Strasbourg – Lyon (Ligue Magnus, 14e journée)

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L’actuel second (Lyon) rencontre un des promis à la relégation (Strasbourg). A priori, le résultat de cette affiche ne souffrirait d’aucune constestation. Oui mais…

C’est oublier qu’après un début de saison calamiteux (4 défaites de suite), Strasbourg a commencé à remonter la pente, s’offrant le scalp de quelques clubs plutôt huppés, dont le dernier en date n’est autre que Gap, pour remonter en (seconde, il est vrai) moitié de tableau. C’est oublier aussi que le départ de l’espoir américain Kyle Stroh vient d’être comblé par le retour « à la stub » de Sébastien Trudeau, en tête des pointeurs du club alsacien durant les 3 dernières saisons. C’est oublier aussi que les Lions rhodaniens sont certes invaincus, mais avec un tiers de leurs points empochés après prolongation. L’équipe sait donc tenir un score, mais pas forcément dominer outrageusement durant tout un match (quoique la partie aller jouée à Charlemagne contre les Alsaciens ressembla à ce profil). L’Étoile Noire, forte de son actuelle dynamique positive, pouvait donc espérer continuer sur sa lancée.

FLEMINGscott201609208988Et pourtant, lorsque Scott Fleming ouvrit le score avec l’aide d’un ricochet bienheureux sur l’infortuné Pavel Pisarik (0-1 à 24’15 »), puis lorsque ce même Fleming récupéra une mauvaise relance d’Hubert Genest pour offrir un caviar à son coéquipier Samuel Takac (2-3 à 52’54 ») et permettre ainsi de nouveau à son équipe de reprendre les rênes du match, tout l’Iceberg frémit à l’idée de vivre une fin de match crispante en voyant ses chouchous buter sur la… carapace de ce lion très bien recroquevillé devant son portier Matija Pintaric. Il n’en fut heureusement rien. Deux fois les Alsaciens furent menés au score, deux fois ce but de retard eut le mérite de les réveiller, après quelques moments de doutes et de flottement.

La partie fut dans l’ensemble agréable à regarder, offrant à chaque tiers la même physionomie, à savoir 5 Alsaciens qui dominent en possession de palet et en occupation de terrain, mais qui butent sur 5 Rhodaniens un poil plus patients, plus disciplinés, plus réactifs… et aussi plus réalistes devant le but. On a vécu ainsi un premier tiers relativement avare en tirs, avec peu d’arrêts de jeu, où chaque joueur est surveillé de près. La seconde période sera nettement plus disputée, plus hâchée aussi, et voit Strasbourg revenir aux vestiaires avec un avantage mérité d’un but. Le dernier tiers perd notablement en intensité, en précision, on cherche avant tout à neutraliser, mais le coeur des Strasbourgeois est gros comme ça et leur permet de décrocher, au minimum, un point mérité. Les prolongations seront, elles, éphémères, avec une remontée turbo des deux attaquants lyonnais pour un pif-paf conclu par Roland Kaspitz (3-4 à 60’32 »).

De Strasbourg, on retiendra une bonne prestation générale avec beaucoup d’envie, notamment au niveau offensif, et une implication notable des défenseurs, y compris « Papy » Striz plutôt habituellement cantonné aux tâches arrières. Cependant, on aura aussi noté un manque de confiance, comme sur cette cage grande ouverte qu’Alexandre Miner Barron ne parvient à nettoyer (6’20 ») ou cette temporisation un poil trop longue de Pisarik pourtant bien lancé (18’14 »).

Il manque aussi pas mal de réalisme, comme sur ces assauts de près de Trudeau (22’07 », puis 29’04 »). Heureusement, le Québecois remettra peu de temps après le couvert, d’un tir à mi-distance sous la barre (1-1 à 31’06 »), déclenchant dès lors quelques minutes d’hallali prononcé sur la cage de Pintaric. Le porter lyonnais restera cependant impérial sur certaines situations chaudes, notamment dans la foulée du 1-1, mais abandonné sur cette réalisation de Pisarik, une nouvelle fois bien lancé (2-1 à 38’35 »).

Même de nouveau menés au score après le but de Takac, les Bas-Rhinois ont su se reconcentrer pour pousser dans ses ultimes retranchements la défense rhodanienne et offrir à l’artilleur Miner Barron l’une des ultimes fenêtres de visée du match. Le Nord-Américain ne se fit alors pas prier pour loger une mine dans la lucarne adverse (3-3 à 58’21 »).

