La finale de Coupe de France fait son grand retour dans le Palais Omnisports de Paris-Bercy (rebaptisé AccorHotels Arena). L’enceinte a été renovée, notamment au niveau du confort des sièges qui laissait auparavant à désirer pour une salle de spectacles. La tribune de presse est placée plus en hauteur et séparée des gradins. Les journalistes ne recevront donc plus d’avions en papier… Par contre, un de ces avions atterrira sur la glace au cours du match…

L’autre particularité est que les deux équipes alignent des recrues très récentes (en particulier le défenseur rouennais Mark Matheson dont c’est le premier match) en raison du recul de la date limite des transferts.
Malgré ce contexte alléchant, Bercy sonne creux, alors que toutes les précédentes finales, jouées fin janvier ou en février, avaient quasiment fait le plein. Le contexte post-attentats peut certes jouer dans une salle parisienne, mais à l’évidence, cette date du 3 janvier, alors que tout le monde se remet des fêtes, n’est pas idéale. C’est encore plus vraie pour les entreprises, aucune loge n’étant réservée. La tribune des supporters grenoblois est rabougrie avec seulement deux cars. La barre des dix mille spectateurs est tout juste franchie, la plus faible affluence depuis que la finale de Coupe se joue à Paris.

Le match commence par une accélération en zone offensive et un tir convaincant de Sébastien Gauthier, mais Rouen part à 2 contre 1 au premier changement de lignes. La passe de Sacha Treille passe sous la crosse du défenseur Bisaillon couché et trouve Yorick Treille au second poteau (1-0, 01’04 »).
L’écart se creuse par un nouveau cadeau fraternel, mais celui-là est bien involontaire. L’ex-Rouennais Sébastien Thinel prend la première pénalité de la partie pour une obstruction… et son frère Marc-André Thinel, laissé tout seul, marque pendant la supériorité numérique en contournant le gardien (2-0, 04’43 »). En cinq minutes, Grenoble, mal entré dans le match, est déjà assommé !

Leur capitaine Éric Chouinard les réveille en passant derrière la cage pour mettre le palet en retrait dans le slot. Même si le gardien Dany Sabourin se saisit de la rondelle, cette action a le mérite de provoquer la première faute rouennaise, une obstruction de Sacha Treille. D’approximation en glissades, les Isérois sont cependant toujours à côté de leurs patins.
Grenoble parviendra-t-il à raviver ce match mollasson (comme la glace…) en deuxième période ? La réponse est apportée rapidement, quand la passe du coin d’Éric Chouinard est reprise entre les cercles par Petr Kalus (2-1, 23’33 »). Mieux encore, Dave Labrecque parvient à dépasser le lent défenseur Olivier Dame-Malka pour faire la passe derrière son dos à destination de Jordann Perret idéalement placé au poteau opposé (2-2, 26’30 »). Deux occasions franches, deux buts : l’efficacité soudainement retrouvée des Brûleurs de Loups relance complètement le match.

Malgré les circonstances plus favorables, les Grenoblois ne sont toujours pas sereins et se mettent parfois en danger tout seuls. Julien Baylacq passe près de dévier un centre rouennais contre son camp, et Nicolas Favarin offre carrément une relance à l’adversaire, obligeant Mustukovs à deux parades in extremis de la jambière sur la même séquence.
Les Dragons semblent donc encore en contrôle, mais ne peuvent plus se permettre de s’assoupir. Or, le début de troisième période ressemble au précédent. Le jeune défenseur Léo Guillemain perd même le palet dans sa zone face à Sébastien Thinel, qui décale aussitôt Julien Baylacq lancé plein axe. Dany Sabourin signe là un arrêt capital. Il faut dire que les Grenoblois, jusqu’ici timorés, pressent beaucoup plus en zone offensive, telle une équipe qui a repris confiance en elle. Leur séquence positive est cependant interrompue quand Scolari est sanctionné pour un cinglage. Le powerplay rouennais fait tourner le palet mais prend peu sa chance.

Une nouvelle passe rouennaise à l’adversaire, d’Olivier Dame-Malka cette fois, provoque la pagaille dans le slot, et le Canadien fait faute en tentant de rattraper son erreur. Face à une boîte agressive, il y a toujours un patin ou une crosse devant le palet, et les Grenoblois ne trouvent pas de solution en avantage numérique. Leur unique tentative arrive de la ligne bleue, et le rebond est aussitôt récupéré et dégagé.
Il reste moins de quatre minutes à jouer et Rouen s’installe en zone offensive, ce qui n’est pas arrivé souvent dans ce dernier tiers. Marc-André Thinel attire l’attention des défenseurs dans l’axe et décale parfaitement côté gauche Jason Krog, dont le tir puissant va se loger dans les filets de Mustukovs (3-2, 56’17 »).

