Enfin vainqueurs vendredi à Anglet (3-0), après six défaites d’entrée, les Gothiques retrouvaient le Coliséum deux jours plus tard, au lendemain d’un long retour du Pays basque en bus et pour leur troisième match en six jours. Ce premier succès, ils le devaient avant tout à un Alexis Gravel intraitable et à un réalisme qui leur avait longtemps fait défaut. Le bilan restait néanmoins maigre, avec quatre points et une onzième place, une semaine après leur défaite à domicile contre Gap (2-5). Mardi déjà, à Rouen (0-2), Gravel avait tenu les siens dans le match avec trente-cinq arrêts, mais l’attaque était restée muette, et seul un but en cage vide à quatorze secondes de la fin avait doublé la marque. Privé de son capitaine Bergeron et de l’attaquant Di Dio Balsamo, Bruce Richardson reconduisait le jeune Gaspard Vanwormhoudt, apparu pour la première fois de la saison à Anglet, en troisième paire aux côtés de Plagnat. Pour cette soirée placée sous le signe d’Octobre rose, il s’agissait de transformer le soulagement d’Anglet en série.
En face, les Jokers de Cergy-Pontoise ne présentaient guère un visage plus rassurant. Neuvièmes de la saison régulière l’an passé, dix points derrière Amiens, ils n’avaient assuré leur maintien qu’en poule de maintien, qu’ils avaient terminée en tête. Leur début de saison ressemblait d’ailleurs à celui des Samariens. Battus d’entrée par Marseille (1-3) puis à Bordeaux (1-3), ils n’avaient dompté Nice qu’en prolongation (6-5), avant d’enchaîner trois revers, à Chamonix, contre Angers et à Grenoble. Vendredi pourtant, ils avaient balayé Gap (4-0), Eliasson blanchissant ces mêmes Rapaces qui avaient marqué cinq fois au Coliséum cinq jours plus tôt. Dixièmes, avec un point de plus que les Gothiques, les Jokers possédaient une attaque redoutable en supériorité numérique (dix de leurs dix-neuf buts), ce qui invitait les Amiénois à la discipline. Leur défense, en revanche, avait déjà concédé vingt-six buts, dont six à Chamonix et six contre Angers, et laissait des espaces que la finition retrouvée à Anglet pouvait exploiter.
Pris au piège
Le début de rencontre était équilibré, les Jokers paraissant peut-être un peu plus présents en zone offensive, mais sans véritable coup d’éclat de part et d’autre. Le problème amiénois se dessinait pourtant très vite, et il tenait en un mot, la relance. Bien regroupés en zone neutre, les visiteurs y tendaient un piège dans lequel les Gothiques tombaient à répétition, perdant de nombreux palets au moment de sortir de leur zone, et se résolvant trop souvent à expédier le palet loin devant, au prix de dégagements interdits à la chaîne.
Il fallait attendre la huitième minute pour voir la ligne de Djemel s’installer enfin durablement en zone offensive (7’09), une première séquence conclue par un lancer de la ligne bleue, dévié mais à côté. Le répit était de courte durée. Sur un nouveau dégagement interdit amiénois, Cergy remportait la mise au jeu dans la zone de Gravel, un lancer à ras de glace était repoussé de la jambière par le gardien amiénois, mais Gegeris, idéalement placé devant la cage, reprenait le palet pour ouvrir le score (0-1, 7’36). Le but disait tout des difficultés samariennes en zone neutre, dont ce dégagement interdit n’était que la conséquence.

La seule supériorité numérique amiénoise du tiers (Volcan, cinglage) permettait aux Gothiques de s’installer, sans pour autant se créer de véritable occasion, jusqu’à ce que Craig, depuis la pointe, s’avance dans le cercle et tente sa chance, sans grande conviction. L’atmosphère, elle, se tendait déjà, chaque coup de sifflet donnant lieu à quelques échanges musclés. Les Jokers semblaient également prendre le dessus dans la bataille des mises au jeu. Contraints de se débarrasser du palet en fond de zone, les Amiénois se faisaient prendre hors de position, et sur l’un des contres qui en découlaient, Pardo filait à deux contre un avant que Gravel ne s’interpose du bouclier.

