La Corée doit se mettre au niveau olympique

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Après sa montée inattendue dans l’élite mondiale du hockey sur glace, la Corée du Sud espère bien sûr confirmer ses progrès en se montrant compétitive lors des Jeux olympiques qu’elle organise, le grand évènement qu’attend tout un pays. Mais le précédent tournoi de préparation en novembre a fait l’effet d’une douche froide : 4-7 contre le Danemark, 3-8 face à l’Autriche et 1-5 devant la Norvège. Ce ne sont pourtant pas les adversaires les plus difficiles qu’elle aura à affronter (seuls les Norvégiens se sont qualifiés pour les JO dans ces trois équipes).

Pour leur dernier tournoi de préparation, les Coréens se sont fait inviter à Moscou parmi les meilleures équipes européennes, de même qu’un Canada lui aussi en quête de repères avec une formation olympique sans joueurs de NHL. La grande différence qui peut rassurer les Coréens, c’est que le gardien d’origine canadienne Matt Dalton est de retour (c’était le seul absent en novembre parmi les naturalisés, bien sûr à un poste-clé).

Dalton commence pourtant mal avec une sortie compliquée derrière son but sous la pression de René Bourque. Il laisse le palet vers son défenseur Seo Yeong-Jun qui, bien moins habitué au forechecking intense, fait exactement ce qu’il ne faut pas faire : au lieu de simplement prolonger dans la bande, il tente une passe aveugle dans son dos vers un coéquipier. Matt Frattin passait par là et dit merci, en battant du revers un Dalton pas encore complètement replacé : l’attaquant du Barys Astana, qui était convoqué en novembre par le staff canadien mais blessé, inaugure sa sélection en ouvrant le score (1-0, 02’57 »).

Cet avantage, étonnamment, dure guère plus d’une minute. Les Canadiens sont nonchalants au repli défensif, ce qui est interdit contre une équipe asiatique très patineuse. Chris Lee se fait battre physiquement dans un duel à pleine vitesse face à Mike Testwuide sur une contre-attaque qui laisse Kim Ki Sung tout seul face au gardien Ben Scrivens. Celui-ci garde les jambières bien fermes, mais Kim Sang Wook a suivi (1-1, 05’01 »).

Les Coréens sont bien sûr dominés mais résistent courageusement devant un Dalton très rassurant… quand il reste sur sa ligne. Leur première ligne est prête à saisir la moindre occasion. Et en fin de tiers, un lancer balayé est dévié opportunément devant la cage par Kim Sang Wook (1-2, 17’44 »). Il était arrivé là en passant très tranquillement entre les défenseurs Simon Després et Stefan Elliott, qui regardaient le palet. Deux buts encaissés sur deux erreurs défensives, et voilà l’équipe olympique canadienne menée par une nation encore jamais vue en élite. Tremblement de terre sur le pays du hockey ?

Le deuxième tiers-temps est à sens unique. Derek Roy, auteur par moments d’actions individuelles étincelantes, décoche un tir du cercle droit, sur la barre transversale. Le Canada se complique peut-être un peu la vie en forçant son talent : il égalise finalement sur un but très simple en avantage numérique, un tir anodin de la ligne bleue de Marc-André Gragnani sur lequel le gardien adverse est totalement aveuglé par le trafic. Deux minutes plus tard, Wojtek Wolski, bien servi par Roy, bat Dalton côté mitaine (3-2, 32’01 »). La transversale est touchée une seconde fois, par une belle déviation de Pierre-Alexandre Parenteau.

En troisième période, un but en cage ouverte est refusé à Linden Vey car il l’a marqué… de la cuisse (ce qui équivaut au patin). Matt Dalton signe un arrêt-photo de la mitaine face à Matt Ellison qui se présentait seul face à lui. À trois minutes de la fin, sur une contre-attaque emmenée par Testwuide, Kim Ki Sung a donc le palet du match nul au bout de la crosse sur un rebond en cage ouverte qui lui échappe un peu !

Le Canada ne s’impose donc que 4-2 avec un but en cage vide, un score peu glorieux qu’il faut relativiser par la nette différence aux tirs : 56 à 10. Mais la Corée du Sud a montré le genre de match qu’elle pourra – et devra – faire aux Jeux Olympiques pour tirer son épingle de jeu. Cela passe évidemment par une clé de voûte essentielle dans les cages, Matt Dalton.

Commentaires d’après-match

Willie Desjardins (entraîneur du Canada) : « Je ne les avais pas vu jouer, mais on sait qu’ils patinent bien, et je sais que quand on patine bien on a une chance. C’est ce qui les a maintenus dans le match, il faut reconnaître leurs mérites. »

 

Canada – Corée du Sud 4-2 (1-2, 2-0, 1-0)
Mercredi 13 décembre 2017 à 17h30 à Moscou. 4882 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman et Konstantin Olenin (RUS) assistés de Nikita Shalagin et Dmitry Shishlo (RUS).
Pénalités : Canada 2′ (0′, 0′, 2′) ; Corée du Sud 10′ (2′, 4′, 4′).
Tirs : Canada 57 (23, 22, 12) ; Corée du Sud 10 (4, 4, 2).

Évolution du score :
1-0 à 02’57 » : Frattin
1-1 à 05’01 » : Kim Sang-Wook assisté de Kim Ki-Sung
1-2 à 17’44 » : Kim Sang-Wook assisté de Kim Ki-Sung et Testwuide
2-2 à 30’19 » : Gragnani assisté d’Ellison et Parenteau (sup. num.)
3-2 à 32’01 » : Wolski assisté de Roy et Robinson
4-2 à 59’28 » : Howden (cage vide)

Canada

Attaquants :
Wojtek Wolski (+1) – Derek Roy (+1) – Taylor Beck (+1)
Rob Klinkhammer (-2) – Matt Ellison (-2) – Pierre-Alexandre Parenteau (-1)
Maxime Talbot (+1) – Eric O’Dell – Brandon Kozun
René Bourque (+1) – Linden Vey (+1) – Matt Frattin (+1)
Quinton Howden

Défenseurs :
Chris Lee (+1) – Mat Robinson (+1)
Charles Genoway (+1) – Stefan Elliott (-1)
Simon Després (-1, 2′) – Shawn Lalonde
Marc-André Gragnani (+1)

Gardien
Ben Scrivens

Remplaçant : Barry Brust (G).

Corée du Sud

Attaquants :
Kim Sang-Wook (+2) – Kim Ki-Sung (+2) – Michael Testwuide (+2, 2′)
Brock Radunske (-2) – Cho Min-Ho (-2) – Shin Sang-Hoon (-1)
Michael Swift (-1) – Park Woo-Sang (4′) – Ahn Jin-Hui
Shin Sang-Woo (-1) – Lee Young-Jun (-1) – Kim Won-Jung (-1)
Jeon Jung-Woo

Défenseurs :
Seo Yeong-Jun (-1) – Kim Won-Jun
Alex Plante – Oh Hyun-Ho (+1)
Lee Don-Ku (-1) – Eric Regan (-1)
Kim Hye-Ok

Gardien :
Matt Dalton

Remplaçant : Park Sung-Je (G).

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