pettersson et Tömmernes perdent le palet en fond de zone face aux efforts de Farrell et Meyers. La rondelle ressort pour Adam Gaudette qui la reprend dans le haut du filet… pendant que Pettersson passe dans le champ de vision de son gardien (1-1).
Au début du deuxième tiers-temps, le capitaine américain Seth Jones fait une passe douteuse dans sa zone. Max Friberg intercepte et part au but. Son tir du revers n’est que touché par le gardien avant d’échouer contre le poteau ! Puis c’est un lancer de la bleue d’Adam Larsson dévié par Wallmark qui est détourné de justesse par le haut de la jambière d’un Jeremy Swayman assez chanceux.
Le personnage central de la suite s’appelle Carl Grundström. L’ailier de Los Angeles a été promu de la quatrième à la deuxième ligne pour son deuxième match avec la Tre Kronor, avant d’être replacé à gauche du troisième trio au cours du match. Dans cette position, il marque dans le haut du filet sur une passe de Jacob Peterson (photo ci-dessus). Sauf que les images sont impitoyables : Grundström était hors-jeu au passage de la ligne bleue. En fin de tiers, ce même Grundström prend une pénalité en zone offensive qui coûte cher. Sur l’avantage numérique, Nate Schmidt reprend une superbe passe du revers d’Adam Gaudette (2-1).
En troisième période, peu après une occasion non convertie de Kiefer Bellows (sur un cadeau de Henrik Tömmernes qui paraît fébrile aujourd’hui), Luke Hughes bloque un tir de Klingberg avec sa crosse. Il continue de jouer et le manche de sa crosse peut-être fragilisée se brise sur un dégagement assez simple. Le palet arrive sur… Carl Grundström. Il en profite pour prendre un lancer croisé au-dessus de la mitaine de Swayman, et cette fois, le but est bien validé (2-2).
Adam Larsson est le troisième joueur à partir en prison pour un dégagement par-dessus le plexi (après les Américains Peeke et Meyers) mais la Suède gère bien cette pénalité. Gaudette se fait sanctionner en zone offensive pour avoir fait trébucher Gustafsson à sept minutes de la fin, mais le powerplay suédois ne fait pas grand-chose ce soir. Sam Lafferty envoie même Karson Kuhlman en contre-attaque pour un lancer dans la mitaine d’Ullmark. On en reste donc à un score de parité sans qu’aucune équipe ne force.
La Suède domine la possession en début de prolongation, avec un bon tir de Dahlin dévié du bouclier par Swayman, avant de concéder une grosse occasion après deux minutes. Luke Hughes parvient à transmettre le palet à Sean Farrell face au but, mais Linus Ullmark parvient à faire l’arrêt de la jambière, puis à repousser du masque le gros slap de Bordeleau sur le rebond. La leçon ne sert pas. La Tre Kronor a le contrôle à moins de trente secondes de la fin et Lucas Wallmark attaque la cage (photo ci-dessous). Mais comme Tömmernes est monté trop haut à sa suite, la transition est brutale sur le rebond : T.J. Tyman part à 2 contre 1 avec Adam Gaudette et lui offre un doublé en cage ouverte (3-2).
Seth Jones, qui jouait déjà 25 minutes en temps normal, a passé 34’39 sur la glace aujourd’hui ! Difficile à répéter sur le long terme. Les Américains peuvent-ils finir le Mondial à 5 ou 6 défenseurs (l’état de Blankenburg est en mystère) pour 15 attaquants ? L’arrière Jordan Harris est sur place, prêt à jouer en cas de besoin s’il reste une place dans l’effectif. Est-ce pour garder cette possibilité de recours que Hartman et Boldy ne sont toujours pas apparus alors qu’ils ont été annoncés… il y a déjà une semaine ?
Désignés joueurs par match : Adam Gaudette pour les États-Unis et Oskar Lang pour la Suède.
Commentaires d’après-match :
Johan Garpenlöv (entraîneur de la Suède) : « Je ne suis pas content de la première période même si nous avons marqué le premier but. Si on ne joue pas à 100% face à une bonne équipe, on perd l’initiative. Dans les deux périodes suivantes, nous avons joué la bonne attitude et nous avons montré du caractère en remontant encore un score défavorable. Le calendrier est un désastre. C’est le deuxième championnat du monde de suite où nous avons trois backs-to-backs. Cela tombe sur nous et la Grande-Bretagne. Ce calendrier suit les règlements, il paraît. Ce sont ceux au-dessus de moi qui décident. Mais je pense que c’est un désastre. »
États-Unis – Suède 3-2 après prolongation (1-1, 1-0, 0-1, 1-0)
Samedi 21 mai 2022 à 12h20 à la Nokia Arena de Tampere. 8304 spectateurs.
Arbitres : Fraser Lawrence (CAN) et Peter Stano (SVK) assistés de David Obgeweser (SUI) et Nathan van Oosten (CAN).
Pénalités : États-Unis 6′ (2′, 2′, 2′, 0′), Suède 6′ (2′, 2′, 2′, 0′).
Tirs : États-Unis 24 (6, 8, 6, 4), Suède 22 (6, 7, 7, 2).
Évolution du score :
0-1 à 02’28 : Dahlin assisté de Lang et Åman
1-1 à 07’50 : Gaudette assisté de Meyers et Peeke
2-1 à 38’58 : Schmidt assisté de Gaudette et Tynan (sup. num.)
2-2 à 46’56 : Grundström
3-2 à 64’48 : Gaudette assisté de Tynan et Swayman
États-Unis
Attaquants :
Alex Galchenyuk (-1) – Thomas Bordeleau – Vinni Lettieri
Sean Farrell – Ben Meyers (2′) – Adam Gaudette (+1, 2′)
John Hayden – Sam Lafferty (-1) – Austin Watson (A, -1)
Kieffer Bellows – T.J. Tynan (+1) – Karson Kuhlman
Défenseurs :
Jaycob Megna (-1) – Seth Jones (C)
Nate Schmidt (A, -2) – Andrew Peeke (+1, 2′)
Luke Hughes (+1)
Gardien :
Jeremy Swayman
Remplaçants : Strauss Mann (G), Riley Barber (A). En réserve : Jon Gillies (G), Nick Blankenburg (D, blessé), Jon Merrill (D, blessé et reparti).
Suède
Attaquants :
Joakim Nordström (A, -1) – Lucas Wallmark (-2) – Emil Bemström (-1)
Rasmus Asplund (-1) – Joel Kellman (2′) – Carl Grundström (+1, 2′) puis Anton Bengtsson
Mathias Bromé [puis Grundström] – Jacob Peterson (+1) – Carl Klingberg (+1)
Oskar Lang (+1) – Nils Åman (+1) – Max Friberg (+1)
Défenseurs :
Rasmus Dahlin (+1) – Adam Larsson (A, +2, 2′)
Oliver Ekman-Larsson (C) puis à 55′ Anton Lindholm – Erik Gustafsson (+1)
Henrik Tömmernes (-2) – Marcus Pettersson (-1)
Gardien :
Linus Ullmark
Remplaçant : Magnus Hellberg (G). En réserve : Marcus Högberg (G), Jonathan Pudas (D).