Un tiers suffit à Grenoble

Du côté spinalien, l’objectif est clair : décrocher une victoire pour égaliser dans la série et revenir dans les Vosges avec l’avantage de la glace. Santino Pellegrino a pu constater que son équipe n’était pas loin du compte hier et aurait même pu décrocher la prolongation avec un peu plus de réussite. Cette fois peut donc être la bonne si les Dauphins parviennent de nouveau à faire douter les Brûleurs de Loups, pas vraiment souverains hier.

Malgré les efforts des deux équipes, on semble s’acheminer vers un 0-0 à la fin du tiers. Mais les Dauphins ne l’entendent pas de cette oreille et parviennent à ouvrir le score sur une action très confuse : Jan Simko ressort le palet depuis la bande, file vers la cage et profite du trafic pour tirer du revers. Le palet semble glisser dans un trou de souris entre le poteau et la jambière de Raibon. Le but est validé par M. Bergamelli qui a vu le palet rentrer (0-1, 17’15 »). Francis Desrosiers sonne la charge pour tenter d’égaliser mais Guillaume Chassard le fait trébucher au passage. La première pénalité est donc spinalienne. Les Grenoblois terminent ainsi le tiers en supériorité numérique, sans pouvoir en profiter. Malgré de bonnes intentions dans le jeu, les hommes de Jean-François Dufour se trouvent menés au score.

Dès lors, les Brûleurs de Loups mettent enfin un surplus d’énergie pour récupérer les palets dans la bande, notamment sous l’impulsion de la quatrième ligne. Après plusieurs mises en échec dans la bande de Baylacq et Elie Raibon, ce dernier revient devant la cage avec le palet. Baylacq tente un premier tir, Lacasse détourne mais Elie Raibon pousse le palet au fond du bout de la crosse (1-1, 23’56 »). Ce but « à l’énergie » semble donner le surplus d’intensité qui manquait aux Brûleurs de Loups depuis le début de cette série. Le reste de l’équipe se met au diapason et met la pression physique sur une équipe d’Épinal déstabilisée. Les Grenoblois monopolisent la rondelle et sèment la confusion aux abords du slot de Lacasse. Suite à un engagement gagné en zone offensive, Le Blond tire du revers sur Lacasse qui repousse, le palet revient sur Avenel présent au rebond mais Lacasse intervient nouvelle fois. Le palet est dégagé par un défenseur sur Tartari qui marque en faisant simplement opposition au palet qui s’élevait dans les airs (2-1, 29’09 »).

Mais ce match devient fou puisque quelques secondes plus tard, Alexandre Rouleau tombe à la ligne bleue en étant le dernier porteur du palet. Maxime Boisclair s’en saisit et va battre tranquillement Raibon qui se couche un peu trop tôt (4-2, 34’03 »). Ce but relance Épinal qui retrouve enfin le chemin de la zone offensive iséroise. La fin de l’hémorragie ? Non, puisque Christophe Tartari relance la machine iséroise en s’appuyant sur Le Blond en contre-attaque. Le deux contre un fonctionne parfaitement et Tartari ajuste Lacasse sous la barre (5-2, 36’03 »). Ce but conduit Santino Pellegrino à rappeler son gardien qui rentre au vestiaire fou de rage, mais ce n’est pas fini pour lui puisque quelques secondes plus tard, Grenoble n’arrive pas à se dégager de sa zone défensive : Boisclair remet le palet devant la cage, Amar n’arrive qu’à le freiner ce qui permet à Lafrance de centrer pour Simko, lequel réduit immédiatement le score (5-3, 36’44 »). Matthieu Perrin met du temps à se relever après une grosse mise en échec de Steiner sur le but. Pendant ce temps, Lacasse en profite pour revenir dans les cages spinaliennes. Au terme de ces vingt minutes complètement folles, les Brûleurs de Loups n’ont finalement « que » deux buts d’avance et tout reste possible avant le troisième tiers.

Les deux équipes semblent très fébriles et le jeu est moins fluide que lors du deuxième tiers-temps. Après un bon travail dans les bandes, Arrossamena se fait accrocher par Gervais. Sur la supériorité numérique qui suit, Grenoble met une grosse pression sur la cage de Lacasse. Mais ni Ouimet, ni Dusseau ne parviennent à marquer à bout portant. De retour à cinq contre cinq, les Spinaliens remettent la pression en zone grenobloise. Tartari dégage un peu trop hâtivement au-dessus du plexiglas central et se fait sanctionner pour retard de jeu. C’est la dernière occasion pour Épinal de refaire son retard mais le box play grenoblois est compact et ne laisse que peu d’espaces. Pellegrino tente alors le tout pour le tout et fait sortir son gardien à plus de deux minutes de la fin. Les Dauphins campent dans la zone grenobloise mais contrairement à la veille, ils ne parviennent pas à réduire le score. La frustration commence à s’emparer des Spinaliens et un accrochage entre Steiner et Boisclair sur le coup de sirène déclenche un début de bagarre. Mais ce tiers-temps vierge de but fait finalement les affaires grenobloises qui remportent leur deuxième match de la série.