Le manque de mobilité amiénois devenait criant. Pénalisés en zone offensive (Craig, 16’57, cinglage), les Gothiques subissaient ensuite une supériorité des Jokers pendant laquelle ils se faisaient balader, sans pour autant concéder de véritable ligne de tir, et regagnaient les vestiaires avec un but de retard.

Un temps mort bien senti
Le deuxième tiers s’ouvrait sur un tout autre rythme, de longues minutes sans le moindre arrêt de jeu, à courir d’une zone à l’autre sans que l’une ou l’autre équipe ne se montre vraiment dangereuse. La première alerte sérieuse venait des Jokers, une superbe passe lançant Macklin, leur meilleur pointeur, seul vers la cage, mais Gravel tenait bon et l’écartait de la crosse (26’34).

Les Gothiques montraient pourtant un tout autre visage que lors du premier acte. Mieux en jambes, plus à l’aise dans le maniement du palet, ils prenaient peu à peu le contrôle du territoire, et la mobilité qui leur avait tant manqué semblait retrouvée. La pression amiénoise devenait telle que Philippe Horsky choisissait de prendre son temps mort pour casser le momentum, et le coup tactique portait ses fruits, Cergy ressortant la tête de l’eau dans la foulée.

Les Jokers obtenaient même une supériorité numérique (Lemaitre, 38’49, retenir) qui mettait les Gothiques sur un fil. Sous une pression énorme, les Amiénois tenaient, à l’image de Hinam, qui se sacrifiait devant un lancer dangereux, et l’écart restait d’un but à la pause.

Plagnat de résistance
Le dernier tiers offrait d’abord aux Gothiques l’occasion de revenir. Parti seul en contre-attaque, Seitz provoquait la pénalité de Pardo (42’57, faire trébucher). Sur le jeu de puissance qui suivait, Craig, servi, faisait le tour de la cage et trouvait Bernier dans le slot, mais ce dernier ne parvenait pas à lever le palet, repoussé par la jambière d’Eliasson (43’59).

Un pressing remarquable de Hinam offrait ensuite à Craig une grosse occasion, mais son revers butait sur un bel arrêt d’Eliasson. À l’autre bout, lancé en pleine vitesse vers la cage de Gravel, Gibert, encore amiénois la saison dernière, était fauché par Vertanen (48’20, faire trébucher), mais le jeu de puissance cergyssois ne donnait rien.

Les Gothiques tiraient davantage, quatorze fois dans le tiers, mais Amiens n’était pas inspiré, surtout offensivement, et ses situations dangereuses semblaient naître davantage du hasard que d’une construction. Sur une mise au jeu remportée par Barriga en zone offensive, Djemel se retrouvait servi dans le slot sans qu’on sache trop comment, pour voir son lancer happé par la mitaine d’Eliasson (51’11).
Il fallait finalement une action déjà vue à plusieurs reprises dans la soirée pour faire céder les Jokers. Girouard entrait en zone par le côté et faisait le tour de la cage, Eliasson s’interposait de la jambière, mais Plagnat surgissait au rebond pour égaliser (1-1, 56’12). Le défenseur signait là son premier but de la saison.
Les Jokers n’avaient pas dit leur dernier mot pour autant. Sur un lancer de la ligne bleue, Gravel, masqué, relâchait un rebond, et il lui fallait un arrêt décisif sur la reprise pour envoyer les deux équipes en prolongation.

Tour de Magee
La prolongation ne durait que soixante-dix secondes. À trois contre trois, Magee décochait d’entre les cercles un tir croisé à mi-hauteur qui trompait Eliasson et offrait la victoire aux Gothiques (2-1, 61’10). Pour son premier but de la saison, l’attaquant amiénois avait choisi son moment.

