Le point sur la division Atlantique

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Prenons le temps de faire un point en détail sur la situation des équipes en NHL alors que nous approchons la barre des 30 matchs joués. Troisième arrêt, la division Atlantique, peut-être la moins relevée de la ligue, et où le monde se divise en trois catégories…

 

Face à la Métropolitaine et sa pléiade de prétendants, il fallait parier cette saison sur le fait que seules trois équipes de l’Atlantique verront les playoffs, les deux Wild cards revenant à l’autre division. Et, à ce jeu de chaises musicales accéléré, il semble d’ores et déjà que la hiérarchie soit bien établie, 30 matchs à peine dans la saison. Tampa Bay et Toronto occupent confortablement les premières places, et il faudra un séisme pour les en déloger. À l’inverse, Buffalo et Détroit ne peuvent représenter une menace sérieuse. Floride décroche doucement et l’implosion assez prévisible d’Ottawa a lieu sous nos yeux pas vraiment ébahis. Restent donc Montréal, candidat logique au début de saison pour compléter le trio mais victime de son départ catastrophique, et Boston, toujours solide malgré un effectif très hétérogène. Si les Bruins ont un avantage certain, deux points de plus et 4 matchs en moins, la saison est encore très longue. D’autant que les quatre face-à-face entre les deux franchises sont encore à venir, dont trois en une seule semaine courant janvier.

En termes de système de jeu, les différents niveaux de la division sont assez clairs. Buffalo, Ottawa et Détroit font partie des attaques les moins dangereuses de la ligue. Toronto, est à l’inverse la deuxième dans ce domaine, même si le système défensif des Leafs est également l’un des plus poreux pour les chances accordées… Un cocktail assez FUN. Montréal se distingue positivement via son système offensif alors que la Floride et Boston n’ont pas de forces particulières. Contrairement aux attentes, la force de Tampa se révèle surtout être son système défensif.

Dans la réalité, Buffalo, Détroit et Ottawa sont, en plus d’un système faible, coulés par des gardiens ou des tireurs en berne. Tampa et Toronto carburent, eux, à la réussite, affichant les deux meilleurs taux de PDO de la ligue ! Floride est pile dans la moyenne, Boston aimerait quelques arrêts en plus de Rask et Montréal voit ses belles performances minées par un manque de réussite qui se corrige petit à petit.

 

Tampa Bay : La saison de la revanche pour le Lightning après le fâcheux souvenir de l’an passé. Un Steven Stamkos en forme a complétement changé la donne pour cette équipe. Meilleur marqueur de la ligue avec 42 pts, Stamkos est également un faiseur de jeu hors-pair. En sa présence, Tampa peut espérer 55% des buts inscrits, du simple fait de sa créativité offensive. Mué en passeur en compagnie de Nikita Kucherov, le duo a mis le feu à la ligue depuis le début de la saison. S’il y a incontestablement un brin de réussite là-dedans, Kucherov retombant doucement sur terre avec 3 buts sur les 10 derniers matchs, le talent est époustouflant, surtout en power play. Le duo Yanni Gourde et Brayden Point est presque aussi dangereux en deuxième vague et le fond d’alignement joue de mieux en mieux pour fermer le jeu au besoin. En défense Victor Hedman déçoit peut-être un peu mais il doit faire avec Jake Dotchin a ses côtés dans un rôle d’extincteur derrière les feux follets de l’attaque. La paire Sergatchev – Strålman a plus de liberté et en profite, surtout le jeune Russe déjà auteur de 20 points, le meilleur total pour un défenseur recrue dans la ligue. Enfin, Andrei Vasilevskiy confirme enfin le talent entrevu depuis son repêchage. Ses performances le placent aisément dans le trio des meilleurs gardiens de ce début de saison. Les actions d’éclat de Stamkos – Kucherov masquaient en octobre une équipe encore en rodage (nous en parlions ici), mais, depuis le début novembre, le collectif tout entier affiche une bien meilleure mine, surtout défensivement. Si l’on ajoute le meilleur powerplay et la 8e infériorité de la ligue, le nombre de points faibles semble se réduire chaque semaine pour Tampa qui sera attendu au tournant en avril. Chances de se qualifier : 100%

 

