Beau-papa trop gentil ou trop partial ?

C’est d’ailleurs le reproche principal fait à Hadamczik : se laisser influencer par des considérations personnelles. Hormis les intouchables comme Jagr, les « vedettes de second plan » ont souvent des problèmes avec son autoritarisme. Les non-sélections de Jan Hejda et Jiri Hudler, qui connaissent pourtant la meilleure saison de leurs carrières en NHL, font polémique, laquelle s’envenime même dans le premier cas avec des échanges de répliques cinglantes.
Ce qui cristallise l’incompréhension, c’est que Hadamczik a sélectionné… son gendre (Michal Barinka) ! Une telle décision serait regardée d’un oeil critique si le joueur en question était indiscutable. Comme il est loin de l’être, la pilule est grosse.
Gardiens
Ondřej Pavelec (Winnipeg Jets, NHL)
Jakub Kovář (Avtomobilist Ekaterinbourg, KHL)
Alexander Salák (SKA Saint-Pétersbourg, KHL)

Le problème est que Winnipeg connaît une saison difficile et que Pavelec n’est pas exempt d’erreurs. Ces dernières semaines, la hiérarchie annoncée n’est donc plus aussi claire. Hadamczik a laissé entendre que la décision ne se ferait qu’à Sotchi, et il a ainsi réouvert la concurrence. Les gardiens de KHL sont en bonne forme, en particulier Jakub Kovář. Ce gardien qui évolue parfois loin de sa cage pour boucher l’angle pourrait avoir à coeur de faire oublier ses faiblesses en un contre un lors de la demi-finale 2012.
Les absents dans les cages : lorsque Michal Neuvirth a perdu sa place à Washington par l’éclosion inattendue du jeune Allemand Philipp Grubauer, les derniers doutes sur le trio sélectionné ont été levés.
Défenseurs
Marek Židlický (New Jersey Devils, NHL) – Michal Rozsíval (Chicago Blackhawks, NHL)

Ladislav Šmíd (Calgary Flames, NHL) – Zbyněk Michálek (Phoenix Coyotes, NHL)
Cette paire déjà vue aux derniers championnats du monde pourrait bien être reconduite : ses instincts défensifs pourraient être utilisés pour neutraliser les meilleures lignes adverses. C’est souvent la mission du physique Ladislav Šmíd, à qui ses faibles statistiques ne rendent pas justice. Il est assez mobile malgré ses 102 kilos. Zbynek Michalek est un joueur toujours prêt au sacrifice, en particulier pour faire barrage devant les tirs. Il a été opéré de la hanche à l’été 2012 et était incertain car blessé au même endroit au moment de la sélection, mais il a fait son retour mi-janvier.
Tomáš Kaberle (Kladno, TCH) – Radko Gudas (Tampa Bay, NHL)
Tomáš Kaberle a connu une longue carrière NHL (1086 rencontres et 602 points en incluant les play-offs) pour un défenseur au style aussi peu physique, mais il a vu son contrat racheté par les Canadiens de Montréal en juin et est rentré dans son club formateur Kladno, qu’il n’a pu dégager du bas de tableau de l’Extraliga tchèque. Sa nomination n’avait rien d’évident, mais les Tchèques avaient besoin d’un second arrière pour mener le jeu de puissance en plus de Zidlicky. Les qualités techniques et de passe de Kaberle complètent bien les lignes arrières.
Même si son gabarit est un peu moins gros, Radko Gudas est un joueur bien plus agressif, qui figure à la troisième place de la NHL pour les mises en échec données. Ce joueur qui a dû attendre sa troisième inscription à la draft (en partant jouer en junior au Canada entre-temps) pour se faire repérer s’est fait un nom outre-Atlantique en démolissant l’AHL avant de creuser très vite son sillon à Tampa Bay. C’est sa première sélection en sénior, et il est donc une des jeunes surprises de Hadamczik.
Michal Barinka (HC Vítkovice, TCH) – Lukáš Krajíček (Dynamo Minsk, KHL)
Barinka ne doit-il donc sa sélection qu’au fait d’avoir épousé la fille divorcée (et plus âgée que lui) du sélectionneur, comme le disent les mauvaises langues ? Jusqu’ici, on ne ressentait pas de favoritisme. Michal Barinka, soupçonné de ralentir le jeu, avait fini le championnat du monde 2010 en tribune et n’avait plus été sélectionné en compétition officielle depuis lors, même s’il était testé chaque saison. Apparemment, il le doit à sa performance en décembre à l’Euro Hockey Tour. Hadamczik a expliqué : « Nous avons convenu que Barinka et Krajíček avaient très bien joué le dernier tournoi à Sotchi, c’est pourquoi nous les avons préférés à Petr Čáslava. Il n’y a pas de raison de penser que deux joueurs seraient différents au même endroit deux mois plus tard. »