Les Dauphins étaient plutôt bien partis dans cette rencontre en ouvrant le score de manière inattendue. Mais ce premier but n’a pas eu l’effet escompté car les Spinaliens n’ont pas pu rapidement faire le break. Ils ont au contraire explosé défensivement dès que les Brûleurs de Loups ont mis la pression sur leur cage, faisant même perdre la tête à Lacasse avec cinq buts encaissés en vingt minutes et qui a eu besoin de sortir se ressourcer avant de revenir disputer le troisième tiers-temps. Offensivement, les Spinaliens ont su profiter des largesses offertes par la défense grenobloise grâce à Jan Simko, très efficace avec deux buts marqués, et Maxime Boisclair. Une efficacité offensive qui leur a permis de rester au contact de leurs adversaires. Même si la frustration a eu tendance à gagner les rangs spinaliens en fin de match, les Dauphins n’ont sans doute pas encore baissé pavillon dans cette série, mais ils n’ont désormais plus droit à l’erreur.
Désigné meilleur joueur du match : Christophe Tartari (Grenoble)
(photos www.hockey-passion.com)
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Christophe Tartari (attaquant de Grenoble) : « On doit être capable de garder l’écart au tableau d’affichage, pour envoyer un message aux autres équipes. Elles doivent se dire que Grenoble est solide défensivement. Ils ont envoyé un message. Il perdent 2-0 mais ils vont nous rentrer dedans. »
Nicolas Arrossamena (attaquant de Grenoble) : « À 4-1, on s’est dit qu’on allait leur mettre une raclée. Au lieu de ça, on les a remis dedans. Ils n’ont plus rien à perdre. On veut les plier dès mardi mais il faudra faire attention. [La fin de match] voulait dire : « on vous attend les gars, soyez prêts. » Alors on va allez là-bas et tout donner. »
Grenoble – Epinal 5-3 (0-1, 5-2, 0-0)
Samedi 25 février 2012 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2700 spectateurs
Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Nicolas Cregut et Matthieu Barbez
Pénalités : Grenoble 4′ (0′, 0′, 4′), Epinal 28′ (2′, 0′, 6’+10’+10′)
Tirs cadrés : Grenoble XX (13, 15, XX), Epinal XX (10, 8, XX)
Évolution du score :
0-1 à 17’15 » : Simko assisté de Gervais et Lafrance
1-1 à 23’56 » : E.Raibon assisté de Baylacq et Benoît
2-1 à 29’09 » : Tartari assisté de Avenel et Le Blond
3-1 à 32’42 » : Rouleau assisté de Le Blond et Tartari
4-1 à 33’48 » : Desrosiers assisté de Ouimet et Arrossamena
4-2 à 34’03 » : Boisclair
5-2 à 36’03 » : Tartari assisté de Le Blond
5-3 à 36’44 » : Simko assisté de Lafrance et Boisclair
Grenoble
Gardien : Sébastien Raibon
Défenseurs : Alexandre Rouleau (A) – Sylvain Dufresne ; Baptiste Amar (A) – Michael Steiner ; Kévin Dusseau.
Attaquants : Francis Desrosiers – Mitja Sivic – Anthony Aquino ; Graham Avenel – Christophe Tartari – Mathieu Le Blond ; Joris Bedin – François Ouimet – Nicolas Arrossamena ; Elie Raibon – Loup Benoît – Julien Baylacq (C).
Remplaçants : Ronan Quemener (G), Maxime Suzzarini, Rémi Colotti. Absent : Jason Crossman (épaule).
Epinal
Gardien : Loïc Lacasse [de 00’00 » à 36’03 » et de 36’44 » à 57’24 »] et Matthieu Perrin [de 36’03 » à 36’44 »]
Défenseurs : Nyko Mantylä – Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka – Stéphane Gervais .
Attaquants : Jan Simko – Toby Lafrance – Maxime Boisclair (A) ; Chad Lacasse – Michal Petrak – Jan Plch (A) ; Guillaume Papelier – Yanick Offret – Guillaume Chassard ; Kévin Benchabane – Nathan Ganz.
Absents : Peter Slovak (péroné), Armando Scarlato (fracture de la mâchoire), Erwan Agostini (genou).







































