Ce lundi midi, l’équipe de France a profité du temps de glace qui lui est alloué pour une séance relativement légère, au lendemain du succès historique contre la Finlande.
De nombreux joueurs ont été laissé au repos, afin de gérer au mieux le calendrier infernal, avec sept matchs en dix jours. Pieere-Edouard Bellemare, Antoine Roussel et Yohann Auvitu étaient absent, ce dernier répondant cependant aux questions de journalistes internationaux en zone mixte, de même que Kévin Hecquefeuille. Manquaient aussi à l’appel Teddy Da Costa, Sacha Treille, Valentin Claireaux et Antonin Manavian, aperçus hors glace.
Au cours de cette séance, Jordann Perret et Damien Raux ont eu le droit à un travail spécifique durant la première partie, basé sur beaucoup de vivacité devant la cage : travail sur des passes rapides, des remises au deuxième poteau, des déviations…
De l’autre côté, le groupe, mené par Laurent Meunier et Stéphane Da Costa, a lui aussi travaillé sur le jeu dans les petits espaces, avec des deux-contre-un et des actions près de la cage. Dave Henderson en ont profité pour quelques consignes au tableau.
À l’issue de la séance, quelques joueurs ont accepté de répondre aux questions d’Hockey Archives.
Jonathan Janil (défenseur de l’équipe de France)
Bien remis des émotions d’hier ?
Hier soir, nous avons profité de la victoire à sa juste valeur, mais nous sommes vite focalisés sur la suite. L’euphorie a duré le temps du vestiaire, car par le passé, nous nous étions un peu perdus avec ça. Cette victoire contre un grand pays, ce n’est pas que c’est une habitude, car ça reste exceptionnel, mais c’est ce n’est pas la première et, finalement, nous ne faisons que rééquilibrer les comptes du premier match.
Il y avait des grosses attentes contre la Norvège, même de notre part. Nous n’étions pas crispés, mais la Norvège a bien fermé le jeu. Il y a de la déception car nous avons eu quelques occasions et ça n’a pas payé. Nous sommes restés sur notre faim.
Ce match contre la Finlande fait du bien, il nous relance dans la course au maintien et nous permet de rêver à de belles choses. Mais, comme le dit toujours le coach, il faut prendre match après match ! Nous devons assurer le prochain, car là, nous nous sommes juste remis sur les bons rails.
Que pensez vous de votre prochain adversaire, la Suisse ?
Nous n’avons pas regardé le match de la Suisse lundi soir, car même si ce mondial est en France, ce n’est pas facile de pouvoir le voir, car Canal+ ne passait pas le match. Mais nous les connaissons bien pour les avoir joué deux fois en préparation et l’effectif est proche. C’est une grosse nation de hockey, qui a beaucoup progressé depuis dix ans et devient une nation dominante. Il y a une grande rivalité, peut-être plus pour nous que pour eux car ils nous ignorent à peu près. Nous, nous avons plusieurs joueurs qui jouent là-bas et ont la double nationalité.
La victoire d’hier s’est appuyée sur vos valeurs d’abnégation défensive ?
Oui, spontanément, il y a eu une réaction d’orgueil, dès la défaite. Nous nous sommes dits que nous n’avions rien à perdre. En début de tournoi, nous sommes encore frais physiquement. Nous avions vu que la Finlande n’avait pas fait un grand match vendredi et nous pensions qu’il y avait un coup à jouer. Il fallait se montrer efficaces. On a foncé et on a senti le public beaucoup plus derrière nous. Cela nous stimule car nous étions restés sur notre faim contre la Norvège, c’était un peu mou. Nous espérons que ce sera au top contre la Suisse. De toute façon, il n’y a plus de question à se poser. Nous n’avons du succès qu’en travaillant, sans tricher.
Les victoires contre la Russie en 2013 et le Canada en 2014 avaient été suivies de défaites. Comment gérer ce succès d’hier ?
