Avantage Épinal…
C’est une série très serrée qui se déplace en Alsace, où se profilent deux belles batailles entre adversaires engagés dans une lutte sans merci pour accéder aux quarts de finale. Un objectif pouvant être atteint dès samedi, tant du côté strasbourgeois que spinalien… si le vainqueur du soir venait à récidiver le lendemain !

Au bus affrété par le club des supporters s’ajoutant les Vosgiens venus par leurs propres moyens, c’est d’ailleurs toute une vague orange qu’il aura fallu caser dans un petit coin des gradins. Un joyeux méli-mélo de maillots et de drapeaux ne demandant qu’à s’enflammer, rêvant de voir les Spinaliens faire aussi bien que les Villardiens l’an passé. Des Ours parvenus, il y a douze mois de cela, à sortir les Alsaciens en l’emportant deux fois consécutivement dans le Bas-Rhin…
Et on comprend rapidement que ça pourrait en prendre le chemin. Les Gamyo répondant présent d’entrée en montrant qu’ils ne manquent pas de répondant dans le défi physique, omniprésent en ces tout premiers instants. Une impression confirmée par la solidité d’un box-play serrant parfaitement les rangs devant son gardien pour limiter les prises de lancers et tuer la première pénalité de la soirée. Sanction prise à l’encontre d’un Petrák forcé d’accrocher Danford dans la zone de vérité pour empêcher l’Américain d’exploiter le bon centre de Shupe (01’59 »)…

Et c’est sur une action très anodine que le powerplay vosgien manque d’arriver à ses fins. Alain Goulet, pour permettre à ses coéquipiers de se réinstaller, envoie au fond un palet que Vladimír Hiadlovský touche du bout de la mitaine, sans pouvoir s’en emparer. S’ensuit une sortie mal négociée du portier, parti jouer la rondelle derrière sa cage, qui voit son dégagement contré par Vincent Kara, tout près d’en profiter (06’14 »). Plus de peur que de mal pour Vlad’, peu rassurant dans ses interventions à la crosse, mais suffisamment solide pour repousser de la jambière le one timer de Goulet (06’34 »).

Strasbourg s’accroche…
Battant le fer tant qu’il est chaud, les hommes de Daniel Bourdages tentent d’enfoncer le clou. Mais l’ICE reprend rapidement sa marche en avant et sollicite un Hiadlovský réprimant un tour de cage de Kara (11’33 »), mais laissant, sur une tentative d’Ouimet, deux rebonds inexploités par Le Blond et Valier (11’52 »). Un nouvel accrocher de Petrák (12’37 ») vient toutefois casser cet élan retrouvé. Cela ne porte pas vraiment préjudice à ses coéquipiers, qui frisent pourtant la correctionnelle sur une reprise de Trudeau repoussée, de la botte, au cœur de la mêlée… sans que Bruneteau, bien placé, ne puisse en profiter (13’02 »).
L’étreinte du powerplay finit toutefois par se desserrer. Ken Ograjenšek est même tout près de s’échapper, seulement freiné par le retour désespéré d’un Jake Goldberg se voyant lui-aussi puni d’un accrocher (14’04 »). Une action permettant aux Spinaliens d’entrevoir une nouvelle supériorité. Mais gênés par des Strasbourgeois s’ingéniant à contrecarrer leurs plans, en disputant farouchement chaque palet, leur installation sera grandement retardée. Ce qui n’empêche pas Hordelalay de trouver Ograjenšek dans le slot, pour une reprise en pivot détournée (16’04 ») par un Hiadlovský voyant l’un de ses coéquipiers dévier, au départ du lancer, une puissante reprise de Moisand assurément destinée à être cadrée (16’25 »).