Toronto : Les attentes sont également fortes du côté des Maple Leafs après leur percée de l’an passé et le sentiment logique que les performances n’iront qu’en s’améliorant. Mike Babcock a à sa disposition un arsenal offensif quasi sans égal dans la ligue. Seul Carolina obtient davantage de chances de marquer. Ajoutons à cela le talent naturel des joueurs, Toronto peut percer n’importe quelle défense. Et derrière Auston Matthews et les menaces Marner et Nylander, Nazem Kadri et James van Riemsdyk connaissent une très belle saison, confirmant le bien fou que leur a fait l’arrivée des jeunes et la diversification de l’attaque. Patrick Marleau est en passe d’inscrire 20-25 buts et fait profiter de son expérience. Là où le bât blesse et que Toronto prend beaucoup de risques défensivement. Il était intéressant d’entendre Mike Babcock déclarer cette semaine beaucoup s’inspirer de ce qu’avait fait Pittsburgh. Or, nous savons que les Pens viennent de gagner deux coupes Stanley avec une attaque de choc mais une défense très poreuse. Encore une fois, l’important est que la balance des deux soit positive. Toronto a ainsi la 2e meilleure attaque pour les buts anticipés mais la 29e défense sur cette même mesure ! Un cocktail détonant qui, depuis l’an passé, assure le spectacle pour les fans. La bonne nouvelle est que la fameuse balance est de plus en plus positive, sans compter que le talent naturel des joueurs assure une belle réussite aux tirs. Il faudra voir en playoffs si les Leafs peuvent aller plus loin. Chances de se qualifier : 100%

 

Boston : Si les Bruins sont une équipe entre deux eaux, les éléments de sa grandeur passée sont encore suffisants pour faire vivre les rêves de playoffs. Le coach Bruce Cassidy a largement gardé les recettes de Claude Julien et les Bruins sont toujours dans le top 10 de la ligue pour la possession et les buts anticipés. Le duo Bergeron – Marchand est toujours l’un des tout meilleurs du circuit et constitue une machine à dominer le jeu. Depuis le début de la saison, soit 259 minutes à 5 contre 5, Marchand n’a été sur la glace que pour 2 buts encaissés par les Bruins, et 17 marqués. Bergeron était là pour 19 marqués et 6 encaissés. Cela donne une idée de leur efficacité. Pastrnak est un finisseur d’élite et les complète parfaitement. À la ligne bleue, Charlie McAvoy confirme tous les espoirs placés en lui et traîne dans son sillage Zdeno Chara. Torey Krug a un peu plus de mal défensivement. Krejci a bien 12 pts en 15 matchs mais en encaisse autant, au contraire du premier trio. Le retour de David Backes fait du bien mais derrière c’est à des jeunes et à des joueurs entre la NHL et l’AHL d’assurer le travail. Danton Heinen ou Jake deBrusk sont de bonnes surprises mais, comme l’an passé, on manque de profondeur à Boston et cela pourrait se payer sur la durée. Surtout que Tuukka Rask inquiète toujours plus d’année en année. Au point qu’Anton Khudobin joue de plus en plus. Au final, Boston a des armes de premier plan mais aussi des faiblesses qui laissent penser que les Bruins ne sont pas favoris pour s’accrocher à la 3e place de la division. Chances de se qualifier : 42%

 

Montréal : Difficile d’échapper à la dramaturgie ambiante régnant au Québec en ce début de saison. Alors que les décisions du DG Marc Bergevin font de plus en plus hausser les sourcils, un début de saison catastrophique a placé les Habs au bord du précipice. Si les médias tiraient déjà le bilan de la saison fin octobre et que les fans grognaient ouvertement, la situation n’était pourtant pas si désespérée. Claude Julien avait à sa disposition une défense quasi entièrement nouvelle, et une équipe appliquant un système de jeu aux antipodes de celui pratiqué durant 5 saisons sous Michel Therrien. La première dizaine de matchs a ainsi vu une défense maladroite et une attaque qui se créait nombres d’occasions sans les mettre au fond, alors que Carey Price semblait l’ombre de lui-même avant de finalement avouer une blessure. Mais la conclusion objective était qu’avec un peu de réussite, Montréal remonterait au classement comme un apnéiste en fin de plongée. Depuis le fameux voyage catastrophique en Californie (le 27 octobre), Montréal est 12e de la ligue. La défense semble se trouver, surtout avec le retour au jeu de David Schlemko, l’arrivée de Jerabek et que le jeune Mete trouve un second souffle. Les buts rentrent en attaque et Price est revenu au sommet de sa forme. Montréal est 10e pour la possession et 5e pour les buts anticipés. L’équipe dans son état normal est donc capable d’écarter des équipes comme Détroit ou Ottawa du revers de la main, d’accrocher Columbus ou St Louis mais également d’avoir des jours sans comme samedi soir contre Edmonton. La pression des résultats au quotidien est certaine tant que Boston aura une petite avance, mais, à ce rythme-ci, Montréal devrait finir en playoffs sur 82 matchs. Chances de se qualifier : 96%.

