Présentation du championnat de Suède 2017/18

428

Il y a trois ans, la SHL suédoise a entamé une révolution, en réduisant le nombre de matchs de championnat et en l’élargissant à deux clubs supplémentaires. L’élite suédoise demeure un circuit ouvert mais les conditions drastiques à remplir pour les promus (capitaux propres, capacité de la patinoire, etc) instaurées par ses dirigeant la rendent hors de portée pour la plupart des clubs de l’Allsvenskan. Les différences économiques se sont accentuées entre la SHL et l’Allsvenskan, et ce n’est pas le juteux contrat TV qui va arranger les choses. L’accord avec le groupe de chaînes payantes C-More va octroyer beaucoup plus aux clubs de l’élite (environ 4,5 millions d’euros par exercice et par club) en comparaison aux clubs de l’Allsvenskan (300 000 €). À terme, le fossé entre les deux divisions va se creuser, comme c’est le cas actuellement en Finlande.

THORNBERG Martin-110430-280Cette porte de l’élite, qui n’est plus qu’entrouverte, inquiète considérablement les dirigeants des clubs du second échelon, qui craignent une SHL fermée, non pas sportivement mais au regard de ses exigences économiques. Une promotion qui deviendra difficile, la plupart ont tiré la sonnette d’alarme, voyant l’intérêt de leur championnat s’estomper, mais quelques clubs se sont résignés à une certaine fatalité. Västervik (Linköping), IK Pantern (Malmö) et Troja-Ljungby (Växjö) ont signé des accords de partenariat avec des équipes de l’élite. Les clubs pré-cités sont certes des structures modestes, et la marche de la SHL leur semble beaucoup trop haute à franchir. Mais ce genre d’association est vu d’un mauvais œil par les autres pensionnaires : les équipes de l’Allsvenskan sont-elles condamnées à devenir des faire-valoir ?

Cependant, le Mora IK, promu de la SHL 2017-18, n’a pas l’intention de jouer les touristes, de l’aveu de son directeur de club, Peter Hermodsson. Hermodsson, dirigeant au caractère bien trempé, est l’un des plus virulents dans cette affaire, pointant du doigt « les exigences déraisonnables de la ligue », il est maintenant prêt à mettre au défi « les grands clubs médiatiques ».

Mais si la ligue a pris ces dispositions, ce n’est pas innocent, c’est parce que ses clubs sont lésés à un autre niveau. Comme tous les grands championnats européens, la SHL suédoise est confrontée au départ prématuré de ses meilleurs jeunes. La Suède est le troisième producteur de NHLers après le Canada et les États-Unis. Il y a dix ans, ils étaient une cinquantaine de Suédois en NHL. Dix ans plus tard, 80 hockeyeurs suédois ont participé à l’exercice NHL 2016-2017, et 70 à la dernière saison AHL. Ils sont donc beaucoup plus nombreux et de plus en plus jeunes à quitter le pays pour l’Amérique du Nord.

Ce phénomène, valorisant pour le hockey suédois mais pénalisant pour ses clubs, est pris très au sérieux par la fédération suédoise. Son président Tommy Boustedt a d’ailleurs accompagné le président de la ligue Jörgen Lindgren pour une réunion en Floride afin de faire connaître leur situation et de mettre la pression sur la NHL. Et dans leur logique, il est indispensable que les équipes de l’élite prennent davantage de poids dans le but de tenir une position forte, avec pour revendication de garder quelques années supplémentaires leurs meilleurs jeunes. Voilà pourquoi l’élite suédoise veut se réformer…

Lire notre présentation complète du championnat suédois, club par club.

Les commentaires sont fermés.