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Vers un changement de garde dans la division Centrale

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Aujourd’hui nous finissons le tour d’horizon de la conférence ouest avec la Division Centrale. Beaucoup plus dense que l’autre partie de l’association, cette section est dominée depuis quelques saisons par la même équipe : Chicago. Mais les choses semblent avoir changé.

Avec la barre des 30 parties presque atteinte, le classement est plein de surprises. La plus grosse est sans doute la présence de Winnipeg au 2e rang ! L’autre grosse surprise est l’absence de Chicago dans le portrait des séries.

 

 

 

Une division très défensive que cette Centrale. St Louis, Minnesota, Dallas et Winnipeg sont tout simplement les 4 équipes qui accordent le moins de buts anticipés de la ligue ! Mais elles figurent par contre toutes en queue de peloton pour la dimension offensive. Chicago est à l’opposé, plus que jamais forcé d’ouvrir le jeu dans les deux sens pour pouvoir créer quelque chose, faute d’une assise défensive assez solide. Nashville est étrangement bas mais prend du mieux offensivement depuis l’arrivée de Turris. Et Ellis va aussi revenir.

 

 

 

 

Dans la réalité, les Preds ont pu compter sur Rinne le temps de se mettre en route. Chicago comme Winnipeg doivent une fière chandelle à leurs gardiens. Tout va bien pour St Louis. Dallas et Minnesota aimeraient, eux, un peu plus de réussite car le fond de jeu n’est pas mauvais. Colorado…

 

 

Nashville. Après une qualification de dernière minute, Nashville a surpris beaucoup de monde en séries avec leur système du jeu hermétique en zone neutre et leur défensive plus que dynamique. C’est l’œuvre du travail silencieux mais très malin de David Poile, leur directeur général. Leur force est qu’il repêche bien – même très bien – et qu’ils savent capitaliser leurs atouts d’une main de maître. L’organisation a réclamé à la draft Shea Weber, Hamhuis, Suter, Josi, Ellis, Ekholm, Samuel Girard et Seth Jones pour les défenseurs. Le premier et le dernier se sont respectivement transformés en P.K. Subban et Ryan Johansen. Les deux plus gros « vols » restent Forsberg (pour Martin Erat) et Turris qui n’a coûté « que » Samuel Girard.

C’est l’équipe d’avenir dans la conférence ouest. En tout cas, tant que Pekka Rinne est là. Cet été beaucoup de choses sont arrivées à Nashville. James Neal réclamé par Vegas, le capitaine et 2e centre Mike Fisher s’est retiré, Alexei Emelin est venu renforcer la ligne bleue, et Nick Bonino a signé un contrat tout juste auréolé de sa deuxième coupe avec les Pingouins. Même si le début de saison s’est déroulé correctement, il manquait quelque chose à cette formation. Et ce quelque chose était un vrai centre numéro 2 en la personne de Kyle Turris. En plus de faire son acquisition, Nashville s’est assuré ses services pour les 6 prochaines saisons. Depuis cette arrivée, les Preds sont en feu.

Smashville a le 3e meilleur avantage numérique de la Ligue Nationale en sachant que Ryan Ellis est toujours blessé et que P.K. Subban joue sur la deuxième vague. Pas mal. Pas mal du tout. Cette formation a beaucoup appris de leur périple du printemps dernier. Ils ont vu ce que ça prenait pour gagner à ce niveau. Leur problème d’attaque bien répartie ressemble à un mauvais souvenir. Une ligne de centre composée de Johansen-Turris-Bonino-Gaudreau/Järnkrok fera du bien à beaucoup d’équipe du circuit Bettman.

Chances de faire les séries : si le début de saison diesel de l’attaque se voit encore sur les graphiques, Nashville depuis l’arrivée de Turris joue comme une équipe qui irait à 85% en playoffs.

Prédiction : Les Predators seront au moins en finale d’association.

 

Winnipeg. C’est l’équipe cendrillon du premier tiers de la saison. À l’image des Golden Knights, personne n’aurait misé sur un tel début de campagne pour les Jets. Comment expliquer ce changement radical comparé à la saison passée ? La réponse est assez simple : un gardien qui fait des arrêts. Au cours de la saison dernière, les quatre gardiens utilisés par Winnipeg ont cumulé un pourcentage d’arrêts de 89,9% ! À titre de comparaison, les meilleurs cerbères ont au moins 92% et cela fait clairement la différence entre gagner ou perdre sur une base régulière. Leur partant – Connor Hellebuyck – est passé de buts alloués de 2,89 à 2,31, mais surtout un pourcentage d’arrêts de 90,7% à 92,5% depuis le début de la saison. Ce choix de 5e ronde en 2012 semble rapporter pour la franchise.

Autre point amélioré par l’équipe : la discipline. Déjà pas aidé par leurs gardiens, les Jets avaient la fâcheuse habitude de se tirer dans le pied en écopant de pénalités stupides. Ils étaient la 6e équipe la plus punie du circuit. Cette année, ils sont 14es.

