Le C apposé sur le maillot d’Aleksander Barkov n’étonnera personne : que le capitaine des derniers vainqueurs de la Coupe Stanley tienne ce même rôle en équipe de Finlande était attendu. L’évènement vient plutôt de son numéro de maillot : Barkov porte le 16, son numéro en NHL, alors qu’il l’inversait jusque là en 61 en équipe nationale. La raison est que le n°16 est un des neuf numéros honorés en équipe de Finlande. Ce ne sont pas des numéros retirés, mais pour le porter, il faut que soit cousu sur le maillot un écusson de nom du joueur qui l’a inscrit dans la légende, dans le cas présent Ville Peltonen. Sans y être obligé, Barkov a téléphoné à l’entraîneur de Genève-Servette pour le prévenir qu’il comptait porter « son » maillot. Il l’a ensuite retrouvé pour le dernier tournoi d’Euro Hockey Tour avant les championnats du monde. Peltonen y est assistant-coach pour la sélection finlandaise.
Le premier match n’est pas joué dans un autre pays comme il est d’usage dans l’Euro Hockey Tour, il se tient sur place à Ängelholm en Suède. La patinoire sonne donc creux car, un jeudi après-midi, les amateurs suédois de hockey n’ont évidemment posé de congé. Il y a du beau monde sur la glace, et des deux côtés. La Suisse a en effet été renforcée de quatre joueurs-phares de NHL (Hischier, Meier, Niederreiter et Josi) en plus de Pius Suter déjà présent la semaine dernière. Le sixième, Janis Jérôme Moser, éliminé avec Tampa Bay en début de semaine, a déjà donné son accord.
La Suisse part sur un bon rythme. Dès la deuxième minute, Justus Annunen (Nashville), qui était le gardien n°3 de la Finlande et devrait être le n°2 cette année (derrière Korpisalo), laisse échapper un rebond dans l’axe sur un tir de la droite de Calvin Thürkauf : le défenseur Dominik Egli dit merci et ouvre le score. Le temps fort suisse est brisé par une présence très difficile du quatrième bloc (avec les deux débutants Seiler et Frehner) qui se fait presser dans sa zone près de deux minutes. La Nati s’en sort mais le match s’est équilibré. Aatu Räty frappe sur le poteau. Thürkauf part en prison (faire trébucher) mais Leonardo Genoni tient le fort. Les rouges poussent néanmoins en fin de tiers et Egli est proche du doublé, frustré par le poteau à cinq secondes de la sirène.
La Finlande repart plus fort en deuxième période mais est toujours arrêtée au terminus Genoni. Soudain, voilà que Dominik Egli sort le palet sous la pression avec une excellente relance vers Pius Suter, qui lance la contre-attaque et offre une cage ouverte à Théo Rochette. 0-2… pendant dix secondes. La réaction est immédiate, Anton Lundell perce sur la gauche et Jesse Puljujärvi conclut dans le slot. Pleinement relancés, les Finlandais égalisaient déjà en cinq minutes par Vili Saarijärvi.
Le duel se muscle. Olli Määttä charge la révélation du championnat suisse Attila Biasca dans la bande, Timo Meier vient faire la police par un geste revanchard et annule l’avantage numérique qui se profilait. C’est au contraire la Suisse qui finit par jouer à 4 contre 5 après une crosse haute de Knak… mais cela ne l’empêche pas de reprendre les devants quand Théo Rochette suit parfaitement le contre de Malgin pour un doublé personnel (2-3).
La sortie des vestiaires est encore favorable aux blancs. Une passe de Puljujärvi est déviée par le patin de Lundell… sur l’extérieur du poteau droit. Les Finlandais arrivent de plus en plus souvent à s’installer dans l’enclave. L’égalisation vient d’une autre déviation imparable, de Saku Mäenalanen, six minutes plus tard. Mais voilà que Tyler Moy se défait de deux adversaires en zone neutre pour lancer du bout de la crosse Calvin Thürkauf qui gagne son duel avec Annunen (3-4). Efficacité maximale pour la Suisse, mais Simon Seiler prend la pénalité fatale en retenant un adversaire. Lundell signe une autre passe décisive pour Puljujärvi au second poteau (4-4).
