Ambiance d’Europe centrale à Fribourg pour un derby entre anciens membres du même pays. Tchèques et Slovaques ont trouvé leur rythme de croisière dans ce championnat du monde. Les points perdus en route face à la petite Slovénie sont oubliés car ils ont fait le plein contre tous leurs autres adversaires. Leur confrontation est donc très importante. Le vainqueur se qualifiera pour les quarts de finale, mais se placera aussi bien pour terminer aux deux premières places de la poule et ainsi éviter de croiser les deux terreurs que sont la Suisse et la Finlande.
La première occasion est slovaque, après deux minutes de jeu : le lancer croisé de Servác Petrovský, inscrit comme treizième attaquant sur la feuille de match, frôle le bras gauche du gardien Josef Kořenář, qu’il croise régulièrement avec Liberec dans le championnat tchèque. Mais après cette action, les Tchèques installent vite des phases de possession et de pression en zone offensive.
Le premier but n’arrive pas sur ces séquences, mais très soudainement. Et il est signé Daniel Voženílek, qui a reculé en troisième ligne et joue sans ses partenaires habituels car Radim Rulík a essayé de rééquilibrer ses lignes. Le tir en entrée de zone du puissant ailier de Zoug passe entre les jambes du défenseur Viliam Kmec et surprend Samuel Hlavaj au-dessus de sa mitaine (0-1). Ayant ouvert le score après huit minutes, les Tchèques ont le match en mains et forcent peu de tirs. En avance par rapport à la jambière de Hlavaj sur un tour de cage, Michal Kempný rabat le palet du mauvais côté du poteau.
La deuxième période démarre de manière identique, mais la Slovaquie commence à s’installer de plus en plus souvent en zone offensive, Adam Sýkora s’y rend coupable d’une crosse haute, une faute qui arrête net cet élan. Les supporters le sentent et chantent « Slovensko, Slovensko » au moment où leur équipe tue la pénalité.
Même si le rythme est interrompu par quelques provocations incidents, le momentum repasse aux blancs. Un centre de Kňažko arrive sur le corps de Hrivik qui tire dès que le palet retombe et surprend Kořenář (1-1). Andrej Kollar peut enchaîner après un superbe jeu en triangle, mais le gardien du Sparta détourne de justesse.
Encore une fois, le temps fort slovaque est gâché par une pénalité idiote : après des provocations verbales de Martin Pospíšil – qui sait jouer avec la limite et comprend exactement quand s’arrêter – c’est son frère Kristián qui vient chercher des noises à Cibulka pendant un arrêt de jeu. Lui prend deux minutes… et coûte un but. Le passe de Martin Kaut est déviée par le patin du capitaine Hrivik entre les jambes de son propre gardien, pas de chance (2-1).
Kristián Pospíšil donne de multiples coups de crosse sur le banc des pénalités, un geste que beaucoup de supporters slovaques ont envie de faire à cet instant sur son effigie. Il a une chance de réparer sa bêtise en recevant une bonne relance, il s’infiltre entre les cercles et prend un tir repoussé par Josef Kořenář. Rentré sur son banc, Kristián Pospíšil frappe encore sa canne de toutes ses forces… et elle ne casse toujours pas. Pour un contrat publicitaire d’un fabricant de crosses, on tient là le candidat idéal…
Même les frasques de l’aîné des Pospíšil ne brisent pas la dynamique qui pousse la Slovaquie. Le défenseur Tomáš Cibulka se fait charger par Adam Sýkora, Mislav Rosandić intercepte sa relance sous pression est centre pour Sebastián Čederle seul face à la cage, mais Kořenář bloque bien le tir. À force, la pression blanche finit par payer. Martin Chromiak tire une, deux, trois, quatre fois de près, et Kořenář pourra demander à ses coéquipiers Hronek et Blümel pourquoi ils l’ont laissé faire aussi longtemps (2-2).

Les Tchèques se sont fait rejoindre et c’est clairement mérité. Face à son faux rythme, la Slovaquie a été bien plus volontaire. On attend de voir leur réaction au troisième tiers. Ils remettent tout de suite des mises en échec et de l’intensité, mais les blancs reprennent le contrôle du jeu et retournent de manière durable dans le camp rouge.
