Grenoble au diesel

Du côté grenoblois, on a battu le rappel avec la présence de l’intégralité des joueurs sélectionnables dans cette catégorie, dont une bonne partie a disputé la saison de Ligue Magnus avec l’équipe senior. Ainsi le gardien Sébastien Raibon garde les cages tandis que les internationaux Maxime Moisand et Nicolas Arrossamena, tout juste convoqués pour la préparation des championnats du monde, sont également présents, tout comme Julien Baylacq, Graham Avenel ou encore Jason Crossman. À noter que cette rencontre risque d’être placée sous le signe de l’offensive avec la présence des trois meilleurs pointeurs du championnat Espoir Elite : les Rémois Rolands Vigners et Florian Sabatier ainsi que le Grenoblois Raphaël Papa.

Les espoirs grenoblois ont du mal à sortir de leur léthargie initiale et ne profitent pas d’une première pénalité de Terry Dumont, toujours perturbés par le pressing agressif des Rémois. À l’inverse, les Rémois font preuve d’une redoutable efficacité quelques minutes plus tard dans le même exercice : avec Nicolas Arrossamena en prison, Reims installe rapidement le jeu de puissance. Un tir d’Armand Coustenoble est repoussé par Sébastien Raibon mais Rolands Vigners est présent au rebond et propulse le palet au fond des filets (0-2, 10’19 »).
Dans la foulée, Reims se fait prendre pour un surnombre. Une infériorité numérique qui devient double lorsque Vigners est sanctionné pour un retenir. Mais le power-play grenoblois est totalement statique et ne parvient pas à tirer profit des vingt secondes jouées à cinq contre trois, pas plus que du reste de la supériorité numérique. À plusieurs reprises, les Grenoblois sont tout près d’encaisser un troisième but tant les Rémois semblent intouchables dans ce premier tiers.

Reims commence à subir et suite à un débordement côté droit, Cesar Joffre expédie un bon tir que repousse Catelin mais Arrossamena avait suivi et reprend victorieusement le rebond dans la cage (2-2, 19’23 »). L’égalisation grenobloise dans la dernière minute est un quasi-miracle compte tenu de la physionomie du tiers-temps.
Grenoble débute la seconde période en supériorité numérique puisque Armand Coustenoble s’est fait pénaliser à la fin du premier tiers. Un avantage numérique rapidement mis à profit par Grenoble sur un jeu de puissance posé en zone d’attaque : Raphaël Papa installé derrière la cage rémoise passe à Rémi Colotti qui arrive lancé et envoie le palet en lucarne (3-2, 20’38 »). En marquant trois buts en si peu de temps, les Brûleurs de Loups sont cette fois bien rentrés dans le match.
On se dit même que cela peut aller très vite s’ils continuent sur leur lancée, surtout que Lohou se fait pénaliser dans la foulée. Mais si les Rémois ont complètement sombré offensivement dans ce deuxième tiers, ils n’en restent pas moins accrocheurs défensivement et retardent l’échéance au fil des minutes. Côté grenoblois, trop de maladresses dans le dernier geste empêche d’aller véritablement au bout des actions.

Sur une contre-attaque en infériorité, Elie Raibon parvient à se démarquer mais perd son face-à-face contre Steven Catelin qui réalise un bel arrêt de la botte. Puis c’est au tour des poteaux rémois de trembler sur une infériorité numérique champenoise. Alors quand Maxime Moisand part en prison à deux minutes de la fin du tiers, François Dusseau se dit que la chance peut tourner et qu’il y a peut-être quelque chose à jouer avant la pause. Il demande un temps-mort mais son équipe ne parvient pas à égaliser et Grenoble préserve son avantage jusqu’au coup de sirène.
L’objectif pour Grenoble en début de troisième période est d’accroître son avance au score en vue de demain. Plus entreprenants et surtout beaucoup plus incisifs qu’en début de match, ils prennent le pas sur une équipe rémoise qui a du mal à garder le même niveau de jeu pendant tout le match. L’apport de Joris Bedin dans les lignes d’attaque se fait de nouveau sentir : sur une phase de jeu grenobloise en zone offensive, il récupère un rebond et catapulte le palet dans la lucarne de Catelin (4-2, 45’41 »). Net et sans bavure.
Avec deux buts d’avance, les espoirs grenoblois semblent n’avoir plus qu’à gérer la fin de la rencontre. Mais ils vont se compliquer la tâche en accumulant les pénalités. Crossman, puis Joffre, Benoît et Arrossamena : dès qu’un joueur sortait de prison, un autre prenait sa place sur le banc des pénalités. Pendant près de huit minutes, les Rémois vont ainsi évoluer continuellement en supériorité numérique mais auront beaucoup de difficulté à concrétiser leur avantage numérique. Et lorsqu’ils pensent enfin avoir enfin réduit le score, leur but est logiquement refusé car marqué avec le gant au terme d’une action très confuse devant la cage de Sébastien Raibon.