Lundell et Puljujärvi – auteur d’un doublé le jour de ses 28 ans ont beau n’avoir jamais joué ensemble, c’est comme si les automatismes étaient naturels… Ce n’est pas du tout le cas du powerplay suisse, dont les joueurs se connaissent pourtant très bien. Il laisse passer deux opportunités, dont une en fin de match. L’indiscipline laisse aussi à désirer : Thürkauf commet une faute en zone offensive pendant la prolongation. La Nati tient, et quand elle revient à parité d’hommes sur la glace, Malgin se présente devant Justus Annunen… qui gagne son face-à-face ! Ce sera le principal fait de gloire pour le gardien finlandais des Predators, qui n’a arrêté que 76,5% des tirs et est transpercé par Rochette et Moy pendant la séance de pénaltys.
Ne nous y trompons en effet : si Genoni a livré un meilleur match qu’Annunen, ce qui a fait la différence pour la Suisse, c’est bien la Finlande qui a dominé le match pour l’essentiel.

Finlande – Suisse 4-4 (0-1, 2-2, 2-1, 0-0) / 1-2 aux tirs au but
Jeudi 7 mai 2026 à 15h00 à la Catena Arena d’Ängelholm. 447 spectateurs.
Arbitres : Adam Kika et Luděk Pilný (TCH) assistés de Rasmus Strömberg et Philip Hanning (SUE).
Pénalités : Finlande 6’ (0’, 2’, 4’, 0’) ; Suisse 10’ (2’, 4’, 2’, 2’).
Tirs : Finlande 27 (6, 12, 5, 4) ; Suisse 17 (3, 7, 4, 3).
Évolution du score :
0-1 à 01’38” : Egli assisté de Thürkauf et Frick
0-2 à 27’45” : Rochette assisté de Suter et Egli
1-2 à 27’57” : Puljujärvi assisté de Lundell et Manninen (inf. num.)
2-2 à 32’29” : Saarijärvi assisté de Lundell et Puljujärvi
2-3 à 38’52” : Rochette assisté de Malgin et Chanton
3-3 à 46’24” : Mäenalanen assisté de Kukkonen et Merelä
3-4 à 49’16” : Thürkauf assisté de Moy et Niederreiter
4-4 à 51’25” : Puljujärvi assisté de Lundell et Heinola (sup. num.)
Tirs au but :
Suisse : Malgin (manqué), Rochette (réussi), Moy (réussi), Josi (arrêté), Meier (arrêté).
Finlande : Lundell (arrêté), Puljujärvi (arrêté), Barkov (réussi), Aku Räty (manqué), Kuokkanen (arrêté).
Finlande
Attaquants :
Janne Kuokkanen (-2) – Aleksander Barkov (C, -1) – Lenni Hämeenaho (-2)
Sakari Manninen – Anton Lundell (+1) – Jesse Puljujärvi (+1)
Patrik Puistola (-1) – Aatu Räty (2’) – Aku Räty
Saku Mäenalanen – Hannes Björninen – Waltteri Merelä
Défenseurs :
Ville Heinola – Urho Vaakanainen (-1, 2’)
Mikko Lehtonen (A) – Vili Saarijärvi
Olli Määttä (A, 2’) – Miska Kukkonen
Topias Vilén – Juuso Riikola
Gardien :
Justus Annunen
Remplaçants : Harri Säteri (G), Sami Päivärinta (A). En réserve : Waltteri Ignatjew (G), Mikael Seppälä (D), Eetu Päkkilä, Eemil Erholtz, Petteri Puhakka (A).
Suisse
Attaquants :
Attilio Biasca (-1) – Nico Hischier (A, -2) – Timo Meier (-2, 2’)
Théo Rochette (+3) – Denis Malgin (+2) – Pius Suter (+2)
Nino Niederreiter – Calvin Thürkauf (A, +1, 4’) – Tyler Moy (+1)
Simon Knak (-1, 2’) – Nicolas Baechler – Yannick Frehner
Défenseurs :
Roman Josi (C) – Tim Berni
Lukas Frick – Dominik Egli (+1)
Sven Jung – Fabian Heldner (-1)
Giancarlo Chanton (+1) – Simon Seiler (+1, 2’)
Gardien :
Leonardo Genoni
Remplaçant : Reto Berra (G). En réserve : Sandro Aeschlimann (G), Christian Marti, Dean Kukan (D), Ken Jäger, Damien Riat, Tristan Scherwey, Sven Andrighetto (A).







































