Être le bon ou le truand? Quelle est la meilleure recette pour se rendre en playoffs?

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Prenons le temps aujourd’hui de se poser une question quasi existentielle : existe-t-il une recette statistique pour se qualifier en playoffs ? Dans quelles proportions la force du système de jeu et la réussite doivent-elles s’additionner pour emmener une équipe en séries ? Jetons un œil à la décennie passée pour y trouver des réponses.

Arrivé au quart de la saison, les premières études visant à prédire qui sera ou non en playoffs pointent le bout de leurs nez. On parle de la fameuse date butoir de Thanksgiving, où les équipes alors en séries ont de fortes chances de l’être aussi en avril. Ce n’est pas si vrai que ça en réalité. Ce qui est logique, par contre, c’est qu’au bout de 20 matchs la crème commence à se différencier du petit lait, que les équipes sont quasi rodées, que les faux semblants du début s’estompent et que donc, logiquement, les meilleures émergent doucement et resteront en haut jusqu’au bout.

Mais attardons-nous plutôt sur le portrait des équipes qualifiées durant la dernière décennie. L’idée étant de regarder davantage l’allure de l’équipe plutôt que son classement actuel pour déterminer ses chances d’accéder aux séries.

 

Petit rappel de base : bien jouer est un bon début… 

Dix saisons de NHL, cela représente 300 équipes, dont 160 se sont qualifiées pour les playoffs.

81% des équipes ayant terminé avec 50% ou plus des buts anticipés se sont qualifiées. 152 équipes sur 300 ont terminé au-delà des 50%, et 123 ont donc vu le printemps. Un rappel de plus que dominer ses adversaires aux tirs est un gage de succès.

Le fossé se creuse rapidement en dessous de 50%. 66 équipes ont terminé entre 48 et 50% de buts anticipés et seules 39% se sont qualifiées. Le taux de qualification chute donc de moitié. Quant aux 82 équipes ayant terminé en deçà de 48% des buts anticipés, tout juste 11 ont vu les playoffs, soit 13% d’entre elles.

 

Avoir de la réussite aussi

Nous sommes déjà revenus plusieurs fois sur l’impact de la réussite au hockey, surtout sur des petits échantillons. Sur une saison entière, les équipes se tiennent dans un mouchoir de poche. Oui les équipes en réussite aux tirs ou ayant un gardien en feu peuvent booster leurs performances, mais ce n’est pas quelque chose qui est fait consciemment, donc on ne peut compter dessus à l’orée de la saison, ni garantir que cette réussite restera stable toute la saison. Seul le fait de posséder un gardien au-dessus du lot, comme Carey Price, Henrik Lundqvist dans leurs meilleures années, peut influencer durablement la réussite et l’indice PDO. De même, une forte réussite aux tirs peut aussi venir du système de jeu employé par l’équipe, surtout un jeu de contre-attaques. C’est le cas des Rangers qui conservent ces dernières années un pourcentage de tirs parmi les meilleurs de la ligue car leur jeu en contres offrent des tirs proches du but et des situations fréquentes de 2 contre 1 ou 3 contre 2. Comme pour les gardiens d’élite, ce sont quand même là des cas très rares, et pour les autres, il s’agit surtout de pouvoir compter sur une bonne ou une mauvaise saison de ses gardiens et le talent des tireurs.

L’impact est tout de même notable. On observe que 71% des équipes avec un PDO égal ou supérieur à 100 ont fait les playoffs, contre seulement 34% des équipes en dessous de 100. Cela paraît logique, mais mieux vaut être en réussite pour gagner dans une ligue aussi homogène que la NHL…

 

La somme du talent et de la chance

Mettons les deux facteurs ensemble. La force du système de jeu est un indicateur très fort de la probabilité de se qualifier en séries, mais à quel point la réussite peut-elle faire bouger l’aiguille, booster ou infléchir les chances de se qualifier ?

Quand tout va bien : 85 équipes dépassaient ces 10 dernières saisons les 50% de buts anticipés ET avaient un PDO de 100 ou plus. Résultat : 93% d’entre elles (79 sur 85) ont joué au mois d’avril ! Autant dire que jouer au moins correctement et avoir une réussite au minimum moyenne est un ticket quasi assuré pour les playoffs. Si l’on pousse un peu le curseur, les 48 équipes à dépasser 51% des buts anticipés et 101 de PDO se sont toutes qualifier.

À quel point le PDO peut-il masquer un système de jeu négatif ? 36 équipes étaient entre 48 et 50% de buts anticipés mais en deçà de 100 pour le PDO. Seulement 5 ont vu les playoffs. 30 équipes avaient aussi entre 48 et 50% de buts anticipés mais un PDO supérieur à 100 et 70% se sont qualifiées. Le besoin d’un dopage à la réussite est donc très fort si l’on est dominé dans le jeu.

Inversement, à quel point une réussite en berne peut-elle couler une bonne équipe ? Les 29 équipes ayant eu des buts anticipés entre 50 et 52% mais un PDO inférieur à 100 ont joué avec le feu. 41% seulement se sont qualifiées.

Par contre, 38 équipes dépassaient 52% de buts anticipés tout en ayant un PDO inférieur à 100,84% se sont quand même qualifiées. Au-delà d’un certain seuil, la force collective peut donc surpasser le manque de réussite. La saison passée nous a offert deux beaux cas pratiques alors que les deux meilleurs taux de buts anticipés figuraient aussi parmi les quatre pires PDO de la ligue. Boston avait 55,4% des buts anticipés mais un PDO misérable de 98,1 et s’est qualifié. Los Angeles avec 53,1% des buts anticipés mais un PDO de 98,3 a pris le chemin des terrains de golf.

 

En résumé

Dans le détail, cela donne le tableau ci-dessous :

Si votre équipe est en dessous de 48% de buts anticipés, vous pouvez surveiller la liste des espoirs au repêchage, à moins d’avoir un PDO supérieur à 102, chose que seules 14 équipes ont accompli en dix ans. Toronto a fait les playoffs de cette façon en 2013, comme les Rangers l’an passé. Colorado en 2014 n’est pas loin de rentrer dans cette case avec un PDO à 101,75.

Si votre équipe est entre 48 et 50% de buts anticipés, elle doit dépasser un PDO de 100 pour espérer se qualifier, mais plus certainement 101.

Entre 50 et 52% de buts anticipés, un PDO de 100 suffit, plus bas ça devient risqué.

Au-delà de 52% de buts anticipés, il faut vraiment tomber en bas de 98 de PDO pour que ça se complique. Ce fut le cas de New Jersey en 2013 et 2014, qui a raté les séries avec des taux de buts anticipés à 55% mais des PDO de 97,5 et 98,6.

 

Du bon côté du trait

À vous maintenant de surveiller si votre équipe favorite se place dans ces critères, nous continuerons de le pointer dans nos graphiques hebdomadaires. Notre visuel présentant buts anticipés et PDO a un cadran nommé « Direction playoffs » indicateur de sûreté. Et, comme nous venons de le voir, un fort taux de buts anticipés ou un PDO exceptionnel peut aussi faire l’affaire.

Si l’on regarde les 5 dernières saisons, on voit qu’au minimum 14 qualifiées sur 16 se trouvent toujours du bon côté du trait vert. Mention spéciale à Vancouver et Calgary en 2015…

  

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