TAKACsamuel201609209130Tout ne fut cependant pas rose, loin s’en faut, pour les locaux. Notamment au niveau de la défense, coupable de deux mauvaises relances de Miner Barron (pour le 2-2 à 50’32 » par Podlipnik) puis Genest (2-3 à 52’54 »), immédiatement et victorieusement exploitées par les Lions. Ne pas oublier aussi un jeu de puissance bien trop hésitant à tirer.

De Lyon, on retiendra d’abord et avant tout un gardien, bien suppléé par cinq « défenseurs » relativement bien positionnés autour de lui. On retiendra surtout quelques arrêts déterminants qui ont permis à ses coéquipiers de rester dans la course, notamment après le 1-1, lorsque Carsson Cooper, puis Arthur Coulon, se sont mis à danser la sarabande devant ses cages, ou lors de cet arrêt improbable et capital en plein trafic (56’14 »), ou encore ce raid de Cooper où il va payer de sa personne pour stopper le stratège alsacien (57’22 »).

On retiendra aussi 3 lignes offensives rapides et qui se trouvent déjà très bien, avec une faculté intéressante de se déplacer en contre en duo, permettant ainsi de créer un surnombre. C’est ce qui permit aux deux anciens Strasbourgeois Julien Correia (4’32 ») et Valentin Michel (38’06 ») de venir chauffer la plaque de Vlad Hiadlovsky, imités plus tard par Kaspitz qui, lui, butera sur les jambières du portier slovaque (51’42 »).

C’est aussi un premier trio bien remuant, bien inspiré et toujours prompt à exploiter le moindre relâchement, Strasbourg payant ainsi cher ses trois seules inattentions du temps réglementaire.

Mais Lyon, c’était aussi durant ce match une défense évoluant la majeure partie du temps à quatre, risquant ainsi une usure physique prématurée. Et enfin, Lyon ce fut aussi, sur cette partie, une petite déception de ne pas constater une tactique de jeu si dominante que ça, eu égard à son classement. On a plutôt eu l’impression de voir une équipe qui attend l’erreur, plutôt qu’une équipe qui presse réellement son adversaire pour lui faire commettre des erreurs.

En résumé, Lyon a surtout joué avec la raison et le réalisme, Strasbourg a joué avant tout avec l’envie de bien faire et le coeur… mais le coeur, du moins chez les « pros », ça ne paie pas tout le temps.

 

Strasbourg – Lyon 3-4 après prolongation (0-0, 2-1, 1-2, 0-1)
Vendredi 21 octobre 2016 à 20h à la opatinoire de l’Illberg. 1300 spectateurs.
Arbitrage de M. Hauchart assisté de MM. Barcelo et Geoffroy.
Pénalités : Strasbourg 12′ (2′, 10′, 0′, 0′) ; Lyon 6′ (0′, 2′, 4′, 0′).
Tirs : Strasbourg 30 (9, 16, 5, 0) ; Lyon 21 (7, 9, 4, 1).

Évolution du score :
0-1 à 24’15 » : Fleming assisté de Podlipnik et Mickevics
1-1 à 31’06 » : Trudeau assisté de Marcos
2-1 à 38’35 » : Pisarik assisté de Marcos et Witek
2-2 à 50’32 » : Podlipnik assisté de Fleming et Takac
2-3 à 52’54 » : Takac assisté de Fleming
3-3 à 58’21 » : Miner-Barron assisté de Trudeau (sup. num.)
3-4 à 60’32 » : Kaspitz assisté de Correia

Strasbourg

Attaquants :
Jordan Draper – Carsson Cooper – Rolands Vigners
Pavel Pisarik – Elie Marcos (C) – Sébastien Trudeau
Arthur Coulon – Loup Benoit – Julien Burgert (A)
Nathan Grabherr – Thomas Mathieu – Valérian Mathieu

Défenseurs :
Mitch Witek – Alexandre Miner-Barron
Matthew Beattie – David Striz
Hubert Genest (A) – Colin Morillon

Gardien :
Vladimir Hiadlovsky

Remplaçants : Baptiste Goetz (G), Maxime Deplanque, Maxence Leroux. Absents : Léo Guillemain (blessé), Kevin Lorcher.

Lyon

Attaquants :
Samuel Takac – Scott Fleming (C ) – Arturs Mickevics
Miks Lipsberg – Roland Kaspitz – Julien Correia
Sébastien Delemps – Valentin Michel – Gregor Koblar
Quentin Berthon – Aubin Lamirault

Défenseurs :
Thomas Roussel (A) – Matic Podlipnik
Jules Breton – Dominic Kramar
Quentin Mahier – Maxime Favre-Félix

Gardien :
Matija Pintaric

Remplaçants : Sébastien Raibon (G), Sébastien Valade. Absents : Jacob Milovanovic, Cédric Custosse, Vikhael To-Landry, Kevyn Richard.

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