À chaque fois piégés, lors des deux premiers matchs disputés à Poissompré, à l’entame du deuxième tiers, les Alsaciens mettent la pression au retour des vestiaires. Mais l’excellent Maxime Moisand, derrière sa cage, parvient à s’emparer du palet et à lancer une rapide remontée. Le Grenoblois ouvre à sa gauche, vers un Vincent Kara remisant aussitôt sur Matthieu Le Blond. Une combinaison laissant le champ libre au dernier nommé, lancé côté gauche, qui s’essaie d’un lancer frappé s’enfilant dans un trou de souris… entre les jambières d’Hiadlovský (1-1 à 20’33 ») !
Piqués au vif, les Bas-Rhinois se refont pressants mais Hočevar répond présent. Tout comme Hiadlovský à l’opposé, franchement inquiété, en infériorité, par un lancer de Plch engendrant un énorme cafouillage devant sa cage (24’37 »). Ken Ograjenšek cherche, pour sa part, les lucarnes sans les trouver. Ses tirs puissants sont à chaque fois trop croisés. Une précision ne faisant pas défaut à Yannick Offret, parvenu à s’échapper côté gauche mais bien trop excentré, au moment de lancer, pour espérer faire trembler les filets (26’40 »). Alain Goulet, sur la remise au jeu, élimine Anthony Gonçalves pour adresser un lancer repoussé (26’46 ») par un gardien se montrant particulièrement réactif au moment de poke-checker Vincent Kara, sur qui était revenu un palet mal négocié par Pierre Bougé (27’40 »).

Une faute de Sébastien Trudeau, puni d’un accrocher (sur Petrák) en voulant récupérer le palet en zone offensive (31’55 »), va tout faire basculer. Le powerplay spinalien, pas franchement réputé pour son efficacité, enserre sa proie, cherchant la faille sans la trouver. Ograjenšek, bien servi par Valier, reprend pourtant à bout portant mais Hiadlovský s’interpose parfaitement (32’21 »). Une action bien emmenée, mais très loin d’égaler ce lumineux « tic tac toe » né d’un magnifique enchaînement de passes sur jeu placé. Michal Petrák ressort sur Grégory Beron, qui feinte le shoot pour décaler Ján Plch à sa droite, lequel remet aussitôt dans le paquet, sur un Vincent Kara n’ayant plus qu’à dévier l’offrande au fond des filets (1-2 à 33’50 »).
Touchés, mais pas (encore) coulés, les Alsaciens se découvrent, quitte à se faire contrer. Élie Marcos, en s’appuyant sur Ján Pardavý, a pourtant bien décalé Sébastien Trudeau. Mais le tir du Canadien finit bien au chaud, dans la mitaine d’un Hočevar (34’10 ») assurant autant qu’il rassure devant le filet. Ján Plch, en interceptant une passe de Tarik Chipaux, passe lui tout près de corser l’addition mais le vétéran slovaque rate la finalisation de son action (36’19 »). Une petite maladresse, au moment de repiquer vers la cage, qui a sûrement laissé l’Étoile noire dans le match. Surtout qu’une pénalité de Matthieu Le Blond, coupable d’avoir retenu Sébastien Trudeau (bien placé au premier poteau), débouchera sur une égalisation (37’42 »).

… Épinal se détache !
Le suspense est relancé, à l’aube d’un troisième tiers s’ouvrant sur une supériorité spinalienne. Valentin Michel écope d’un 2+10 pour avoir durement chargé Vojtěch Kloz (41’50 »). Assurément le tournant de cette soirée puisqu’Aziz Baazzi, en déviant le lancer de Maxime Moisand, remettra l’ICE devant (2-3 à 42’46 »).
Un avantage consolidé, presque dans la foulée. Gašper Sušanj, en position de relanceur, lance Nicolas Leonelli dans la profondeur. L’ailier suisse, parti côté gauche, pénètre en zone offensive puis crochète Danford sur l’intérieur pour marquer d’un tir aussi lointain que précis. Un lancer filant au ras du montant droit d’Hiadlovský, visiblement surpris (2-4 à 45’34 »).