Tout étant la meilleure attaque et la meilleure défense de la Conférence Ouest, les Jets vont certainement finir par frapper un mur au cours des prochains mois. Espérons que le mur ne sera pas trop gros pour eux. L’équipe dispose de pas mal de talent offensif dans la fleur de l’âge, mais aussi d’une défense avec des joueurs d’expérience et de jeunes loups prometteurs (Trouba et Morrisey). Si Hellebuyck tient le fort de manière décente, et qu’aucune blessure sérieuse ne vient les embêter, ils pourraient faire partie du portrait des séries.

Chances de faire les séries : 90%, surtout avec les bons résultats dernièrement

Prédiction : Ils seront présents pour la danse printanière mais risquent de passer à la trappe en première ronde.

 

Saint Louis. La franchise du Missouri semble de plus en plus armée pour aller loin en séries. Les changements effectués pendant la saison morte ont été simples mais efficaces. Le DG Doug Armstrong a su combler des besoins spécifiques sans trop compromettre l’avenir de l’équipe.

Les Blues sont l’équipe qui comptent le plus de buts marqués par des défenseurs. En plus de leurs deux marqueurs de 30 buts potentiels (Tarasenko & Steen) et des jeunes joueurs qui remplissent les filets adverses, St. Louis a été construit de manière presque similaire que les Pingouins de Pittsburgh. Seule différence, ils ont des ailes plus dominantes que leurs centres. Le retour au jeu combiné de Bouwemeester et Berglund va les rendre un peu plus dangereux. La formation est plutôt dominante à 5 contre 5, et ce même si nous ne sommes qu’en décembre. C’est un point primordial pour connaître du succès en playoffs. Les arbitres ont le sifflet moins facile et laissent le jeu devenir un peu plus robuste. Il faut espérer qu’ils vont améliorer leur powerplay ainsi que leur désavantage numérique. C’est souvent comme ça, que les équipes d’élite se rendent en séries « sans trop forcer ».

Le vrai point d’interrogation de cette équipe se trouve entre les deux poteaux. Jake Allen est un gardien qui progresse mais il a démontré dans le passé ne pas supporter la pression.

Chances de faire les séries : 95%, même si Allen baisse le pied, difficile de les imaginer sur un terrain de golf en avril.

Prédiction : Ils vont se rendre en playoffs mais leur gardien ne sera pas capable de livrer la marchandise. Élimination au 1er tour.

 

 

Dallas. Voilà une autre organisation qui a effectué des réglages pendant l’intersaison. Lindy Ruff et son style offensif ont laissé place à Ken Hitchcock et son style « nord-américain ». Il s’agit d’un retour pour le seul entraîneur qui a remporté la coupe avec les Stars. Antti Niemi a été remercié ou plutôt racheté et Ben Bishop est arrivé. Le jeu en défensive sous l’ancien coach lassait à désirer et les gardiens ne faisaient pas le travail non plus. Résultat : Dallas a manqué les séries. On a transigé avec Vegas pour apporter de la stabilité à la ligne bleue avec la venue de Marc Méthot. Autre ajustement, l’attaque ne passait que par deux joueurs : Seguin et Benn. Trop facile à contrer pour l’équipe adverse quand ils jouaient ensemble et esseulés par manque de talent lorsqu’ils étaient séparés. Alex Radulov est venu régler le problème après une bonne saison à Montréal.

Cette édition 2017-18 ressemble dans son style de jeu à celle de 1998-99. C’est tout à fait normal, c’est le même entraîneur derrière le banc. Son approche est simple : un échec-avant soutenu (très soutenu), une présence devant les buts aussi bien en attaque que dans leur zone, une zone très difficile à traverser et des défenseurs qui gardent le jeu simple – sauf pour Klingberg qui a un peu plus de longueur de « laisse ». Les Stars sont l’équipe qui accordent le moins de lancers par match aux équipes adverses. C’est un gros changement.

Le travail de Ben Bishop, même s’il n’est pas parfait, n’est pas à négliger également. L’équipe texane a une fiche de 7-2-1 aux cours des dix derniers matchs. Le nouveau système de jeu semble assimilé par le groupe et les résultats arrivent enfin. Cette franchise à l’air d’être dans un entre deux : demi-reconstruction – demi-« all-in ».

Chances de faire les séries : 50%

Prédiction : Pas de séries pour Antoine Roussel et sa bande. Ils seront prêts la saison prochaine.

 

Minnesota. Cette formation commence à ressembler aux Sharks d’il y a quelques années. Plein d’espoir en début de saison, et catastrophe ou presque à la fin. Le repêchage d’expansion a été assez coûteux pour le Wild. Ils ont perdu un prospect de premier plan en Alex Tuch et ont surtout été forcés d’échanger deux vétérans à Buffalo pour être capable de protéger leurs défenseurs. Les pertes de Pominville et principalement de Scandella font mal à l’équipe. L’attaquant est rendu un bon joueur de troisième trio, mais le défenseur était le métronome de la ligne bleue. Capable de prendre des grosses minutes sur une base régulière, il complétait très bien ses différents partenaires offensifs.