Edo Terglav appelle son temps mort à 1’42 » de la fin avant un engagement en zone offensive et sort son gardien. Les Brûleurs de Loups bataillent pour le palet sans arriver à porter le danger dans le slot, et la partie s’achève quand Sacha Treille inscrit le dernier but en cage vide (4-2, 59’58 »).
Les Rouennais conservent la Coupe de France conquise à Marseille et sont bien les maîtres de cette compétition aussi. Ils soulèvent pour la sixième fois le trophée Pete-Laliberté… non sans faire tomber le couvercle au passage.
Un match étrange : Grenoble a semblé monter peu à peu en puissance, se mettre progressivement à presser et à pousser Rouen à la faute, pour finalement céder sur la fin face à une équipe qui a plus de ressources. Le RHE a tellement de profondeur que, depuis l’arrivée de Perrault la semaine dernière, un international (Damien Raux) figure au centre de la quatrième ligne. Il a aussi des hommes de métier, les Krog, Thinel et Sabourin, qui ont fait la différence.
Désigné meilleur joueur de la finale : Yorick Treille (Rouen).

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On n’avait pas les bonnes jambes, on n’avait pas la bonne énergie. Ce qu’on voulait faire au début, on ne l’a pas fait. Pendant les cinquante dernières minutes, je n’ai rien à reprocher à mes gars, on était la meilleure équipe. On a mis du rythme, on était agressif. On ne donne que cinq tirs en troisième période, mais on commet une erreur de trop. Le plus dur, c’est le match suivant. Il faut retourner au boulot mardi. »
Christophe Tartari (attaquant de Grenoble) : « On n’a pas mis les occases au fond. Ils ont le mérite d’avoir tenu. On les a bouffés, à part les dix premières minutes. On a trouvé les ressources pour revenir dans le match. Ce qui prédomine, c’est la déception. »
Yorick Treille (attaquant de Rouen) : « C’était une finale disputée entre deux équipes de qualité. On est content, mais on n’a pas le temps de savourer plus que ça. C’est notre premier trophée commun avec mon frère, et le fait de jouer contre Grenoble est forcément spécial. Mais si ce trophée me tient à coeur, c’est parce qu’il porte le nom de Pete Laliberté. C’est un ami de la famille. C’est quelqu’un qui a transmis la passion du hockey à mon père, à tout le monde à Grenoble. C’est un Monsieur. Ce sont des souvenirs incroyables. »
Rouen – Grenoble 4-2 (2-0, 0-2, 2-0)
Dimanche 3 janvier 2016 à 15h00 à l’AccorHotels Arena de Paris-Bercy. 10020 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez et Thomas Bergamelli assisté de Thomas Caillot et Yann Furet.
Pénalités : Rouen 4′ (2′, 0′, 2′) ; Grenoble 10′ (6′, 2′, 2′)
Tirs : Rouen 29 ; Grenoble 37.
Évolution du score :
1-0 à 01’04 » : Y. Treille assisté de Krog et S. Treille
2-0 à 04’43 » : M.-A. Thinel assisté de Coulombe et Guénette (sup.num.)
2-1 à 23’33 » : Kalus assisté de Chouinard et Bisaillon
2-2 à 26’30 » : Perret assisté de Labrecque et Bisaillon
3-2 à 56’17 » : Krog assisté de Thinel et Matheson
4-2 à 59’58 » : S. Treille assisté de Y. Treille et Krog (cage vide)
Rouen
Attaquants :
Loïc Lampérier (+1) – François-Pierre Guénette (A) – Marc-André Thinel (+1)
Sacha Treille (+2) – Jason Krog (+3) – Yorick Treille (A, +2)
Nicolas Arrossamena – Joël Perrault – Olivier Labelle
Fabien Colotti (-2) – Damien Raux (-2) – Dan Koudys (-2)
Arrières :
Patrick Coulombe (C, +1) – Mark Matheson
Florian Chakiachvili (+2) – Tero Konttinen (+1)
Olivier Dame-Malka (-2) – Léo Guillemain
Gardien :
Dany Sabourin
Remplaçants : Quentin Papillon (G), Aurélien Dorey, Vincent Nesa. Absents : Antonin Manavian et Dustin Whitecotton (départs).
Grenoble
Attaquants :
Éric Chouinard (C) – Sébastien Gauthier – Petr Kalus (+1)
Danick Bouchard (-2) – Dave Labrecque (-2) – Jordann Perret (-1)
Sébastien Thinel – Christophe Tartari (A) – Julien Baylacq
Robin Lamboley – Julien Guillaume – Mathias Arnaud
Défenseurs :
Sébastien Bisaillon (A) – Stéphane Gervais (+1)
Jonathan Harty (-1) – Nicolas Favarin
Ryan Barlock (-1) – Quentin Scolari
Gardien :
Ervins Muštukovs [sorti de 58’18 » à 59’58 »]
Remplaçants : Victor Goy (G), Arnaud Faure, Romain Chapuis. Absents : Andrej Hebar (surnuméraire), Jakob Milovanovic (contracture).










