Le sélectionneur n’a pas souhaité attendre la guérison de la cheville cassée de Roman Polák.
Le cas le plus chaud est celui de Jan Hejda. Il a été champion du monde en 2004 et vice-champion du monde en 2005, dans ce dernier cas avec Hadamczik sur le banc. Mais la brouille est plus récente, elle date en fait des derniers championnats du monde, quand l’entraîneur avait dit qu’il est « triste qu’un joueur qui gagne quatre millions de dollars par an ne comprenne pas notre système, même quand on lui explique quatre fois ». En justifiant ses choix, le sélectionneur a été lapidaire : « Nous avons observé Jan Hejda, c’est un très bon joueur sur petite glace. »
En fait, Hejda avait déjà déclaré s’attendre à une telle décision : « Dans le dernier match du championnat du monde, j’ai pris le palet en souvenir et je pensais que c’était mon dernier match pour l’équipe nationale. » Mais il a aussi contre-attaqué à retardement en expliquant qu’il ne risquait pas de comprendre parce que Hadamczik « n’a pas de système ». L’entraîneur a alors activé le bazooka en trahissant son jugement sur la catégorisation de ses joueurs : « Il a toujours été un arrière moyen. Plekanec, Jagr, Elias, Nedved sont de grands hockeyeurs tchèques. Ils pourraient critiquer mon travail. Hejda est un joueur parmi d’autres, pas un grand homme. » À défaut d’être un grand homme, Hejda a eu le mérite d’arrêter les hostilités, en indiquant qu’il ne pouvait pas de mal à l’équipe et qu’il ne s’exprimerait plus sur le sujet…
Attaquants
Roman Červenka (SKA Saint-Pétersbourg, KHL) – Tomáš Plekanec (Canadiens de Montréal, NHL) – Jaromír Jágr (New Jersey Devils, NHL),

Patrik Eliáš (New Jersey Devils, NHL) – David Krejčí (Boston Bruins, NHL) – Aleš Hemský (Edmonton Oilers, NHL)
Quand un joueur de 27 ans a été deux fois meilleur marqueur des play-offs NHL, il devrait être une star. David Krejčí n’est peut-être pas encore évalué à sa juste valeur, mais il est aujourd’hui reconnu dans son pays puisqu’il a reçu la crosse d’or de meilleur joueur tchèque. Le virevoltant Aleš Hemský s’était très bien entendu avec lui lors du lock-out à Pardubice, et le duo devrait donc se retrouver. Patrik Eliáš apportera son expérience et sera un des relais de l’entraîneur, il s’est même fait piéger par un journaliste slovaque qui a relayé des propos « off » dans lesquels il justifiait la sélection et paraissait donc critiquer Hudler.
Milan Michálek (Ottawa Senators, NHL) – Vladimír Sobotka (St. Louis Blues, NHL) – Jakub Voráček (Philadelphia Flyers, NHL)
Vladimír Sobotka n’avait jamais trouvé grâce aux yeux du sélectionneur jusqu’ici, mais ses performances cette saison étaient tout simplement impossibles à ignorer : utilisé dans toutes les situations de jeu à Saint-Louis, il excelle dans les duels, y compris aux mises au jeu, et fait figure de centre idéal pour un troisième ou quatrième trio à vocation défensive. Milan Michálek est aussi un joueur physique, et sa très mauvaise fiche cette saison à Ottawa (-22) n’a pas atteint sa réputation en équipe nationale. Jakub Voracek est un joueur suffisamment responsable pour évoluer sur une ligne défensive, même si c’est plutôt un scoreur en NHL.
Michael Frolík (Winnipeg Jets, NHL) – Martin Hanzal (Phoenix Coyotes, NHL) – Jiří Novotný (Lev Prague, KHL)

Ondřej Palát (Tampa Bay Lightning, NHL), Petr Nedvěd (Liberec, TCH).
Ondřej Palát, révélé cette saison à Tampa Bay aux côtés de Martin Saint-Louis, sera le benjamin de l’équipe à 22 ans. Hadamczik a lui aussi été épaté : « À qui d’autre donner sa chance, sinon aux gars qui jouent en première ligne et acquièrent de la confiance ? » Il commet peu d’erreurs avec le palet et pourrait servir de joker. L’inattendu vétéran Petr Nedvěd aura un rôle important dans le vestiaire, et paraît content d’être présent dans tous les cas. Sera-t-il une tribune ou lui trouvera-t-on un rôle offensif ?
Les absents en attaque : contrairement à Hejda, on pensait que Jiri Hudler serait de la partie. Très longtemps ignoré, il a fait son retour en équipe nationale en mai, et ne s’en est pas si mal tiré dans une attaque à la peine. Surtout, Hadamczik avait clairement ouvert la porte à l’automne : « Jiri Hudler connaît une de ses meilleures saisons. Quand il était à Detroit aux côtés de Zetterberg et autres, c’était plus facile pour lui. Maintenant il aide ses coéquipiers, il montre de bonnes performances et je pense à sa nomination. » Pourtant, il ne figure pas sur la liste. Hadamczik a expliqué avoir préféré Hemsky, lui aussi excellent technicien mais meilleur patineur que Hudler. Quand il a décrit comme Hemsky comme « un joueur mature qui accepte bien son rôle », y avait-il une critique subliminale indirecte ?
Hadamczik a grandement regretté la blessure au genou de Tomáš Hertl, éclatant rookie NHL dont il a mis le pied à l’étrier aux derniers Mondiaux. Radim Vrbata et Tomas Fleischmann ont perdu leur place avec des performances médiocres aux derniers championnats du monde et ne sont pas très adaptés à des lignes défensives. Un argument qui vaut également pour Jan Kovář (Magnitogorsk), dont la ligne avec Zaripov et Mozyakin – eux aussi absents dans la sélection russe – domine la KHL.





