Les Spinaliens, qui tiennent le bon bout, ne vont dès lors plus rien lâcher. Se défend plutôt bien en infériorité, ils font perdre leurs nerfs aux Alsaciens. Matt Bruneteau pousse sans ménagement Vincent Kara sur le banc strasbourgeois (49’45 ») avant qu’une faute de Stříž sur Valier n’amène une situation de pénalité différée débouchant sur un faire trébucher d’Hiadlovský (aux dépens de Baazzi, 52’24 »). Une double supériorité numérique finalement exploitée par un jeu de puissance gangréné par l’excès d’altruisme de ses principaux protagonistes, qui ont la fâcheuse manie d’hésiter (ou de vouloir ajuster leur position) au moment de tirer. Que de tergiversations comparées à l’instinctivité d’un Gašper Sušanj esseulé en entrée de zone, qui déclenchera un slap filant côté mitaine pour décrocher les toiles d’araignées (2-6 à 54’07 »).
Cette fois c’est plié. L’Étoile noire, assommée (et ne pouvant pas compter sur ses deux premiers trios pour la tirer vers le haut), crache ce qu’il lui reste de venin sans parvenir à destabiliser de très solides spinaliens. Des Gamyo sérieux et appliqués, emmenés par des buteurs inattendus qui auront fait flancher des Strasbourgeois totalement passés au travers du troisième tiers. Et qui feront face à l’élimination samedi, en fin d’après-midi…
Strasbourg – Épinal 2-6 (1-0, 1-2, 0-4)
Vendredi 20 février à 20h00 à l’Iceberg. 1 650 spectateurs
Arbitrage de Jérémy Rauline et Savice Fabre assistés d’Anne-Sophie Boniface et Yann Furet.
Pénalités : 26′ contre Strasbourg (4′, 4′, 10′ + 8′) ; 8′ contre Épinal (4′, 2′, 2′).
Tirs : Strasbourg 24 (3, 17, 4) ; Épinal 38 (17, 8, 13)
Évolution du score :
1-0 à 10’49 » : Shupe assisté de Cibuľa et Danford
1-1 à 20’33 » : Le Blond assisté de Kara et Moisand
1-2 à 33’50 » : Kara assisté de Plch et Beron (sup. num.)
2-2 à 39’44 » : Bruneteau assisté de Pardavý et Trudeau
2-3 à 42’46 » : Baazzi assisté de Moisand et Hordelalay (sup. num.)
2-4 à 45’34 » : Leonelli assisté de Sušanj et Goulet
2-5 à 47’04 » : Hordelalay assisté de Petrák et Moisand
2-6 à 54’07 » : Sušanj assisté de Baazzi et Moisand (double sup. num.)
Strasbourg
Attaquants :
Ján Cibuľa (A) – Preston Shupe – Julien Burgert
Ján Pardavý (A) – Élie Marcos (C) – Sébastien Trudeau
Anthony Gonçalves – Tarik Chipaux – Valentin Michel
Julien Baeumlin – Peter Bourgaut – Jordy Anglés
Défenseurs :
Matt Bruneteau – Ben Danford
David Stříž – Ken Peroff
Pierre Bougé – Jake Goldberg
Gardien :
Vladimír Hiadlovský
Remplaçants : Gilles Beck (G), Thomas Mathieu, Pierrick Hoehé.
Épinal
Attaquants :
Vincent Kara – Matthieu Le Blond – Peter Valier
Grégory Beron – Michal Petrák – Ján Plch (A)
Aziz Baazzi – Ken Ograjenšek – Nicolas Leonelli
Anthony Rapenne – Yannick Offret (A) – Pierre-Charles Hordelalay
Défenseurs :
Vojtěch Kloz – Maxime Moisand
Maxime Ouimet (C) – Peter Slovák [puis Martin Charpentier]
Gašper Sušanj – Alain Goulet
Gardien :
Andrej Hočevar
Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Maxime Martin. Absents : Anže Kuralt (pas encore apte à rejouer), Nathan Ganz (choix de l’entraîneur).








