À dix minutes de la fin, le duel est encore très indécis. Le balancier repasse alors en faveur des rouges pendant quelques présences. Roman Červenka – qu’on n’avait pour ainsi pas vu de la rencontre – sort soudain de son invisibilité pour se proposer à la sélection tchèque de football (qualifiée pour la Coupe du monde pour la première fois depuis 20 ans) : le capitaine dévie de l’intérieur du patin un palet envoyé de la ligne bleue par Martin Kaut, son partenaire de Pardubice revenu aujourd’hui sur sa ligne. Les arbitres jugent qu’il a juste orienté son patin, sans mouvement en direction de la cage. Une décision confirmée par la vidéo (2-3). On voit d’ailleurs Červenka se faire masser la jambe sur le banc par le kiné, ce qui peut expliquer sa discrétion…
Le duel des décibels en tribunes semble alors tourner en faveur des « Češi ». Mais quand un palet ricoche sur le plexi et retombe dans le public, c’est un supporter slovaque qui l’attrape, hurlant alors sa joie comme s’il avait marqué un but. Est-ce un signe ? Sur la glace, la bataille pour le palet se poursuit le long des bandes mais il y a peu d’ouvertures. La première arrive à trois minutes de la fin avec une passe transversale de Patrik Koch pour Marek Hrivík. Le capitaine slovaque contrôle et tire une fraction de seconde avant le déplacement de Kořenář… mais sur le poteau.
Vladimír Országh appelle son temps mort et sort son gardien. Dominik Kubalík vise la cage vide depuis la ligne mais la rate ! Jakub Flek pense aussi y aller mais se fait arracher le palet près du but par Luka Radivojevič. La lutte se poursuivra donc jusqu’à la fin dans une ambiance assourdissante, mais les efforts slovaques sont vains.
Les deux équipes saluent leurs fans dans une atmosphère de festival de chansons folkloriques tchèques et slovaques. La Slovaquie a vraiment été mal payée de son bon match. Les Tchèques sont les grands gagnants comptables du jour, mais rien n’est joué pour autant. Même avec 13 points, ils ne sont pas encore qualifiés pour les quarts de finale, car les cinq prétendants aux quatre places peuvent tous terminer à toutes les positions. Le classement du groupe de Fribourg est loin d’être joué.
Désignés joueurs du match : Martin Chromiak pour la Slovaquie et Josef Kořenář pour la Tchéquie.

Slovaquie – Tchéquie 2-3 (0-1, 2-1, 0-1)
Samedi 23 mai 2026 à 16h20 à la BCF Arena de Fribourg. 6811 spectateurs.
Arbitres : Taylor Burzminski et Jesse Gour (CAN) assistés de Brian Birkhoff (CAN) et Anders Nyqvist (SUE).
Pénalités : Slovaquie 8’ (0’, 8’, 0’) ; Tchéquie 4’ (0’, 4’, 0’).
Tirs : Slovaquie 30 (7, 13, 10) ; Tchéquie 18 (6, 8, 4).
Évolution du score :
0-1 à 08’09” : Voženílek assisté de Cibulka et Kempný
1-1 à 31’30” : Hribík assisté de Kňažko et Okuliar
1-2 à 34’04” : Kaut assisté de Sedlák et Červenka (sup. num.)
2-2 à 37’50” : Chromiak
2-3 à 52’02” : Červenka assisté de Kaut
Slovaquie
Attaquants :
Kristián Pospíšil (-1, 4’) – Martin Pospíšil (A, -1, 2’) – Martin Faško-Rudáš (A, -1)
Oliver Okuliar (+1) – Marek Hrivík (C, +1) – Adam Liška (+1)
Adam Sýkora (2’) – Sebastián Čederle – Martin Chromiak
Aurel Nauš – Andrej Kollár – Filip Mešár
Servác Petrovský
Défenseurs :
Mislav Rosandić – František Gajdoš (+1)
Patrik Koch (-1) – Viliam Kmec (-1)
Samuel Kňažko (+1) – Martin Štrbák (+1)
Luka Radivojevič (-1)
Gardien :
Samuel Hlavaj
Remplaçant : Adam Gajan (G). Non équipés : Eugen Rabčan (G), Jakub Meliško (D), Jakub Minárik (A).
Tchéquie
Attaquants :
Roman Červenka (C) – Lukáš Sedlák (A) – Martin Kaut (2’)
Dominik Kubalík – David Tomášek – Jakub Flek
Daniel Voženílek – Matyáš Melovský – Matěj Blümel
Ondřej Beránek – Jiří Černoch – Jaroslav Chmelař
Défenseurs :
Michal Kempný (+1, 2’) – Filip Hronek (A, -1)
Libor Hájek (+1) – Tomáš Cibulka (+2)
Jiří Ticháček (-1) – Marek Alscher (-1)
Tomáš Galvas (-1)
Gardien :
Josef Kořenář
Remplaçants : Dominik Pavlát (G), Michal Kovařčík (A). Non équipés : Petr Kváča (G), Jan Ščotka (D), Jan Mandát (A).









