 

Détroit : Après avoir raté pour la première fois les séries en 25 ans, les Wings sont engagés dans un processus de semi-reconstruction non assumée. Un gros début de saison de Jimmy Howard a bien donné quelques illusions mais qui semblent s’envoler ces dernières semaines. Encore 3e de la division il y a 10 jours, Détroit a subi deux gros revers consécutifs face à Montréal (dont un 10-1) et plonge au classement. Le duo Larkin – Mantha fait des étincelles devant mais accorde autant de chances derrière. Mike Green redescend aussi de son nuage du début de saison, Zetterberg vieillit, surtout défensivement, et le reste est simplement digne d’une équipe de fond de classement. La volonté de tout plaquer et reconstruire n’est pourtant pas clairement affichée. Il faut dire qu’il reste beaucoup de gros contrats à écouler. Zetterberg est signé jusqu’en 2021, comme Helm et Glendening, Nielsen 2022, Abdelkader 2023… Difficile, voire impossible, de les échanger pour récolter des choix ou des jeunes. La fin de saison risque d’être longue, comme les années à venir. Chances de se qualifier : 4%

 

Floride : Après les marasmes managériaux de l’an passé, les Panthers espéraient bien repartir de l’avant. La vérité d’un effectif limité en profondeur et d’un coaching résolument conservateur les rattrapent cependant petit à petit. Florida est la définition d’une équipe de milieu de peloton, lorgnant davantage vers le bas que vers le haut. 21e taux de possession, 16e pour les buts anticipés, les Panthers ne sont ni particulièrement efficaces défensivement ou offensivement. La ligne de Barkov, avec Huberdeau et Dadonov est dominante, dans les deux sens de la patinoire, assurant à leur équipe 53-54% des buts anticipés en leur présence. La paire Ekblad – Yandle tient aussi le fort mais le reste de l’effectif est bien moins solide. Trocheck engrange les points (30 en 29 matchs), mais il profite largement du powerplay (10pts) et survit autrement difficilement dans sa propre zone. Il était ainsi sur la glace pour 18 buts inscrits par son équipe à 5 contre 5 mais 21 encaissés. Seule la 4e ligne a un plus mauvais différentiel. Roberto Luongo connaissait un très bon début de saison avant de se blesser. Son absence ne va pas arranger les affaires en Floride alors que la 3e place s’éloigne un peu plus chaque semaine. Chances de se qualifier : 21%

 

Ottawa : C’était écrit dans le ciel. N’en déplaise aux amoureux des contes de fées, le parcours des Sens en séries l’an passé tenait plus de l’effraction que d’autre chose. Une grosse dose de réussite, des adversaires bancales jusqu’en finale de conférence… Tous les indicateurs pointaient vers un écroulement à court terme de l’équipe tant le fond de jeu proposé tient du numéro d’équilibriste. Guy Boucher, qui avait bricolé au début avec les moyens du bord un système de « on résiste autant que possible et on mise sur l’opportunisme » semble s’être enfermé dans sa propre logique. À vouloir briser le rythme des matchs et de l’adversaire, on privilégie les joueurs lents et défensifs comme Ceci, Oduya, Phaneuf, Harpur. Ceux-ci subissent les assauts adverses sans pour autant relancer le jeu. Le jeune prodige Thomas Chabot a 6pts en 10 matchs… 10 matchs car il passe la majorité de son temps en tribune ou en AHL. Si Stone, Hoffman, Brassard et désormais Duchene sont des bons, voire très bons, éléments, le reste de l’attaque est aussi déroutant que la défense. Bobby Ryan a 1 but en 20 matchs. Dans les cages Craig Anderson semble avoir frappé un mur à 36 ans. Erik Karlsson est plus que jamais seul et sa déclaration cette semaine qu’il comptait bien aller chercher le plus gros chèque possible à l’été 2019 (comprenez : pas de discount pour rester à Ottawa) a secoué l’organisation. La question d’échanger le capitaine plutôt que de le perdre pour rien dans 18 mois est du coup devenue une vraie possibilité. En pleine série de défaites, le DG Pierre Dorion a d’ailleurs demandé à tous ses joueurs de donner une liste d’équipes où ils accepteraient d’être échangés… Ambiance ambiance. Chances de se qualifier : 0%

 

Buffalo : Rien ne va pour les Sabres. C’est aussi simple que ça. L’arrivée de Phil Housley derrière le banc laissait espérer une relance de la reconstruction (sic) du club mais à ce stade, il est difficile de dire si Housley a échoué ou si ses actions sont simplement limitées par l’effectif à disposition. Buffalo est 29e de la ligue pour la possession, 30e pour les buts anticipés, le power play est 30e, la réussite aux tirs est la 29e du circuit… Eichel et Kane sont bien des menaces offensives mais ils prennent toujours l’eau défensivement, pareil pour Ristolainen. La brigade défensive, justement, est peut-être la plus faible qui existe et les gardiens ne font franchement rien pour sauver les meubles. On a renvoyé Matt Moulson (0 pts en 14 matchs) en ligue Américaine, Eichel semble ouvertement frustré et Kane est peut-être sur le départ… Bref tout va bien… Chances de se qualifier : 0%

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