Désormais euphoriques, ils vont continuer sur leur lancée avec un bon mouvement de César Joffre, très bon cet après-midi, lequel centre en retrait devant le but : Papa, en très bonne position, ne fait qu’effleurer la rondelle mais Colotti s’avance pour reprendre le palet : sont tir est dévié du patin par le malheureux Catelin dans ses propres filets (6-2, 57’21 »). Un relâchement coupable de la défense grenobloise permettra tout de même à Nicolas Thos de réduire l’écart en vue du match de demain. Le Rémois parvient à pousser le palet au fond des filets alors qu’une nouvelle pénalité venait d’être appelée à l’encontre d’un joueur grenoblois (6-3 à 58’29 »).
Après un départ canon, les Rémois se sont éteints petit à petit au fil de la rencontre. La présence répétée des même joueurs sur la glace (Vigners, Hordelalay, Sabatier, Dusseau), notamment lors des phases de supériorité numérique, a fini par user physiquement une équipe pourtant très déterminée et très agressive sur le porteur du palet. Après être restés longtemps au contact, les Rémois ont fini par céder en fin de match alors qu’une longue période de supériorité numérique aurait dû leur permettre de recoller au score, voire de repasser devant. Une inefficacité en supériorité numérique qui est le gros point noir de la rencontre côté rémois avec la prestation du gardien Steven Catelin, pas toujours à son aise. Du coup, ils compromettent leur chance de qualification avec un handicap de trois buts difficile à remonter.
Les Grenoblois ont réussi à renverser une situation compromise au départ en prenant finalement le large au fil de la rencontre. Trop attentistes en début de rencontre, il leur a fallu un tiers-temps pour se mettre au niveau de l’événement physiquement. Heureusement pour eux le talent des individualités a permis de compenser un collectif déficient par moment à l’image de Nicolas Arrossamena qui met son équipe dans le sens de la marche au premier tiers-temps.
À noter également la bonne prestation de Rémi Colotti, auteur d’un doublé ce soir, celle d’Elie Raibon, infatigable patineur, de Joris Bedin qui par sa supériorité technique a apporté un plus dès qu’il a eu plus de temps de jeu mais aussi celle de César Joffre, par son intensité et son travail dans les bandes qui a montré que sa convocation avec les seniors pour le dernier match de la saison régulière à Marseille contre Gap n’était pas dû au hasard. Seul point noir à corriger pour demain : une indiscipline répétée qui aurait pu coûter bien plus cher dans ce match. Avec trois buts d’avance, les espoirs grenoblois ont un patin en finale, il leur reste à mettre le deuxième en confirmant demain.
(photos www.hockey-passion.com)
Grenoble – Reims 6-3 (2-2, 1-0, 3-1)
Samedi 26 mars 2011 à 16h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 826 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo assisté de Mathieu Barbez et Frédéric Peurière.
Pénalités : Grenoble 16′ (2′, 4′, 10′), Reims 14′ (8′, 6′, 0′).
Evolution du score :
0-1 à 03’56 » : Hordelalay assisté de Thos et Vigners
0-2 à 10’19 » : Vigners assisté de Coustenoble (sup. num.)
1-2 à 16’48 » : Arrossamena assisté de Colotti et Moisand
2-2 à 19’23 » : Arrossamena assisté de Joffre et Papa
3-2 à 20’38 » : Colotti assisté de Papa et Joffre (sup. num.)
4-2 à 45’41 » : Bedin assisté de Breton et E.Raibon
5-2 à 54’05 » : E.Raibon assisté de Avenel et Colotti (inf. num.)
6-2 à 57’21 » : Colotti assisté de Papa et Joffre
6-3 à 58’29 » : Thos assisté de Ottino et Dusseau
Grenoble
Gardien : Sébastien Raibon.
Défenseurs : Maxime Suzzarini – Jules Breton (C) ; Jason Crossman – Vincent Llorca ; Rémi Colotti – Maxime Moisand.
Attaquants : Nathan Bernier – Kenny Martin (A) – Elie Raibon ; Julien Baylacq – Loup Benoît – Graham Avenel ; César Joffre – Raphaël Papa – Nicolas Arrossamena ; Sébastien Delemps – Thomas Chapuis – Joris Bedin ; Gaspard Brunet.
Remplaçants : Anthony Koren (G), Benjamin Scolari.
Reims
Gardien : Steven Catelin.
Défenseurs : Florian Chakiachvili – Kévin Dusseau ; Armand Coustenoble (A) – Tristan Lohout (A) ; François-Xavier Bannier – Charles Delgove.
Attaquants : Robin Chrétien – Florian Sabatier (C) – Thybaud Rouillard ; Nicolas Thos – Pierre-Charles Hordelalay – Rolands Vigners ; Pierre Gimel – Kevin Ottino – Terry Dumont.
Remplaçants : Dylan Celestin (G), Simon Catrin, Cyril David, Romain Lebrun.









