Le calendrier n’est pas facile, nous avons deux back-to-back, avec à chaque fois un gros et un concurrent direct. Il ne faut pas laisser filer les matchs, travailler et bien récupérer. Le calendrier du groupe ne nous est pas trop favorable.
Maurin Bouvet (attaquant de l’équipe de France)
Premier match aux Mondiaux, et en plus contre la Finlande, comment ça s’est passé ?
La Finlande est une grosse équipe, j’avais un peu d’appréhension alors que je ne suis pas stressé d’habitude. Mais j’ai fait ma routine, les gars m’ont mis à l’aise. Si on m’avait dit en début de saison que je ferai le Mondial, j’aurais rigolé… Mais j’ai travaillé fort cette année, joué quelques tournois et fait une bonne préparation. J’ai eu la chance d’être rappelé. Il faut saisir les opportunités de toute façon, et, la Marseillaise hier, ça sera un super souvenir.
Quel aspect du jeu diffère le plus de la Magnus ?
Il y a beaucoup moins de déchet technique. Chaque petite erreur est tout de suite exploitée, chaque détail est plus important.
Ce Mondial n’est qu’une première étape pour toi…
Oui, être là n’est pas une finalité. Je prends le maximum d’expérience pour la suite de ma carrière. Je continue à me développer en tant que joueur et mon but est de rester titulaire en équipe de France, continuer à progresser.
Florian Hardy (gardien de l’équipe de France)
Comment te sens-tu après l’exploit d’hier ?
Un bon réveil ce matin, plein d’énergie pour la suite. Hier, j’étais concentré, je voulais tenir le plus longtemps possible. A ce niveau si tu en prends un, l’adversaire reprend confiance et ça peut aller très vite, deux ou trois buts en quelques minutes. Il ne fallait pas les remettre dedans. Il y a des soirs où on a l’impression que rien ne peut arriver. C’est parfait pour l’équipe, on en avait besoin.
Et toute l’équipe t’a bien protégé….
Oui, contre une équipe comme ça, on a moins de talent mais de la solidarité, la force du groupe qui fait qu’on se jette sur le palet pour gagner. On marque les premiers, on est devant quasiment tout le match et cela nous a donné confiance. Nos valeurs, ce sont celles d’hier.
Et ce geste de Pierre-Edouard Bellemare, qui te laisse sa place en joueur du match, c’était fort ?
Cela ne m’a pas étonné du tout de lui. C’est un ami d’enfance, on se connait depuis tout petit. Cela montre ce qu’il apporte au groupe, son état d’esprit. Certains ont été touchés par ce geste, mais moi c’est comme ça que je le connais depuis toujours. C’est un gentleman et un bon ami.
La blague de tes coéquipiers dans le vestiaire ?
Nos résultats viennent de la force du groupe, on aime se faire des blagues ! On rigole, et ça sert le groupe, c’est ce qui fait qu’on se jette sur le palet. C’est un lien.
La Suisse mardi, un gros adversaire ?
On sait que prendre les trois points hier ne suffit pas. Si on veut des résultats, il faut prendre des points contre la Slovénie, la Biélorussie… Il faur se servir de cet élan positif pour continuer. On repart à zéro et il faudra se battre à chaque fois. La Suisse est une équipe sérieuse depuis le début du tournoi.
Par rapport à la Russie, la victoire contre la Finlande… dans quel ordre tu les classerais ?
C’est différent… La Russie, c’était mon premier match de championnat du monde. J’étais plus jeune, c’était nouveau… Hier, c’est différent, c’est devant notre public, les amis, la famille. Le public nous a poussés tout le match et ça nous a vraiment aidés. C’était spécial, et restera dans mon coeur.
Tu as choisi de signer à Angers. Le Mondial peut-il te donner une opportunité ailleurs ?
Non, j’ai choisi de revenir en France. Il me restait un an de contrat et j’ai choisi de le casser pour revenir. Là je suis complètement dans le Mondial, et je prends match par match, et je joue pour l’équipe, pas pour moi.