Du caractère, faute d’inspiration
Avec deux victoires de suite et cinq points pris en trois jours, le bilan comptable était flatteur, mais ce succès disait moins la santé des Gothiques que leur capacité à survivre à leurs propres manques. Face à une défense qui avait déjà encaissé vingt-six buts, ils ne trompaient Eliasson qu’une fois dans le temps réglementaire, et un premier tiers sans mobilité ni solution avait fait dire à Bruce Richardson que ses joueurs étaient « mous ». Le réveil du deuxième acte ne se traduisait jamais au tableau d’affichage, et le jeu de puissance restait muet. Néanmoins, Gravel demeurait le meilleur atout des Gothiques (vingt-six arrêts), la discipline ne coûtait rien face à une équipe qui avait inscrit dix de ses dix-neuf buts en supériorité, et la défense, privée de Bergeron, tenait elle aussi. Si ces deux points disaient surtout le caractère d’un groupe capable de rester dans un match qu’il ne maîtrisait pas, Bruce Richardson devra trouver davantage d’inspiration pour lancer la série espérée.

Remontés à la dixième place avec six points, à égalité avec les Jokers, les Gothiques prenaient la route de Briançon, huitième avec quatre points de plus, à la dernière place qualificative pour les play-offs, pour y disputer la 9e journée le vendredi 9 octobre à 20h00. Cergy-Pontoise, qui repartait du Coliséum avec le point de la prolongation, s’apprêtait à recevoir Anglet, lanterne rouge, ce même vendredi à l’Aren’Ice (20h30).
Meilleurs joueurs : Alexis Gravel (Amiens), Jesper Eliasson (Cergy-Pontoise)
Amiens – Cergy-Pontoise 2-1 après prolongation (0-1, 0-0, 1-0, 1-0)
Dimanche 4 octobre 2026 à 19h00 au Coliséum. 3 123 spectateurs.
Arbitres : Nicolas Crégut et Julien Peyre assistés de Hugo Maillard et Pierre Mercier-Landry
Pénalités : Amiens 6′ (2′, 2′, 2′, 0′) ; Cergy-Pontoise 4′ (2′, 0′, 2′, 0′).
Pénalité de Lemaitre portée à 38’49 : la feuille la date de 18’49 mais en fixe la fin à 40’49.
Tirs : Amiens 30 (9, 6, 14, 1) ; Cergy-Pontoise 27 (11, 7, 8, 1)
Évolution du score :
0-1 à 07’36 : Gegeris assisté de Karjalainen et Somoza
1-1 à 56’12 : Plagnat assisté de Girouard
2-1 à 61’10 : Magee assisté de Schmitt et Djemel
Amiens
Attaquants :
Nicholas Girouard (+1) – Kieran Craig (A, +1, 2′) – Gabriel Bernier (+1)
Nicholas Seitz – Virgile Gauffriau – Tyler Hinam
Ilies Djemel (+1) – Elijiah Barriga – Brandon Magee (+1)
Noa Besson (-1) – Enzo Benoit (-1) – Esteban Voiturier (-1)
Défenseurs :
Jere Vertanen (2′) – Charles Schmitt (+1)
Mathieu Mony (A, -1) – Bastien Lemaitre (2′)
Gaspard Vanwormhoudt – Antonin Plagnat (A, +1)
Gardien :
Alexis Gravel
Remplaçant : Mathis Thirion (G). Absents : Cédric Di Dio Balsamo (blessure), Justin Bergeron
Cergy-Pontoise
Attaquants :
Nolan Volcan (2′) – Ethan Somoza (C) – Emils Gegeris (+1)
Lukas Macklin – Bror Fredrik Elias Stromgren – Thomas Suire (A)
Colin Delatour – Kalle Myllymaa (-1) – Gauthier Gibert
Louis Petit (-1) – Tomas Pardo (-1, 2′) – Kenny Jumel
Défenseurs :
Karl Lindström (-1) – Leevi Karjalainen
Noah Wendling – Ryan Orgel (A)
Yoan Salve – Valentin Coffy
Gardien :
Jesper Eliasson
Remplaçant : Olivier Richard (G).
