Les blessures de Charlie Coyle et Zach Parise ont plombés leur début de saison. Le premier vient de réintégrer la formation et apporte un peu plus de punch à l’attaque. Lorsque Parise va revenir, on pourra avoir une meilleure idée de leurs chances mêmes elles sont minces. Leur défensive est prometteuse et pleine de talent. Devan Dubnyk maintient l’équipe à bouts de bras depuis trop longtemps.

Minnesota semble de plus en plus sur la pente descendante et sans n’avoir vraiment rien prouvé en playoffs. L’émergence de Granlund pourrait les maintenir à flot pour une autre saison mais leur division est trop compétitive pour eux.

Chances de faire les séries : 42%

Prédiction : Pas de séries pour le Wild à moins d’une déconfiture pour les Jets. Ils pourraient cependant causer une surprise en 1re ronde s’ils se qualifient.

 

Chicago. Habitués de faire partie des têtes d’affiche depuis presque dix ans, les Blackhawks commencent à vieillir et ça se sent. Après une élimination rapide et surprise aux mains des Predators, Stan Bowman a dû se creuser les méninges pour apporter un vent de fraîcheur à l’équipe. On a remercié l’assistant entraîneur en charge du désavantage numérique qui était une catastrophe. Il y a aussi eu deux échanges majeurs et que personne n’avait vu venir. Chicago a d’abord rapatrié Brandon Saad en retour d’Artemi Panarin. Cette transaction s’explique par les besoins des deux équipes impliquées. L’une avait besoin de plus de possession de rondelle et d’un fabricant de jeu, l’autre avait besoin d’un joueur plus hargneux (grind en bon français) tout en étant capable de joueur sur les deux premiers trios. Un autre aspect non négligeable est le contrat actuel des deux joueurs. Saad est sous contrat à long terme, et Panarin va devoir renégocier le sien l’année prochaine. Les Hawks ont également récupéré Anton Forsberg (nouveau gardien auxiliaire) dans cette entente. Il va probablement exiger une réévaluation salariale. La seconde transaction a été plus surprenante à première vue. Nicklas Hjalmarsson est partie chez les Coyotes en retour du jeune défenseur Connor Murphy et de l’espoir Laurent Dauphin. Un véritable changement de garde. Patrick Sharp est revenu et Marian Hossa ne jouera pas de l’année. Un été chargé.

Malheureusement pour la franchise, toutes ces modifications dans leur alignement n’ont pas encore rapporté grand-chose. Même si la défensive reste dans leurs standards, c’est l’attaque qui peine et ce en partie à cause de leur défensive. Le talent offensif s’est fortement dissipé avec le départ de Panarin et l’absence de Marian Hossa. L’équipe a du mal à retrouver sa relance rapide qui leur apportait un excellent jeu de transition. Cet aspect du jeu passe avant tout par les défenseurs. Duncan Keith est le seul à être en mesure de le faire.

Point positif, trois jeunes attaquants contribuent et permettent aux Blackhawks d’espérer de faire les séries. Hartman, Schmaltz, et DeBrincat sont talentueux et très rapides. Ils sont à la fois le présent et l’avenir de l’organisation. Comme un phénix, cette formation renaît de ses cendres année après année. Vont-ils le refaire cette saison ?

Chances de faire les séries 62,5%

Prédiction : en séries par la peau des dents mais leur manque de profondeur va leur nuire. Élimination rapide encore cette saison.

 

Colorado. Les années de misère se suivent et se ressemblent à Denver. L’équipe est en pleine reconstruction. Ils ont récemment transigé Matt Duchenne pour de très bons prospects et des choix au repêchage. Le joueur n’était plus heureux et l’équipe manquait de relève. Joe Sakic a réussi à créer une situation gagnante-gagnante.

Sur la glace, on a pris un virage jeunesse (seulement deux trentenaires) et on vit avec les erreurs. C’est une formation avec trop peu de talent pour espérer quoique ce soit dans la nouvelle réalité de la Ligue Nationale. Ils sont eus un bon début de saison mais sont retombés assez vite de leur petit nuage. Malgré tout, l’avenir est prometteur pour l’Avalanche. Même si la fameuse reconstruction n’est pas gage de réussite assurée, – parlez-en à Buffalo, Edmonton, ou la Floride par exemple – leur direction fait des choix intelligents en apprenant de erreurs des autres. La défensive est la partie trop souvent négligée mais l’arrivée de Samuel Girard va les aider à long terme.

Leur retour sur investissement dans l’échange Duchene devrait arriver d’ici environ deux saisons. Avant ça, les partisans du Colorado vont devoir s’armer de patience et espérer pour un miracle.

Chances de faire les séries : 4%

Prédiction : Pas de séries. La vraie question est de savoir s’ils vont remporter la loterie et le premier choix au total. Le prodige Rasmus Dahlin ne réglerait pas tous leurs maux mais il apportera un vent de renouveau pour la franchise.